Mettre fin à un contrat de travail ne se résume jamais à « envoyer une lettre ». Côté employeur, la vraie difficulté est souvent ailleurs : indemnités de rupture et « coût total » ne recouvrent pas la même chose. Entre le préavis, les indemnités obligatoires, les règles conventionnelles, les charges et la fiscalité, une rupture mal chiffrée peut coûter plus cher qu’un accompagnement juridique… simplement parce qu’on a oublié un poste, ou retenu une mauvaise base.
Pour éviter ça, on repart d’une logique simple : quelles sommes sont dues, dans quels cas, sur quelle base, et à quel moment.
Exemple concret
Vous provisionnez 6 000 € « au pif » pour une fin de CDI. En réalité, il fallait intégrer indemnité compensatrice de préavis, indemnité compensatrice de congés payés, et parfois une indemnité conventionnelle de licenciement plus favorable que le minimum légal. Résultat : budget explosé, et salarié qui conteste parce qu’il manque des lignes.
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Dans la pratique, le « chèque de fin » se compose de plusieurs briques :
La SARL est appréciée parce qu’elle combine protection, règles de fonctionnement structurées et image souvent rassurante pour des projets « entre associés de confiance ». En contrepartie, elle est plus encadrée qu’une SAS sur certains points (cession de parts, organisation, statut du dirigeant), ce qui impose d’anticiper dès la rédaction des statuts.
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La règle à retenir : le préavis est une période « normale » de travail… sauf si, pour des raisons juridiques ou pratiques, il n’est pas exécuté. Dans ce cas, on bascule sur une indemnité compensatrice de préavis (qu’on appelle souvent « préavis payé »).
La base de calcul n’est pas uniquement « le fixe ». La jurisprudence et les analyses d’avocats rappellent que la partie variable doit, en principe, être intégrée quand elle correspond à une rémunération habituelle du poste.
Exemple
Vous licenciez un commercial dont le fixe est 2 000 € mais qui perçoit en moyenne 800 € de variable. Si vous le dispensez d’un préavis d’1 mois, le calcul sur le seul fixe est souvent une fausse bonne idée : vous vous exposez à un rappel au titre du variable.
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En CDI, l’indemnité légale de licenciement est due (sauf exceptions, notamment faute grave) dès lors que le salarié justifie d’au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue, et elle se calcule à partir des salaires bruts de référence.
Exemple
Votre calcul « minimum légal » donne 4 200 €. Votre convention collective prévoit 1/3 de mois dès la 1re année, ou un minimum plancher : l’indemnité peut mécaniquement grimper. Si vous provisionnez au légal sans vérifier la convention, vous découvrez l’écart… au moment du solde.
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Sur une rupture conventionnelle, l’indemnité versée au salarié ne peut pas être inférieure au minimum applicable (logique « au moins comme une indemnité de licenciement »).
Côté employeur, il y a un point très concret à intégrer au budget : la contribution patronale spécifique sur la part exonérée de cotisations. Et depuis le 1er janvier 2026, le taux annoncé par les sources officielles est de 40%.
Vous négociez une rupture conventionnelle « propre » avec 12 000 € d’indemnité. Si une partie est exonérée, la contribution employeur peut rendre l’opération sensiblement plus chère que ce que laisse croire le seul montant « net de négociation ».
C’est souvent là que les erreurs coûtent cher, parce qu’on mélange « somme versée » et « régime fiscal ».
Les indemnités assimilées à du salaire, comme indemnité compensatrice de préavis et indemnité compensatrice de congés payés, sont en principe imposables.
L’indemnité de licenciement peut être partiellement exonérée d’impôt (et parfois totalement selon les cas), selon des plafonds et critères encadrés.
Exemple
Vous versez 30 000 € d’indemnité, et vous dites au salarié « c’est exonéré ». En réalité, l’exonération dépend du motif, des plafonds et de sa situation (notamment retraite). Une mauvaise information devient un conflit… alors que le problème est juste un mauvais cadrage.
À la rupture, vous remettez un solde de tout compte qui récapitule les sommes versées. C’est un document sensible : mal détaillé, il alimente la contestation ; mal calculé, il déclenche un rappel.
Exemple
Vous regroupez tout en une seule ligne « indemnités ». Le salarié (ou son conseil) vous demande le détail poste par poste. Si vous ne pouvez pas justifier la base et la méthode, vous perdez la discussion avant même de parler du fond.
Si vous avez une question très spécifique (faute grave, variable, inaptitude, convention collective)
Beaucoup d’outils affichent une estimation « simple » qui rassure… mais qui oublie l’essentiel :
Exemple
Si un salarié a une voiture de fonction et des commissions récurrentes, « raisonner au fixe » peut sous-estimer plusieurs lignes du solde. Conséquence pratique : deux ruptures « au même coût employeur » peuvent donner des nets très différents au salarié.
En rupture conventionnelle, l’employeur supporte désormais un coût spécifique supplémentaire :
L’indemnité de rupture conventionnelle est soumise à une contribution patronale spécifique de 40%, appliquée sur la part de l’indemnité exonérée de cotisations sociales. Cette contribution est à la charge de l’employeur et versée au profit de la Caisse nationale d’assurance vieillesse.
Exemple : vous signez une rupture conventionnelle avec une indemnité de 20 000€.
Si ces 20 000 € sont dans la fraction exonérée de cotisations sociales, la contribution patronale spécifique = 40% × 20 000 € = 8 000 €.
Le « coût employeur » n’est donc pas « 20 000 € », mais 20 000 € + 8 000 € = 28 000 € (sans même parler des autres sommes éventuelles de fin de contrat).
Le régime d’exonération de cotisations sociales est plafonné (avec des règles de calcul et des limites, dont un plafond chiffré pour l’exonération). Au-delà de certains montants, une partie peut devenir soumise à cotisations sociales, voire l’indemnité peut être soumise intégralement dans les cas prévus.
Conséquence : sur des indemnités importantes, vous pouvez cumuler :
Comme certaines indemnités sont toujours imposables (préavis / congés payés) et que l’indemnité spécifique a ses propres règles d’imposition selon la situation du salarié, il est fréquent que la discussion « net perçu » entraîne mécaniquement une hausse du « coût employeur réel ».
Pour bien payer (et payer juste), raisonnez toujours dans cet ordre :
Question ciblée à un avocat ?