Droit des affaires & Transmission d'entreprise
Mis à jour en 2026 · Lecture : ~10 min · Par les juristes Actav
La garantie d'actif et de passif (GAP) est la clause incontournable de toute cession d'entreprise par rachat de titres. Elle engage le cédant à indemniser l'acquéreur si des passifs cachés ou des diminutions d'actif, dont l'origine est antérieure à la vente, se révèlent après la transaction. Régie par le droit commun des contrats (articles 1103 et 1112-1 du Code civil), elle pallie l'insuffisance des garanties légales et constitue souvent la pierre angulaire des négociations entre cédant et cessionnaire.
La garantie d'actif et de passif, couramment désignée GAP dans le langage des affaires, est un mécanisme contractuel par lequel le cédant s'engage à indemniser le cessionnaire de toute variation défavorable de la situation nette de la société cédée, à condition que cette variation trouve son origine antérieure à la date de la cession, même si elle ne se manifeste qu'après. Elle prend la forme d'une clause détaillée insérée dans l'acte de cession de titres ou d'un acte distinct qui lui est annexé.
Pour comprendre son champ d'application, il faut distinguer clairement les deux notions qu'elle couvre :
Éléments ayant une valeur économique positive appartenant à la société.
Ensemble des engagements et dettes de la société envers des tiers.
La garantie d'actif couvre la diminution de valeur ou la disparition d'un actif (par exemple, une créance présentée comme certaine qui s'avère irrécouvrable). La garantie de passif couvre l'apparition de dettes nouvelles dont le fait générateur est antérieur à la cession : redressement fiscal, rappel de cotisations sociales, condamnation prud'homale. La GAP cumule ces deux protections en un seul instrument.
GAP vs clause de révision de prix : dans une clause de révision de prix, c'est le prix de cession lui-même qui est réduit — le vendeur restitue une partie du montant à l'acquéreur. Dans la GAP, le prix reste inchangé : le cédant verse une indemnité directement à la société cédée ou à l'acquéreur, ce qui entraîne des conséquences fiscales distinctes pour chaque partie.
Pour comprendre comment la GAP s'inscrit dans l'ensemble du processus de transmission, consultez notre guide sur les étapes de la cession de fonds de commerce.
Lorsqu'un acquéreur rachète les titres d'une société, il reprend l'intégralité de la structure juridique — son actif et son passif, déclarés ou non. Le Code civil offre deux garanties légales : la garantie d'éviction (art. 1626) et la garantie contre les vices cachés. Ces recours ne permettent généralement que l'annulation de la cession, non une indemnisation partielle et ciblée — sanction souvent inadaptée lorsqu'elle intervient plusieurs années après la transaction.
La clause garantie actif passif cession pallie précisément ce vide en permettant une indemnisation proportionnée au préjudice subi, sans remettre en cause l'opération dans son ensemble.
Signal d'alerte : l'absence de GAP dans une cession de contrôle doit être considérée comme un signal d'alerte pour l'acquéreur. Il ne disposerait alors que de recours longs, coûteux et incertains en cas de découverte d'irrégularités dans la gestion antérieure.
Pour aller plus loin sur l'évaluation de la valeur transmise, consultez notre article sur la manière de calculer le prix d'un fonds de commerce.
La rédaction d'une clause garantie actif passif est un exercice de précision. Aucune mention obligatoire n'est imposée par la loi — la liberté contractuelle s'applique pleinement — mais plusieurs éléments sont indispensables pour que la clause soit opérationnelle le moment venu.
Le cédant y décrit avec précision la situation de l'entreprise au jour de la cession : constitution, prises de participation, activité, stocks, clientèle, fournisseurs, immobilier, comptes sociaux, situation du personnel, litiges en cours, droits de propriété intellectuelle. Ces déclarations servent de bilan de référence à partir duquel toute variation sera mesurée. Plus elles sont précises, plus le périmètre de la garantie est clairement délimité.
La clause doit définir ce qui est garanti : la totalité de l'actif et du passif, ou seulement certains postes identifiés lors de l'audit préalable (risques fiscaux, risques sociaux, risques environnementaux, litiges spécifiques). Des exclusions peuvent être prévues pour les éléments dont l'acquéreur avait connaissance avant la cession ou les variations relevant de la gestion courante.
La clause doit stipuler expressément le bénéficiaire. Deux options s'offrent aux parties : indemnisation versée à la société cédée (déductible fiscalement pour le cédant, mais imposable à l'IS pour la société) ou réduction de prix au bénéfice de l'acquéreur (non imposable pour l'acquéreur, mais considérée comme une diminution de la plus-value de cession pour le vendeur). Le choix dépend de considérations fiscales à analyser avec un avocat.
Pour s'assurer que le cédant sera en mesure d'honorer ses obligations, il est fortement conseillé de prévoir une sûreté. Trois formes sont couramment utilisées : la caution bancaire (garantie à première demande délivrée par la banque du cédant), le séquestre d'une fraction du prix entre les mains d'un notaire ou avocat (généralement 10 à 20 % du montant), ou la clause earn-out qui conditionne une partie du prix aux performances futures de la société. En savoir plus sur la valeur probante de l'acte d'avocat (article 1374 du Code civil).
Risque majeur : en l'absence de « garantie de la garantie », l'acquéreur risque de se retrouver créancier chirographaire d'un cédant insolvable, rendant la GAP théoriquement valable mais pratiquement inexécutable.
La loi ne fixe aucune durée minimale ni maximale. En pratique, la durée est généralement comprise entre 3 et 5 ans, alignée sur les principaux délais de prescription :
| Type de risque | Durée recommandée | Fondement légal |
|---|---|---|
| Risques fiscaux courants (IS) | 3 ans | Art. L.169 du LPF |
| Risques sociaux (URSSAF, prud'hommes) | 5 ans | Art. L.244-3 du CSS |
| Risques environnementaux | 5 à 10 ans | Droit commun |
| Propriété des titres cédés | Sans limitation | Garantie d'éviction |
Il est courant de prévoir une dégressivité de la garantie dans le temps : plus la date de cession s'éloigne, plus les risques se précisent et se résorbent, ce qui justifie de réduire progressivement le niveau d'exposition du cédant.
Le plafond est le montant maximal que le cédant peut être contraint de verser au titre de la GAP. Il est généralement exprimé en pourcentage du prix de cession, compris entre 30 % et 100 % selon les risques identifiés lors de l'audit préalable. Sans plafond, le cédant pourrait en théorie être tenu de verser une somme supérieure au prix reçu — situation déséquilibrée et extrêmement rare en pratique. Le plafond peut être dégressif d'une année sur l'autre pour tenir compte de la réduction progressive du risque fiscal.
Deux mécanismes permettent d'éviter que la GAP ne soit activée pour des montants négligeables :
| Mécanisme | Définition | Effet pratique |
|---|---|---|
| Seuil de déclenchement | Montant minimal à partir duquel le cédant peut être appelé en garantie | En deçà : aucune indemnisation. Au-delà : indemnisation dès le 1er euro. |
| Franchise | Montant restant systématiquement à la charge du repreneur | Au-delà du seuil, seule la portion excédant la franchise est indemnisée. |
Exemple chiffré : pour une cession de PME à 1 000 000 €, une franchise globale de 1 à 2 % du prix (soit 10 000 à 20 000 €) est courante, associée à un plafond global de 30 à 50 % du prix de cession. Ces paramètres se négocient indépendamment et leur interaction détermine la protection réelle de l'acquéreur.
La mise en œuvre de la GAP cession entreprise suppose la réunion de deux conditions cumulatives : la survenance de l'événement déclencheur prévu dans la clause (constatation d'une diminution d'actif ou d'une augmentation de passif après la cession, mais dont la cause est antérieure) et la bonne foi du bénéficiaire (l'acquéreur doit agir avec loyauté et ne pas avoir dissimulé d'informations).
Jurisprudence : la Cour de cassation (Com., 31 mars 2009) a précisé que la garantie de passif ne couvre pas les indemnités résultant d'un licenciement intervenu après la cession, même si ce licenciement faisait suite à un litige en germe antérieur — le fait générateur retenu étant la décision de licenciement elle-même, et non le litige antérieur.
La clause prévoit en général une procédure précise que le cessionnaire doit respecter sous peine de forclusion :
| Étape | Action requise | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 1. Notification | Informer le cédant par écrit dans les délais prévus, en décrivant l'événement déclencheur et son impact financier | Respecter scrupuleusement le formalisme de la clause (LRAR, délais) |
| 2. Justification | Réunir les pièces justificatives : documents comptables, courriers de l'administration, assignation, etc. | Quantifier précisément le préjudice selon la méthode prévue |
| 3. Calcul | Déterminer l'indemnité selon la méthode contractuelle (prise en charge totale ou partielle, déduction fiscale) | Vérifier si la franchise ou le seuil de déclenchement est atteint |
| 4. Versement | Le cédant verse l'indemnité à la société cédée ou à l'acquéreur selon les modalités convenues | Le cédant peut contester le montant et conduire lui-même certaines procédures |
Erreur fréquente : ne pas respecter les délais et les formes de la notification prévus dans la clause peut priver définitivement l'acquéreur de son droit à indemnisation, même si le préjudice est réel et parfaitement démontré. L'assistance d'un avocat est indispensable à ce stade.
La clause garantie actif passif est souvent la pierre angulaire des négociations dans une opération de garantie actif passif cession. Elle cristallise les intérêts antagonistes des parties et peut, à elle seule, faire échouer une transaction si elle n'est pas abordée avec méthode dès la lettre d'intention.
L'acquéreur cherchera à obtenir un périmètre de garantie le plus large possible, couvrant l'ensemble de l'actif et du passif, une durée alignée sur les délais de prescription fiscale et sociale, un plafond élevé (idéalement proche de 100 % du prix), une franchise faible et un seuil de déclenchement bas, ainsi qu'une « garantie de la garantie » solide sous forme de séquestre ou de caution bancaire.
Le cédant s'efforcera à l'inverse de réduire le périmètre aux seuls risques identifiés lors de l'audit préalable, d'exclure les éléments connus de l'acquéreur, de négocier un plafond entre 30 % et 50 % du prix, d'obtenir une franchise et un seuil de déclenchement élevés, et de prévoir la dégressivité du plafond dans le temps pour limiter son exposition à mesure que les risques se résorbent.
Les négociations de la GAP ne peuvent se mener sérieusement qu'à l'issue d'un audit d'acquisition approfondi : audit comptable, fiscal, social, juridique et, le cas échéant, environnemental. Cet audit permet à chaque partie de quantifier les risques et de négocier les paramètres de la clause sur des bases objectives. La rupture des négociations pour désaccord sur un élément de la GAP est malheureusement fréquente : ces éléments doivent être anticipés dès la lettre d'intention.
Vous souhaitez être accompagné dans votre cession d'entreprise ? Découvrez nos services de cession d'entreprise et prenez contact avec nos avocats spécialisés en droit des affaires.
Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes sur la garantie actif passif cession.
Non, la GAP est facultative. Aucune disposition légale n'impose sa présence dans un acte de cession de titres. En pratique, les acquéreurs l'exigent systématiquement lors d'une cession de contrôle afin de pallier les insuffisances des garanties légales (vices cachés, éviction). Son absence dans une opération d'une certaine taille doit être considérée comme un signal d'alerte pour l'acquéreur.
La durée est librement négociée, sans plancher ni plafond légaux. Elle est le plus souvent fixée entre 3 et 5 ans, calquée sur les délais de prescription fiscale (3 ans en matière d'IS, art. L.169 du LPF) et sociale (5 ans). Pour certains risques spécifiques, comme les risques environnementaux ou liés à la propriété des titres, la durée peut aller jusqu'à 10 ans, voire être illimitée.
Dans une clause de révision de prix, c'est le prix de cession lui-même qui est modifié : le vendeur restitue une partie du prix à l'acquéreur. Dans la GAP, le prix reste inchangé : le cédant verse une indemnité directement à la société cédée ou à l'acquéreur. Ce choix a des conséquences fiscales importantes — notamment en matière de plus-value pour le cédant et d'imposition à l'IS pour la société bénéficiaire.
En l'absence d'un mécanisme de « garantie de la garantie » (séquestre d'une fraction du prix, caution bancaire, crédit-vendeur), l'acquéreur devient un simple créancier chirographaire d'un cédant potentiellement insolvable. La mise en place d'une sûreté solide lors de la rédaction de la convention est donc indispensable pour que la GAP soit réellement protectrice en pratique.
La GAP s'applique principalement lors d'une cession de titres (parts sociales, actions), car l'acquéreur reprend alors l'intégralité de la structure juridique, y compris ses passifs. Pour une cession de fonds de commerce, d'autres mécanismes existent : solidarité fiscale du repreneur pendant 90 jours, séquestre du prix, déclaration au greffe. Consultez notre guide complet sur les étapes de la cession de fonds de commerce.
Si l'indemnisation est versée à la société cédée, elle est déductible fiscalement pour le cédant et constitue un produit imposable à l'IS (25 % depuis 2022) pour la société. Si elle prend la forme d'une réduction de prix versée à l'acquéreur, elle n'est pas imposable pour ce dernier, mais réduit la plus-value de cession du vendeur. En cas de versement sur une année fiscale postérieure à la cession, le cédant peut effectuer une réclamation auprès de l'administration fiscale pour ajuster sa plus-value initialement déclarée.
Nos avocats spécialisés vous accompagnent à chaque étape de la négociation et de la rédaction de votre convention de garantie d'actif et de passif.
Découvrir nos services de cession →Droit des affaires & Transmission d'entreprise
Mis à jour en 2026 · Lecture : ~10 min · Par les juristes Actav
La garantie d'actif et de passif (GAP) est la clause incontournable de toute cession d'entreprise par rachat de titres. Elle engage le cédant à indemniser l'acquéreur si des passifs cachés ou des diminutions d'actif, dont l'origine est antérieure à la vente, se révèlent après la transaction. Régie par le droit commun des contrats (articles 1103 et 1112-1 du Code civil), elle pallie l'insuffisance des garanties légales et constitue souvent la pierre angulaire des négociations entre cédant et cessionnaire.
La garantie d'actif et de passif, couramment désignée GAP dans le langage des affaires, est un mécanisme contractuel par lequel le cédant s'engage à indemniser le cessionnaire de toute variation défavorable de la situation nette de la société cédée, à condition que cette variation trouve son origine antérieure à la date de la cession, même si elle ne se manifeste qu'après. Elle prend la forme d'une clause détaillée insérée dans l'acte de cession de titres ou d'un acte distinct qui lui est annexé.
Pour comprendre son champ d'application, il faut distinguer clairement les deux notions qu'elle couvre :
Éléments ayant une valeur économique positive appartenant à la société.
Ensemble des engagements et dettes de la société envers des tiers.
La garantie d'actif couvre la diminution de valeur ou la disparition d'un actif (par exemple, une créance présentée comme certaine qui s'avère irrécouvrable). La garantie de passif couvre l'apparition de dettes nouvelles dont le fait générateur est antérieur à la cession : redressement fiscal, rappel de cotisations sociales, condamnation prud'homale. La GAP cumule ces deux protections en un seul instrument.
GAP vs clause de révision de prix : dans une clause de révision de prix, c'est le prix de cession lui-même qui est réduit — le vendeur restitue une partie du montant à l'acquéreur. Dans la GAP, le prix reste inchangé : le cédant verse une indemnité directement à la société cédée ou à l'acquéreur, ce qui entraîne des conséquences fiscales distinctes pour chaque partie.
Pour comprendre comment la GAP s'inscrit dans l'ensemble du processus de transmission, consultez notre guide sur les étapes de la cession de fonds de commerce.
Lorsqu'un acquéreur rachète les titres d'une société, il reprend l'intégralité de la structure juridique — son actif et son passif, déclarés ou non. Le Code civil offre deux garanties légales : la garantie d'éviction (art. 1626) et la garantie contre les vices cachés. Ces recours ne permettent généralement que l'annulation de la cession, non une indemnisation partielle et ciblée — sanction souvent inadaptée lorsqu'elle intervient plusieurs années après la transaction.
La clause garantie actif passif cession pallie précisément ce vide en permettant une indemnisation proportionnée au préjudice subi, sans remettre en cause l'opération dans son ensemble.
Signal d'alerte : l'absence de GAP dans une cession de contrôle doit être considérée comme un signal d'alerte pour l'acquéreur. Il ne disposerait alors que de recours longs, coûteux et incertains en cas de découverte d'irrégularités dans la gestion antérieure.
Pour aller plus loin sur l'évaluation de la valeur transmise, consultez notre article sur la manière de calculer le prix d'un fonds de commerce.
La rédaction d'une clause garantie actif passif est un exercice de précision. Aucune mention obligatoire n'est imposée par la loi — la liberté contractuelle s'applique pleinement — mais plusieurs éléments sont indispensables pour que la clause soit opérationnelle le moment venu.
Le cédant y décrit avec précision la situation de l'entreprise au jour de la cession : constitution, prises de participation, activité, stocks, clientèle, fournisseurs, immobilier, comptes sociaux, situation du personnel, litiges en cours, droits de propriété intellectuelle. Ces déclarations servent de bilan de référence à partir duquel toute variation sera mesurée. Plus elles sont précises, plus le périmètre de la garantie est clairement délimité.
La clause doit définir ce qui est garanti : la totalité de l'actif et du passif, ou seulement certains postes identifiés lors de l'audit préalable (risques fiscaux, risques sociaux, risques environnementaux, litiges spécifiques). Des exclusions peuvent être prévues pour les éléments dont l'acquéreur avait connaissance avant la cession ou les variations relevant de la gestion courante.
La clause doit stipuler expressément le bénéficiaire. Deux options s'offrent aux parties : indemnisation versée à la société cédée (déductible fiscalement pour le cédant, mais imposable à l'IS pour la société) ou réduction de prix au bénéfice de l'acquéreur (non imposable pour l'acquéreur, mais considérée comme une diminution de la plus-value de cession pour le vendeur). Le choix dépend de considérations fiscales à analyser avec un avocat.
Pour s'assurer que le cédant sera en mesure d'honorer ses obligations, il est fortement conseillé de prévoir une sûreté. Trois formes sont couramment utilisées : la caution bancaire (garantie à première demande délivrée par la banque du cédant), le séquestre d'une fraction du prix entre les mains d'un notaire ou avocat (généralement 10 à 20 % du montant), ou la clause earn-out qui conditionne une partie du prix aux performances futures de la société. En savoir plus sur la valeur probante de l'acte d'avocat (article 1374 du Code civil).
Risque majeur : en l'absence de « garantie de la garantie », l'acquéreur risque de se retrouver créancier chirographaire d'un cédant insolvable, rendant la GAP théoriquement valable mais pratiquement inexécutable.
La loi ne fixe aucune durée minimale ni maximale. En pratique, la durée est généralement comprise entre 3 et 5 ans, alignée sur les principaux délais de prescription :
| Type de risque | Durée recommandée | Fondement légal |
|---|---|---|
| Risques fiscaux courants (IS) | 3 ans | Art. L.169 du LPF |
| Risques sociaux (URSSAF, prud'hommes) | 5 ans | Art. L.244-3 du CSS |
| Risques environnementaux | 5 à 10 ans | Droit commun |
| Propriété des titres cédés | Sans limitation | Garantie d'éviction |
Il est courant de prévoir une dégressivité de la garantie dans le temps : plus la date de cession s'éloigne, plus les risques se précisent et se résorbent, ce qui justifie de réduire progressivement le niveau d'exposition du cédant.
Le plafond est le montant maximal que le cédant peut être contraint de verser au titre de la GAP. Il est généralement exprimé en pourcentage du prix de cession, compris entre 30 % et 100 % selon les risques identifiés lors de l'audit préalable. Sans plafond, le cédant pourrait en théorie être tenu de verser une somme supérieure au prix reçu — situation déséquilibrée et extrêmement rare en pratique. Le plafond peut être dégressif d'une année sur l'autre pour tenir compte de la réduction progressive du risque fiscal.
Deux mécanismes permettent d'éviter que la GAP ne soit activée pour des montants négligeables :
| Mécanisme | Définition | Effet pratique |
|---|---|---|
| Seuil de déclenchement | Montant minimal à partir duquel le cédant peut être appelé en garantie | En deçà : aucune indemnisation. Au-delà : indemnisation dès le 1er euro. |
| Franchise | Montant restant systématiquement à la charge du repreneur | Au-delà du seuil, seule la portion excédant la franchise est indemnisée. |
Exemple chiffré : pour une cession de PME à 1 000 000 €, une franchise globale de 1 à 2 % du prix (soit 10 000 à 20 000 €) est courante, associée à un plafond global de 30 à 50 % du prix de cession. Ces paramètres se négocient indépendamment et leur interaction détermine la protection réelle de l'acquéreur.
La mise en œuvre de la GAP cession entreprise suppose la réunion de deux conditions cumulatives : la survenance de l'événement déclencheur prévu dans la clause (constatation d'une diminution d'actif ou d'une augmentation de passif après la cession, mais dont la cause est antérieure) et la bonne foi du bénéficiaire (l'acquéreur doit agir avec loyauté et ne pas avoir dissimulé d'informations).
Jurisprudence : la Cour de cassation (Com., 31 mars 2009) a précisé que la garantie de passif ne couvre pas les indemnités résultant d'un licenciement intervenu après la cession, même si ce licenciement faisait suite à un litige en germe antérieur — le fait générateur retenu étant la décision de licenciement elle-même, et non le litige antérieur.
La clause prévoit en général une procédure précise que le cessionnaire doit respecter sous peine de forclusion :
| Étape | Action requise | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 1. Notification | Informer le cédant par écrit dans les délais prévus, en décrivant l'événement déclencheur et son impact financier | Respecter scrupuleusement le formalisme de la clause (LRAR, délais) |
| 2. Justification | Réunir les pièces justificatives : documents comptables, courriers de l'administration, assignation, etc. | Quantifier précisément le préjudice selon la méthode prévue |
| 3. Calcul | Déterminer l'indemnité selon la méthode contractuelle (prise en charge totale ou partielle, déduction fiscale) | Vérifier si la franchise ou le seuil de déclenchement est atteint |
| 4. Versement | Le cédant verse l'indemnité à la société cédée ou à l'acquéreur selon les modalités convenues | Le cédant peut contester le montant et conduire lui-même certaines procédures |
Erreur fréquente : ne pas respecter les délais et les formes de la notification prévus dans la clause peut priver définitivement l'acquéreur de son droit à indemnisation, même si le préjudice est réel et parfaitement démontré. L'assistance d'un avocat est indispensable à ce stade.
La clause garantie actif passif est souvent la pierre angulaire des négociations dans une opération de garantie actif passif cession. Elle cristallise les intérêts antagonistes des parties et peut, à elle seule, faire échouer une transaction si elle n'est pas abordée avec méthode dès la lettre d'intention.
L'acquéreur cherchera à obtenir un périmètre de garantie le plus large possible, couvrant l'ensemble de l'actif et du passif, une durée alignée sur les délais de prescription fiscale et sociale, un plafond élevé (idéalement proche de 100 % du prix), une franchise faible et un seuil de déclenchement bas, ainsi qu'une « garantie de la garantie » solide sous forme de séquestre ou de caution bancaire.
Le cédant s'efforcera à l'inverse de réduire le périmètre aux seuls risques identifiés lors de l'audit préalable, d'exclure les éléments connus de l'acquéreur, de négocier un plafond entre 30 % et 50 % du prix, d'obtenir une franchise et un seuil de déclenchement élevés, et de prévoir la dégressivité du plafond dans le temps pour limiter son exposition à mesure que les risques se résorbent.
Les négociations de la GAP ne peuvent se mener sérieusement qu'à l'issue d'un audit d'acquisition approfondi : audit comptable, fiscal, social, juridique et, le cas échéant, environnemental. Cet audit permet à chaque partie de quantifier les risques et de négocier les paramètres de la clause sur des bases objectives. La rupture des négociations pour désaccord sur un élément de la GAP est malheureusement fréquente : ces éléments doivent être anticipés dès la lettre d'intention.
Vous souhaitez être accompagné dans votre cession d'entreprise ? Découvrez nos services de cession d'entreprise et prenez contact avec nos avocats spécialisés en droit des affaires.
Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes sur la garantie actif passif cession.
Non, la GAP est facultative. Aucune disposition légale n'impose sa présence dans un acte de cession de titres. En pratique, les acquéreurs l'exigent systématiquement lors d'une cession de contrôle afin de pallier les insuffisances des garanties légales (vices cachés, éviction). Son absence dans une opération d'une certaine taille doit être considérée comme un signal d'alerte pour l'acquéreur.
La durée est librement négociée, sans plancher ni plafond légaux. Elle est le plus souvent fixée entre 3 et 5 ans, calquée sur les délais de prescription fiscale (3 ans en matière d'IS, art. L.169 du LPF) et sociale (5 ans). Pour certains risques spécifiques, comme les risques environnementaux ou liés à la propriété des titres, la durée peut aller jusqu'à 10 ans, voire être illimitée.
Dans une clause de révision de prix, c'est le prix de cession lui-même qui est modifié : le vendeur restitue une partie du prix à l'acquéreur. Dans la GAP, le prix reste inchangé : le cédant verse une indemnité directement à la société cédée ou à l'acquéreur. Ce choix a des conséquences fiscales importantes — notamment en matière de plus-value pour le cédant et d'imposition à l'IS pour la société bénéficiaire.
En l'absence d'un mécanisme de « garantie de la garantie » (séquestre d'une fraction du prix, caution bancaire, crédit-vendeur), l'acquéreur devient un simple créancier chirographaire d'un cédant potentiellement insolvable. La mise en place d'une sûreté solide lors de la rédaction de la convention est donc indispensable pour que la GAP soit réellement protectrice en pratique.
La GAP s'applique principalement lors d'une cession de titres (parts sociales, actions), car l'acquéreur reprend alors l'intégralité de la structure juridique, y compris ses passifs. Pour une cession de fonds de commerce, d'autres mécanismes existent : solidarité fiscale du repreneur pendant 90 jours, séquestre du prix, déclaration au greffe. Consultez notre guide complet sur les étapes de la cession de fonds de commerce.
Si l'indemnisation est versée à la société cédée, elle est déductible fiscalement pour le cédant et constitue un produit imposable à l'IS (25 % depuis 2022) pour la société. Si elle prend la forme d'une réduction de prix versée à l'acquéreur, elle n'est pas imposable pour ce dernier, mais réduit la plus-value de cession du vendeur. En cas de versement sur une année fiscale postérieure à la cession, le cédant peut effectuer une réclamation auprès de l'administration fiscale pour ajuster sa plus-value initialement déclarée.
Nos avocats spécialisés vous accompagnent à chaque étape de la négociation et de la rédaction de votre convention de garantie d'actif et de passif.
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