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Actav · Droit commercial

Bon pour accord devis : ce qu'il faut savoir en 2026

Mis à jour le 27 août 2026

Réponse rapide

La mention bon pour accord devis est la formule que le client écrit à la main sur un devis avant de le dater et de le signer, pour marquer qu'il accepte l'offre du professionnel. Aucun texte ne l'impose : c'est un usage, pas une obligation légale. Ce qui compte juridiquement, c'est l'acceptation elle-même. L'article 1113 du code civil pose que « le contrat est formé par la rencontre d'une offre et d'une acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s'engager », et ajoute que cette volonté « peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son auteur ». Un devis signé vaut donc contrat, et l'article 1103 du code civil précise que « les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits ». Conséquence directe pour un devis signé puis annulé par le client : il n'existe aucun droit général de se dédire. Le client ne peut revenir en arrière que dans quatre cas, le droit de rétractation de quatorze jours quand la signature a eu lieu à distance, hors établissement ou après un démarchage téléphonique, la qualification des sommes versées en arrhes au sens de l'article L. 214-1 du code de la consommation, la résiliation d'un marché à forfait de l'article 1794 du code civil, qui suppose d'indemniser intégralement l'entreprise, et l'accord amiable de résiliation.

bon pour accord devis : signature, acompte et annulation d'un devis accepté
La mention manuscrite n'est qu'un usage. C'est l'acceptation du devis, quelle que soit sa forme, qui forme le contrat.

Un bon pour accord devis, c'est trois mots écrits à la main au bas d'une feuille, une date, une signature. La scène est banale et elle se joue des milliers de fois par jour, chez un artisan, un garagiste, une agence, un prestataire informatique. Puis quelque chose change : le client trouve moins cher ailleurs, le chantier prend du retard, la facture finale dépasse le montant annoncé. Et la question arrive toujours dans le même désordre : est-ce que ce papier m'engage vraiment ?

La réponse est oui, et elle surprend souvent les deux camps. Un bon pour accord devis n'est pas un accusé de réception : c'est une acceptation, et elle produit tous les effets d'un contrat. Le professionnel croit parfois qu'un devis reste une simple proposition tant que les travaux n'ont pas commencé. Le client croit souvent qu'il dispose d'un délai de réflexion, comme pour un achat sur internet. Les deux se trompent, et cette double erreur coûte cher. Ce guide reprend le sujet dans l'ordre où les questions se posent : ce que vaut la mention manuscrite, ce que déclenche la signature, qui doit signer, ce que change un acompte, dans quels cas on peut encore se rétracter, quel délai s'applique quand aucune date n'est écrite, et qui paie les travaux supplémentaires. Chaque règle citée renvoie à son texte sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration, dans sa version en vigueur.

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Bon pour accord devis : que vaut exactement cette mention ?

Commençons par ce qui étonne le plus : un bon pour accord devis n'est prévu par aucun article du code civil ni du code de la consommation. Ce n'est pas une formule sacramentelle. C'est une pratique, héritée d'un ancien formalisme des actes sous seing privé, que les entreprises ont conservée parce qu'elle est claire et qu'elle laisse une trace écrite de la volonté du client.

Le vrai fondement est ailleurs. L'article 1113 du code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2016, énonce que « le contrat est formé par la rencontre d'une offre et d'une acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s'engager ». Son second alinéa est décisif : « Cette volonté peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son auteur. » Autrement dit, la loi ne réclame pas trois mots précis. Elle réclame une manifestation de volonté qui ne prête pas à discussion.

Le contrat ainsi formé produit tous ses effets. L'article 1103 du code civil tient en une phrase : « Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. » Un devis accepté n'est donc pas un document préparatoire. C'est la loi des parties, avec le prix, le périmètre et les délais qui y figurent.

Deux garde-fous encadrent cette souplesse, et ils rassurent le client autant que l'entreprise. Le premier : ne rien dire ne vaut pas accepter. L'article 1120 du code civil pose que « le silence ne vaut pas acceptation, à moins qu'il n'en résulte autrement de la loi, des usages, des relations d'affaires ou de circonstances particulières ». Un devis reçu et laissé sans réponse n'engage donc personne. Le second : l'offre ne dure pas indéfiniment. Selon l'article 1117 du code civil, dans sa version en vigueur depuis le 1er octobre 2018, « l'offre est caduque à l'expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, à l'issue d'un délai raisonnable ». Un bon pour accord devis écrit six mois après la remise du document ne ressuscite pas automatiquement le prix affiché.

SituationLe contrat est-il formé ?Pourquoi
Devis daté et signé avec la mention manuscriteOuiAcceptation par déclaration écrite (art. 1113 C. civ.)
Devis signé sans aucune mention manuscriteOuiLa mention n'est exigée par aucun texte, la signature suffit
Courriel du client répondant « c'est bon pour moi, vous pouvez lancer »OuiDéclaration non équivoque au sens du second alinéa de l'art. 1113
Client qui verse l'acompte demandé sans rien signerOui en pratiqueComportement non équivoque, sous réserve de la preuve du périmètre accepté
Devis remis et jamais accepté, chantier non commencéNonOffre non acceptée, le professionnel seul est tenu par son offre
Client qui garde le devis sans répondreNonLe silence ne vaut pas acceptation (art. 1120 C. civ.)
Devis accepté après l'expiration de sa durée de validitéNon automatiquementL'offre est caduque à l'échéance (art. 1117 C. civ.), l'acceptation tardive vaut nouvelle proposition

Pourquoi continuer à faire écrire la mention

Si un bon pour accord devis n'est pas obligatoire, pourquoi tous les professionnels y tiennent-ils ? Pour une raison probatoire, et elle est solide. En cas de litige, celui qui se prévaut du contrat doit prouver que l'autre a accepté. Une signature accompagnée d'une date manuscrite et d'une mention explicite rend cette preuve immédiate. Un courriel ambigu, une conversation téléphonique ou un devis signé sans date obligent à reconstituer la volonté du client, ce qui allonge et fragilise le dossier. La bonne pratique reste donc d'écrire la mention, de la dater du jour, et d'y ajouter le numéro et le montant du devis accepté.

Le professionnel est tenu par son offre avant même que le client accepte. C'est l'article 1116 du code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2016, qui l'énonce : l'offre « ne peut être rétractée avant l'expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, l'issue d'un délai raisonnable », et la rétractation prématurée « engage la responsabilité extracontractuelle de son auteur ». Pendant toute la durée de validité qu'il a lui-même indiquée, le professionnel ne peut donc pas relever son prix. Côté client, la fiche officielle « Devis obligatoire : activités concernées » de service-public.gouv.fr le résume ainsi : « Le devis est une offre de contrat qui engage le professionnel dès lors que le client a accepté le devis. Le client n'est engagé qu'à partir du moment où il le signe. »

Devis signé : à quoi le client s'engage-t-il précisément ?

Un devis signé engage sur trois points, et sur trois points seulement : le prix, le périmètre et le délai qui y sont écrits. Ce qui n'y figure pas n'est pas dû, et cette symétrie protège autant le client que l'entreprise.

Le prix d'abord. Sur un marché à forfait, c'est-à-dire un prix global convenu pour un ouvrage défini, l'entreprise ne peut pas réclamer davantage. L'article 1793 du code civil le dit en toutes lettres pour la construction : l'architecte ou l'entrepreneur qui s'est chargé de la construction à forfait d'un bâtiment d'après un plan arrêté et convenu « ne peut demander aucune augmentation de prix, ni sous le prétexte de l'augmentation de la main-d'oeuvre ou des matériaux, ni sous celui de changements ou d'augmentations faits sur ce plan, si ces changements ou augmentations n'ont pas été autorisés par écrit, et le prix convenu avec le propriétaire ».

Le périmètre ensuite. Le devis décrit la prestation poste par poste. C'est ce descriptif qui sert de référence si le client conteste la qualité ou l'étendue de ce qui a été fait.

Le délai enfin, lorsque le devis en mentionne un. À défaut, une règle supplétive prend le relais chez le consommateur, et nous y revenons plus bas.

Ce qui figure sur un devis dans le bâtiment

Il n'existe pas en droit français de liste générale des mentions du devis valable pour toutes les activités. Les listes réglementaires sont sectorielles : chaque secteur à devis obligatoire a la sienne, et elles ne se ressemblent pas. Les services à la personne relèvent de l'arrêté du 17 mars 2015, les prestations funéraires d'un modèle de devis standardisé fixé par l'arrêté du 23 août 2010, le déménagement de son propre texte. La plus détaillée, et celle qui concerne le plus grand nombre de litiges, vise le dépannage, la réparation et l'entretien dans le secteur du bâtiment et de l'équipement de la maison. L'article 4 de l'arrêté du 24 janvier 2017, en vigueur depuis le 1er avril 2017, impose au professionnel, pour toute prestation conclue en établissement commercial, de remettre un devis détaillé comportant, outre les mentions des articles L. 111-1 et L. 111-2 du code de la consommation :

  • la date de rédaction, le nom et l'adresse de l'entreprise, le nom du client et le lieu d'exécution de l'opération ;
  • la nature exacte des réparations à effectuer ;
  • « le décompte détaillé, en quantité et en prix, de chaque prestation et produit nécessaire à l'opération prévue : dénomination, prix unitaire et désignation de l'unité à laquelle il s'applique (notamment l'heure de main-d'œuvre, le mètre linéaire ou le mètre carré) et la quantité prévue » ;
  • le cas échéant, les frais de déplacement ;
  • « la somme globale à payer hors taxes et toutes taxes comprises, en précisant le taux de TVA » ;
  • la durée de validité de l'offre ;
  • l'indication du caractère payant ou gratuit du devis.

Quand la même prestation est conclue hors établissement, le II du même article renvoie au formalisme des articles L. 221-5 et L. 221-9 du code de la consommation et retient une liste plus courte, centrée sur le taux horaire de main-d'œuvre et le temps estimé ou le montant forfaitaire de chaque prestation, la dénomination et le prix unitaire des produits et matériels, et le cas échéant les frais de déplacement. Le même article ajoute une exigence peu connue, commune aux deux situations : le consommateur doit être informé qu'il peut conserver les pièces, éléments ou appareils remplacés, selon un modèle type figurant en annexe de l'arrêté. Pour les autres activités, le devis reste soumis à l'obligation d'information précontractuelle de l'article L. 111-1 du code de la consommation face à un consommateur, et au dernier alinéa du III de l'article L. 441-1 du code de commerce entre professionnels, qui oblige le prestataire, lorsque le prix ne peut être déterminé a priori ou indiqué avec exactitude, à communiquer au destinataire qui en fait la demande « la méthode de calcul du prix permettant de vérifier ce dernier, ou un devis suffisamment détaillé ».

Un devis doit-il être signé par les deux parties ?

Non, aucun texte ne l'impose, et c'est l'une des idées reçues les plus tenaces. La signature du seul client suffit à former le contrat, parce que les deux parties n'occupent pas la même position juridique.

Le professionnel est l'auteur de l'offre. En établissant et en remettant son devis, il a déjà exprimé sa volonté : le document porte son en-tête, son prix, son descriptif et le plus souvent sa signature ou son cachet. Il est engagé par cette offre pendant la durée de validité qu'il y a inscrite. Le client, lui, est le destinataire de l'offre : tant qu'il n'a rien manifesté, il n'est tenu à rien. Sa signature est l'acceptation qui déclenche la rencontre des volontés de l'article 1113 du code civil. La fiche officielle le résume en une ligne : « Le client n'est engagé qu'à partir du moment où il le signe. »

PartieRôle dans la formation du contratSignature nécessaire ?À partir de quand est-elle engagée ?
ProfessionnelAuteur de l'offreNon exigée par la loi, mais d'usage constantDès la remise du devis, pendant sa durée de validité
ClientDestinataire de l'offreC'est son acceptation qui forme le contratAu jour de l'acceptation, mention manuscrite ou non

Faut-il pour autant se contenter d'une seule signature ? En pratique, faire signer les deux parties reste préférable, pour une raison de preuve et non de validité. Un exemplaire contresigné, remis au client et conservé par l'entreprise, ferme la discussion sur la version du devis réellement acceptée, ce qui compte lorsque plusieurs versions se sont succédé par courriel.

Un devis signé électroniquement a la même valeur. L'article 1366 du code civil énonce que « l'écrit électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il émane et qu'il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l'intégrité ». Une signature par plateforme, avec horodatage et certificat, est donc au moins aussi solide qu'un « bon pour accord » manuscrit sur un devis scanné.

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Devis signé et engagement : quelle est la portée réelle de la signature ?

La portée d'un bon pour accord devis est celle d'un contrat, ni plus ni moins. Trois conséquences en découlent, et elles jouent dans les deux sens.

Première conséquence : plus personne ne peut modifier seul. L'article 1193 du code civil pose que les contrats « ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi autorise ». Le professionnel ne relève pas son prix parce que le coût des matériaux a augmenté. Le client ne réduit pas la commande parce que son budget a bougé. Toute évolution suppose un accord, matérialisé par un devis rectificatif ou un avenant signé.

Deuxième conséquence : l'inexécution se paie. L'article 1231-1 du code civil énonce que « le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution, s'il ne justifie pas que l'exécution a été empêchée par la force majeure ». Un client qui abandonne un chantier commencé, comme une entreprise qui ne se présente jamais, s'expose à indemniser l'autre du préjudice causé.

Troisième conséquence : le devis fixe le terrain de la discussion. Les obligations réciproques sont celles qui y sont écrites. Un poste absent du devis n'est pas dû, un poste chiffré ne peut pas être facturé au-delà.

Un exemple chiffré

Une entreprise remet un devis de rénovation de salle de bains à 9 400 € TTC, à forfait, accepté et signé le 3 mars. Trois cas de figure, trois issues :

  • Le prix du carrelage augmente de 12 % chez le fournisseur. L'entreprise supporte la hausse. Le forfait accepté est celui du contrat, et l'article 1193 du code civil interdit de le modifier sans l'accord du client. La facture reste à 9 400 € TTC. Sur un chantier de construction, l'article 1793 du code civil écarte en outre expressément toute augmentation tirée du renchérissement des matériaux ou de la main-d'œuvre.
  • Le client demande en cours de chantier une douche à l'italienne à la place de la baignoire prévue. C'est une modification du contrat : elle exige l'accord des deux parties, donc un devis complémentaire écrit et accepté avant exécution.
  • Le client se ravise trois semaines après la signature, avant tout démarrage. Il n'existe pas de droit général de se dédire. Selon le contexte de signature et le sort des sommes versées, il pourra soit se rétracter sans frais, soit perdre son acompte, soit devoir indemniser l'entreprise. C'est l'objet des sections suivantes.

Acompte sur devis : quelle différence avec des arrhes, et quelles conséquences ?

Voilà le point qui change tout et que presque personne ne connaît. Deux sommes se ressemblent, s'écrivent sur la même ligne du devis, et n'ont pas du tout les mêmes effets une fois le bon pour accord devis donné.

L'acompte est un premier paiement sur un contrat définitivement conclu. Aucune des deux parties ne peut plus se dédire. Le client doit le solde, le professionnel doit la prestation.

Les arrhes sont une faculté de dédit achetée. Chacun peut renoncer, à un prix connu d'avance.

Comment savoir laquelle des deux s'applique ? La loi tranche, et elle tranche dans un sens qui surprend beaucoup de professionnels. L'article L. 214-1 du code de la consommation, en vigueur depuis le 1er juillet 2016, dispose : « Sauf stipulation contraire, pour tout contrat de vente ou de prestation de services conclu entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d'avance sont des arrhes, au sens de l'article 1590 du code civil. Dans ce cas, chacun des contractants peut revenir sur son engagement, le consommateur en perdant les arrhes, le professionnel en les restituant au double. »

Deux mots méritent d'être relus. « Sauf stipulation contraire » : c'est le devis qui doit écrire noir sur blanc que la somme est un acompte, faute de quoi le régime des arrhes s'applique par défaut. « Au double » : le professionnel qui renonce ne rend pas la somme, il en rend deux fois le montant. La règle vient de l'article 1590 du code civil, qui prévoit depuis 1804 que « si la promesse de vendre a été faite avec des arrhes chacun des contractants est maître de s'en départir, celui qui les a données, en les perdant, et celui qui les a reçues, en restituant le double ».

L'administration dit exactement la même chose en langage courant. La fiche « Devis obligatoire : activités concernées » de service-public.gouv.fr indique, pour l'acompte : « S'il s'agit d'un acompte, alors le devis engage le client et le professionnel. Si l'un des 2 souhaite se soustraire à son engagement, il devra verser des dommages et intérêts. » Et pour les arrhes : « le client peut revenir sur sa décision. Il risque en revanche de perdre cet argent. Le professionnel peut lui aussi décider de renoncer à son engagement, dans ce cas, l'argent versé doublé doit être rendu au client. » La même fiche rappelle la règle par défaut : c'est au contrat de préciser s'il s'agit d'arrhes ou d'un acompte, et si rien n'est indiqué, la somme versée est considérée comme des arrhes.

Point de comparaisonAcompteArrhes
NaturePremier versement sur un contrat fermePrix d'une faculté de dédit
Le client peut-il renoncer ?Non, il reste tenu du contratOui, en perdant la somme versée
Le professionnel peut-il renoncer ?Non, il doit exécuterOui, en restituant le double
Si le devis ne précise rien (contrat avec un consommateur)Ne s'applique pasRégime applicable par défaut
Exemple sur 1 000 € versés, client qui renonceLe client reste redevable du prix convenu, sous réserve de l'indemnisation dueLe client perd 1 000 €
Exemple sur 1 000 € versés, professionnel qui renonceLe client récupère 1 000 € et peut demander réparationLe professionnel verse 2 000 €
TexteArt. 1103 et 1193 C. civ.Art. L. 214-1 C. consom. et 1590 C. civ.

La qualification par défaut ne vaut que face à un consommateur. L'article L. 214-1 vise le contrat « conclu entre un professionnel et un consommateur ». Entre deux entreprises, cette présomption d'arrhes ne joue pas : la somme versée s'analyse selon ce que le contrat prévoit, à défaut comme un acompte. Un devis interentreprises qui reste muet sur ce point est donc une source de litige à lui seul.

Devis avec acompte : combien demander et comment le rédiger ?

Aucun texte général ne fixe de pourcentage maximal d'acompte pour un devis de droit commun. Le montant relève de la liberté contractuelle : il se négocie et il s'écrit. En pratique, il se cale au cas par cas, souvent avec des paiements intermédiaires échelonnés sur l'avancement pour les chantiers longs.

Ce qui compte, en revanche, tient en trois mentions à faire figurer sur le devis, sans lesquelles l'entreprise se retrouve exposée.

  1. Le mot « acompte », écrit explicitement. C'est la « stipulation contraire » de l'article L. 214-1 du code de la consommation. Sans elle, la somme est requalifiée en arrhes face à un consommateur, et le client peut se dédire en la perdant, tandis que l'entreprise qui renonce en doit le double.
  2. Le montant et la date d'exigibilité. Un acompte « à la commande » se distingue d'un acompte « au démarrage du chantier ». La date d'exigibilité conditionne le point de départ des pénalités en cas de non-paiement.
  3. Le sort de l'acompte en cas d'annulation. Rien n'interdit de prévoir une clause qui organise l'annulation et fixe une indemnité forfaitaire, à condition qu'elle reste équilibrée. Face à un consommateur, une clause qui créerait un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties encourt la sanction des clauses abusives et serait réputée non écrite, en application de l'article L. 212-1 du code de la consommation.

Devis signé au domicile du client : aucun encaissement pendant sept jours. C'est la règle la plus souvent ignorée des artisans qui font signer sur place. L'article L. 221-10 du code de la consommation dispose que « le professionnel ne peut recevoir aucun paiement ou aucune contrepartie, sous quelque forme que ce soit, de la part du consommateur avant l'expiration d'un délai de sept jours à compter de la conclusion du contrat hors établissement ». Ni chèque encaissé, ni empreinte bancaire, ni espèces. Le texte réserve quatre cas, dont les travaux d'entretien ou de réparation à réaliser en urgence au domicile du consommateur et expressément sollicités par lui. La sanction n'est pas symbolique : l'article L. 242-7 du même code punit le fait d'exiger ou d'obtenir ce paiement de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende.

Que se passe-t-il si le client ne paie pas l'acompte ?

Le contrat est formé, mais l'entreprise n'est pas obligée de commencer. Elle peut suspendre l'exécution jusqu'au paiement, et mettre le client en demeure. Entre professionnels, et dès lors que l'acompte a fait l'objet d'une facture, le retard de paiement déclenche en outre deux sommes qui se cumulent. Le II de l'article L. 441-10 du code de commerce prévoit que « tout professionnel en situation de retard de paiement est de plein droit débiteur, à l'égard du créancier, d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par décret », et l'article D. 441-5 du code de commerce fixe ce montant à 40 euros. S'y ajoutent les pénalités de retard, dont le taux ne peut être inférieur à trois fois le taux de l'intérêt légal. Pour le second semestre 2026, l'arrêté du 26 juin 2026 fixe ce taux à 2,75 % pour les créances autres que celles des personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels, ce qui porte le plancher des pénalités à 8,25 % sur cette période. Ces règles ne valent qu'entre professionnels : elles ne sont jamais opposables à un consommateur.

Annuler un devis signé : dans quels cas est-ce possible ?

Il n'existe pas de droit général à l'annulation une fois le bon pour accord devis donné. C'est la conséquence directe de l'article 1103 du code civil : le contrat tient lieu de loi aux parties. Mais quatre portes de sortie existent, et il faut savoir laquelle s'ouvre dans quelle situation, parce que le coût n'est pas le même.

Voie de sortieQui peut l'utiliserConditionCoût pour celui qui annuleTexte
Droit de rétractation de 14 joursLe consommateur, et le professionnel de cinq salariés au plus démarché hors établissement pour un objet étranger à son activité principaleContrat conclu à distance, hors établissement ou après démarchage téléphonique, hors foire et salonAucun, sauf exceptions légalesArt. L. 221-18 et L. 221-3 C. consom.
Dédit par abandon des arrhesLes deux partiesSommes versées qualifiées d'arrhesLe client perd les arrhes, le professionnel en restitue le doubleArt. L. 214-1 C. consom. et 1590 C. civ.
Résiliation d'un marché à forfaitLe maître d'ouvrageContrat d'entreprise à forfaitIndemnisation des dépenses, des travaux et du gain manquéArt. 1794 C. civ.
Accord amiable de résiliationLes deux partiesConsentement mutuel écritCe que l'accord prévoitArt. 1193 C. civ.

La résiliation du marché à forfait, une porte ouverte mais payante

C'est la voie la moins connue et la plus mal comprise. L'article 1794 du code civil dispose que « le maître peut résilier, par sa seule volonté, le marché à forfait, quoique l'ouvrage soit déjà commencé, en dédommageant l'entrepreneur de toutes ses dépenses, de tous ses travaux, et de tout ce qu'il aurait pu gagner dans cette entreprise ».

Cet article est souvent présenté comme un droit d'annuler librement. C'est un contresens. Il autorise la rupture unilatérale, mais il l'assortit d'une indemnisation intégrale, qui couvre trois postes distincts : les dépenses engagées, les travaux déjà réalisés, et le bénéfice que l'entreprise aurait retiré du chantier. Autrement dit, résilier un marché à forfait peut coûter presque aussi cher que de le laisser aller à son terme. La faculté existe, elle n'est pas gratuite.

Un devis non encore accepté s'annule sans difficulté. Tant que le client n'a rien signé ni manifesté d'acceptation, aucun contrat n'existe et il n'a rien à annuler : il lui suffit de ne pas donner suite. La difficulté ne commence qu'au moment de l'acceptation, ce qui rend décisive la date portée à côté de la signature.

Devis signé puis annulé par le client : que peut faire l'entreprise ?

C'est la situation la plus fréquente, et la réponse dépend d'abord d'une question de fait : où le bon pour accord devis a-t-il été donné, et qu'a versé le client ? La marche à suivre tient en cinq étapes.

  1. Vérifier si un droit de rétractation s'applique. Si le client est un consommateur et que le devis a été signé à son domicile, à distance ou à la suite d'un démarchage téléphonique, il dispose de quatorze jours pour se rétracter sans avoir à motiver sa décision. Attention à une confusion fréquente : un devis signé sur un stand de foire ou de salon n'ouvre aucun droit de rétractation, l'article L. 224-59 du code de la consommation obligeant au contraire le professionnel à informer le consommateur, avant la conclusion, qu'il « ne dispose pas d'un délai de rétractation ». Lorsque le droit s'applique, l'entreprise restitue les sommes versées, sous la seule réserve des coûts que l'article L. 221-18 du code de la consommation laisse au consommateur, ceux des articles L. 221-23 à L. 221-25, et des exceptions de l'article L. 221-28.
  2. Vérifier la qualification des sommes versées. Si le devis ne porte pas le mot « acompte » et que le client est un consommateur, la somme est constituée d'arrhes par l'effet de l'article L. 214-1 du code de la consommation. Le client peut se dédire en la perdant, et l'entreprise n'a rien de plus à réclamer.
  3. Écrire, et écrire vite. Une lettre recommandée avec avis de réception qui rappelle la date d'acceptation du devis, son montant, l'état d'avancement et le coût déjà engagé fixe le dossier. Elle vaut mise en demeure et fait courir les intérêts.
  4. Chiffrer le préjudice réel, poste par poste. Matériaux commandés et non retournables, heures déjà passées, sous-traitance réservée, créneau de planning perdu. L'indemnisation suppose une preuve, pas une évaluation forfaitaire improvisée.
  5. Proposer une sortie négociée avant de saisir le juge. Un protocole qui solde le litige contre le paiement d'une somme définie évite une procédure longue. Face à un consommateur, le recours préalable à un médiateur de la consommation est en outre un passage attendu.

Le fondement de la demande d'indemnisation est l'article 1231-1 du code civil pour l'inexécution fautive, ou l'article 1794 du code civil lorsque le client exerce sa faculté de résilier un marché à forfait. Dans les deux cas, l'entreprise obtient réparation de ce qu'elle démontre, ce qui explique l'importance de la quatrième étape.

L'erreur la plus coûteuse : conserver l'acompte sans base contractuelle. Un acompte encaissé n'appartient pas à l'entreprise tant que la prestation n'est pas exécutée : il s'impute sur le prix. Le conserver après une annulation suppose soit qu'il s'agisse d'arrhes, soit qu'une clause du devis l'ait prévu, soit qu'il corresponde au préjudice justifié. À défaut, la somme est répétible et l'entreprise s'expose à devoir la rendre avec intérêts.

Rétractation d'un devis signé : les 14 jours s'appliquent-ils vraiment ?

Ils s'appliquent, mais pas partout, et c'est la confusion la plus répandue sur ce sujet. Le droit de rétractation n'est attaché ni au devis ni au bon pour accord devis : il est attaché au lieu et au mode de conclusion du contrat.

L'article L. 221-18 du code de la consommation ouvre au consommateur « un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation d'un contrat conclu à distance, à la suite d'un démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver sa décision ni à supporter d'autres coûts que ceux prévus aux articles L. 221-23 à L. 221-25 ». Le texte précise le point de départ : pour les contrats de prestation de services, le délai court « de la conclusion du contrat » ; pour les contrats de vente de biens, il court de la réception du bien.

Quatre limites doivent être posées, faute de quoi la règle est mal comprise.

  • Un devis signé dans les locaux de l'entreprise n'ouvre aucun droit de rétractation. Signer dans un magasin, un showroom ou une agence est une conclusion en établissement : les quatorze jours ne jouent pas.
  • Un devis signé sur un salon ou une foire n'en ouvre pas davantage. C'est le contre-pied de l'intuition, puisque le client n'est pas dans les locaux habituels de l'entreprise. L'article L. 224-59 du code de la consommation impose au contraire au professionnel d'informer le consommateur, avant la conclusion de tout contrat conclu à l'occasion d'une foire, d'un salon ou d'une manifestation commerciale, « qu'il ne dispose pas d'un délai de rétractation ». Seul le crédit affecté qui financerait l'achat conserve, lui, son propre droit de rétractation.
  • Le droit de rétractation est réservé au consommateur, à une exception près. Entre deux professionnels, il n'existe en principe pas de rétractation légale de ce type. Mais l'article L. 221-3 du code de la consommation étend les sections 2, 3 et 6 du chapitre, dont celle qui porte le droit de rétractation, « aux contrats conclus hors établissement entre deux professionnels dès lors que l'objet de ces contrats n'entre pas dans le champ de l'activité principale du professionnel sollicité et que le nombre de salariés employés par celui-ci est inférieur ou égal à cinq ». Un artisan de quatre salariés démarché à son atelier pour un contrat de communication ou un logiciel dispose donc bien des quatorze jours : c'est un angle mort classique des devis interentreprises.
  • Des exceptions limitent le droit même quand il devrait jouer. L'article L. 221-28 du code de la consommation en dresse la liste, dont les biens « confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés », les services pleinement exécutés avant la fin du délai avec l'accord préalable et exprès du client et sa reconnaissance de la perte du droit, et les travaux d'entretien ou de réparation à réaliser en urgence au domicile du consommateur et expressément sollicités par lui, « dans la limite des pièces de rechange et travaux strictement nécessaires pour répondre à l'urgence ».

Rétractation d'un devis signé sans acompte, et avec acompte : le versement change-t-il quelque chose ?

Sur le droit de rétractation lui-même, non. Les quatorze jours ne dépendent pas d'un paiement : ils dépendent du lieu de conclusion et de la qualité de consommateur. Un devis signé à domicile ouvre le droit, qu'un euro ait été versé ou non ; un devis signé en agence ne l'ouvre pas davantage parce qu'un acompte a été réglé.

Le versement change en revanche ce qu'il faut réclamer, et par quelle voie. Le tableau ci-dessous récapitule les combinaisons rencontrées en pratique.

SituationRétractation de 14 jours ?Sort des sommes verséesAutre voie possible
Consommateur, signature à domicile, aucun versementOuiSans objetSans objet
Consommateur, signature à domicile, acompte verséOuiRestitution des sommes, sauf le montant proportionnel dû si l'exécution a commencé à sa demande expresse (art. L. 221-25)Rappel : aucun paiement ne peut être encaissé pendant 7 jours (art. L. 221-10)
Consommateur, signature sur un stand de foire ou de salonNonSelon la qualification retenue sur le devisArt. L. 224-59 C. consom., information préalable obligatoire
Consommateur, signature en agence, aucun versementNonSans objetRésiliation du marché à forfait avec indemnisation, ou accord amiable
Consommateur, signature en agence, somme non qualifiée sur le devisNonArrhes par défaut : le client se dédit en les perdantArt. L. 214-1 C. consom.
Consommateur, signature en agence, acompte expressément stipuléNonImputable sur le prix, pas de dédit acquisRésiliation du marché à forfait ou accord amiable
Professionnel démarché hors établissement, 5 salariés au plus, objet hors de son activité principaleOuiRestitution dans les mêmes conditions que pour un consommateurArt. L. 221-3 C. consom.
Professionnel, dans tous les autres casNonSelon le contrat, à défaut acompteAccord amiable ou art. 1794 C. civ. si marché à forfait

Délai de réalisation des travaux après signature du devis : que prévoit la loi ?

Deux hypothèses, deux régimes, à compter du jour où le bon pour accord devis est donné. Si le devis mentionne une date ou un délai, cette mention s'impose. S'il n'en mentionne aucun, une règle supplétive prend le relais lorsque le client est un consommateur.

L'article L. 216-1 du code de la consommation, en vigueur depuis le 1er octobre 2021, pose d'abord le principe : « Le professionnel délivre le bien ou fournit le service à la date ou dans le délai indiqué au consommateur, conformément au 3° de l'article L. 111-1, sauf si les parties en conviennent autrement. » Puis il comble le silence : « A défaut d'indication ou d'accord quant à la date de délivrance ou de fourniture, le professionnel délivre le bien ou fournit le service sans retard injustifié et au plus tard trente jours après la conclusion du contrat. »

Cas de figureDélai applicablePoint de départTexte
Consommateur, date ou délai écrit sur le devisCelui du devisSelon la rédaction du devisArt. L. 216-1 C. consom.
Consommateur, devis muet sur la dateSans retard injustifié, et 30 jours au maximumConclusion du contrat, soit l'acceptation du devisArt. L. 216-1 C. consom.
Consommateur, date essentielle pour lui et annoncée avant la conclusionLa date convenue, sans délai supplémentaireDate prévueArt. L. 216-6, II, 2° C. consom.
Entre professionnelsCelui du contrat, à défaut délai raisonnableSelon le contratArt. 1103 et 1231-1 C. civ.

Que faire si le délai n'est pas tenu ?

L'article L. 216-6 du code de la consommation organise la réaction du consommateur en deux temps. Il peut d'abord « notifier au professionnel la suspension du paiement de tout ou partie du prix jusqu'à ce que le professionnel s'exécute ». Il peut ensuite résoudre le contrat « si, après avoir mis en demeure le professionnel d'effectuer la délivrance ou de fournir le service dans un délai supplémentaire raisonnable, ce dernier ne s'est pas exécuté dans ce délai ». Le contrat « est considéré comme résolu à la réception par le professionnel de la lettre ou de l'écrit l'informant de cette résolution, à moins que le professionnel ne se soit exécuté entre-temps ».

Deux situations permettent de sauter l'étape de la mise en demeure et de résoudre immédiatement : lorsque le professionnel refuse d'exécuter ou qu'il est manifeste qu'il ne le fera pas, et lorsque la date constituait pour le consommateur « une condition essentielle du contrat », condition qui « résulte des circonstances qui entourent la conclusion du contrat ou d'une demande expresse du consommateur avant la conclusion du contrat ». Le dernier alinéa précise que ces dispositions s'appliquent « sans préjudice de l'allocation de dommages et intérêts ».

Devis signé sans date de début de travaux : le contrat tient-il, et peut-on l'annuler ?

Le contrat tient. L'absence de date de démarrage n'affecte pas la validité du bon pour accord devis : les éléments essentiels sont la prestation et le prix, et l'article 1113 du code civil ne réclame rien d'autre que la rencontre de l'offre et de l'acceptation. Un devis signé sans date de début de travaux est donc bien un contrat.

Ce que change l'absence de date, c'est le calendrier opposable au professionnel. Face à un consommateur, le silence du devis fait entrer en jeu le troisième alinéa de l'article L. 216-1 du code de la consommation : l'exécution doit intervenir « sans retard injustifié et au plus tard trente jours après la conclusion du contrat ». L'entreprise ne dispose donc pas d'un temps illimité, contrairement à une idée répandue des deux côtés.

Annuler un devis signé sans date de début de travaux

L'absence de date n'ouvre par elle-même aucun droit d'annulation : elle ouvre un droit d'exiger l'exécution dans le délai supplétif. La marche à suivre pour un consommateur est celle de l'article L. 216-6 du code de la consommation, dans cet ordre :

  1. Attendre l'expiration du délai de trente jours suivant l'acceptation du devis, sauf refus manifeste du professionnel ou date essentielle annoncée avant la conclusion, qui permettent une résolution immédiate.
  2. Mettre en demeure par écrit, en fixant un délai supplémentaire raisonnable pour exécuter. La lettre recommandée avec avis de réception donne une date certaine.
  3. Notifier la résolution si le délai supplémentaire s'écoule sans exécution. Le contrat est résolu à la réception de cet écrit par le professionnel, sauf s'il s'est exécuté entre-temps.
  4. Demander le remboursement des sommes versées, et, s'il y a lieu, des dommages et intérêts sur le fondement de l'article 1231-1 du code civil, la résolution étant prononcée « sans préjudice » de cette réparation.

Entre professionnels, ce mécanisme ne s'applique pas. Le créancier de l'obligation inexécutée agit sur le terrain du droit commun des contrats : mise en demeure, puis résolution, avec réparation du préjudice prouvé au titre de l'article 1231-1 du code civil.

La date manquante se rattrape par écrit. Un simple courriel demandant confirmation d'une date de démarrage, et la réponse du professionnel, suffisent à fixer un délai contractuel qui remplacera le silence du devis. C'est plus simple, et bien moins coûteux, que de reconstituer un calendrier après coup devant un juge.

Travaux supplémentaires non prévus au devis : qui les paie ?

La règle est plus stricte que ne le croient beaucoup d'entreprises, et elle protège fortement le client. Un bon pour accord devis ne couvre que ce que le devis décrit. Sur un marché à forfait dans le bâtiment, les travaux supplémentaires ne sont pas dus s'ils n'ont pas été autorisés par écrit, à un prix convenu.

L'article 1793 du code civil pose que l'architecte ou l'entrepreneur chargé de la construction à forfait « ne peut demander aucune augmentation de prix, ni sous le prétexte de l'augmentation de la main-d'oeuvre ou des matériaux, ni sous celui de changements ou d'augmentations faits sur ce plan, si ces changements ou augmentations n'ont pas été autorisés par écrit, et le prix convenu avec le propriétaire ». Deux conditions cumulatives ressortent de cette phrase : une autorisation écrite du maître de l'ouvrage, et un prix convenu avec lui. L'une sans l'autre ne suffit pas.

Hors marché à forfait de construction, le principe reste le même par l'effet de l'article 1193 du code civil : ajouter une prestation au contrat est une modification, elle exige le consentement des deux parties. Une entreprise qui exécute d'abord et facture ensuite s'expose donc à ne rien percevoir de plus.

Situation rencontrée sur le chantierLe supplément est-il dû ?Fondement
Devis complémentaire signé avant exécution des travaux ajoutésOuiModification acceptée, art. 1193 C. civ.
Accord écrit du client par courriel, avec le prix indiquéOuiAutorisation écrite et prix convenu, art. 1793 C. civ.
Accord verbal du client, aucun écrit, marché à forfaitNonL'écrit est exigé par l'art. 1793 C. civ.
Écrit du client mais aucun prix convenu, marché à forfaitNonLes deux conditions de l'art. 1793 sont cumulatives
Hausse du coût des matériaux en cours de chantier à forfaitNonExclusion expresse de l'art. 1793 C. civ.
Travaux imprévus révélés en cours d'ouverture, sans accord écritNon sur le fondement du contratIl faut faire signer un devis complémentaire avant d'exécuter

La bonne pratique, en trois gestes

Arrêter le chantier à la découverte d'un imprévu. Établir un devis complémentaire qui décrit la prestation ajoutée et son prix. Le faire accepter par écrit avant de reprendre. Ces trois gestes prennent quelques heures et évitent le scénario classique du chantier terminé, de la facture majorée de plusieurs milliers d'euros et du client qui refuse de payer un supplément qu'il n'a jamais autorisé.

Indemnisation sur devis ou facture : lequel retenir ?

La question se pose surtout en assurance, après un sinistre : faut-il se faire indemniser sur la base d'un devis de réparation, ou attendre la facture des travaux réellement effectués ? Les deux voies existent et se pratiquent couramment. Le choix n'appartient toutefois ni entièrement à l'assuré ni entièrement à l'assureur, parce que deux règles légales bornent le terrain.

Première borne : le plafond. L'article L. 121-1 du code des assurances énonce que « l'assurance relative aux biens est un contrat d'indemnité ; l'indemnité due par l'assureur à l'assuré ne peut pas dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre ». Un devis élevé ne crée donc pas de droit à percevoir davantage que cette valeur : il sert à évaluer un dommage, pas à le fixer. C'est la traduction du principe indemnitaire, qui interdit de s'enrichir grâce à un sinistre.

Seconde borne, pour un bâtiment : l'emploi de l'indemnité. L'article L. 121-17 du code des assurances dispose que « sauf dans le cas visé à l'article L. 121-16, les indemnités versées en réparation d'un dommage causé à un immeuble bâti doivent être utilisées pour la remise en état effective de cet immeuble ou pour la remise en état de son terrain d'assiette, d'une manière compatible avec l'environnement dudit immeuble », et ajoute que « toute clause contraire dans les contrats d'assurance est nulle d'ordre public ». Encaisser une indemnité sur devis et ne pas faire les travaux n'est donc pas une option libre lorsque le dommage touche un immeuble bâti. C'est aussi ce qui explique la pratique courante du versement en deux temps, une première somme sur devis puis le solde sur présentation de la facture.

Point de comparaisonIndemnisation sur devisIndemnisation sur facture
Nature du documentOffre de contrat, prix estimé avant travauxDocument constatant une prestation exécutée et une somme due
Ce que le document prouveUne estimation du coût de remise en étatUne dépense réellement engagée
Moment du versementAvant travaux, souvent en deux tempsAprès exécution et paiement des travaux
Avance de trésorerie du bénéficiaireFaible, l'indemnité précède la dépenseForte, il faut payer puis se faire rembourser
Plafond de l'indemnité (art. L. 121-1 C. assur.)La valeur de la chose assurée au moment du sinistreLa même valeur, quel que soit le montant facturé
Immeuble bâti : emploi de la somme (art. L. 121-17 C. assur.)Remise en état effective imposée, clause contraire nulle d'ordre publicRemise en état déjà réalisée, la facture en fait la preuve
Si les travaux ne sont pas réalisésSituation exposée sur un immeuble bâti, l'indemnité ayant une destination légaleSans objet, aucun versement sans facture
Valeur juridique du documentOffre irrévocable pendant sa durée de validité (art. 1116 C. civ.), caduque à son terme (art. 1117 C. civ.)Obligatoire entre professionnels (art. L. 441-9 C. com.)

Deux repères permettent de choisir. Si la trésorerie est le sujet, l'indemnisation sur devis évite d'avancer le coût des travaux, au prix d'un versement souvent partiel dans un premier temps, complété sur présentation de la facture. Si le montant définitif est incertain, l'indemnisation sur facture évite de figer une estimation qui pourrait s'avérer inférieure à la dépense réelle. Tout ce qui vient ensuite, vétusté déduite, garantie « valeur à neuf », franchise, délai pour produire la facture, ne relève pas de la loi mais des clauses du contrat d'assurance : ces points se lisent dans les conditions générales et particulières de la police, jamais dans un article de code.

Un point mérite d'être souligné, parce qu'il vaut au-delà de l'assurance : le devis et la facture ne jouent pas le même rôle probatoire. Le devis prouve une offre et, s'il est accepté par un bon pour accord devis, un accord sur un prix. La facture prouve une prestation exécutée et une somme due. Entre professionnels, l'article L. 441-9 du code de commerce rend d'ailleurs la facturation obligatoire pour tout achat de produits ou toute prestation de services pour une activité professionnelle, alors qu'aucun texte n'impose de devis en dehors des activités listées par la réglementation.

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FAQ : vos questions sur le bon pour accord d'un devis

Cinq délais structurent la vie d'un devis accepté. La durée de validité de l'offre d'abord, fixée par le professionnel lui-même et qui figure parmi les mentions obligatoires du devis de dépannage, réparation et entretien du bâtiment listées par l'article 4 de l'arrêté du 24 janvier 2017 : passé ce terme, le prix n'engage plus l'entreprise. Le délai de rétractation ensuite, de quatorze jours pour le consommateur qui a signé à distance, hors établissement ou après un démarchage téléphonique, en application de l'article L. 221-18 du code de la consommation. Le délai de sept jours pendant lequel, après une signature hors établissement, le professionnel ne peut encaisser aucun paiement ni aucune contrepartie, selon l'article L. 221-10 du même code. Le délai d'exécution ensuite, celui du devis s'il en porte un, à défaut trente jours au maximum à compter de la conclusion du contrat selon l'article L. 216-1 du code de la consommation. Et, en cas de retard, le délai supplémentaire raisonnable que le consommateur doit accorder par mise en demeure avant de résoudre le contrat, selon l'article L. 216-6 du même code.

Cinq gestes, dans cet ordre. Relire le devis poste par poste, en vérifiant le descriptif, le montant hors taxes et toutes taxes comprises, le taux de TVA, la durée de validité et la mention du caractère gratuit ou payant du devis. Vérifier ensuite comment la somme demandée d'avance est qualifiée : sans le mot « acompte » écrit noir sur blanc, l'article L. 214-1 du code de la consommation en fait des arrhes face à un consommateur. Écrire la mention, la dater du jour et signer, en ajoutant le numéro et le montant du devis accepté pour éviter toute contestation de version. Conserver un exemplaire complet et daté, ainsi que la preuve de son envoi. Régler l'acompte convenu et en garder le justificatif, qui vaut commencement d'exécution.

Un dossier de devis se monte en deux volets : le contrat, puis les preuves de son exécution. Côté contrat : le devis complet dans sa version acceptée, avec toutes ses annexes et son descriptif détaillé, l'exemplaire portant la mention manuscrite, la date et la signature, les conditions générales de vente si elles sont visées, et les éventuels devis complémentaires signés avant exécution. Côté exécution : la preuve du versement de l'acompte, les échanges écrits sur les dates de démarrage et les modifications demandées, les photographies de chantier datées, les bons de commande de matériaux, et la facture finale. En cas de litige, ce sont les écrits antérieurs à l'exécution qui pèsent le plus : l'autorisation écrite des travaux supplémentaires exigée par l'article 1793 du code civil ne se reconstitue pas après coup.

Six erreurs reviennent dans presque tous les litiges. Croire qu'un devis signé se rétracte toujours en quatorze jours : le droit de l'article L. 221-18 du code de la consommation suppose une signature à distance, hors établissement ou après démarchage téléphonique, jamais une signature en agence. Croire à l'inverse qu'une signature sur un stand de foire ou de salon ouvre ces quatorze jours : l'article L. 224-59 du code de la consommation les exclut, et impose seulement d'informer le consommateur de cette absence de rétractation avant la conclusion. Omettre le mot « acompte » sur le devis, ce qui fait basculer la somme en arrhes face à un consommateur, avec restitution au double si c'est l'entreprise qui renonce. Exécuter des travaux supplémentaires sur un accord verbal, alors que l'article 1793 du code civil exige un écrit et un prix convenu. Ne pas dater la signature, ce qui rend indéterminable le point de départ des délais. Croire enfin que l'article 1794 du code civil permet d'annuler librement un marché à forfait : il autorise la résiliation, mais impose d'indemniser l'entreprise de ses dépenses, de ses travaux et de son gain manqué.

Le cadre est celui du droit des contrats issu de la réforme de 2016, complété par le code de la consommation. L'article 1113 du code civil, en vigueur depuis le 1er octobre 2016, forme le contrat par la rencontre d'une offre et d'une acceptation, celle-ci pouvant résulter « d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque ». L'article 1103 donne au contrat formé force de loi entre les parties, et l'article 1193 interdit de le modifier ou de le révoquer sans consentement mutuel. Côté consommation, l'article L. 214-1 qualifie d'arrhes les sommes versées d'avance sauf stipulation contraire, l'article L. 221-18 ouvre quatorze jours de rétractation aux seuls contrats à distance, hors établissement ou après démarchage téléphonique, et l'article L. 216-1, en vigueur depuis le 1er octobre 2021, impose une exécution sans retard injustifié et au plus tard trente jours après la conclusion à défaut de date convenue. Aucun de ces textes n'exige la mention manuscrite « bon pour accord ».

Trois situations justifient un avis juridique avant d'agir. Lorsque le montant en jeu est significatif au regard de l'activité et qu'une résiliation de marché à forfait est envisagée : le chiffrage de l'indemnisation due au titre de l'article 1794 du code civil, qui couvre les dépenses, les travaux et le gain manqué, se prépare pièce par pièce. Lorsqu'un litige porte sur des travaux supplémentaires exécutés sans écrit, car l'issue dépend entièrement de la qualification du marché et des échanges intervenus. Lorsqu'une clause du devis ou des conditions générales est contestée comme abusive face à un consommateur, l'article L. 212-1 du code de la consommation la faisant réputer non écrite en cas de déséquilibre significatif. En amont, un modèle de devis et des conditions générales rédigés avec soin réduisent nettement le terrain de la contestation.

Non, aucun texte ne l'impose. C'est un usage professionnel, pas une obligation légale. L'article 1113 du code civil se contente d'exiger une acceptation manifestant la volonté de s'engager, volonté qui « peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son auteur ». Un devis simplement signé et daté est donc parfaitement valable, tout comme un courriel d'acceptation sans ambiguïté. La mention conserve néanmoins un intérêt probatoire réel : elle rend la preuve de l'accord immédiate, alors qu'un échange informel oblige à reconstituer la volonté du client. La bonne pratique consiste à écrire la mention, à la dater du jour et à rappeler le numéro et le montant du devis accepté.

Dans un seul cas : l'exercice du droit de rétractation. Le consommateur qui a signé à distance, hors établissement ou à la suite d'un démarchage téléphonique dispose de quatorze jours pour se rétracter « sans avoir à motiver sa décision ni à supporter d'autres coûts » que ceux prévus par la loi, selon l'article L. 221-18 du code de la consommation, sous réserve des exceptions de l'article L. 221-28, dont les biens nettement personnalisés et les réparations urgentes expressément sollicitées au domicile. Partout ailleurs, l'annulation a un coût : perte des arrhes pour le client qui se dédit, restitution au double pour le professionnel qui renonce, ou indemnisation complète de l'entreprise en cas de résiliation d'un marché à forfait sur le fondement de l'article 1794 du code civil. Seul un accord amiable écrit permet d'organiser une sortie à d'autres conditions.

Le temps que le professionnel a lui-même indiqué. Aucune durée légale uniforme n'existe : c'est l'auteur de l'offre qui fixe son terme. Pour les prestations de dépannage, de réparation et d'entretien du bâtiment et de l'équipement de la maison, la durée de validité de l'offre figure d'ailleurs parmi les mentions que l'article 4 de l'arrêté du 24 janvier 2017 impose de faire figurer sur le devis détaillé. Pendant cette période, le professionnel est tenu par son prix et ne peut pas le relever. Passé ce terme, l'offre devient caduque : l'article 1117 du code civil, dans sa version en vigueur depuis le 1er octobre 2018, prévoit que « l'offre est caduque à l'expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, à l'issue d'un délai raisonnable ». Une acceptation tardive ne forme donc plus le contrat automatiquement, elle vaut nouvelle proposition que le professionnel reste libre d'accepter ou de refuser. Et si le devis ne mentionne aucune durée, c'est ce délai raisonnable, apprécié au regard des circonstances et des usages du secteur, qui s'applique.

Non, il ne l'est que dans des secteurs limitativement énumérés. La fiche officielle « Devis obligatoire : activités concernées » de service-public.gouv.fr recense neuf activités : les travaux et le dépannage du secteur du bâtiment, la prestation de déménagement, la location de véhicules de moins de 3,5 tonnes, l'optique médicale, l'appareillage auditif, la prestation de services à la personne dès que le prix mensuel atteint 100 € TTC, les produits et prestations destinés à compenser une perte d'autonomie à partir de 500 € TTC, la chirurgie esthétique à partir de 300 €, seuil fixé par l'arrêté du 17 octobre 1996 relatif à la publicité des prix des actes médicaux et chirurgicaux à visée esthétique, ou en cas d'anesthésie générale, et la prestation funéraire. Le devis est gratuit dans ces activités, à la seule exception des travaux et du dépannage du bâtiment, où il peut être payant. Hors de ces secteurs, aucun texte n'impose de devis, mais l'obligation d'information précontractuelle de l'article L. 111-1 du code de la consommation reste due au consommateur, et l'article L. 441-1 du code de commerce impose au prestataire, entre professionnels, de communiquer sur demande la méthode de calcul du prix ou un devis suffisamment détaillé lorsque le prix ne peut être déterminé a priori.

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