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Comment négocier une rupture conventionnelle en 2026 ?
Mis à jour le 10 août 2026
Réponse rapide
Négocier une rupture conventionnelle, c'est se mettre d'accord sur une sortie que ni le salarié ni l'employeur ne peut imposer à l'autre. L'article L. 1237-11 du Code du travail le dit en une phrase : la rupture conventionnelle « ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties ». Trois points seulement se discutent vraiment : le montant de l'indemnité, qui ne peut pas descendre sous l'indemnité légale de licenciement, la date de sortie, qui ne peut pas être antérieure au lendemain de l'homologation, et les conditions accessoires écrites dans la convention. Comment négocier une rupture conventionnelle tient donc moins à l'argumentation qu'à la préparation : chiffrer le plancher légal, connaître le coût réel de chaque euro supra-légal pour l'employeur, et respecter les deux délais qui rythment la procédure, quinze jours calendaires de rétractation puis quinze jours ouvrables d'instruction. Un avocat en droit du travail intervient utilement avant la signature, et non pendant l'entretien, où la loi ne l'admet pas.
Négocier une rupture conventionnelle est, pour un salarié en CDI, la voie la plus directe pour partir d'un commun accord tout en ouvrant droit à l'allocation chômage. C'est aussi l'une des plus mal préparées. Beaucoup de salariés arrivent à l'entretien avec une conviction et repartent avec le minimum légal, parce qu'ils ignorent où se situe le plancher, ce que la sortie coûte à l'entreprise et ce qui reste ouvert à la discussion une fois le principe accepté.
Ce guide prend les questions dans l'ordre où elles se posent : ce que la loi autorise, ce qui se négocie réellement, comment chiffrer et défendre un montant, quels arguments fonctionnent, comment obtenir un oui, quel rôle joue un avocat, les deux cas particuliers de la vente de l'entreprise et du départ proche de la retraite, puis la procédure, les délais et le chômage. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration.
Comment négocier une rupture conventionnelle : ce que la loi autorise
Le texte fondateur tient en trois phrases. L'article L. 1237-11 du Code du travail énonce que « l'employeur et le salarié peuvent convenir en commun des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie », que « la rupture conventionnelle, exclusive du licenciement ou de la démission, ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties » et qu'« elle résulte d'une convention signée par les parties au contrat ».
Trois conséquences pratiques en découlent, et elles cadrent toute la discussion.
- Personne ne peut l'imposer. Un employeur qui refuse n'a pas à motiver son refus, et un salarié qui refuse ne commet aucune faute. Le refus n'ouvre aucun recours, dans un sens comme dans l'autre.
- Un conflit préexistant ne l'interdit pas. La Cour de cassation l'a posé en principe : « si l'existence, au moment de sa conclusion, d'un différend entre les parties au contrat de travail n'affecte pas par elle-même la validité de la convention de rupture conclue en application de l'article L. 1237-11 du code du travail, la rupture conventionnelle ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties » (Cass. soc., 23 mai 2013, n° 12-13.865, publié au bulletin). Négocier après une tension n'est donc pas un obstacle en soi.
- La pression annule tout. Dans ce même arrêt, la convention a été annulée parce que l'employeur avait exercé des menaces et des pressions pour orienter la salariée vers cette issue. Le consentement doit rester libre des deux côtés.
La fiche officielle « Rupture conventionnelle d'un salarié du secteur privé », vérifiée le 26 juin 2026, ferme quatre portes. La rupture ne peut pas être conclue « dans des conditions frauduleuses ou en l'absence d'accord conclu entre le salarié et l'employeur (par exemple, si le salarié a subi des pressions ou des menaces pour signer la rupture conventionnelle) », ni être proposée dans le cadre d'un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ou d'un plan de sauvegarde de l'emploi, ni dans le cadre d'un accord de rupture conventionnelle collective, ni servir de « procédure de rupture conventionnelle individuelle visant à contourner les garanties prévues pour le salarié en matière de licenciement économique ».
La convention n'a pas à être motivée. Aucun texte n'impose d'écrire pourquoi les parties se séparent. Le motif n'est donc pas un point de négociation : il n'a pas à figurer dans la convention, et personne n'a à le justifier devant l'administration.
Négociation de la rupture conventionnelle : que peut-on réellement discuter ?
Négocier une rupture conventionnelle laisse une marge plus large qu'on ne le croit sur les conditions de sortie, et aucune sur la nature même de l'acte. Le tableau ci-dessous sépare les deux.
| Point de la négociation | Marge réelle | Référence |
|---|---|---|
| Montant de l'indemnité spécifique | Libre au-dessus du plancher légal, sans plafond | Art. L. 1237-13 C. trav. |
| Date de fin du contrat | Libre, mais jamais avant le lendemain de l'homologation | Art. L. 1237-13 C. trav. |
| Dispense d'activité jusqu'à la sortie | Se négocie et s'écrit dans la convention | Accord des parties |
| Solde de congés payés et de RTT | À chiffrer avant de signer, l'indemnité compensatrice reste due | Art. L. 3141-28 C. trav. |
| Clause de non-concurrence | Levée ou maintenue, à trancher expressément par écrit | Contrat de travail |
| Matériel, formation en cours, portabilité de la mutuelle | Points annexes, à régler dans le même temps | Art. L. 911-8 C. séc. soc. |
| Motif de la séparation | Hors champ, la convention n'a pas à être motivée | Art. L. 1237-11 C. trav. |
Une précision de calendrier facilite la préparation. La fiche officielle indique qu'« aucun délai n'est imposé entre l'entretien et la signature de la convention de rupture ». Rien n'oblige donc à signer le jour même, et rien n'interdit non plus de le faire. Prendre quelques jours pour chiffrer le solde de tout compte n'a aucun coût juridique.
Autre point souvent oublié : « lors de la conclusion de la convention de rupture, l'employeur doit remettre 1 exemplaire de la convention de rupture conventionnelle datée et signée au salarié ». Sans cet exemplaire, le salarié ne peut pas exercer utilement son droit de rétractation, faute de connaître la date exacte qui le fait courir.
Négocier l'indemnité de rupture conventionnelle : quel montant viser ?
Tout part d'un plancher fixé par la loi, au-dessus duquel la discussion est libre. Encore faut-il calculer ce plancher correctement, parce qu'il sert de point de départ à l'employeur comme au salarié.
Le plancher légal, quelle que soit l'ancienneté
L'article L. 1237-13 du Code du travail pose que « la convention de rupture définit les conditions de celle-ci, notamment le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle qui ne peut pas être inférieur à celui de l'indemnité prévue à l'article L. 1234-9 ». Ce renvoi conduit à l'article R. 1234-2 du Code du travail, qui fixe « un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à dix ans » et « un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années à partir de dix ans ».
Deux règles de calcul complètent la formule. Le salaire de référence retenu est, selon l'article R. 1234-4 du Code du travail, « la formule la plus avantageuse pour le salarié » entre « la moyenne mensuelle des douze derniers mois précédant le licenciement » et « le tiers des trois derniers mois », les primes annuelles étant alors proratisées. Et l'article R. 1234-1 du Code du travail impose de tenir compte « des mois de service accomplis au-delà des années pleines », ce qui explique qu'un calcul juste tombe rarement sur un chiffre rond.
| Ancienneté | Calcul du plancher légal | Exemple avec 2 400 € de salaire de référence |
|---|---|---|
| 3 ans | 1/4 de mois × 3 ans | 1 800 € |
| 8 ans | 1/4 de mois × 8 ans | 4 800 € |
| 12 ans | 1/4 × 10 ans, puis 1/3 × 2 ans | 6 000 € + 1 600 € = 7 600 € |
| 20 ans | 1/4 × 10 ans, puis 1/3 × 10 ans | 6 000 € + 8 000 € = 14 000 € |
Deux corrections fréquentes sur ce plancher. D'abord, la condition d'ancienneté de huit mois qui conditionne l'indemnité de licenciement ne se transpose pas ici : la fiche officielle « Comment calculer l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ? », vérifiée le 26 juin 2026, répond « non, un salarié peut percevoir l'indemnité de rupture conventionnelle quelle que soit son ancienneté dans l'entreprise ». Ensuite, la même fiche rappelle que « des dispositions conventionnelles, le contrat de travail ou un usage peuvent prévoir une formule de calcul plus avantageuse pour le salarié » et que « dans ce cas, le salarié perçoit l'indemnité la plus élevée ». La convention collective de branche se vérifie donc avant toute discussion, car elle relève parfois le plancher de plusieurs milliers d'euros.
Négocier le montant au-dessus du plancher : les trois leviers
Le supra-légal, c'est-à-dire tout ce qui dépasse le plancher, n'obéit à aucun barème. Trois leviers le déterminent en pratique.
- Le préavis que le salarié n'exécutera pas. La rupture conventionnelle ne comporte pas de préavis. Ce constat sert souvent à construire une demande de supra-légal calée sur un à deux mois de salaire, présentée comme l'équivalent économique du temps que l'entreprise ne paiera pas. Aucun texte ne fixe ce repère : il se discute.
- Le risque contentieux évité. Si l'alternative réaliste est un licenciement discutable, l'employeur compare la somme demandée au coût d'un contentieux. L'article L. 1235-3 du Code du travail prévoit qu'en l'absence de cause réelle et sérieuse, le juge octroie une indemnité « dont le montant est compris entre les montants minimaux et maximaux fixés dans le tableau ci-dessous », tableau qui varie selon l'ancienneté et l'effectif. Le simulateur officiel des indemnités en cas de licenciement abusif, publié par service-public.gouv.fr, restitue les deux bornes pour une situation donnée.
- Le calendrier de l'entreprise. Une sortie qui tombe après une passation, avant une clôture comptable ou en fin de projet vaut quelque chose. C'est souvent le levier le moins coûteux à obtenir.
Exemple chiffré, à titre d'illustration. Un salarié de 8 ans d'ancienneté, avec 2 400 € de salaire de référence, part d'un plancher de 4 800 €. En négociant l'équivalent de deux mois de salaire au-delà, il atteint 9 600 €. C'est cet écart de 4 800 € qui constitue la véritable matière de la discussion, pas le plancher lui-même.
Ce que coûte réellement chaque euro négocié en plus
Connaître le coût de sortie côté employeur change la manière de formuler une demande. Depuis le 1er janvier 2026, ce coût a augmenté. L'article L. 137-12 du Code de la sécurité sociale, dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2025, issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, institue « à la charge de l'employeur » une contribution assise sur les indemnités versées à l'occasion de « la rupture conventionnelle mentionnée aux articles L. 1237-11 à L. 1237-15 du code du travail, pour leur part exclue de l'assiette des cotisations de sécurité sociale ». Et il ajoute : « le taux de cette contribution est fixé à 40 %. »
Cette part exclue de l'assiette est définie par l'article L. 242-1 du Code de la sécurité sociale, « dans la limite de deux fois le montant annuel du plafond défini à l'article L. 241-3 ». L'arrêté du 22 décembre 2025 fixe le plafond mensuel à « 4 005 euros » pour les périodes d'activité courant à compter du 1er janvier 2026, soit 48 060 € sur l'année et 96 120 € pour deux plafonds. Au-delà de dix fois le plafond annuel, l'indemnité redevient intégralement soumise à cotisations.
Concrètement, sur une indemnité de 9 600 € entièrement exonérée de cotisations, l'employeur acquitte 3 840 € de contribution patronale, soit un coût de sortie de 13 440 €. Demander 1 000 € de plus lui en coûte 1 400. Le dire soi-même, avec le bon chiffre, vaut mieux que de le découvrir comme objection.
Côté salarié, l'exonération d'impôt sur le revenu n'est pas illimitée. Selon impots.gouv.fr, mis à jour le 8 avril 2026, « l'indemnité prévue à l'article L 1237-13 du code du travail, versée à l'occasion de la rupture conventionnelle du contrat de travail, est exonérée dans les mêmes limites que l'indemnité de licenciement ». La fraction exonérée correspond à l'indemnité légale ou conventionnelle et, si c'est plus favorable, à « 50 % de l'indemnité perçue » ou au « double de la rémunération brute perçue au cours de l'année civile précédant la rupture », « dans la limite de 282 600 € pour l'année 2025 », la fiche n'ayant pas encore été mise à jour pour l'année en cours. Ce plafond vaut six fois le plafond annuel de la sécurité sociale, selon l'article 80 duodecies du Code général des impôts : sur la base du plafond 2026, il ressort à 288 360 € pour une rupture intervenue en 2026. Une indemnité au niveau du plancher légal reste donc, dans la très grande majorité des cas, hors de l'impôt sur le revenu.
Chiffrez avant l'entretien, pas pendant. Le simulateur de rupture conventionnelle d'Actav est gratuit et sans inscription : il calcule le plancher légal, le net et la part imposable à partir de l'ancienneté, du salaire de référence et du montant envisagé. Arriver avec un chiffre déjà posé déplace la discussion du principe vers le montant.
Quels arguments avancer pour obtenir une rupture conventionnelle ?
Un employeur n'accepte pas de négocier une rupture conventionnelle parce que la demande est légitime. Il accepte parce que la sortie lui coûte moins cher, en argent ou en risque, que le statu quo. Les arguments qui fonctionnent sont donc ceux qui se placent de son côté de la table.
- La sécurité juridique. Une rupture conventionnelle homologuée ferme le débat sur la cause de la rupture. Il n'y a ni motif à prouver, ni lettre à rédiger, ni entretien préalable disciplinaire. Le seul recours ouvert est encadré : selon l'article L. 1237-14 du Code du travail, il « doit être formé, à peine d'irrecevabilité, avant l'expiration d'un délai de douze mois à compter de la date d'homologation ».
- La maîtrise du calendrier. Contrairement au licenciement, la date de sortie se choisit. Proposer une date qui arrange l'entreprise, après une passation ou la fin d'un dossier, transforme une demande en solution.
- Le coût prévisible. Le plancher est calculable à l'euro près, la contribution patronale de 40 % aussi. Un employeur qui voit le chiffre total signe plus vite qu'un employeur qui l'imagine.
- La transition organisée. Formation du remplaçant, documentation des dossiers, disponibilité pendant le préavis d'usage. Cet engagement se monnaie et coûte peu.
- La cohérence du projet. Reconversion, déménagement, création d'entreprise, formation longue. Un projet daté et documenté rassure sur le fait que le salarié ne reviendra pas contester ensuite.
À l'inverse, trois arguments desservent régulièrement celui qui les emploie. La menace de saisir le conseil de prud'hommes, d'abord : elle transforme la négociation en contentieux anticipé et donne à l'employeur une raison de refuser, puisque la convention doit rester l'expression d'un consentement libre des deux côtés, comme le rappelle l'arrêt du 23 mai 2013. L'ultimatum de démission, ensuite : la démission ne donne en principe pas droit au chômage, l'employeur le sait. La comparaison avec un collègue, enfin : chaque dossier se traite isolément, et l'argument invite à un refus de principe.
Un argument ne remplace jamais un chiffre. La discussion bascule le jour où le salarié annonce un montant précis, justifié par le calcul légal et la convention collective, plutôt qu'une fourchette. Le chiffre déplace le débat sur le « combien » et acte implicitement le « oui ».
Comment faire accepter une rupture conventionnelle par l'employeur ?
Aucune procédure n'encadre la demande elle-même. Le Code du travail ne commence à s'appliquer qu'à partir de l'entretien. Cette liberté se travaille en cinq temps.
- Choisir le moment. Une demande formulée après un entretien annuel réussi, à la fin d'un projet ou au retour d'une réorganisation a plus de chances qu'une demande faite au pire moment de l'activité.
- Demander un entretien, pas une rupture. La première prise de contact sert à ouvrir la porte. Une demande écrite courte, qui sollicite un rendez-vous pour évoquer une rupture conventionnelle, laisse à l'employeur la place de dire oui sans se sentir mis devant le fait accompli.
- Arriver avec le calcul. Plancher légal, indemnité conventionnelle éventuelle, montant demandé, date de sortie proposée, contribution patronale. Cinq lignes suffisent.
- Formuler une contrepartie. Passation, documentation, disponibilité, souplesse sur la date. C'est ce qui distingue une négociation d'une demande.
- Accepter un délai de réflexion. Un employeur qui doit consulter sa direction ou son expert-comptable dira plus facilement oui trois jours plus tard que non tout de suite.
Si la réponse est non, il n'existe aucun recours. Le refus n'a pas à être motivé et ne se conteste pas, puisque la rupture « ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties ». En revanche, ce refus ne change rien au contrat : le salarié reste en poste, aux mêmes conditions, et demander une rupture conventionnelle n'est pas une faute. Rien n'interdit non plus de reformuler la demande quelques mois plus tard, dans un contexte différent.
Une demande écrite garde une trace utile. Le générateur de lettre de rupture conventionnelle d'Actav est gratuit et produit un courrier qui sollicite un entretien avec l'employeur, en Word et en PDF, sans carte bancaire.
Avocat et rupture conventionnelle : quel rôle, à quel moment ?
La question revient à chaque dossier, et la réponse dépend entièrement du moment. Un avocat n'a pas sa place dans la salle d'entretien, il en a une avant la signature et une autre après l'homologation.
Qui peut assister le salarié pendant l'entretien ?
La liste est fermée par l'article L. 1237-12 du Code du travail. Les parties conviennent du principe de la rupture « lors d'un ou plusieurs entretiens au cours desquels le salarié peut se faire assister : 1° Soit par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise, qu'il s'agisse d'un salarié titulaire d'un mandat syndical ou d'un salarié membre d'une institution représentative du personnel ou tout autre salarié ; 2° Soit, en l'absence d'institution représentative du personnel dans l'entreprise, par un conseiller du salarié choisi sur une liste dressée par l'autorité administrative ».
L'avocat ne figure pas dans cette liste : l'assistance à l'entretien de rupture conventionnelle est réservée à un collègue ou, faute de représentation du personnel, à un conseiller du salarié inscrit sur la liste préfectorale. Le même article organise la symétrie : « lors du ou des entretiens, l'employeur a la faculté de se faire assister quand le salarié en fait lui-même usage », après information réciproque. Dans les entreprises de moins de cinquante salariés, l'employeur peut être assisté « par une personne appartenant à son organisation syndicale d'employeurs ou par un autre employeur relevant de la même branche ».
Ce qu'un avocat en droit du travail vérifie avant la signature
Son intervention est utile en amont, sur pièces, et elle porte sur des points chiffrables.
- Le calcul du plancher légal et, surtout, l'existence d'une indemnité conventionnelle de branche plus favorable, qui change parfois le montant du simple au double.
- Le salaire de référence retenu, entre la moyenne des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois, primes proratisées comprises.
- Le sort de la clause de non-concurrence, des congés payés non pris, des heures supplémentaires non réglées et de l'épargne salariale.
- La date de rupture, ses conséquences sur la carence d'assurance chômage et, le cas échéant, sur la fiscalité de l'indemnité.
- Le risque de requalification, lorsque le contexte ressemble à un licenciement économique déguisé ou à un consentement contraint.
Après la signature : dans quel délai agir ?
Le temps est compté. L'article L. 1237-14 impose que le recours juridictionnel soit formé « avant l'expiration d'un délai de douze mois à compter de la date d'homologation », à peine d'irrecevabilité, et il précise que le contentieux relève du conseil de prud'hommes. Passé ce délai, la convention est définitivement acquise, même si le consentement avait été vicié. C'est la raison pour laquelle un salarié qui a signé sous pression a intérêt à consulter rapidement, sans attendre.
Le délai de rétractation ne se confond pas avec le délai de recours. Quinze jours calendaires après la signature pour se rétracter sans avoir à se justifier, douze mois après l'homologation pour contester en justice. Le premier s'exerce par une simple lettre, le second suppose un contentieux.
Mon employeur vend son entreprise : puis-je demander une rupture conventionnelle ?
Oui, mais l'interlocuteur change avec la date. La vente n'interrompt pas le contrat de travail. L'article L. 1224-1 du Code du travail est catégorique : « lorsque survient une modification dans la situation juridique de l'employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation du fonds, mise en société de l'entreprise, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise ».
Trois conséquences pour un salarié qui envisage de partir à cette occasion.
- Le contrat continue de plein droit. Le transfert n'est ni un licenciement ni une démission, et il ne se refuse pas. L'ancienneté, la rémunération et les clauses du contrat suivent le salarié chez l'acquéreur.
- Avant la cession, le vendeur reste l'employeur. Il peut signer une rupture conventionnelle, mais il n'y a aucune obligation, et il refusera souvent pour livrer une équipe complète à l'acquéreur.
- Après la cession, la demande se présente au nouvel employeur. Le plancher d'indemnité se calcule alors sur l'ancienneté totale, celle acquise chez le cédant comprise, puisque le contrat est le même.
Un garde-fou mérite d'être connu. La fiche officielle exclut la rupture conventionnelle « visant à contourner les garanties prévues pour le salarié en matière de licenciement économique ». Si la vente s'accompagne de suppressions de postes, une série de ruptures conventionnelles proposées aux salariés concernés peut être analysée comme un contournement. Dans ce contexte, le montant proposé se compare aux indemnités d'un licenciement économique avant d'être accepté.
Quand demander une rupture conventionnelle avant la retraite ?
Négocier une rupture conventionnelle à quelques années de la retraite est le cas où le calendrier vaut plusieurs milliers d'euros, pour une raison fiscale rarement anticipée. L'exonération d'impôt sur le revenu de l'indemnité est réservée aux salariés qui « ne sont pas en droit de bénéficier d'une pension de retraite d'un régime légalement obligatoire », et cette condition « s'apprécie au jour de la rupture effective du contrat de travail » (BOFiP, BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30, § 170 et 180, publié le 29 avril 2025). Signer un mois avant d'ouvrir ses droits à pension ou un mois après ne produit donc pas du tout le même résultat fiscal : dans le second cas, l'indemnité est imposable dès le premier euro.
Le deuxième paramètre est la durée d'indemnisation par l'assurance chômage entre la sortie et la liquidation de la retraite. Deux régimes se succèdent.
| Question de calendrier | Ce que dit la règle | Source |
|---|---|---|
| L'indemnité reste-t-elle exonérée d'impôt ? | Oui tant que le salarié n'est pas en droit de bénéficier d'une pension au jour de la rupture effective | BOFiP BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30 |
| Ai-je droit à l'allocation chômage ? | Oui, aux conditions générales : 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois, 36 mois à partir de 55 ans | France Travail, fiche ARE |
| Puis-je être indemnisé jusqu'à la retraite ? | Oui sous cinq conditions cumulatives de maintien des droits | France Travail, proche de la retraite |
| Jusqu'à quel âge ? | « L'âge maximum pour être indemnisé par France Travail est fixé à 67 ans » | France Travail |
Le dispositif de maintien des droits est celui qui décide de tout pour un départ anticipé. France Travail en énumère les conditions, qui doivent toutes être réunies : « vous avez au moins l'âge minimum légal de la retraite (entre 62 et 64 ans en fonction de votre année de naissance) », « vous êtes en cours d'indemnisation depuis un an au moins au titre de l'allocation ARE (360 jours indemnisés) », « vous justifiez de 12 ans d'affiliation au régime d'assurance chômage ou de périodes assimilées », « vous justifiez d'une période d'emploi de un an continu ou de deux ans discontinus dans une ou plusieurs entreprises au cours des cinq années précédant la fin de contrat de travail » et « vous justifiez de 100 trimestres validés par l'Assurance vieillesse ».
La lecture pratique est simple. Une sortie trop tardive fait perdre l'exonération fiscale ; une sortie trop précoce épuise les droits à l'allocation avant l'âge légal, sans que le maintien puisse prendre le relais, faute d'avoir atteint l'âge minimum requis. Le point d'équilibre se calcule à partir du relevé de carrière et de la durée d'indemnisation notifiée, dossier par dossier.
Négocier une rupture conventionnelle : quelles démarches et quels délais ?
Une fois l'accord de principe obtenu, la procédure est courte et strictement datée. Elle se déroule en six temps.
- Tenir au moins un entretien. La fiche officielle pose que « l'employeur et le salarié doivent se réunir à l'occasion d'au moins un entretien ». L'article L. 1237-12 en prévoit « un ou plusieurs », avec l'assistance décrite plus haut.
- Signer la convention. Elle fixe le montant de l'indemnité spécifique et la date de rupture. Un exemplaire daté et signé est remis au salarié.
- Laisser courir les quinze jours de rétractation. L'article L. 1237-13 dispose qu'« à compter de la date de sa signature par les deux parties, chacune d'entre elles dispose d'un délai de quinze jours calendaires pour exercer son droit de rétractation ». Aucune justification n'est requise.
- Déposer la demande d'homologation. Elle se saisit en ligne sur le téléservice TéléRC, présenté par l'administration comme le « service de saisie d'une demande d'homologation de rupture conventionnelle individuelle ». La fiche officielle du téléservice, vérifiée le 24 juin 2026, précise qu'il ne s'utilise pas pour les salariés protégés, pour lesquels le formulaire cerfa n° 14599 reste requis.
- Attendre la décision. Selon l'article L. 1237-14, « l'autorité administrative dispose d'un délai d'instruction de quinze jours ouvrables, à compter de la réception de la demande » et « à défaut de notification dans ce délai, l'homologation est réputée acquise ». Le silence vaut donc accord.
- Sortir à la date convenue. L'article L. 1237-13 prévoit que la convention « fixe la date de rupture du contrat de travail, qui ne peut intervenir avant le lendemain du jour de l'homologation ».
| Étape | Délai applicable | Texte |
|---|---|---|
| Entre l'entretien et la signature | Aucun délai imposé | Fiche service-public.gouv.fr |
| Droit de rétractation | 15 jours calendaires à compter de la signature | Art. L. 1237-13 C. trav. |
| Instruction par l'administration | 15 jours ouvrables à compter de la réception | Art. L. 1237-14 C. trav. |
| Silence de l'administration | Homologation réputée acquise | Art. L. 1237-14 C. trav. |
| Date de fin du contrat | Au plus tôt le lendemain de l'homologation | Art. L. 1237-13 C. trav. |
| Salarié protégé | Autorisation de l'inspecteur du travail, rupture le lendemain de l'autorisation | Art. L. 1237-15 C. trav. |
| Recours devant le conseil de prud'hommes | 12 mois à compter de l'homologation | Art. L. 1237-14 C. trav. |
Le cas des salariés protégés suit une voie distincte. L'article L. 1237-15 du Code du travail prévoit que, par dérogation à l'article L. 1237-14, « la rupture conventionnelle est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail » et que « la rupture du contrat de travail ne peut intervenir que le lendemain du jour de l'autorisation ». Pour les médecins du travail, l'autorisation intervient après avis du médecin inspecteur du travail. Le guide des délais de la rupture conventionnelle reprend ce calendrier étape par étape.
Après l'homologation : chômage, carence et documents de fin de contrat
La rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi, parce que la privation d'emploi n'est pas volontaire au sens de la réglementation d'assurance chômage. Les conditions générales restent celles de tout demandeur d'emploi : France Travail exige « 130 jours ou 910 heures » travaillés « dans les 24 derniers mois, ou 36 derniers mois à partir de 55 ans », et une « inscription comme demandeur d'emploi dans un délai maximum de 12 mois suivant la fin du contrat de travail ».
Le versement, lui, ne commence pas le jour de la sortie. Trois périodes se cumulent, décrites par l'Unédic : un « délai d'attente de 7 jours, sauf s'il a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois », un « différé congés payés » « limité à 30 jours calendaires », et un « différé spécifique » calculé à partir des indemnités supra-légales, qui « ne peut excéder 150 jours ». Le diviseur de ce différé spécifique change chaque année avec le plafond de la sécurité sociale : la fiche Unédic consacrée au différé spécifique retient « Indemnités supra légales liées à la rupture du contrat de travail ÷ 111,8 », « le diviseur, fixé à 111,8 pour 2026 » s'appliquant aux fins de contrat intervenues depuis le 1er janvier 2026.
Ce dernier point pèse directement sur la négociation. Sur le supra-légal de 4 800 € de notre exemple, le différé spécifique ressort à environ 43 jours, auxquels s'ajoutent les 7 jours d'attente et l'éventuel différé congés payés. Négocier 4 800 € de plus revient donc à décaler l'allocation d'environ un mois et demi. L'arbitrage se fait en comparant le montant net obtenu et le montant d'allocation reporté, jamais en regardant l'un sans l'autre.
Trois droits restent acquis en toute hypothèse. L'indemnité compensatrice de congés payés est due, l'article L. 3141-28 du Code du travail précisant qu'elle l'est « que cette rupture résulte du fait du salarié ou du fait de l'employeur ». La couverture santé collective se poursuit à titre gratuit, l'article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale prévoyant « le maintien à titre gratuit de cette couverture en cas de cessation du contrat de travail, non consécutive à une faute lourde, ouvrant droit à prise en charge par le régime d'assurance chômage », pour une durée « sans pouvoir excéder douze mois ». Enfin, les documents de fin de contrat sont dus : certificat de travail, reçu pour solde de tout compte et attestation destinée à France Travail.
Sur Actav (actav.fr), les employeurs qui créent leur structure passent par un parcours en deux temps. Le diagnostic LancIA est gratuit : il recommande la forme juridique, calcule le coût réel et prépare le kit de documents. Vient ensuite la voie avec avocat : la publication du dossier au réseau ne demande aucun paiement, le déblocage du dossier coûte 99 € HT et les honoraires de l'avocat, libres, démarrent à 89 € HT selon la forme et la complexité. Une option sans avocat existe, le kit de documents à 59 € HT. Les frais officiels sont facturés à part, dont 33,83 € TTC pour l'INPI et 19,33 € TTC pour le registre des bénéficiaires effectifs.
FAQ : vos questions sur la négociation d'une rupture conventionnelle
En préparant trois chiffres avant d'ouvrir la discussion. Le plancher légal d'abord : l'article L. 1237-13 du Code du travail impose une indemnité qui « ne peut pas être inférieure » à l'indemnité légale de licenciement, soit un quart de mois de salaire par année jusqu'à dix ans et un tiers au-delà (article R. 1234-2). L'indemnité conventionnelle de branche ensuite, qui peut être plus favorable et s'applique alors. Le coût employeur enfin : depuis le 1er janvier 2026, l'article L. 137-12 du Code de la sécurité sociale met à sa charge une contribution de 40 % sur la part exonérée de cotisations. Le montant supra-légal se négocie ensuite librement, aucun texte ne fixant de repère : il se construit souvent à partir de l'équivalent d'un à deux mois de salaire, en échange d'une date de sortie et d'une passation qui arrangent l'entreprise.
En raisonnant du point de vue de l'employeur, pas du sien. La rupture conventionnelle « ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties » selon l'article L. 1237-11 du Code du travail : un refus n'a pas à être motivé et ne se conteste pas. Ce qui fait accepter, c'est la sécurité juridique, puisque le seul recours est enfermé dans douze mois à compter de l'homologation (article L. 1237-14), la maîtrise de la date de sortie, un coût total annoncé à l'avance et une contrepartie concrète comme la formation du remplaçant. Ce qui fait refuser, c'est la menace de contentieux, l'ultimatum de démission et la comparaison avec un collègue. En cas de refus, le salarié reste en poste sans conséquence : demander une rupture conventionnelle n'est pas une faute.
Avant d'être en droit de bénéficier d'une pension, et assez tôt pour tenir jusqu'à l'âge légal. Le BOFiP (BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30, § 170 et 180) réserve l'exonération d'impôt sur le revenu aux salariés qui « ne sont pas en droit de bénéficier d'une pension de retraite d'un régime légalement obligatoire », condition qui « s'apprécie au jour de la rupture effective du contrat de travail ». Passé ce point, l'indemnité est imposable dès le premier euro. Côté chômage, France Travail maintient l'allocation jusqu'à la retraite si cinq conditions sont réunies : avoir « au moins l'âge minimum légal de la retraite (entre 62 et 64 ans en fonction de votre année de naissance) », être indemnisé depuis 360 jours, justifier de 12 ans d'affiliation, d'un an d'emploi continu ou deux ans discontinus dans les cinq dernières années, et de 100 trimestres validés. L'âge maximum d'indemnisation est fixé à 67 ans.
Cinq délais, dont un seul est libre. Aucun délai n'est imposé entre l'entretien et la signature de la convention, selon la fiche service-public.gouv.fr. À compter de la signature, chaque partie dispose de « quinze jours calendaires pour exercer son droit de rétractation » (article L. 1237-13). L'administration a ensuite « un délai d'instruction de quinze jours ouvrables, à compter de la réception de la demande », et « à défaut de notification dans ce délai, l'homologation est réputée acquise » (article L. 1237-14). La rupture « ne peut intervenir avant le lendemain du jour de l'homologation » (article L. 1237-13). Enfin, le recours devant le conseil de prud'hommes doit être formé « avant l'expiration d'un délai de douze mois à compter de la date d'homologation », à peine d'irrecevabilité.
Six étapes, de l'entretien à la sortie. Les parties se réunissent lors d'au moins un entretien, au cours duquel le salarié peut se faire assister par un collègue ou, en l'absence de représentation du personnel, par un conseiller du salarié inscrit sur la liste de l'autorité administrative (article L. 1237-12). Elles signent la convention, qui fixe le montant de l'indemnité et la date de rupture, et l'employeur remet au salarié un exemplaire daté et signé. Le délai de rétractation de quinze jours calendaires court. La demande d'homologation est ensuite déposée sur le téléservice TéléRC, sauf pour les salariés protégés qui relèvent du cerfa n° 14599 et de l'autorisation de l'inspecteur du travail. L'administration instruit en quinze jours ouvrables, son silence valant homologation. Le contrat prend fin à la date convenue, au plus tôt le lendemain de l'homologation.
Des pièces de calcul avant l'entretien, des documents de fin de contrat après. Pour préparer la discussion : les douze derniers bulletins de paie, qui servent à établir le salaire de référence selon la formule la plus avantageuse de l'article R. 1234-4, le contrat de travail et ses avenants, notamment la clause de non-concurrence, la convention collective applicable pour vérifier une éventuelle indemnité plus favorable, le solde de congés payés et de RTT, et le relevé de carrière en cas de départ proche de la retraite. Pour la procédure : la convention de rupture en exemplaire daté et signé, puis le récépissé de dépôt TéléRC. À la sortie, l'employeur remet le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation destinée à France Travail.
Il n'est pas obligatoire, et il n'est pas admis à l'entretien. L'article L. 1237-12 du Code du travail réserve l'assistance du salarié à « une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise » ou, « en l'absence d'institution représentative du personnel dans l'entreprise, par un conseiller du salarié choisi sur une liste dressée par l'autorité administrative ». L'avocat intervient donc en amont, sur pièces : vérification du plancher légal et de l'indemnité conventionnelle de branche, du salaire de référence, du sort de la clause de non-concurrence et des congés payés, de la date de rupture et de ses effets sur la carence d'assurance chômage. Il intervient aussi en aval si le consentement a été vicié, dans la limite des douze mois suivant l'homologation posée par l'article L. 1237-14.
Aucun plafond légal, mais deux limites économiques. Le supra-légal se négocie librement au-dessus du plancher de l'article L. 1237-13. Première limite : l'employeur supporte une contribution de 40 % sur la part exonérée de cotisations (article L. 137-12 du Code de la sécurité sociale), si bien que 1 000 € de plus lui coûtent 1 400 €. Seconde limite : le supra-légal génère un différé spécifique d'indemnisation, égal aux sommes concernées divisées par 111,8 pour 2026, dans la limite de 150 jours selon l'Unédic, qui repousse d'autant le premier versement de l'allocation. L'exonération de cotisations vaut, elle, jusqu'à deux fois le plafond annuel de la sécurité sociale (article L. 242-1 du Code de la sécurité sociale), soit 96 120 € en 2026 sur la base d'un plafond mensuel de 4 005 €.
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