Actav · Tendances 2026
CGV IA : nouvelles obligations en 2026 (AI Act)
En bref
L'AI Act (règlement UE 2024/1689) s'applique pour l'essentiel à compter du 2 août 2026. Vos CGV IA — celles qui encadrent un service intégrant de l'intelligence artificielle — doivent refléter trois exigences clés : information de l'utilisateur sur l'usage d'IA (art. 50), classification du risque (inacceptable, élevé, limité, minimal) et documentation de conformité. Le marquage CE s'impose pour l'IA à haut risque. Les sanctions atteignent 35 M€ ou 7 % du chiffre d'affaires mondial.
Un chatbot sur votre site, un moteur de recommandation, un outil de scoring ou un logiciel doté d'intelligence artificielle : dès lors que votre activité intègre l'IA, vos conditions générales de vente changent de nature. Avec l'AI Act, le premier règlement IA au monde, l'Union européenne impose un cadre contraignant qui se répercute directement sur le contenu de vos contrats. Préparer des CGV IA conformes n'est plus une option : c'est une obligation de conformité dont le calendrier court déjà.
Cet article fait le point sur ce que l'AI Act exige concrètement de vos CGV IA en 2026 : qui est concerné, quelles clauses réviser, quelles sanctions encourir et comment se mettre en conformité. Pour une vue d'ensemble des évolutions contractuelles de l'année, consultez aussi notre dossier sur la réforme des CGV en 2026.
L'AI Act impacte-t-il vos CGV IA ?
Oui, indirectement mais profondément. L'AI Act (règlement européen 2024/1689) n'impose pas une liste figée de mentions à recopier dans vos CGV. En revanche, il fixe des obligations strictes de transparence, de responsabilité et d'information qui ont un impact contractuel majeur. Concrètement, ces obligations doivent se traduire dans vos CGV sous forme de clauses précises, sous peine d'incohérence entre votre conformité réglementaire et vos engagements contractuels.
Le règlement IA est entré en vigueur le 1er août 2024 avec une application échelonnée. Les pratiques d'IA interdites sont prohibées depuis le 2 février 2025, les règles sur les modèles d'IA à usage général depuis le 2 août 2025, et la majorité des obligations — dont la transparence de l'article 50 — s'appliquent à compter du 2 août 2026. C'est cette dernière échéance qui rend ces clauses incontournables.
L'AI Act ne vise pas que les éditeurs d'IA générative. Il s'applique aussi aux déployeurs, c'est-à-dire aux entreprises qui intègrent un système d'IA dans leur activité : relation client, ressources humaines, scoring, modération automatisée. Que vous soyez fournisseur ou simple utilisateur professionnel, vos contrats doivent en tenir compte.
Calendrier 2026 : une nuance importante. Un accord politique provisoire du 7 mai 2026 (« Digital Omnibus ») prévoit de reporter les obligations des systèmes à haut risque de l'Annexe III au 2 décembre 2027 (et celles de l'Annexe I au 2 août 2028). Cet accord n'est pas encore formellement adopté : tant qu'il n'est pas publié au Journal officiel de l'UE, le 2 août 2026 reste la date contraignante — et les obligations de transparence (art. 50) ne sont pas concernées par ce report. Source officielle : Commission européenne.
Les 4 niveaux de risque du règlement IA
L'AI Act repose sur une approche fondée sur le risque. Avant de rédiger vos CGV, vous devez classer votre système d'IA dans l'une des quatre catégories du règlement. C'est cette classification qui détermine l'intensité des obligations et donc le contenu de vos clauses.
| Niveau de risque | Régime applicable |
|---|---|
| Inacceptable | Pratiques interdites (art. 5) : manipulation subliminale, notation sociale, scraping biométrique non ciblé. Interdites depuis le 2 février 2025. |
| Élevé (haut risque) | Systèmes des Annexes I et III : recrutement, scoring de crédit, éducation, biométrie. Encadrement strict : gestion des risques, documentation technique, supervision humaine, marquage CE. |
| Limité | Chatbots, systèmes de recommandation, contenus générés (deepfakes). Obligations de transparence de l'article 50 : informer l'utilisateur. |
| Minimal | Filtres anti-spam, IA de jeux vidéo. Aucune obligation spécifique ; codes de bonne conduite encouragés. |
La plupart des entreprises qui doivent rédiger ces conditions exploitent des systèmes à risque limité (un assistant conversationnel, par exemple) ou à haut risque (un outil de tri de candidatures). La classification n'est pas qu'une affaire de technologie : elle dépend du cas d'usage et du contexte de déploiement.
Actav fait évoluer ses modèles de CGV pour intégrer les exigences de l'AI Act. Selon votre activité, les CGV IA adaptées peuvent relever des modèles CGV logiciels et services numériques ou CGV abonnements et plateforme en ligne, tous deux rédigés par des avocats partenaires.
Quelles obligations pour vos CGV IA en 2026 ?
Les avocats spécialisés en droit du numérique convergent sur un point : les clauses contractuelles classiques doivent être revues à la lumière de l'IA. Voici les trois axes que des CGV sérieuses doivent couvrir.
Transparence et information de l'utilisateur
L'article 50 du règlement IA impose d'informer l'utilisateur qu'il interagit avec un système d'IA et de signaler clairement les contenus générés ou manipulés par une IA. Vos CGV doivent donc préciser la nature du service : ce que fait l'IA, ce qu'elle ne fait pas, et le fait que l'utilisateur dialogue avec une machine et non un humain.
Encadrement des performances et des limites
Un système d'IA produit des résultats probabilistes, parfois erronés. Vos clauses doivent encadrer les performances attendues et poser les limites du service : absence de garantie de résultat, nécessité d'une supervision humaine, périmètre d'usage autorisé. Cet encadrement protège l'entreprise contre les contestations sur la qualité d'une prédiction.
Structuration de la responsabilité
Qui répond d'un biais algorithmique ou d'une décision automatisée contestée ? Vos CGV doivent structurer la responsabilité entre fournisseur, déployeur et utilisateur, prévoir des clauses de gouvernance des données, de réversibilité, de sécurité et de coopération en cas de contrôle ou d'incident. C'est le cœur de la sécurisation juridique d'un produit d'IA.
Faut-il informer vos clients de l'usage d'une IA dans les CGV ?
Oui. L'obligation de transparence est la pierre angulaire du dispositif pour la plupart des entreprises. À compter du 2 août 2026, l'article 50 de l'AI Act impose plusieurs informations que vos CGV et votre interface doivent porter.
Un chatbot déployé sur votre site doit indiquer clairement à l'utilisateur qu'il échange avec une IA. Un outil qui génère du contenu (texte, image, audio, vidéo) doit signaler que ce contenu est artificiel. Les deepfakes et les textes de synthèse publiés sur des sujets d'intérêt public doivent être étiquetés. Les systèmes de reconnaissance d'émotions ou de catégorisation biométrique imposent, eux, d'informer les personnes exposées.
Inscrire ces mentions dans vos CGV et dans votre parcours utilisateur permet de prouver votre conformité. Pour aller plus loin sur la rédaction de vos conditions, consultez notre guide complet des CGV et notre dossier dédié aux CGV pour les abonnements et plateformes.
Quelles sanctions prévoit l'AI Act ?
Le règlement IA prévoit un régime de sanctions dissuasif, fixé par l'article 99. Trois plafonds s'appliquent selon la gravité du manquement — le montant le plus élevé entre la somme fixe et le pourcentage du chiffre d'affaires étant retenu.
| Manquement | Sanction maximale |
|---|---|
| Pratiques d'IA interdites (art. 5) | 35 M€ ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial |
| Autres obligations (haut risque, transparence art. 50…) | 15 M€ ou 3 % du chiffre d'affaires mondial |
| Informations inexactes aux autorités | 7,5 M€ ou 1,5 % du chiffre d'affaires mondial |
Les PME et les jeunes entreprises bénéficient d'amendes ajustées à la baisse. Mais le message est clair : des CGV IA floues ou silencieuses sur l'usage de l'intelligence artificielle exposent l'entreprise à un risque financier et réputationnel réel. En France, la CNIL se prépare à devenir l'une des autorités de surveillance de l'AI Act, en complément de son rôle RGPD.
Avant de rédiger ou de réviser vos CGV IA, la bibliothèque d'Actav propose des modèles de CGV rédigés par des avocats partenaires, adaptés à votre activité et à jour des obligations du règlement IA. Échangez aussi avec d'autres entrepreneurs sur le forum gratuit Actav Connect.
Comment mettre vos CGV IA en conformité ?
La mise en conformité de vos CGV IA avec le règlement IA suit une démarche structurée que les avocats recommandent d'engager sans attendre le 2 août 2026.
1. Cartographier vos usages d'IA
Recensez tous les systèmes d'IA présents dans votre activité : chatbot, recommandation, scoring, génération de contenu. Cette cartographie est la première étape de toute conformité AI Act.
2. Classer le niveau de risque
Pour chaque usage, déterminez la catégorie (inacceptable, élevé, limité, minimal). Cette classification conditionne les clauses à intégrer dans vos CGV.
3. Réviser et documenter vos clauses
Adaptez la nature du service, les performances, la responsabilité et les données. Constituez la documentation qui démontre la conformité et formez vos équipes. Pour un produit à haut risque, anticipez le marquage CE et la documentation technique.
Un appui d'avocat sécurise l'ensemble : c'est lui qui transforme une obligation réglementaire abstraite en clauses opposables. Pour comparer les offres d'accompagnement, consultez nos tarifs.
FAQ : CGV IA et AI Act
Indirectement. L'AI Act n'impose pas de recopier des mentions précises dans vos CGV, mais il fixe des obligations de transparence, d'information et de responsabilité qui ont un impact contractuel direct. En pratique, des CGV IA conformes sont indispensables pour traduire ces obligations en clauses opposables et démontrer votre conformité au règlement IA.
Oui. L'article 50 de l'AI Act impose, à compter du 2 août 2026, d'informer l'utilisateur qu'il interagit avec un système d'IA. Un chatbot relève du risque limité et doit se déclarer comme tel. Vos CGV et votre interface doivent porter cette information de transparence.
Trois axes. La nature du service (ce que fait l'IA et ses limites), l'encadrement des performances (absence de garantie de résultat, supervision humaine) et la structuration de la responsabilité (biais, données, réversibilité, coopération en cas de contrôle). Ces clauses forment le socle de CGV IA conformes au règlement IA.
Jusqu'à 35 M€ ou 7 % du chiffre d'affaires mondial pour les pratiques d'IA interdites. Jusqu'à 15 M€ ou 3 % pour le non-respect des autres obligations (haut risque, transparence). Jusqu'à 7,5 M€ ou 1,5 % pour des informations inexactes aux autorités. Les PME bénéficient d'amendes réduites.
Partiellement, et seulement en projet. Un accord provisoire du 7 mai 2026 (« Digital Omnibus ») prévoit de reporter les obligations haut risque de l'Annexe III au 2 décembre 2027. Tant qu'il n'est pas formellement adopté et publié, le 2 août 2026 reste contraignant. Les obligations de transparence de l'article 50, qui touchent le plus vos contrats, ne sont pas concernées par ce report.
Oui. L'AI Act vise les fournisseurs comme les déployeurs, c'est-à-dire les entreprises qui utilisent un système d'IA dans leur activité (relation client, RH, scoring). À ce titre, vos contrats et vos CGV doivent intégrer les obligations applicables à votre usage et à votre niveau de risque.
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