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Zone tendue préavis : durée, lettre de congé et démarches en 2026

Zone tendue préavis : un mois au lieu de trois pour le locataire. Conditions, mentions de la lettre de congé, point de départ et cas de refus en 2026.

Mis à jour août 2026 Sources officielles citées Lecture 11 min
zone tendue préavis : durée, lettre de congé et démarches — Actav

Zone tendue préavis : un mois au lieu de trois. Le locataire d'un logement vide qui donne congé dans une commune classée en zone tendue bénéficie d'un préavis d'un mois, en application du 1° du I de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989. Une seule condition commande ce délai court, et elle tient dans la lettre : il faut y indiquer, selon la fiche officielle, « l'adresse du logement loué et le fait de bénéficier d'un délai de préavis réduit à un mois », avec la référence légale. À défaut, la loi est sèche : « le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois ». Le préavis part du jour de réception de la lettre recommandée, du jour de la signification par commissaire de justice ou du jour de la remise en main propre, et le loyer reste dû jusqu'à son terme, sauf si le logement est occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur. En location meublée, le préavis est déjà d'un mois partout : la zone tendue n'y ajoute rien.

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L'ESSENTIEL

Zone tendue préavis : deux mois de loyer se jouent sur une phrase. Le locataire d'un logement vide doit en principe trois mois de préavis à son bailleur. Dans les communes classées en zone tendue, ce délai tombe à un mois, mais la loi ne l'accorde pas d'office : elle exige que le motif soit précisé et justifié au moment de l'envoi du congé. Une lettre trop laconique fait repasser le locataire à trois mois, sans discussion possible.

Zone tendue préavis : ce guide suit l'ordre des questions qui se posent réellement, à savoir ce que dit le texte, à quelle condition le délai d'un mois s'applique, comment vérifier qu'une commune est bien classée, quelles locations sont concernées, ce que doit contenir la lettre, quand le préavis commence, jusqu'à quand le loyer est dû, les autres cas de préavis réduit et les erreurs les plus coûteuses. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration, relus le 12 août 2026.

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CE QUE DIT LA LOI DE 1989

Zone tendue préavis : que dit exactement la loi du 6 juillet 1989 ?

Tout tient dans un seul article. L'article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023, pose d'abord la règle générale, en une phrase : « Lorsqu'il émane du locataire, le délai de préavis applicable au congé est de trois mois. » C'est le droit commun de la location vide qui sert de résidence principale.

Le même paragraphe ouvre ensuite une liste d'exceptions, et la zone tendue en est la première : « Le délai de préavis est toutefois d'un mois : 1° Sur les territoires mentionnés au premier alinéa du I de l'article 17 ; 2° En cas d'obtention d'un premier emploi, de mutation, de perte d'emploi ou de nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi ; 3° Pour le locataire dont l'état de santé, constaté par un certificat médical, justifie un changement de domicile ; 3° bis Pour le locataire bénéficiaire d'une ordonnance de protection […] ». Suivent les bénéficiaires du revenu de solidarité active ou de l'allocation aux adultes handicapés, puis le locataire à qui un logement social a été attribué.

Deux enseignements en découlent. Le premier est que la zone tendue est un cas de préavis réduit parmi six, et le seul qui ne dépende pas de la situation personnelle du locataire : il suffit que le logement soit situé sur le bon territoire. Le second est que ce territoire n'est pas défini dans l'article 15 lui-même, qui renvoie au « premier alinéa du I de l'article 17 » de la même loi. C'est ce renvoi qui explique pourquoi la question « ma commune est-elle en zone tendue ? » se règle avec une liste fixée par décret, et non à l'œil nu.

Situation du congéDurée du préavisSource
Logement vide, congé du locataire, cas général3 moisArt. 15, I, loi du 6 juillet 1989
Logement vide en zone tendue, congé du locataire1 moisArt. 15, I, 1°
Logement vide, motif personnel (emploi, santé, violences, RSA ou AAH, logement social)1 moisArt. 15, I, 2° à 5°
Logement meublé, résidence principale, congé du locataire1 mois, zone tendue ou nonArt. 25-8, loi du 6 juillet 1989
Congé donné par le bailleur d'un logement vide6 moisArt. 15, loi du 6 juillet 1989
UN MOIS AU LIEU DE TROIS

Préavis en zone tendue : un mois au lieu de trois, sous quelle condition ?

La réduction est de droit dès lors que la commune figure dans la liste, mais elle n'est pas automatique : elle doit être revendiquée dans le courrier. L'article 15 le dit de la manière la plus directe : « Le locataire souhaitant bénéficier des délais réduits de préavis mentionnés aux 1° à 5° précise le motif invoqué et le justifie au moment de l'envoi de la lettre de congé. A défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois. »

La fiche officielle « Préavis de départ du locataire », vérifiée le 16 avril 2026, traduit cette exigence en pratique. Le préavis est de « 1 mois à la condition d'indiquer dans la lettre de congé » l'adresse du logement et la référence légale. Elle précise la conséquence en cas d'oubli, sans nuance : « le délai de préavis de 3 mois s'applique ».

L'enjeu financier se calcule en quelques secondes. Pour un logement loué 950 € par mois avec 90 € de charges, chaque mois de préavis supplémentaire coûte 1 040 €. Passer d'un à trois mois représente donc 2 080 € de plus, pour un logement que le locataire n'occupe généralement plus. C'est la raison pour laquelle la rédaction du congé mérite dix minutes d'attention.

Le préavis d'un mois en zone tendue ne se motive pas, il se situe. Contrairement aux autres cas de l'article 15, il ne suppose ni certificat médical, ni attestation d'employeur, ni décision d'attribution. Le seul fait générateur est l'emplacement du logement. La justification attendue est donc documentaire au sens large : l'adresse du bien et la référence au 1° du I de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989.

VÉRIFIER LA ZONE TENDUE

Comment vérifier que la location est bien située en zone tendue ?

Cette vérification est la première chose à faire, avant même d'écrire. La liste des communes concernées est fixée par décret, actualisée en 2023, et elle ne se devine pas : la taille d'une commune ou sa proximité avec une métropole ne suffisent pas à préjuger de son classement.

L'administration met à disposition un outil officiel, le simulateur « Votre logement est-il situé en zone tendue ? », vérifié le 15 janvier 2026. Sa présentation est explicite : « Ce simulateur vous permet de déterminer si le logement est situé en zone tendue. » La page indique que le résultat est conforme au décret n° 2023-822 du 25 août 2023, qui a actualisé la liste des communes fixée par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, et rappelle que ce classement commande à la fois le droit du locataire à un préavis d'un mois et l'application de l'encadrement des loyers.

Trois réflexes évitent la mauvaise surprise.

  • Raisonner par commune, pas par quartier ni par agglomération. Le décret cité par le simulateur fixe une liste de communes, et l'outil se renseigne avec le nom de la commune du logement. C'est donc à cette échelle que la réponse se lit, pas à celle du quartier ni de l'agglomération.
  • Vérifier au moment du congé, pas au moment de la signature du bail. L'article 15 attache le délai réduit aux « territoires mentionnés au premier alinéa du I de l'article 17 » et ne le subordonne à aucune date de signature du contrat.
  • Conserver la preuve de la consultation. Imprimer ou enregistrer le résultat du simulateur, daté, coûte une minute et règle par avance une discussion avec le bailleur ou son gestionnaire.
LOCATIONS CONCERNÉES

Quelles locations ouvrent droit au préavis réduit en zone tendue ?

La question mérite d'être posée dans ce sens, car le préavis d'un mois n'apporte pas la même chose selon le type de bail. Pour certaines locations, il change tout. Pour d'autres, il ne change rien, simplement parce que le délai est déjà d'un mois.

Location vide en résidence principale : c'est le cas visé par le texte

C'est le terrain naturel de la règle. Le congé du locataire y suppose trois mois, ramenés à un mois par le 1° du I de l'article 15 lorsque le logement se trouve sur un territoire classé. Le gain est donc de deux mois de loyer et de charges. C'est également le cas où l'oubli de la mention dans la lettre coûte le plus cher, puisqu'il remet le locataire dans le droit commun des trois mois.

Location meublée : le préavis est déjà d'un mois, partout

La zone tendue n'y produit aucun effet supplémentaire. Le meublé relève d'un autre texte de la même loi, l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989, aux termes duquel « le locataire peut résilier le contrat à tout moment, sous réserve du respect d'un préavis d'un mois ». Cet article ne comporte aucun renvoi aux territoires de l'article 17. La fiche service-public.gouv.fr est sans ambiguïté pour le locataire d'un meublé qui sert de résidence principale : « Vous pouvez mettre fin au bail à tout moment. Mais vous devez respecter un délai de préavis de 1 mois. » Le délai est le même que le logement soit situé dans une commune classée ou non. Un locataire de meublé n'a donc pas besoin d'invoquer la zone tendue, et n'a pas à craindre de perdre deux mois faute de l'avoir mentionnée.

Zone tendue préavis : le délai suit le logement, pas la personne

C'est la particularité du 1°. Les cinq autres cas de préavis réduit se rattachent à la situation du locataire : un emploi obtenu, un état de santé, une ordonnance de protection, une allocation, un logement social attribué. La zone tendue, elle, se rattache au bien loué. Deux colocataires d'un même appartement situé dans une commune classée relèvent donc de la même règle, sans avoir à justifier quoi que ce soit de personnel, chacun devant en revanche porter la mention dans son propre courrier de congé.

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LA LETTRE DE CONGÉ

Lettre de congé pour un logement en zone tendue : quelles mentions écrire ?

Le congé se donne par écrit, et l'écrit obéit à une forme. L'article 15 énumère les trois canaux admis : « Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, signifié par acte d'un commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. » Un courriel, un message dans une application de gestion locative ou une lettre simple ne correspond à aucune de ces trois formes.

Le contenu, lui, est commandé par la double exigence de l'article 15 : préciser le motif et le justifier au moment de l'envoi. La fiche officielle en donne la formulation attendue pour la zone tendue, qui doit faire apparaître « l'adresse du logement loué et le fait de bénéficier d'un délai de préavis réduit à un mois », avec la référence légale.

Zone tendue préavis : les six mentions à faire figurer

  • Vos coordonnées et celles du bailleur. Nom, prénom et adresse actuelle du locataire, identité et adresse du bailleur ou de son mandataire, tels qu'ils figurent au bail.
  • L'adresse complète du logement loué. C'est elle qui rattache le bien à la commune classée, donc au 1° du I de l'article 15. Numéro, rue, complément d'adresse, code postal et commune.
  • L'annonce claire du congé. Une phrase qui donne congé du logement, avec la date de la lettre.
  • La revendication expresse du préavis d'un mois et sa base légale. Par exemple : « Le logement étant situé en zone tendue, je bénéficie du délai de préavis réduit à un mois prévu au 1° du I de l'article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. »
  • La date de fin de bail que vous en déduisez. Elle évite toute ambiguïté sur le décompte et permet au bailleur de la contester tout de suite plutôt qu'au moment du solde.
  • Une demande d'état des lieux de sortie et de restitution du dépôt de garantie. Utile en pratique, avec l'adresse à laquelle le dépôt doit être renvoyé.

Un justificatif est attendu pour les autres motifs, pas pour la zone tendue. La fiche officielle demande, pour les cas de préavis réduit, d'indiquer le motif « et joindre un document justificatif ». Pour le 1°, le motif est objectif et vérifiable par tous : l'adresse du logement et la référence au texte en tiennent lieu. Rien n'interdit d'y ajouter, par prudence, le résultat daté du simulateur officiel.

DÉPART DU PRÉAVIS ET LOYER

Quand le préavis commence-t-il et jusqu'à quand faut-il payer le loyer ?

Le point de départ ne dépend pas de la date écrite en haut de la lettre, mais du canal utilisé. La fiche service-public.gouv.fr le décompose en trois hypothèses.

Mode de notification du congéPoint de départ du préavisPreuve conservée
Lettre recommandée avec avis de réceptionJour de réception par le bailleurAvis de réception signé
Acte de commissaire de justiceJour de la significationActe remis par l'étude
Remise en main propre contre émargementJour de la remiseExemplaire daté et émargé

Zone tendue préavis : un exemple de décompte daté

Un congé remis en main propre contre émargement le 15 septembre 2026, pour un logement situé dans une commune classée en zone tendue, fait courir le préavis d'un mois à compter de ce jour : le bail prend fin le 15 octobre 2026. Sans la mention du préavis réduit, le même congé aurait produit ses effets le 15 décembre 2026, soit deux mois de loyer et de charges en plus.

Reste la question du loyer pendant le préavis, et la réponse dépend de qui a donné congé. L'article 15 distingue les deux cas. Lorsque le congé émane du bailleur, « le locataire n'est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux ». Lorsqu'il émane du locataire, la logique s'inverse, sous une réserve que le texte pose lui-même : « Il est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis si c'est lui qui a notifié le congé, sauf si le logement se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur. »

La fiche officielle le confirme en langage courant : « Vous devez payer les loyers et charges locatives durant toute la période de votre préavis », sauf si un nouveau locataire entre dans les lieux avant la fin du délai. Autrement dit, rendre les clés le 20 septembre ne dispense pas de payer jusqu'au 15 octobre. Un locataire pressé a donc tout intérêt à signaler au bailleur qu'il libère le logement par anticipation : seule une relocation effective avant le terme, et conclue en accord avec le bailleur, met fin à son obligation.

LES AUTRES CAS D'UN MOIS

Hors zone tendue : les autres cas de préavis réduit à un mois

Un logement situé hors d'une commune classée n'enferme pas le locataire dans trois mois de préavis. Cinq autres portes existent, énumérées par le même article 15, et il suffit d'en franchir une seule.

Motif invoquéRenvoi de l'article 15, IJustification demandée
Logement situé en zone tendueAdresse du logement et référence légale dans la lettre
Obtention d'un premier emploi, mutation, perte d'emploi ou nouvel emploi consécutif à une perte d'emploiDocument justificatif à joindre au congé
État de santé justifiant un changement de domicileCertificat médical, expressément visé par le texte
Ordonnance de protection ou violences conjugales ou familiales3° bisDocument justificatif à joindre au congé
Bénéficiaire du revenu de solidarité active ou de l'allocation aux adultes handicapésDocument justificatif à joindre au congé
Attribution d'un logement socialDocument justificatif à joindre au congé

Deux précisions comptent pour l'application. La première est que l'article 15 vise « les délais réduits de préavis mentionnés aux 1° à 5° » : l'obligation de préciser et de justifier le motif au moment de l'envoi vaut pour tous, y compris la zone tendue. La seconde est que le texte ne cite nommément qu'un seul justificatif, le certificat médical du 3°. Pour les autres motifs, la fiche officielle demande simplement de « joindre un document justificatif », ce qui laisse au locataire le soin de choisir la pièce la plus probante : promesse d'embauche ou contrat de travail, courrier de mutation, notification d'attribution d'un logement social, attestation de versement d'une allocation.

Un locataire qui remplit plusieurs conditions n'a aucun intérêt à toutes les invoquer. Une seule suffit. Zone tendue préavis : c'est presque toujours le motif le plus simple à établir, puisqu'il se démontre par une adresse et une référence de texte, sans pièce personnelle à produire.

LES ERREURS À ÉVITER

Zone tendue préavis : les erreurs qui coûtent deux mois de loyer

Elles se ressemblent d'un dossier à l'autre, et elles se corrigent toutes avant l'envoi.

  1. Ne pas mentionner la zone tendue dans la lettre. C'est la plus fréquente et la plus chère. Le texte ne laisse pas de marge : « A défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois. »
  2. Envoyer le congé par courriel ou par lettre simple. L'article 15 n'admet que la lettre recommandée avec demande d'avis de réception, l'acte de commissaire de justice et la remise en main propre contre récépissé ou émargement.
  3. Compter le préavis à partir de la date de la lettre. Le délai part de la réception, de la signification ou de la remise, selon le canal. Une lettre datée du 1er septembre mais reçue le 5 fait courir le préavis du 5.
  4. Supposer que la commune est classée parce qu'elle est grande. Le classement résulte d'une liste fixée par décret, que le simulateur officiel restitue commune par commune. La consulter et en garder la trace prend une minute.
  5. Arrêter de payer le loyer en quittant le logement. Le locataire qui a donné congé reste « redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis », même s'il a déménagé. Le texte ne réserve qu'un cas : celui où le logement « se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur ».
  6. Invoquer la zone tendue pour un meublé. Ce n'est pas une faute, c'est un réflexe inutile : le préavis y est déjà d'un mois, classement ou non.

Le congé est un acte définitif. Une fois notifié et reçu, il engage le locataire pour la date de fin qu'il fixe. Mieux vaut donc vérifier le classement de la commune, la forme d'envoi et la mention légale avant de poster, plutôt que de tenter de rattraper un courrier déjà parti.

LE PRÉAVIS DU BAILLEUR

La zone tendue raccourcit-elle aussi le préavis du bailleur ?

Non. Le mécanisme du 1° figure dans le paragraphe consacré au congé « lorsqu'il émane du locataire ». Le bailleur, lui, relève d'une règle distincte du même article 15 : « Le délai de préavis applicable au congé est de six mois lorsqu'il émane du bailleur. » Le classement de la commune ne réduit pas ce délai.

La différence ne s'arrête pas à la durée. Le sort du loyer pendant le préavis s'inverse également, et cette fois à l'avantage du locataire : lorsque le congé vient du bailleur, le locataire « n'est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux ». Un locataire congédié qui retrouve un logement au bout de deux mois cesse donc de payer, alors que le locataire qui part de son propre chef paie l'intégralité de son préavis.

Le formalisme est en revanche identique dans les deux sens : lettre recommandée avec demande d'avis de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé ou émargement.

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FAQ

FAQ zone tendue préavis : vos questions

Quelles sont les règles du préavis en zone tendue en 2026 ?

Un mois au lieu de trois, à condition de le dire dans la lettre. L'article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 fixe le préavis du locataire d'un logement vide à trois mois, puis prévoit qu'il « est toutefois d'un mois : 1° Sur les territoires mentionnés au premier alinéa du I de l'article 17 ». Le même article ajoute que le locataire « précise le motif invoqué et le justifie au moment de l'envoi de la lettre de congé » et que, « à défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois ». La fiche service-public.gouv.fr, vérifiée le 16 avril 2026, demande d'indiquer dans le congé « l'adresse du logement loué et le fait de bénéficier d'un délai de préavis réduit à un mois » avec la référence légale.

Quels documents faut-il joindre à la lettre de congé ?

Pour la zone tendue, aucun justificatif personnel n'est exigé. Le motif est objectif : il tient à l'adresse du logement, qu'il suffit de mentionner avec la référence au 1° du I de l'article 15. Il est prudent d'y joindre le résultat daté du simulateur officiel de service-public.gouv.fr, qui indique si la commune est classée. Pour les autres motifs de préavis réduit, la fiche officielle demande d'indiquer le motif et de « joindre un document justificatif » : certificat médical pour l'état de santé, expressément visé par le texte, et selon les cas contrat de travail, courrier de mutation, notification d'attribution d'un logement social ou attestation de versement du RSA ou de l'AAH.

Combien coûte un congé avec préavis réduit en zone tendue ?

Le congé lui-même ne coûte que son envoi ; ce qui coûte, c'est de le rater. La lettre recommandée avec avis de réception et l'acte de commissaire de justice sont facturés selon leurs tarifs propres, et la remise en main propre contre émargement est gratuite. Le vrai poste de dépense est ailleurs : un congé qui omet la mention du préavis réduit ramène le locataire à trois mois, soit deux mois de loyer et de charges supplémentaires. Pour un logement à 950 € de loyer et 90 € de charges, cela représente 2 080 €. Chez Actav, le modèle « Bail habitation : modèle rédigé par avocat, à télécharger (Word) » est affiché à 59,00 €.

Quelles erreurs font perdre le bénéfice du préavis d'un mois ?

Trois erreurs suffisent à faire repasser le préavis à trois mois. Ne pas mentionner la zone tendue dans le congé, d'abord : le texte prévoit qu'« à défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois ». Utiliser un canal non prévu, ensuite : seuls la lettre recommandée avec demande d'avis de réception, l'acte de commissaire de justice et la remise en main propre contre récépissé ou émargement sont admis par l'article 15. Se tromper de commune, enfin : le classement résulte d'une liste fixée par décret, restituée par le simulateur officiel, et une commune voisine peut ne pas être classée.

Que faire si le bailleur refuse le préavis d'un mois ?

Le préavis réduit ne dépend pas de l'accord du bailleur. Il résulte de la loi dès lors que le logement est situé sur un territoire classé et que le congé le mentionne. Face à un refus, la marche à suivre est documentaire : renvoyer par écrit le résultat daté du simulateur officiel pour la commune concernée, rappeler le 1° du I de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 et la date de réception du congé, qui fixe le point de départ. Si le désaccord persiste, notamment sur la retenue du dépôt de garantie, une conciliation peut être recherchée avant d'envisager une action en justice, et une association agréée de défense des locataires ou un avocat aide à cadrer la demande.

Faut-il un avocat pour donner congé en zone tendue ?

Non, le congé est un acte que le locataire rédige et envoie lui-même. La loi n'impose ni forme notariée, ni intervention d'un professionnel : elle exige un écrit notifié par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, signifié par acte de commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. L'intervention d'un professionnel devient utile lorsque le litige est déjà né : retenue contestée sur le dépôt de garantie, désaccord sur l'état des lieux de sortie, loyers réclamés pour une période postérieure à la fin du bail. Les informations générales d'un article ne remplacent pas l'examen d'un dossier particulier.

Quelles étapes suivre pour donner congé en zone tendue ?

Cinq étapes, dans cet ordre. Vérifier que la commune est classée avec le simulateur officiel de service-public.gouv.fr et conserver le résultat daté. Rédiger le congé en y faisant figurer l'adresse complète du logement et la revendication expresse du préavis d'un mois prévu au 1° du I de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989. Notifier par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou en main propre contre émargement. Noter la date de réception, de signification ou de remise, qui fait courir le délai. Organiser l'état des lieux de sortie et la restitution des clés avant le terme, en continuant de payer le loyer jusqu'à cette date.

Le préavis d'un mois s'applique-t-il aussi en location meublée ?

Le délai y est déjà d'un mois, indépendamment de la zone. L'article 25-8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 prévoit que « le locataire peut résilier le contrat à tout moment, sous réserve du respect d'un préavis d'un mois », et la fiche service-public.gouv.fr l'indique dans les mêmes termes pour le locataire d'un meublé qui constitue sa résidence principale : « Vous pouvez mettre fin au bail à tout moment. Mais vous devez respecter un délai de préavis de 1 mois. » Le classement de la commune en zone tendue ne modifie donc pas ce délai, et il n'est pas nécessaire de l'invoquer dans le congé. La règle du 1° du I de l'article 15 de la même loi concerne la location vide servant de résidence principale, pour laquelle le préavis de droit commun est de trois mois.

Zone tendue préavis : le bailleur bénéficie-t-il aussi du délai réduit ?

Non, son préavis reste de six mois. L'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 énonce que « le délai de préavis applicable au congé est de six mois lorsqu'il émane du bailleur », et la réduction à un mois figure dans la partie du texte consacrée au congé émanant du locataire. Le classement de la commune est donc sans effet sur le délai du bailleur. Le sort du loyer diffère aussi : lorsque le congé émane du bailleur, le locataire « n'est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux », alors qu'il doit l'intégralité du préavis lorsque c'est lui qui a notifié le congé.

Peut-on quitter le logement avant la fin du préavis d'un mois ?

Oui, mais le loyer reste dû jusqu'au terme. L'article 15 prévoit que le locataire « est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis si c'est lui qui a notifié le congé, sauf si le logement se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur ». La fiche officielle le reformule ainsi : « Vous devez payer les loyers et charges locatives durant toute la période de votre préavis. » L'exception est donc posée par la loi elle-même, et elle suppose l'accord du bailleur sur la relocation. Il est utile de le prévenir d'un départ anticipé.

Avertissement : Le présent guide est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un avocat via Actav Suite. Contenu vérifié contre les sources officielles citées dans ce guide à la date de mise à jour indiquée en haut de page.
Bail d'habitation

Le bail pose les règles que le congé viendra appliquer

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