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Rupture conventionnelle fonction publique : ce qu'il faut savoir en 2026
Mis à jour le 11 août 2026
Réponse rapide
Rupture conventionnelle fonction publique : ce n'est plus une expérimentation depuis le 21 février 2026. La loi de finances pour 2026 a inscrit le dispositif aux articles L. 552-1 à L. 552-5 du code général de la fonction publique, pour les fonctionnaires des trois versants : État, fonction publique territoriale et fonction publique hospitalière. Les agents contractuels en contrat à durée indéterminée n'étaient pas concernés par l'expérimentation, leur rupture conventionnelle étant permanente depuis le 1er janvier 2020 : elle figure aujourd'hui à l'article L. 552-5. La procédure repose sur un entretien fixé « au moins dix jours francs et au plus un mois » après la demande, une convention signée « au moins quinze jours francs après le dernier entretien », puis un droit de rétractation de quinze jours francs ouvert aux deux parties. L'indemnité spécifique se négocie entre un plancher progressif, qui démarre à un quart de mois de rémunération brute par année d'ancienneté et monte à trois cinquièmes de mois pour les dernières années, et un plafond d'un douzième de la rémunération brute annuelle par année, dans la limite de vingt-quatre ans. Elle ouvre droit aux allocations chômage si les conditions d'attribution sont remplies.
Pendant six ans, un fonctionnaire qui voulait négocier son départ dépendait d'un régime provisoire. L'expérimentation ouverte le 1er janvier 2020 devait s'arrêter le 31 décembre 2025. Elle s'est bien arrêtée à cette date, et le relais n'a été pris que près de deux mois plus tard : la loi de finances pour 2026, publiée au Journal officiel le 20 février 2026 au terme d'un parcours budgétaire retardé, a fait entrer la rupture conventionnelle dans le code général de la fonction publique, où elle occupe désormais un chapitre entier. Le changement n'est pas cosmétique. Un dispositif expérimental est borné par une date couperet et suspendu à une décision de reconduction ; un dispositif codifié devient un droit commun que les administrations doivent instruire.
Ce guide suit l'ordre des questions réelles : ce qui a changé en 2026, qui peut en bénéficier et qui en est exclu, la procédure et ses délais, le calcul de l'indemnité spécifique, la fiscalité, le droit au chômage, puis les particularités de la fonction publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et de l'Éducation nationale. Deux employeurs à statut particulier, La Poste et la SNCF, ferment la marche : ils relèvent de deux régimes différents, et la confusion coûte cher. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration.
Rupture conventionnelle dans la fonction publique : ce qui a changé en 2026
Le point de départ tient en une date. Le dispositif a été ouvert « à titre expérimental du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2025 » par l'article 72 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique. Puis l'article 173 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 l'a codifié. Le portail de la fonction publique a titré sans détour : « Le dispositif de la rupture conventionnelle est pérennisé pour les fonctionnaires ».
La règle de fond figure désormais à l'article L. 552-1 du code général de la fonction publique, en vigueur depuis le 21 février 2026 : « L'administration et le fonctionnaire peuvent convenir en commun des conditions de la cessation définitive des fonctions mentionnée au 9° de l'article L. 550-1. La rupture conventionnelle résulte de la convention signée entre les deux parties. Cette convention en définit les conditions, notamment le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, qui ne peut être inférieur ou supérieur aux montants fixés par décret en fonction du nombre d'années de service et de la rémunération perçue. »
Quatre autres articles complètent le chapitre. L'article L. 552-2 énumère les exclusions, l'article L. 552-3 ouvre l'assistance par « un conseiller désigné par une organisation syndicale de son choix », l'article L. 552-4 organise le remboursement de l'indemnité en cas de retour dans le service public, et l'article L. 552-5 vise les agents contractuels en contrat à durée indéterminée. Ce dernier n'est pas une nouveauté : il reprend mot pour mot l'ancien article L. 552-1, que la codification de 2026 a simplement déplacé en fin de chapitre pour laisser la première place aux fonctionnaires. Pour un contractuel en contrat à durée indéterminée, rien ne change donc en 2026, sa rupture conventionnelle n'ayant jamais été expérimentale.
| Point de comparaison | Jusqu'au 31 décembre 2025 | Depuis le 21 février 2026 |
|---|---|---|
| Base juridique pour les fonctionnaires | Article 72 de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019, à titre expérimental | Articles L. 552-1 à L. 552-5 du code général de la fonction publique |
| Base juridique pour les contractuels en contrat à durée indéterminée | Ancien article L. 552-1 du code général de la fonction publique, régime permanent | Article L. 552-5 du code général de la fonction publique, texte inchangé |
| Durée du dispositif pour les fonctionnaires | Six ans, du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2025 | Sans terme |
| Versants concernés | État, territorial, hospitalier | État, territorial, hospitalier |
| Procédure et indemnité | Décrets n° 2019-1593 et n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 | Décrets n° 2019-1593 et n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 |
| Modèles de convention | Arrêté du 6 février 2020, quatre annexes | Arrêté du 6 février 2020, quatre annexes |
Autrement dit, la mécanique n'a pas bougé : ce sont les mêmes décrets, les mêmes délais et les mêmes montants qui s'appliquent. Ce qui a changé, c'est la sécurité juridique de l'agent qui dépose sa demande, et celle de l'administration qui l'instruit.
Rupture conventionnelle fonction publique : le repère à retenir. Un document qui fonde encore le dispositif sur le seul article 72 de la loi du 6 août 2019 date d'avant la codification. Depuis le 21 février 2026, la référence à citer est l'article L. 552-1 du code général de la fonction publique.
Rupture conventionnelle fonction publique : qui peut en bénéficier ?
Le champ est large, les exclusions sont précises. Côté bénéficiaires, l'article 1er du décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 énumère quatre catégories : l'indemnité spécifique « peut être versée aux fonctionnaires, aux agents contractuels à durée indéterminée de droit public, aux personnels affiliés au régime de retraite institué en application du décret du 5 octobre 2004 susvisé et aux praticiens en contrat à durée indéterminée relevant de l'article L. 6152-1 du code de la santé publique ». Les personnels visés en troisième position sont les ouvriers de l'État, ceux visés en quatrième position les praticiens hospitaliers sous contrat à durée indéterminée.
Côté exclusions, l'article L. 552-2 du code général de la fonction publique en dresse trois : « La rupture conventionnelle ne s'applique pas : 1° Au fonctionnaire stagiaire ; 2° Au fonctionnaire ayant atteint l'âge d'ouverture du droit à une pension de retraite fixé à l'article L. 161-17-2 du code de la sécurité sociale et remplissant les conditions requises pour bénéficier de la liquidation de ses droits à taux plein ; 3° Au fonctionnaire détaché en qualité d'agent contractuel. »
La deuxième exclusion mérite une lecture attentive, car elle est cumulative. Atteindre l'âge légal ne suffit pas à fermer la porte : il faut aussi remplir les conditions du taux plein. Un agent qui a l'âge mais pas la durée d'assurance requise reste donc éligible.
| Situation | Rupture conventionnelle possible ? | Texte |
|---|---|---|
| Fonctionnaire titulaire, État, territorial ou hospitalier | Oui | Art. L. 552-1 CGFP |
| Agent contractuel de droit public en contrat à durée indéterminée | Oui | Art. L. 552-5 CGFP |
| Ouvrier de l'État | Oui | Art. 1er du décret n° 2019-1596 |
| Praticien hospitalier en contrat à durée indéterminée | Oui | Art. 1er du décret n° 2019-1596 |
| Fonctionnaire stagiaire | Non | Art. L. 552-2, 1° CGFP |
| Agent contractuel en contrat à durée déterminée | Non | Fiche service-public.gouv.fr F31094 |
| Fonctionnaire ayant l'âge légal de la retraite et le taux plein | Non | Art. L. 552-2, 2° CGFP |
| Fonctionnaire détaché en qualité d'agent contractuel | Non | Art. L. 552-2, 3° CGFP |
Deux situations supplémentaires ferment la voie pour les contractuels. La fiche officielle « Rupture conventionnelle dans la fonction publique », vérifiée le 21 février 2026, précise que vous ne pouvez pas conclure de rupture conventionnelle « pendant une période d'essai ou en cas de licenciement ou de démission ». Une procédure de licenciement déjà engagée ne se transforme donc pas en rupture négociée.
Un fonctionnaire peut-il obtenir une rupture conventionnelle de droit ?
Non. Le mot « convenir » de l'article L. 552-1 dit tout : il faut deux signatures. Le portail de la fonction publique le formule ainsi, la rupture conventionnelle peut être engagée par l'agent comme par l'administration, mais elle ne peut être imposée par aucune des deux parties. Un refus de l'administration n'ouvre donc aucun droit à l'agent, et le refus de l'agent ne peut évidemment pas lui être reproché.
C'est la différence la plus concrète avec une démission. La démission est un acte unilatéral, elle n'ouvre en principe pas de droit à l'assurance chômage et elle ne donne lieu à aucune indemnité. La rupture conventionnelle suppose un accord, mais elle apporte les deux. C'est aussi pourquoi les demandes ne sont pas toutes acceptées : l'administration apprécie l'intérêt du service, la vacance de l'emploi et le coût budgétaire de l'indemnité.
Rupture conventionnelle fonction publique : quelle procédure et quels délais ?
La procédure est fixée par le décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019. Elle se déroule en six temps, chacun encadré par un délai exprimé en jours francs, c'est-à-dire des jours entiers qui ne comptent ni le jour de l'événement de départ ni celui de l'échéance.
- Demander par écrit. La partie qui engage la procédure informe l'autre « par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise en main propre contre signature ». L'initiative appartient à l'agent comme à l'administration.
- Tenir l'entretien dans la fenêtre légale. L'entretien se tient « à une date fixée au moins dix jours francs et au plus un mois après la réception de la lettre ». Dix jours francs au minimum laissent à l'agent le temps de se préparer.
- Se faire assister si on le souhaite. Le fonctionnaire peut « se faire assister par un conseiller désigné par une organisation syndicale représentative de son choix ». Le conseiller « est tenu à une obligation de confidentialité à l'égard des informations relatives aux situations individuelles ». Depuis le 21 février 2026, l'article L. 552-3 du code général de la fonction publique reprend cette faculté au niveau législatif dans une rédaction plus large : il vise « un conseiller désigné par une organisation syndicale de son choix », sans exiger qu'elle soit représentative.
- Aborder les quatre points obligatoires. L'entretien porte sur les motifs et le principe de la rupture, sur la date de cessation définitive des fonctions, sur le montant de l'indemnité et sur les conséquences de la rupture, « notamment le bénéfice de l'assurance chômage ».
- Signer la convention. Les termes sont énoncés dans « une convention signée par les deux parties », dont la signature intervient « au moins quinze jours francs après le dernier entretien ». Le modèle est imposé : l'arrêté du 6 février 2020 annexe quatre modèles de convention, un pour les fonctionnaires, un pour les contractuels, un pour les ouvriers de l'État et un pour les praticiens en contrat à durée indéterminée.
- Laisser courir la rétractation. « Chacune des deux parties dispose d'un droit de rétractation », qu'elle exerce « dans un délai de quinze jours francs ». Passé ce délai, la rupture est acquise et « le fonctionnaire est radié des cadres à la date de cessation définitive de fonctions convenue ».
| Étape | Délai applicable | Texte |
|---|---|---|
| Entre la demande et l'entretien | 10 jours francs minimum, 1 mois maximum | Art. 2 du décret n° 2019-1593 |
| Entre le dernier entretien et la signature | 15 jours francs minimum | Art. 5 du décret n° 2019-1593 |
| Droit de rétractation après signature | 15 jours francs | Art. 6 du décret n° 2019-1593 |
| Radiation des cadres | À la date de cessation définitive convenue | Art. 7 du décret n° 2019-1593 |
| Inscription comme demandeur d'emploi | 12 mois maximum après la fin des fonctions | France Travail, conditions de l'ARE |
Un calendrier réaliste se lit donc ainsi : une demande déposée début septembre conduit à un entretien à la mi-septembre au plus tôt, à une signature début octobre au plus tôt, et à une rupture ferme vers la mi-octobre. Comptez au minimum cinq à six semaines entre la lettre et la sécurité juridique, sans compter le temps de décision de l'administration, qui n'est enfermé dans aucun délai.
Rupture conventionnelle fonction publique : pourquoi il n'y a pas d'homologation
C'est l'écart le plus frappant avec le secteur privé. Dans une entreprise, la convention de rupture n'existe qu'après un contrôle extérieur : selon l'article L. 1237-14 du Code du travail, « l'autorité administrative dispose d'un délai d'instruction de quinze jours ouvrables, à compter de la réception de la demande » et, « à défaut de notification dans ce délai, l'homologation est réputée acquise ». Dans la fonction publique, ce contrôle n'existe pas : l'administration est elle-même partie à la convention, elle ne s'homologue pas.
| Point de procédure | Agent public | Salarié du secteur privé |
|---|---|---|
| Texte de base | Art. L. 552-1 CGFP | Art. L. 1237-11 C. trav. |
| Délai avant l'entretien | 10 jours francs minimum | Aucun délai imposé par la loi |
| Délai avant la signature | 15 jours francs après le dernier entretien | Aucun délai imposé par la loi |
| Rétractation | 15 jours francs | 15 jours calendaires |
| Contrôle de l'administration | Aucun, l'administration est partie à la convention | Homologation, 15 jours ouvrables d'instruction |
| Juge compétent en cas de litige | Juge administratif | Conseil de prud'hommes, 12 mois |
Cette absence d'homologation a une conséquence pratique : personne ne vérifiera à votre place que le calendrier a été respecté. C'est à l'agent de dater ses courriers, de conserver l'accusé de réception et de vérifier que les quinze jours francs ont bien couru avant la signature.
Quel est le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ?
Le montant se négocie, mais à l'intérieur d'une fourchette fermée aux deux bouts. Le décret n° 2019-1596 pose un plancher progressif à son article 2 : « Le montant de l'indemnité prévue à l'article 1er ne peut pas être inférieur aux montants suivants : un quart de mois de rémunération brute par année d'ancienneté pour les années jusqu'à dix ans ; deux cinquièmes de mois de rémunération brute par année d'ancienneté pour les années à partir de dix ans et jusqu'à quinze ans ; un demi mois de rémunération brute par année d'ancienneté à partir de quinze ans et jusqu'à vingt ans ; trois cinquièmes de mois de rémunération brute par année d'ancienneté à partir de vingt ans et jusqu'à vingt-quatre ans. »
Le plafond, lui, tient en une phrase à l'article 3 : « Le montant maximum de l'indemnité prévue à l'article 1er ne peut pas excéder une somme équivalente à un douzième de la rémunération brute annuelle perçue par l'agent par année d'ancienneté, dans la limite de vingt-quatre ans d'ancienneté. » Un douzième de la rémunération annuelle, c'est un mois. Le plafond revient donc à un mois de rémunération brute par année de service, soit vingt-quatre mois au maximum.
| Tranche d'ancienneté | Plancher par année | Plancher cumulé au terme de la tranche |
|---|---|---|
| Jusqu'à 10 ans | 1/4 de mois de rémunération brute | 2,5 mois |
| De 10 ans à 15 ans | 2/5 de mois de rémunération brute | 4,5 mois |
| De 15 ans à 20 ans | 1/2 mois de rémunération brute | 7 mois |
| De 20 ans à 24 ans | 3/5 de mois de rémunération brute | 9,4 mois |
| Au-delà de 24 ans | Aucun plancher supplémentaire | 9,4 mois |
| Plafond, toutes anciennetés | 1/12 de la rémunération brute annuelle par année | 24 mois |
La rémunération de référence n'est pas le salaire du dernier mois. L'article 4 du même décret retient la rémunération brute perçue au cours de l'année civile qui précède la rupture, en écartant plusieurs éléments, dont les remboursements de frais, les majorations liées à l'outre-mer, l'indemnité de résidence à l'étranger et les primes de mobilité. Un agent qui a connu une année incomplète, par exemple un congé sans traitement ou une période à demi-traitement, a donc tout intérêt à demander à son service des ressources humaines le détail du montant retenu avant l'entretien.
Exemple de calcul pour douze ans de services
Prenons un agent comptant douze années d'ancienneté, dont la rémunération brute de l'année civile précédente s'est élevée à 30 000 €. Un mois de rémunération brute vaut donc 2 500 €.
- Plancher. Les dix premières années donnent 10 × 0,25 = 2,5 mois. Les deux années suivantes donnent 2 × 0,4 = 0,8 mois. Total : 3,3 mois, soit 8 250 €.
- Plafond. Un douzième de 30 000 € vaut 2 500 € par année d'ancienneté, soit 12 × 2 500 € = 30 000 €.
- Marge de négociation. Entre 8 250 € et 30 000 €, l'écart est de près de 22 000 €. C'est cette marge qui se discute lors de l'entretien, et rien n'oblige l'administration à proposer autre chose que le plancher.
Le même calcul pour vingt-quatre ans de services donne un plancher de 9,4 mois et un plafond de 24 mois. Au-delà de vingt-quatre ans, ni le plancher ni le plafond n'augmentent : les années supplémentaires ne rapportent rien.
Le montant figure dans la convention, pas dans un barème automatique. L'article L. 552-1 du code général de la fonction publique impose que la convention « en définit les conditions, notamment le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ». Demandez le détail du calcul par écrit avant de signer : c'est le seul document qui fera foi.
L'indemnité est-elle imposable et soumise à CSG ?
Pas dans la plupart des cas, mais les seuils sont chiffrés et ils bougent chaque année avec le plafond de la sécurité sociale, dont l'arrêté du 22 décembre 2025 a fixé la valeur mensuelle à 4 005 € pour 2026, soit 48 060 € sur douze mois. La fiche officielle service-public.gouv.fr donne les trois règles applicables à la contribution sociale généralisée : « Si le montant de votre indemnité de rupture conventionnelle est inférieur à 96 120 €, votre indemnité est exonérée de CSG » ; « si le montant de votre indemnité est compris entre 96 120 € et 480 600 €, la partie supérieure à 96 120 € est soumise pour 98,25 % de son montant à la CSG » ; « si le montant de votre indemnité est supérieur à 480 600 €, l'indemnité est intégralement soumise à CSG ».
Côté impôt sur le revenu, la même fiche indique que « l'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée, en tout ou partie, d'impôt sur le revenu ». L'exonération joue « si elle ne dépasse pas 2 fois le montant de votre rémunération annuelle brute de l'année précédant celle de votre rupture conventionnelle », étant précisé que « le montant exonéré d'impôt ne doit pas dépasser 288 360 € ». Une exonération portant sur 50 % du montant de l'indemnité, dans la même limite, constitue une seconde formule, et la règle la plus favorable s'applique.
| Prélèvement | Seuil 2026 | Effet |
|---|---|---|
| Plafond annuel de la sécurité sociale | 48 060 € (4 005 € × 12) | Sert de base aux deux seuils suivants |
| CSG | 96 120 € | Exonération totale en dessous de ce montant |
| CSG, tranche intermédiaire | De 96 120 € à 480 600 € | La fraction au-delà de 96 120 € est soumise sur 98,25 % de son montant |
| Impôt sur le revenu | 288 360 € | Plafond du montant exonéré |
Pour une carrière ordinaire, ces seuils ne sont jamais atteints : une indemnité de 8 250 € ou de 30 000 € reste intégralement exonérée de CSG et d'impôt sur le revenu. Les seuils comptent pour les fins de carrière longues, où le plafond de vingt-quatre mois peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Rupture conventionnelle fonction publique et chômage : quels droits ?
La réponse officielle est courte. La fiche service-public.gouv.fr consacrée à la rupture conventionnelle dans la fonction publique l'écrit en une phrase : « Vous avez droit aux allocations chômage, si vous en remplissez les conditions d'attribution. » France Travail le confirme pour l'ensemble des agents publics : « si vous perdez votre emploi, vous avez le droit à l'allocation chômage dans les mêmes conditions que les salariés du secteur privé ».
Les conditions sont celles de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures, recherchés dans les 24 derniers mois, ou dans les 36 derniers mois à partir de 55 ans, et s'inscrire comme demandeur d'emploi « dans un délai maximum de 12 mois suivant la fin du contrat de travail ». Pour les fins de contrat intervenant à compter du 1er avril 2026, cette durée d'affiliation est abaissée à 108 jours ou 758 heures pour les primo-entrants, c'est-à-dire les demandeurs d'emploi qui n'ont bénéficié d'aucune admission à l'allocation d'aide au retour à l'emploi au cours des vingt années précédant leur inscription.
L'allocation ne démarre pas le lendemain de la radiation des cadres. Trois décalages s'additionnent selon la réglementation d'assurance chômage : un délai d'attente de sept jours, « sauf s'il a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois » ; un différé congés payés « limité à 30 jours calendaires » ; et un différé spécifique calculé sur les indemnités de rupture versées au-delà du minimum légal, qui « ne peut excéder 150 jours ». Une indemnité négociée nettement au-dessus du plancher retarde donc le premier versement, ce qui doit entrer dans l'arbitrage au moment de l'entretien.
Qui verse l'allocation à un ancien agent public ?
Pas toujours France Travail, et c'est une particularité du secteur public. L'Unédic rappelle le principe de l'auto-assurance : « votre employeur assure lui-même ses agents et c'est lui qui vous versera des allocations », et dans ce cas « c'est à lui qu'incombe votre indemnisation et non à France Travail ». France Travail décrit quatre configurations : l'auto-assurance, la convention de gestion, l'adhésion irrévocable et l'adhésion révocable, chacune déterminant qui paie et à partir de quand.
| Situation de l'employeur public | Qui verse l'allocation |
|---|---|
| Auto-assurance | L'employeur public, sur son budget |
| Convention de gestion avec France Travail | France Travail verse, l'employeur rembourse |
| Adhésion irrévocable | France Travail |
| Adhésion révocable | L'employeur pour les fins de fonctions survenues dans les 6 mois de la signature du contrat d'adhésion, France Travail pour celles survenues après |
Le réflexe utile est donc de poser la question lors de l'entretien, d'autant que l'article 4 du décret n° 2019-1593 impose d'aborder les conséquences de la rupture, « notamment le bénéfice de l'assurance chômage ». Savoir qui paiera évite de perdre plusieurs semaines à frapper à la mauvaise porte après la radiation des cadres.
Rupture conventionnelle dans la fonction publique territoriale : quelles particularités ?
Le régime est le même que pour l'État, les particularités sont pratiques. La fiche officielle indique d'abord à qui écrire : « lorsque c'est vous qui engagez la procédure de rupture conventionnelle, vous pouvez adresser votre courrier à votre direction des ressources humaines ou à l'autorité investie du pouvoir de nomination ». Dans une commune, cette autorité est le maire ; dans un établissement public de coopération intercommunale, le président.
Deuxième particularité, et elle lève une idée reçue tenace : « la mise en œuvre de la rupture conventionnelle ne nécessite pas de délibération de votre collectivité ». Un agent n'a donc pas à attendre le prochain conseil municipal pour que son dossier avance, même si la collectivité reste libre d'organiser sa propre doctrine interne.
Troisième particularité, propre aux emplois à temps non complet. Lorsque l'agent occupe plusieurs emplois auprès de plusieurs collectivités, la rupture conventionnelle « doit être mise en œuvre par l'ensemble de vos collectivités employeurs ». Une seule collectivité ne peut pas rompre pour les autres, ce qui suppose en pratique autant d'entretiens et autant de conventions.
La quatrième particularité est financière et elle concerne le retour. L'article L. 552-4 du code général de la fonction publique traite les trois versants différemment. Pour l'État, l'obligation de remboursement se déclenche par un recrutement « en tant qu'agent de l'Etat », quel que soit le ministère. Pour le versant territorial, elle se déclenche par un recrutement « en tant qu'agent territorial », mais la somme est due « à l'employeur avec lequel elle a conclu cette convention », c'est-à-dire à la collectivité d'origine. Le mécanisme est identique pour le versant hospitalier.
| Versant | Fait générateur du remboursement | Bénéficiaire du remboursement | Délai |
|---|---|---|---|
| Fonction publique de l'État | Recrutement en tant qu'agent de l'État dans les 6 ans | L'État | 2 ans après le recrutement |
| Fonction publique territoriale | Recrutement en tant qu'agent territorial dans les 6 ans | L'employeur signataire de la convention | 2 ans après le recrutement |
| Fonction publique hospitalière | Recrutement en tant qu'agent hospitalier dans les 6 ans | L'employeur signataire de la convention | 2 ans après le recrutement |
Concrètement, un agent territorial qui reprend un poste dans une autre commune quatre ans après sa rupture doit rembourser son indemnité à sa collectivité d'origine, et non à son nouvel employeur. Le retour dans le privé, dans une association ou dans une entreprise publique de droit privé ne déclenche en revanche rien.
Rupture conventionnelle dans la fonction publique hospitalière : comment ça se passe ?
Le décret n° 2019-1593 couvre les trois versants avec la même architecture : demande écrite, entretien entre dix jours francs et un mois, convention signée quinze jours francs après le dernier entretien, rétractation de quinze jours francs. Un agent d'un centre hospitalier suit donc exactement le calendrier décrit plus haut, l'interlocuteur étant l'autorité investie du pouvoir de nomination de l'établissement.
Que recouvre le sigle FPH et qui peut en bénéficier ?
FPH désigne la fonction publique hospitalière, le troisième versant de la fonction publique, à côté de l'État et du territorial. Il regroupe les personnels des établissements publics de santé, des établissements sociaux et médico-sociaux publics et de plusieurs établissements assimilés. Trois populations distinctes y ouvrent droit au dispositif, et elles n'ont pas le même modèle de convention.
| Population concernée | Rupture conventionnelle FPH | Modèle de convention applicable |
|---|---|---|
| Fonctionnaire hospitalier titulaire | Oui | Annexe 1 de l'arrêté du 6 février 2020 |
| Agent contractuel de droit public en contrat à durée indéterminée | Oui | Annexe 2 de l'arrêté du 6 février 2020 |
| Praticien en contrat à durée indéterminée relevant de l'art. L. 6152-1 du code de la santé publique | Oui | Annexe 4 de l'arrêté du 6 février 2020 |
| Fonctionnaire hospitalier stagiaire | Non | Sans objet, art. L. 552-2, 1° CGFP |
Le cas des praticiens hospitaliers mérite d'être signalé, car il est souvent ignoré : l'article 1er du décret n° 2019-1596 vise expressément « les praticiens en contrat à durée indéterminée relevant de l'article L. 6152-1 du code de la santé publique », et l'arrêté du 6 février 2020 leur consacre une annexe dédiée. Le calcul de l'indemnité obéit aux mêmes planchers et au même plafond que pour les autres agents.
Le remboursement, enfin, obéit à la règle du versant hospitalier : un agent recruté « en tant qu'agent hospitalier » dans les six années qui suivent doit rembourser l'indemnité à l'établissement signataire de la convention, dans les deux ans suivant son recrutement. Passer d'un hôpital public à un autre déclenche donc l'obligation ; rejoindre une clinique privée ne la déclenche pas.
Rupture conventionnelle à l'Éducation nationale : quelles règles pour les enseignants ?
Un professeur des écoles, un professeur certifié ou agrégé, un conseiller principal d'éducation titulaire sont des fonctionnaires de l'État. Ils relèvent donc de l'article L. 552-1 du code général de la fonction publique, sans texte spécifique à l'enseignement, et bénéficient de la pérennisation entrée en vigueur le 21 février 2026. Avant cette date, chaque campagne dépendait d'une expérimentation dont le terme approchait, ce qui rendait la planification difficile pour les agents comme pour les rectorats.
La demande s'adresse, comme pour tout agent de l'État, à la direction des ressources humaines ou à l'autorité investie du pouvoir de nomination, en pratique le rectorat d'académie ou la direction des services départementaux de l'éducation nationale. Le calendrier légal ne change pas : dix jours francs au minimum avant l'entretien, quinze jours francs avant la signature, quinze jours francs de rétractation.
- Aucun droit à obtenir la rupture. L'accord des deux parties reste la condition. Le rectorat apprécie la situation de la discipline, les besoins de remplacement et le coût de l'indemnité.
- Les stagiaires en sont exclus. L'article L. 552-2, 1° écarte le fonctionnaire stagiaire. Un professeur en année de stage doit donc attendre sa titularisation.
- Le retour est encadré sur six ans. Pour la fonction publique de l'État, l'obligation de remboursement se déclenche par un recrutement « en tant qu'agent de l'Etat », donc y compris dans un autre ministère que celui de l'éducation nationale. Le texte ne distingue pas selon que l'agent est recruté comme titulaire ou comme contractuel : le critère est la qualité d'agent de l'État.
- L'indemnité obéit au décret n° 2019-1596. Pour un enseignant comptant douze ans de services et 30 000 € de rémunération brute annuelle, le plancher est de 8 250 € et le plafond de 30 000 €.
Un point d'organisation à connaître : les académies diffusent une circulaire de campagne qui fixe un calendrier des opérations et organise l'instruction des demandes, comme le fait la circulaire de campagne 2026 du rectorat de Paris. Ce calendrier interne ne modifie pas les délais du décret, il s'y ajoute. Une demande déposée hors campagne n'est pas irrecevable en droit, mais elle a peu de chances d'aboutir dans l'année scolaire en cours.
La Poste et la SNCF : deux régimes à ne pas confondre
Ces deux entreprises emploient des personnes qui se disent « au statut » et qui, pour cette raison, cherchent naturellement du côté de la fonction publique. La réponse n'est pourtant pas la même dans les deux cas, et elle ne dépend pas du sentiment d'appartenance : elle dépend de la nature juridique du lien d'emploi. Un fonctionnaire relève du code général de la fonction publique ; un salarié, même régi par un statut d'entreprise, relève du Code du travail.
La rupture conventionnelle à La Poste : quel texte s'applique ?
La Poste emploie encore des fonctionnaires, et le législateur a réglé leur cas de façon explicite. L'article 29 de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990, dans sa version en vigueur depuis le 21 février 2026, dispose que « les articles L. 552-1 et L. 552-2 du code général de la fonction publique sont applicables aux fonctionnaires de La Poste et de France Télécom ainsi qu'au corps des administrateurs des postes et télécommunications ». Le même article aménage deux points.
- L'assistance est plus large qu'ailleurs. « Au cours de la procédure de rupture conventionnelle, le fonctionnaire peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de son entreprise, qu'il s'agisse d'un titulaire d'un mandat syndical, d'un membre d'une institution représentative du personnel ou de toute autre personne. » Là où l'article L. 552-3 du code général de la fonction publique vise un conseiller désigné par une organisation syndicale, le texte propre à La Poste ouvre le choix à tout collègue.
- Le périmètre du remboursement est plus étendu. Le fonctionnaire qui, « dans les six années suivant la rupture conventionnelle », est recruté « pour occuper un emploi au sein de La Poste, d'Orange SA, des filiales de ces entreprises ou de la fonction publique de l'Etat est tenu de rembourser à l'employeur lui ayant versé l'indemnité, dans les deux ans qui suivent le recrutement, les sommes perçues au titre de l'indemnité de rupture conventionnelle ». Les filiales entrent donc dans le champ, ce qui n'est pas le cas dans le droit commun des trois versants.
Les salariés de droit privé de La Poste, eux, ne relèvent pas de ce dispositif. Ils suivent le régime du Code du travail : convention de rupture, rétractation de quinze jours calendaires selon l'article L. 1237-13, puis homologation par l'autorité administrative dans le délai d'instruction de quinze jours ouvrables de l'article L. 1237-14. La première question à se poser chez un employeur mixte est donc toujours la même : suis-je fonctionnaire, ou salarié ?
La rupture conventionnelle à la SNCF : quel texte s'applique ?
À la SNCF, la réponse est nette : le Code du travail, y compris pour les agents du cadre permanent. L'article L. 2101-2 du code des transports, en vigueur depuis le 1er janvier 2020, énonce que la société nationale SNCF et les sociétés issues des activités du groupe public ferroviaire « emploient des salariés régis par un statut particulier élaboré dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État et des salariés sous le régime des conventions collectives ». Le mot employé par le législateur est « salariés », dans les deux cas. Le statut ferroviaire encadre une relation de travail de droit privé, il ne confère pas la qualité d'agent public.
Conséquence directe : c'est l'article L. 1237-11 du Code du travail qui s'applique, selon lequel « l'employeur et le salarié peuvent convenir en commun des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie » et selon lequel la rupture conventionnelle « ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties ». L'indemnité spécifique ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, la convention est soumise à homologation, et le litige éventuel relève du conseil de prud'hommes dans les douze mois de l'homologation. Aucun des planchers du décret n° 2019-1596 ne s'applique.
| Employeur et qualité | Régime applicable | Homologation | Rétractation |
|---|---|---|---|
| Fonctionnaire de La Poste | Art. L. 552-1 et L. 552-2 CGFP, par renvoi de l'art. 29 de la loi n° 90-568 | Non | 15 jours francs |
| Salarié de droit privé de La Poste | Art. L. 1237-11 et suivants C. trav. | Oui | 15 jours calendaires |
| Salarié SNCF au cadre permanent | Art. L. 1237-11 et suivants C. trav. | Oui | 15 jours calendaires |
| Salarié SNCF sous convention collective | Art. L. 1237-11 et suivants C. trav. | Oui | 15 jours calendaires |
| Fonctionnaire d'État, territorial ou hospitalier | Art. L. 552-1 à L. 552-5 CGFP | Non | 15 jours francs |
Le test est donc simple. Si votre employeur vous a nommé dans un corps ou un cadre d'emplois, vous êtes fonctionnaire et le code général de la fonction publique s'applique. Si vous avez signé un contrat de travail, même assorti d'un statut d'entreprise, vous êtes salarié et le Code du travail s'applique. Un bulletin de paie et l'arrêté ou le contrat d'origine suffisent à trancher.
Existe-t-il un guide relatif à la rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
Pas de guide unique en un seul document, mais un ensemble officiel restreint et facile à parcourir. Le portail de la fonction publique consacre une page au dispositif, qui renvoie directement aux textes plutôt qu'à un livret. Voici les six références qui, ensemble, tiennent lieu de guide, avec ce que chacune apporte.
| Document | Ce qu'il apporte |
|---|---|
| Articles L. 552-1 à L. 552-5 du code général de la fonction publique | Le principe, les exclusions, l'assistance syndicale, le remboursement et le cas des contractuels en contrat à durée indéterminée |
| Décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019 | La procédure complète et les délais en jours francs |
| Décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 | Les bénéficiaires de l'indemnité, les planchers, le plafond et la rémunération de référence |
| Arrêté du 6 février 2020 | Les quatre modèles de convention à utiliser, en annexe |
| Fiche service-public.gouv.fr F31094 | La synthèse à jour, les seuils de CSG et d'impôt, les particularités par versant |
| Page « Dispositif de rupture conventionnelle dans la fonction publique » du portail de la fonction publique | La position officielle de l'administration et la liste des textes applicables |
Une précaution s'impose avec les notes et fiches diffusées par les centres de gestion, les syndicats ou les employeurs : beaucoup ont été rédigées pendant l'expérimentation et décrivent encore un dispositif qui s'arrête au 31 décembre 2025. Vérifiez systématiquement que le document cite les articles L. 552-1 à L. 552-5 du code général de la fonction publique, et non le seul article 72 de la loi du 6 août 2019. C'est le marqueur le plus rapide d'un document à jour.
Rupture conventionnelle fonction publique : se rétracter ou contester après la signature ?
Deux voies existent, et elles ne s'ouvrent pas au même moment. La première est la rétractation, prévue à l'article 6 du décret n° 2019-1593 : « chacune des deux parties dispose d'un droit de rétractation », exercé « dans un délai de quinze jours francs ». Elle n'a pas à être motivée, elle est ouverte à l'administration comme à l'agent, et elle fait disparaître la convention sans aucune conséquence.
La seconde voie s'ouvre après. Le Conseil d'État a jugé, dans une décision du 10 avril 2026, que la convention de rupture est un acte attaquable devant le juge administratif : « Eu égard à la nature particulière des liens qui s'établissent entre une personne publique et ses agents publics, la convention de rupture signée par l'administration et un de ses agents en application de l'article 72 de la loi du 6 août 2019 est au nombre des actes dont l'annulation pour excès de pouvoir peut être demandée au juge administratif » (CE, 7e et 2e chambres réunies, 10 avril 2026, n° 504838). La décision vise l'article 72 de la loi du 6 août 2019, seul texte applicable au litige qui lui était soumis, mais son motif tient à la nature du lien entre une personne publique et ses agents : il vaut donc de la même façon pour les conventions conclues depuis la codification.
La même décision indique ce que le juge contrôle, et ce qu'il ne sanctionne pas. Le vice du consentement est un moyen recevable : dans cette affaire, l'agent invoquait un harcèlement moral et un état de santé altéré, deux arguments écartés faute de preuve, mais l'examen a bien eu lieu. En revanche, le dépassement du délai maximal d'un mois entre la demande et l'entretien n'a pas été regardé comme ayant privé l'intéressé « d'une garantie » ni comme ayant « pu exercer une influence sur le sens de la décision prise ». Toutes les irrégularités de calendrier n'entraînent donc pas l'annulation.
Le juge n'est pas le même que dans le privé. Un salarié conteste sa rupture conventionnelle devant le conseil de prud'hommes, dans les douze mois de l'homologation selon l'article L. 1237-14 du Code du travail. Un agent public saisit le juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir. Saisir la mauvaise juridiction fait perdre un temps précieux.
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FAQ : rupture conventionnelle fonction publique, vos questions
Quatre délais, tous exprimés en jours francs. L'entretien se tient « au moins dix jours francs et au plus un mois après la réception de la lettre » de demande (art. 2 du décret n° 2019-1593). La convention est signée « au moins quinze jours francs après le dernier entretien » (art. 5). Chaque partie dispose ensuite d'un droit de rétractation « dans un délai de quinze jours francs » (art. 6). La radiation des cadres intervient à la date de cessation définitive de fonctions convenue (art. 7). Un cinquième délai vient de l'assurance chômage : l'inscription comme demandeur d'emploi doit intervenir dans les douze mois qui suivent la fin des fonctions. Comptez au minimum cinq à six semaines entre la lettre et la rupture ferme.
Six étapes, de la lettre à la radiation des cadres. La partie qui engage la procédure informe l'autre « par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise en main propre contre signature ». L'entretien se tient entre dix jours francs et un mois plus tard, et l'agent peut s'y faire assister par un conseiller désigné par une organisation syndicale de son choix, faculté ouverte par l'article L. 552-3 du code général de la fonction publique. Quatre points y sont obligatoirement abordés : les motifs et le principe de la rupture, la date de cessation des fonctions, le montant de l'indemnité et les conséquences, « notamment le bénéfice de l'assurance chômage ». La convention, conforme au modèle annexé à l'arrêté du 6 février 2020, est signée quinze jours francs au moins après le dernier entretien. Vient enfin la rétractation de quinze jours francs, puis la radiation des cadres.
Trois familles de pièces. D'abord la demande elle-même, envoyée en recommandé avec avis de réception ou remise en main propre contre signature, dont il faut conserver la preuve de date. Ensuite les pièces qui servent au calcul : le récapitulatif de la rémunération brute perçue au cours de l'année civile précédant la rupture, qui sert de référence selon l'article 4 du décret n° 2019-1596, l'état des services établissant l'ancienneté, et l'arrêté de nomination ou le contrat. Enfin le modèle de convention correspondant à votre situation, l'arrêté du 6 février 2020 en annexant quatre : fonctionnaires, agents contractuels, ouvriers de l'État et praticiens en contrat à durée indéterminée. Demandez aussi, avant de signer, le détail écrit du calcul de l'indemnité proposée.
Les plus coûteuses tiennent au calendrier, au retour et au juge. Signer avant l'expiration des quinze jours francs qui suivent le dernier entretien fragilise la convention, et aucune administration extérieure ne contrôlera ce point puisqu'il n'y a pas d'homologation. Confondre les quinze jours francs du secteur public et les quinze jours calendaires du secteur privé fausse le calcul. Oublier l'article L. 552-4 du code général de la fonction publique coûte cher : un retour dans le même versant dans les six ans oblige à rembourser l'indemnité dans les deux ans. Se croire éligible en tant que fonctionnaire stagiaire ou agent en contrat à durée déterminée fait perdre du temps. Enfin, saisir le conseil de prud'hommes au lieu du juge administratif conduit à une décision d'incompétence.
Elle a rendu le dispositif permanent. L'article 173 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a codifié la rupture conventionnelle aux articles L. 552-1 à L. 552-5 du code général de la fonction publique, en vigueur depuis le 21 février 2026. Auparavant, elle n'existait pour les fonctionnaires qu'« à titre expérimental du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2025 », en application de l'article 72 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique. Le portail de la fonction publique a résumé le changement dans le titre de son actualité : « Le dispositif de la rupture conventionnelle est pérennisé pour les fonctionnaires ». La procédure et les montants n'ont pas changé : les décrets n° 2019-1593 et n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 et l'arrêté du 6 février 2020 restent la référence.
Non, il faut deux signatures. L'article L. 552-1 du code général de la fonction publique prévoit que « l'administration et le fonctionnaire peuvent convenir en commun des conditions de la cessation définitive des fonctions » et que la rupture « résulte de la convention signée entre les deux parties ». Le portail de la fonction publique précise que la procédure peut être engagée par l'agent comme par l'administration, mais qu'elle ne peut être imposée par aucune des deux. Un refus n'a donc pas à être justifié par un motif particulier, et il ne crée aucun droit. À l'inverse, l'agent qui refuse la proposition de son administration ne peut se voir reprocher ce refus : la rupture conventionnelle n'est ni une démission ni une sanction.
Entre un plancher progressif et un plafond d'un mois par année. L'article 2 du décret n° 2019-1596 fixe le minimum : un quart de mois de rémunération brute par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, deux cinquièmes de dix à quinze ans, un demi mois de quinze à vingt ans, trois cinquièmes de vingt à vingt-quatre ans. L'article 3 fixe le maximum : « une somme équivalente à un douzième de la rémunération brute annuelle perçue par l'agent par année d'ancienneté, dans la limite de vingt-quatre ans d'ancienneté ». Pour douze ans de services et 30 000 € de rémunération brute annuelle, le plancher vaut 3,3 mois soit 8 250 €, et le plafond 30 000 €. Au-delà de vingt-quatre ans, ni le plancher ni le plafond n'augmentent.
Oui, sous les conditions habituelles. La fiche officielle service-public.gouv.fr l'écrit ainsi : « Vous avez droit aux allocations chômage, si vous en remplissez les conditions d'attribution. » France Travail ajoute que les agents publics ont droit à l'allocation « dans les mêmes conditions que les salariés du secteur privé ». Il faut donc 130 jours ou 910 heures de travail sur les 24 derniers mois, ou sur les 36 derniers mois à partir de 55 ans, et une inscription dans les douze mois. Depuis le 1er avril 2026, le seuil descend à 108 jours ou 758 heures pour les primo-entrants. Attention au versement : si l'employeur public est en auto-assurance, « c'est à lui qu'incombe votre indemnisation et non à France Travail ».
Oui, mais l'indemnité doit alors être remboursée pendant six ans. L'article L. 552-4 du code général de la fonction publique traite les trois versants séparément. Pour l'État, la personne recrutée « en tant qu'agent de l'Etat » dans les six années suivant la rupture rembourse à l'État, « dans les deux ans qui suivent le recrutement », les sommes perçues. Pour le versant territorial et pour le versant hospitalier, le remboursement est dû « à l'employeur avec lequel elle a conclu cette convention », donc à la collectivité ou à l'établissement d'origine, dès lors que la personne est recrutée comme agent territorial ou comme agent hospitalier. Rejoindre le secteur privé, une association ou une entreprise publique de droit privé ne déclenche aucun remboursement.
Quand l'enjeu dépasse la simple application du barème. Trois situations le justifient : un désaccord sur le montant, lorsque l'administration s'en tient au plancher alors que l'ancienneté ou la rémunération de référence sont discutées ; un contexte conflictuel, arrêt de travail prolongé, procédure disciplinaire en cours ou allégations de harcèlement, qui pose la question du consentement libre au sens de la décision du Conseil d'État du 10 avril 2026 ; et un projet de retour dans le service public à moyen terme, qui met en jeu l'obligation de remboursement de l'article L. 552-4 sur six ans. Pour la procédure elle-même, l'agent peut aussi se faire assister par un conseiller désigné par une organisation syndicale de son choix, faculté prévue par l'article L. 552-3 du code général de la fonction publique.
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