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Licenciement : les essentiels pour l'employeur

Perdre (ou faire perdre) un emploi n’est jamais un moment agréable. Mais côté employeur, la meilleure façon de limiter les tensions — et surtout les risques — reste d’être clair, factuel et méthodique. Un licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, et respecter une procédure encadrée (délais, forme des courriers, cohérence des motifs). Quand une étape est négligée ou qu’un motif est mal rédigé, le licenciement peut rapidement devenir contestable, avec à la clé un passage devant le Conseil de prud’hommes et des coûts qui montent vite.

 

Une question sur un licenciement (faute, préavis, indemnités, délais) ? Posez-la gratuitement à des avocats

1) Qu'est-ce qu'un licenciement ?

Le licenciement est la décision, prise par l’employeur, de mettre fin au contrat de travail d’un salarié (le plus souvent un CDI). Le licenciement peut être motivé par des raisons personnelles (liées au salarié) ou économiques (liées à l’entreprise). Dans tous les cas, ce qui compte, ce n’est pas seulement « d’avoir un motif », mais de pouvoir le décrire clairement, le prouver, et le faire entrer dans une procédure rigoureuse.

✅ À retenir : Un licenciement solide, c’est un trio : cause réelle et sérieuse + procédure + preuves.

Motifs interdits (à manier avec prudence)

Certains motifs sont interdits (discrimination, atteinte à une liberté fondamentale, sanction d’un droit, etc.). Le sujet est sensible : si un motif interdit est en cause, on n’est pas seulement dans le « risque prud’hommes », on peut être dans une remise en cause totale de la rupture.

Pour sécuriser le « dossier disciplinaire » avant de licencier, consultez notre article Avertissement au travail : droits, procédure et modèles.

2) Les différents types de licenciement

2.1 Licenciement économique

Le licenciement économique intervient quand la cause est liée à l’entreprise et non au salarié : difficultés économiques, réorganisation nécessaire, baisse durable d’activité, transformation ou suppression de poste. C’est un licenciement plus technique, parce qu’il implique des obligations spécifiques (notamment une démarche de reclassement) et des délais particuliers.

Exemple

Imaginez votre entreprise qui perd soudainement un gros client : la charge de travail baisse durablement, et un poste devient objectivement inutile. Dans ce cas, l’enjeu n’est pas de reprocher quelque chose au salarié, mais de démontrer la réalité du contexte et d’agir proprement sur le terrain organisationnel.

Un doute sur votre procédure de licenciement économique ?

👉 Accédez à nos modèles de courriers liés au licenciement économique

2.2 Licenciement pour motif personnel non disciplinaire

Ici, on ne parle pas d’une faute, mais d’une situation où le salarié ne peut plus occuper son poste dans des conditions satisfaisantes. Les cas les plus fréquents sont l’insuffisance professionnelle (résultats, compétences, autonomie) et l’inaptitude constatée dans le cadre de la médecine du travail (avec des règles particulières).

 

Exemple

Prenons le cas d’un commercial : mois après mois, les objectifs ne sont pas atteints. Vous avez organisé des points réguliers, proposé un accompagnement, clarifié les attentes, ajusté les objectifs quand c’était raisonnable… et malgré tout, la situation ne s’améliore pas. Si tout est documenté et que les difficultés persistent, l’insuffisance professionnelle peut constituer une cause réelle et sérieuse.

Consultez aussi notre dossier Inaptitude : procédure, obligations et modèles sur Actav.

2.3 Licenciement disciplinaire : faute simple, faute grave, faute lourde

Le licenciement disciplinaire repose sur une faute. Le point le plus délicat est souvent la qualification : faute simple, licenciement pour faute grave ou faute lourde. C’est là que l’employeur doit être cohérent : les faits doivent être datés, prouvés, et la sanction doit être proportionnée.

 

Pour mieux visualiser

Un salarié quitte son poste en pleine journée sans prévenir, alors que son absence met l’équipe en difficulté immédiate. Si vous pouvez prouver les faits et leur impact, cela peut entrer dans le champ de la faute grave. En cas de licenciement pour faute grave, le salarié quitte l’entreprise immédiatement : pas de préavis licenciement, pas d’indemnité licenciement légale, mais les congés payés non pris restent dus.

👉 Téléchargez notre lettre de licenciement pour faute grave (CDI).

3) Procédure : les 3 étapes incontournables

Étape 1 — Convocation à l’entretien préalable

La convocation doit être faite par écrit. La convocation doit annoncer clairement qu’un licenciement est envisagé, préciser la date, l’heure, le lieu et rappeler le droit du salarié à se faire assister.

⚠️ Attention au délai minimum

Vous avez remis la convocation un lundi, et vous vous dites : « Parfait, on se voit mercredi. » Justement non : il faut laisser un délai minimum. Anticipez toujours ce point, car un calendrier serré entraîne souvent des erreurs, et ce sont souvent ces erreurs de timing qui fragilisent tout le dossier.

Étape 2 — Entretien préalable

L’entretien n’est pas une formalité : c’est un temps d’échange contradictoire. Vous exposez les motifs, vous présentez les faits, et vous écoutez les explications du salarié. C’est souvent à ce moment que vous détectez un point faible (preuve insuffisante, malentendu, élément nouveau) et que vous évitez une erreur.

✅ À retenir : Un entretien « propre » vous aide à rédiger une lettre plus précise, donc plus défendable.

Situation fréquente

Vous reprochez des retards répétés. À l’entretien, le salarié explique qu’il a signalé un problème de transport depuis deux semaines, et qu’il a demandé un aménagement temporaire. Vous pouvez alors ajuster : recadrage, aménagement, ou à l’inverse confirmer si les faits restent caractérisés et non justifiés.

Étape 3 — Notification du licenciement

La notification se fait par lettre. Cette lettre est centrale : elle fixe le motif du licenciement et structure toute la suite. Une lettre trop vague, trop courte, ou qui change de raison, est un piège. Elle doit reprendre les faits de manière claire, datée, et cohérente avec ce qui a été discuté lors de l’entretien.

4) Préavis : quand est-il dû ?

Le préavis licenciement est la règle générale : le salarié continue de travailler pendant une durée déterminée, sauf exceptions. La durée dépend notamment de l’ancienneté et, très souvent, des règles prévues par la convention collective.

Exemple

Imaginez que vous licenciez pour insuffisance professionnelle et que le préavis est d’un mois. Vous préférez un départ immédiat pour éviter une période tendue dans l’équipe : vous pouvez dispenser le salarié, mais vous devrez verser l’indemnité compensatrice correspondant au préavis.

5) Indemnités : combien "coûte" un licenciement ?

Le coût d’un licenciement ne se résume pas à une seule somme. Il faut raisonner par blocs : indemnité licenciement (si due), indemnité de préavis (si non effectué), congés payés restants, et parfois des indemnités conventionnelles plus favorables.

5.1 Indemnité légale de licenciement (si éligible)

En pratique, un salarié avec une ancienneté minimale (souvent 8 mois) peut prétendre à une indemnité légale, sauf en cas de faute grave ou lourde. Le calcul se fait par tranches d’ancienneté, sur un salaire de référence.

 

Ordre d’idée

Sur un salaire de référence de 3 000 €, un salarié avec 6 ans d’ancienneté aura environ 4 500 € d’indemnité légale. Avec 12 ans d’ancienneté, on se rapproche plutôt d’environ 9 500 € (avant d’ajouter le reste : préavis si dispensé, congés payés, etc.).

5.2 Autres sommes souvent dues

En cas de licenciement pour faute grave, pas d’indemnité licenciement légale et pas d’indemnité de préavis, mais les congés payés non pris restent dus.

6) Focus : licenciement économique, règles renforcées

Le licenciement économique est plus encadré, parce qu’il implique des obligations supplémentaires. Le point le plus sensible est souvent la recherche de reclassement : vous devez montrer que vous avez réellement cherché des solutions (postes disponibles, adaptations possibles) avant de rompre. Ensuite, le calendrier et la gestion des dispositifs d’accompagnement doivent être pensés en amont.

Exemple

Imaginez que vous supprimiez un poste administratif. Avant la rupture, vous identifiez un poste proche dans un autre service, proposez une adaptation légère et formalisez la proposition. Même si le salarié refuse, votre démarche est tracée, ce qui sécurise le dossier.

7) "Licenciement à l'amiable" : ce que dit vraiment la loi

On entend souvent « licenciement à l’amiable ». En pratique, ce terme n’est pas la bonne entrée juridique. Quand vous cherchez une séparation consensuelle, la solution la plus utilisée est la rupture conventionnelle, car elle repose sur un accord, avec un processus propre et une indemnité minimale.

Situation simple

Le salarié veut partir, vous souhaitez éviter un conflit, et vous vous mettez d’accord sur une date de départ. Au lieu de « faire un licenciement », vous sécurisez la séparation avec une rupture conventionnelle.

8) Contestation et licenciement abusif : vos risques

Un salarié peut contester. Les contestations se construisent souvent autour de trois axes : motif insuffisant, preuve fragile, procédure imparfaite. Et dans la pratique, beaucoup de dossiers se fragilisent à cause d’une lettre trop vague ou d’un dossier sans écrit.

✅ À retenir : Le risque, ce n’est pas seulement le motif. C’est la combinaison : motif mal prouvé + procédure mal tenue + lettre floue.

Scénario classique

Vous avez peut-être vécu ce scénario : tout vous paraît « évident », mais quand on vous demande une preuve datée, un écrit, un rappel formalisé… vous vous retrouvez avec peu d’éléments. C’est exactement à ce moment-là qu’un dossier bascule.

9) Les erreurs fréquentes

❌ Erreurs à éviter absolument

FAQ

Quel licenciement ne donne pas droit au chômage ?

En pratique, aucun : le licenciement est une rupture à l’initiative de l’employeur. Le salarié peut donc, en principe, bénéficier de l’assurance chômage s’il remplit les conditions générales d’ouverture de droits.

 
Le licenciement pour faute grave donne-t-il droit à une indemnité ?

Oui, mais pas toutes. En général, la faute grave supprime l’indemnité légale de licenciement et l’indemnité de préavis, mais les congés payés non pris restent dus.

Dois-je toujours respecter un préavis ?

En principe oui, sauf exceptions (faute grave, faute lourde, et certains cas particuliers). Si vous dispensez le salarié de préavis, vous payez l’indemnité compensatrice correspondante.

 
Où trouver un modèle de lettre fiable ?

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