Actav Mega Menu
Droit de préemption des salariés en cession 2026 | Actav

Droit des affaires & Transmission d'entreprise

Faut-il informer les salariés avant de céder un fonds de commerce ?

En bref

Oui, la loi Hamon impose d'informer les salariés au moins 2 mois avant la cession d'un fonds de commerce, sous peine de sanctions. Sur Actav (actav.fr), l'avocat partenaire vérifie la conformité de la procédure d'information des salariés et sécurise l'opération.

Droit de préemption des salariés — dirigeant informant ses salariés
Information des salariés avant cession : obligation légale depuis la loi Hamon 2014

Lorsqu'un chef d'entreprise envisage de céder son fonds de commerce, les salariés disposent-ils d'un droit de préemption ? Depuis la loi Hamon de 2014 (loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014), complétée par la loi Macron de 2015, un mécanisme d'information des salariés préalable obligatoire est en place. Ce dispositif ne confère pas un véritable droit de préemption des salariés en cession mais un droit d'information. Pour une vision complète, consultez les étapes de la cession d'un fonds de commerce.

La loi Hamon : principe du droit de préemption des salariés

Contrairement à ce que son appellation courante pourrait laisser croire, le dispositif issu de la loi Hamon ne confère pas aux salariés un véritable droit de préemption au sens juridique du terme. En droit français, un droit de préemption permet à son titulaire de se substituer à l'acquéreur aux mêmes conditions de prix et de modalités.

Ici, le mécanisme est différent : il s'agit d'un droit d'information des salariés préalable obligatoire qui permet aux salariés de formuler une offre de rachat, sans que le vendeur soit tenu de l'accepter ni même d'y répondre. Les articles L.141-23 à L.141-27 et L.23-10-1 à L.23-10-12 du Code de commerce encadrent précisément cette obligation.

Ce dispositif vise à offrir aux salariés une opportunité de reprendre l'entreprise dans laquelle ils travaillent, dans le cadre d'une cession volontaire et non contrainte pour le cédant.

Entreprises concernées

Le droit de préemption des salariés en cession s'applique à l'ensemble des entreprises de moins de 250 salariés, qu'il s'agisse d'une cession de fonds de commerce ou d'une cession de la majorité des parts sociales ou actions d'une société. Sont visées tant les TPE que les PME, y compris les entreprises commerciales, artisanales et certaines professions libérales.

En revanche, les entreprises de 250 salariés et plus ne sont pas soumises à cette obligation d'information spécifique, bien qu'elles restent tenues d'informer leur comité social et économique (CSE) dans le cadre général du droit du travail.

Comment informer les salariés de la cession ?

La procédure d'information des salariés avant la vente varie selon la taille de l'entreprise.

Entreprises de moins de 50 salariés

Pour les entreprises de moins de 50 salariés, dépourvues de CSE, le cédant doit informer chaque salarié individuellement au moins deux mois avant la conclusion de la cession. Cette information peut être transmise par tout moyen permettant de donner date certaine à sa réception : lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre décharge, courrier électronique certifié, ou affichage avec registre de signature.

Entreprises de 50 à 249 salariés

Pour les entreprises comptant entre 50 et 249 salariés, l'information des salariés avant la vente intervient simultanément avec la consultation du CSE. Le comité est alors saisi au titre de ses attributions consultatives relatives aux orientations stratégiques de l'entreprise.

Contenu de l'information et purge anticipée

Le contenu de l'information reste volontairement sobre : le cédant doit simplement indiquer son intention de vendre et rappeler aux salariés qu'ils ont la possibilité de présenter une offre d'achat. Aucune obligation de communiquer le prix de vente ou les conditions détaillées de la transaction n'est imposée.

En pratique, les cédants et leurs conseils anticipent systématiquement cette étape en sollicitant de chaque salarié une lettre de renonciation écrite. Dès que l'ensemble des salariés a signé cette renonciation, confirmant qu'ils ne souhaitent pas présenter d'offre d'achat, le droit de préemption des salariés en cession est considéré comme « purgé ». La vente peut alors être conclue sans attendre l'expiration du délai de deux mois. Cette méthode, largement utilisée dans la pratique des affaires, permet d'accélérer le calendrier de la cession tout en respectant les obligations légales.

A

Sur Actav (actav.fr), l'avocat partenaire vérifie que la procédure d'information des salariés est conforme à la loi et rédige les lettres de renonciation.

Délais et formalités

Le respect des délais est un point central de la loi Hamon. Voici les principaux jalons à retenir :

Situation Délai applicable
Entreprise de moins de 50 salariés (sans CSE) Information individuelle au moins 2 mois avant la cession
Entreprise de 50 à 249 salariés (avec CSE) Information simultanée à la consultation du CSE, 2 mois avant
Validité de l'information délivrée 2 ans (pas de nouvelle notification si la vente intervient dans ce délai)
Purge anticipée par renonciation écrite des salariés Dès réception de l'ensemble des renonciations

Une fois l'information délivrée, celle-ci reste valable pendant deux ans, ce qui signifie qu'une nouvelle notification n'est pas requise si la vente intervient dans ce délai. Pour mieux anticiper ces formalités dans l'ensemble du processus de vente, reportez-vous à notre guide sur les étapes de la cession d'un fonds de commerce.

Quelles sont les sanctions en cas de non-information des salariés ?

Le non-respect de l'obligation d'information des salariés avant la vente expose le cédant à des sanctions significatives. Depuis la loi Macron de 2015, la sanction n'est plus la nullité de la vente — comme le prévoyait initialement la loi Hamon — mais une amende civile pouvant atteindre 2 % du montant de la cession. Cette amende peut être prononcée à l'initiative du ministère public.

Si la sanction de nullité a été abandonnée pour éviter l'insécurité juridique des transactions, l'amende de 2 % reste dissuasive, en particulier pour les cessions portant sur des montants importants. Pour sécuriser l'ensemble de l'opération et vous faire accompagner par un professionnel, consultez notre page dédiée à la cession d'entreprise.

Les salariés peuvent-ils racheter le fonds ?

Oui, le dispositif de la loi Hamon permet aux salariés de formuler une offre d'achat pour reprendre le fonds de commerce. Cependant, il est essentiel de comprendre que le cédant n'est en aucun cas tenu d'accepter cette offre. Le droit de préemption des salariés en cession est un droit d'information, pas un droit de substitution.

Si un salarié présente une offre, le cédant reste libre de choisir son acquéreur selon les critères qu'il estime pertinents : prix, garanties financières, projet de reprise, conditions de paiement. En pratique, les offres de salariés sont relativement rares, mais le dispositif leur offre une opportunité que la loi entend préserver.

Exceptions

Le législateur a prévu plusieurs cas d'exonération au droit de préemption des salariés en cession. L'obligation d'information ne s'applique pas dans les situations suivantes :

  • Cession au conjoint, à un ascendant ou à un descendant du cédant.
  • Entreprise faisant l'objet d'une procédure de conciliation, de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.
  • Cession ayant déjà fait l'objet d'une information au cours des douze mois précédents.
  • Transmissions par voie de succession, augmentations de capital et transmissions universelles de patrimoine.

Il est donc essentiel de vérifier si l'entreprise entre dans le champ de l'une de ces exceptions avant d'engager les démarches d'information, afin d'éviter des formalités inutiles. Pour les opérations de préemption des salariés en cession portant sur le seul bail, consultez notre article sur la cession de fonds de commerce.

FAQ — Droit de préemption des salariés en cession

Depuis la loi Macron de 2015, la sanction n'est plus la nullité mais une amende civile pouvant atteindre 2 % du montant de la cession, prononcée à l'initiative du ministère public.

Par lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre décharge ou courrier électronique certifié, au moins 2 mois avant la cession.

Oui, ils disposent d'un droit d'information leur permettant de formuler une offre d'achat, mais le vendeur n'est pas tenu de l'accepter.

Non. Le dispositif issu de la loi Hamon n'est pas un véritable droit de préemption : le vendeur n'est pas tenu d'accepter l'offre des salariés, ni même d'y répondre. Il s'agit uniquement d'un droit d'information préalable permettant aux salariés de formuler une offre de rachat.

Le droit de préemption des salariés en cession est un droit d'information qui ne lie pas le vendeur. Le droit de préemption communal est un véritable droit de substitution : la commune peut se porter acquéreur à la place de l'acquéreur pressenti, aux mêmes conditions, lorsque le fonds est situé dans un périmètre de sauvegarde du commerce de proximité.

Recueillir sans délai une lettre de renonciation écrite de chaque salarié. Une fois toutes les renonciations obtenues, le délai de deux mois n'a plus à être attendu et la cession peut être conclue immédiatement. Un avocat spécialisé peut rédiger des lettres de renonciation conformes aux exigences légales.

Non. La cession de bail commercial seule, sans cession du fonds de commerce, n'entre pas dans le champ d'application de la loi Hamon.

Depuis la loi Macron de 2015, le cédant s'expose à une amende civile pouvant atteindre 2 % du montant de la cession, prononcée à l'initiative du ministère public. La nullité de la vente, initialement prévue par la loi Hamon, a été supprimée.

Cession d'entreprise

Vous envisagez une cession ?

Nos avocats sécurisent vos opérations de cession et optimisent le calendrier de votre transaction.

Actav est la première plateforme française de cession d'entreprise pilotée par des avocats.

Être accompagné par Actav →
ACTAV Suite
Assistant en ligne
Propulsé par ACTAV · support@actav.fr