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Que veut dire eurl : signification du sigle, définition légale, immatriculation, coûts 2026 et régime du gérant, expliqués et vérifiés par un avocat.
Que veut dire eurl : les quatre lettres signifient « entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée ». Ce n'est pas une forme de société à part. C'est une SARL qui ne compte qu'un seul associé, ce que confirme l'article L. 223-1 du code de commerce : la société à responsabilité limitée « est instituée par une ou plusieurs personnes » et, « lorsque la société ne comporte qu'une seule personne, celle-ci est dénommée “associé unique” ». Conséquences directes : l'associé ne perd que ce qu'il a apporté, aucun capital minimum n'est exigé, et l'associé unique personne physique est imposé à l'impôt sur le revenu par défaut, avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés. L'immatriculation eurl passe obligatoirement par le guichet unique électronique de l'INPI depuis le 1er janvier 2023, pour un coût de formalité de 33,83 € TTC auquel s'ajoutent 19,33 € TTC pour les bénéficiaires effectifs et 124 € HT d'annonce légale en 2026.
Sur Actav (actav.fr), retrouvez des modèles rédigés par avocat dans la bibliothèque de modèles.Que veut dire eurl est la question que se posent la plupart des créateurs quand ils comparent les statuts possibles pour se lancer seuls. La réponse tient en une phrase et elle surprend souvent : l'EURL n'existe pas dans le code de commerce sous ce nom. Le sigle est une commodité de langage pour désigner la société à responsabilité limitée qui ne compte qu'un associé. C'est pour cela qu'aucun chapitre du code ne lui est consacré : elle est régie par les articles L. 223-1 et suivants, exactement comme une SARL classique, avec quelques adaptations qui tiennent au fait qu'il n'y a personne à convoquer en assemblée.
Ce guide répond dans l'ordre aux questions concrètes que pose ce choix : ce que recouvre exactement le sigle, ce qu'il faut vérifier avant de signer les statuts, comment se déroule l'immatriculation et ce qu'elle coûte en 2026, le cas particulier de l'immobilier, la rémunération du gérant et son coût social, les points de vigilance propres au dirigeant, l'option pour l'impôt sur les sociétés, le passage d'une SASU à une EURL et l'exercice d'une activité de VTC. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration.
Le sigle EURL veut dire « entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée ». Derrière ce nom d'usage, il n'y a qu'un seul texte fondateur, l'article L. 223-1 du code de commerce, en vigueur depuis le 1er janvier 2009. Il pose que « la société à responsabilité limitée est instituée par une ou plusieurs personnes qui ne supportent les pertes qu'à concurrence de leurs apports » et ajoute que « lorsque la société ne comporte qu'une seule personne, celle-ci est dénommée “associé unique” ». La fiche officielle de l'administration dit la même chose dans les mots de tous les jours : l'EURL est « une SARL comprenant un seul associé », page vérifiée le 21 février 2026.
Trois conséquences pratiques découlent de cette définition, et ce sont elles qui intéressent réellement un créateur.
La dénomination officielle reste « SARL », pas « EURL ». L'article L. 223-1 impose que la dénomination sociale soit « précédée ou suivie immédiatement des mots “société à responsabilité limitée” ou des initiales “SARL” et de l'énonciation du capital social ». Sur les factures, les devis et le papier à en-tête, on écrit donc « SARL » même quand l'associé est unique. Le sigle EURL est une commodité de langage, il n'a pas de valeur de mention légale.
La signification du sigle est simple, ses effets le sont moins. Trois points se décident au moment des statuts et se corrigent difficilement après. Les voici, avec le texte applicable.
| Point à trancher dans les statuts | Ce que dit le texte | Référence |
|---|---|---|
| Montant du capital et répartition | Le capital est fixé librement par les statuts et divisé en parts sociales égales | Art. L. 223-2 C. com. |
| Qui dirige | « La société à responsabilité limitée est gérée par une ou plusieurs personnes physiques » ; le gérant peut être choisi en dehors des associés | Art. L. 223-18 C. com. |
| Durée du mandat du gérant | « En l'absence de dispositions statutaires, ils sont nommés pour la durée de la société » | Art. L. 223-18 C. com. |
| Apports en nature (véhicule, matériel, fonds) | Les statuts « doivent contenir l'évaluation de chaque apport en nature », établie par un commissaire aux apports sauf dispense | Art. L. 223-9 C. com. |
| Régime fiscal | Impôt sur le revenu par défaut si l'associé unique est une personne physique, option possible pour l'impôt sur les sociétés | Art. 8, 4° et 239 CGI |
C'est le point où beaucoup de sites se trompent, en ne citant qu'une moitié de la règle. L'article L. 223-9 du code de commerce permet de se dispenser d'un commissaire aux apports, mais à des conditions cumulatives : « les futurs associés peuvent décider à l'unanimité que le recours à un commissaire aux apports ne sera pas obligatoire, lorsque la valeur d'aucun apport en nature n'excède un montant fixé par décret et si la valeur totale de l'ensemble des apports en nature non soumis à l'évaluation d'un commissaire aux apports n'excède pas la moitié du capital ». Les deux conditions doivent être réunies, pas une seule.
Cet alinéa vise les sociétés qui comptent plusieurs associés, et c'est la deuxième erreur fréquente que de le transposer tel quel à une EURL : il n'y a pas d'unanimité à réunir quand il n'y a qu'un associé. Le texte applicable est l'alinéa suivant, qui ajoute une seconde porte de sortie propre à la société unipersonnelle : « Lorsque la société est constituée par une seule personne, le commissaire aux apports est désigné par l'associé unique. Toutefois le recours à un commissaire aux apports n'est pas obligatoire si les conditions prévues à l'alinéa précédent sont réunies ou si l'associé unique, personne physique, exerçant son activité professionnelle en nom propre avant la constitution de la société […] apporte des éléments qui figuraient dans le bilan de son dernier exercice. » Concrètement, l'entrepreneur individuel qui bascule son activité en EURL et y apporte les biens déjà inscrits au bilan de son dernier exercice se dispense de commissaire aux apports quel que soit leur montant, là où un créateur qui apporte un bien venu d'ailleurs reste tenu par le double seuil.
Le même article prévoit la sanction, et elle dure : « Lorsqu'il n'y a pas eu de commissaire aux apports ou lorsque la valeur retenue est différente de celle proposée par le commissaire aux apports, les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature lors de la constitution de la société. » Surévaluer un véhicule ou un stock à la création engage donc personnellement l'associé unique pendant cinq ans, alors même que sa responsabilité est en principe limitée à ses apports.
Non, et la question revient souvent parce que la SARL de famille est présentée comme une solution pour rester à l'impôt sur le revenu tout en louant en meublé. L'article 239 bis AA du code général des impôts réserve l'option aux SARL « formées uniquement entre personnes parentes en ligne directe ou entre frères et soeurs, ainsi que les conjoints et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité ». Une société à associé unique n'est formée ni entre personnes parentes ni entre conjoints, puisqu'elle ne compte qu'un seul associé : le régime lui est inaccessible. En revanche, l'EURL dont l'associé unique est une personne physique relève déjà de l'impôt sur le revenu par défaut, ce qui produit un résultat comparable sans avoir besoin de ce texte.
Depuis le 1er janvier 2023, il n'y a plus qu'une porte d'entrée. L'article L. 123-33 du code de commerce impose que toute entreprise déclare sa création « par le dépôt d'un seul dossier », lequel « est déposé par voie électronique auprès d'un organisme unique désigné à cet effet ». Cet organisme est l'INPI, qui rappelle sur son site que le guichet unique « remplace les six réseaux de centres de formalités des entreprises (CFE) » et que les informations déclarées alimentent le Registre national des entreprises. Une immatriculation eurl passée par un ancien CFE n'existe plus : c'est procedures.inpi.fr, et rien d'autre.
Les frais officiels sont publics et ne dépendent pas du prestataire choisi. La fiche « Quel est le coût de la création d'une société ? », vérifiée le 18 mars 2026, indique que le coût de la formalité d'immatriculation d'une société commerciale est de 33,83 € TTC et que s'y ajoute obligatoirement la déclaration des bénéficiaires effectifs, qui s'élève à 19,33 € TTC. L'EURL est une société commerciale par la forme : c'est bien ce tarif qui s'applique, et non celui des sociétés civiles.
| Poste | Montant 2026 | Base | Source |
|---|---|---|---|
| Immatriculation au registre du commerce et des sociétés | 33,83 € | TTC | Service-public, fiche F37688 |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 19,33 € | TTC | Service-public, fiche F37688 |
| Annonce légale de constitution d'une EURL, métropole | 124,00 € | HT, soit 148,80 € TTC | Arrêté du 19 novembre 2025 |
| Total indicatif, hors accompagnement | 201,96 € | TTC | Addition des trois lignes ci-dessus |
Deux précautions de lecture. La première : le tarif de l'annonce légale est fixé hors taxes par l'arrêté, alors que les deux autres montants sont publiés toutes taxes comprises par l'administration. Additionner des HT et des TTC donne un total faux, c'est l'erreur la plus répandue sur le sujet. La seconde : à La Réunion et à Mayotte, le forfait d'annonce légale d'une EURL est de 147 € HT et non de 124 € HT.
Une EURL coûte moins cher à immatriculer qu'une SARL à deux associés. L'écart ne vient pas du greffe, identique, mais de l'annonce légale : le forfait de constitution est de 124 € HT pour une EURL contre 148 € HT pour une SARL, soit 24 € HT de différence en 2026. Voir aussi EURL ou SARL, comment choisir.
Détenir de l'immobilier dans une EURL est possible, mais le choix se joue sur un point technique qui décide de tout : la nature de l'activité. La location nue est une activité civile, la location meublée est une activité commerciale au sens fiscal. L'article 35 du code général des impôts range en effet parmi les bénéfices industriels et commerciaux les profits des « personnes qui donnent en location directe ou indirecte des locaux d'habitation meublés », depuis le 1er janvier 2017 et quel que soit le caractère habituel ou occasionnel de l'activité.
C'est là que se situe la ligne de partage avec la SCI, à laquelle beaucoup pensent d'abord. Une société civile immobilière a par construction un objet civil : la location meublée exercée à titre principal la met en porte-à-faux avec son objet et lui fait perdre sa transparence fiscale. L'EURL, société commerciale par la forme, n'a pas ce problème. Elle est donc l'outil naturel de la location meublée exercée en société, quand la SCI reste celui de la location nue et de la détention patrimoniale.
| Projet immobilier | Nature de l'activité | Structure généralement adaptée | Référence |
|---|---|---|---|
| Location d'appartements vides à l'année | Civile | SCI, ou EURL si l'on veut la forme commerciale | Revenus fonciers, droit commun |
| Location meublée, courte ou longue durée | Commerciale au sens fiscal | EURL, objet commercial | Art. 35, 5° bis CGI |
| Achat-revente de biens immobiliers | Commerciale | EURL ou SARL | Art. 35, 1° CGI |
| Détention familiale d'un bien loué nu | Civile | SCI | Objet civil |
Premier point de vocabulaire, et il a des conséquences chiffrées : le gérant associé unique d'une EURL ne touche pas un salaire. Il perçoit une rémunération de gérance, sans contrat de travail ni bulletin de paie obligatoire au titre du mandat. Cela tient à sa qualité de travailleur indépendant, que la fiche officielle sur les cotisations sociales de l'EURL confirme, page vérifiée le 21 février 2026 : le gérant associé est affilié au régime des travailleurs indépendants et ses cotisations « sont calculées sur les revenus professionnels du gérant ».
Le fondement juridique mérite d'être connu, car il explique pourquoi la réponse diffère de celle d'une SASU. L'article L. 311-3, 11° du code de la sécurité sociale rattache au régime général « les gérants de sociétés à responsabilité limitée et de sociétés d'exercice libéral à responsabilité limitée à condition que lesdits gérants ne possèdent pas ensemble plus de la moitié du capital social ». L'associé unique d'une EURL détient par définition la totalité du capital : la condition n'est pas remplie, il reste donc travailleur indépendant. Le président d'une SASU relève au contraire du régime général en vertu du 23° du même article.
| Point de comparaison | Gérant associé unique d'EURL | Président de SASU |
|---|---|---|
| Régime social | Travailleur indépendant | Régime général, assimilé salarié |
| Texte | Art. L. 311-3, 11° CSS a contrario | Art. L. 311-3, 23° CSS |
| Assurance chômage au titre du mandat | Non | Non |
| Bulletin de paie obligatoire | Non | Oui si rémunération |
| Assiette des cotisations | Revenus professionnels du gérant | Rémunération versée |
Les taux de cotisations des travailleurs indépendants ne se résument pas à un pourcentage unique : ils dépendent du niveau de revenu et se calculent par tranches du plafond annuel de la sécurité sociale. Ce plafond a été fixé à 48 060 € pour 2026, soit 4 005 € par mois, par l'arrêté du 22 décembre 2025 publié au Journal officiel du 23 décembre 2025. Une simulation crédible part donc de ce plafond, pas d'un taux forfaitaire recopié d'un article de blog.
Deuxième précaution : les taux et l'assiette des cotisations des travailleurs indépendants sont revus d'une année sur l'autre, et la fiche officielle ne publie aucun tableau de pourcentages. Pour une simulation à jour, le bon réflexe est d'utiliser le simulateur officiel de l'URSSAF dédié au dirigeant d'EURL, qui applique automatiquement les taux et les cotisations minimales en vigueur au jour du calcul. Les chiffres publiés par les comparateurs privés reprennent souvent les barèmes de l'année précédente.
La question qui suit immédiatement la simulation est celle de l'arbitrage. Une rémunération de gérance est déductible du résultat de la société lorsque celle-ci est à l'impôt sur les sociétés, ce qui réduit la base imposable, mais elle supporte les cotisations d'indépendant. Un dividende n'est pas déductible du résultat, puisqu'il se prélève sur le bénéfice après impôt, et il ouvre moins de droits sociaux. Ni l'un ni l'autre n'est bon dans l'absolu : le calcul dépend du niveau de bénéfice, du besoin de trésorerie personnelle et de la protection sociale recherchée. Pour approfondir, voir la rémunération du gérant de SARL.
Ne pas se rémunérer ne dispense pas de tout. Le gérant travailleur indépendant reste affilié dès lors qu'il exerce son mandat, et des cotisations minimales sont dues au titre de certains risques même en l'absence de revenu. Le montant exact dépend de la réglementation en vigueur l'année considérée : il se vérifie sur le simulateur officiel de l'URSSAF, jamais de mémoire.
Le dirigeant d'une EURL s'appelle le gérant. L'article L. 223-18 du code de commerce pose la règle en une phrase : « La société à responsabilité limitée est gérée par une ou plusieurs personnes physiques. » Une société ne peut donc pas être gérante d'une EURL, contrairement à ce qui est permis pour la présidence d'une SAS. Le même article ajoute que « les gérants peuvent être choisis en dehors des associés » et que, « en l'absence de dispositions statutaires, ils sont nommés pour la durée de la société ».
Une simplification réservée au gérant associé unique. L'article L. 223-31 prévoit que « lorsque l'associé unique est seul gérant de la société, le dépôt au registre du commerce et des sociétés, dans le même délai, de l'inventaire et des comptes annuels, dûment signés, vaut approbation des comptes […] ». Le dépôt tient alors lieu de décision d'approbation, ce qui allège réellement la formalité annuelle.
Le régime fiscal par défaut d'une EURL dépend de la qualité de l'associé unique, et cette distinction est la première chose à vérifier. L'article 8, 4° du code général des impôts soumet personnellement à l'impôt sur le revenu « l'associé unique d'une société à responsabilité limitée lorsque cet associé est une personne physique ». La fiche officielle sur la fiscalité de l'EURL, vérifiée le 21 février 2026, complète le tableau : lorsque l'associé unique est une personne morale, la société est obligatoirement soumise à l'impôt sur les sociétés.
| Situation | Régime par défaut | Option possible | Référence |
|---|---|---|---|
| Associé unique personne physique | Impôt sur le revenu | Oui, option pour l'impôt sur les sociétés | Art. 8, 4° et 239 CGI |
| Associé unique personne morale | Impôt sur les sociétés | Sans objet, l'IS est obligatoire | Fiche service-public F36212 |
L'option obéit à l'article 239 du code général des impôts. Elle doit être notifiée « avant la fin du troisième mois de l'exercice au titre duquel l'entreprise souhaite être soumise pour la première fois à l'impôt sur les sociétés ». Pour un exercice ouvert le 1er janvier, la date limite est donc le 31 mars.
Le point le plus mal compris est la sortie. Contrairement à une idée répandue, l'option n'est pas irrévocable dès le premier jour : le même article ouvre une fenêtre de renonciation. Le commentaire administratif BOI-IS-CHAMP-40, publié le 23 novembre 2022, précise que les sociétés ayant opté « peuvent renoncer à cette option jusqu'au cinquième exercice suivant celui au titre duquel l'option a été exercée » et qu'« à défaut d'exercice du droit de renonciation à l'option pour l'impôt sur les sociétés dans le délai de cinq exercices précité, l'option devient irrévocable ». Attention toutefois au verrou : l'article 239 ferme la porte au retour, puisque « en cas de renonciation à l'option, les sociétés et groupements ne peuvent plus opter à nouveau pour le régime des sociétés de capitaux ». Renoncer une fois, c'est renoncer pour toujours.
À l'impôt sur les sociétés, le bénéfice est taxé au niveau de la société, et la rémunération du gérant devient déductible du résultat. La fiche officielle sur les taux de l'impôt sur les sociétés, vérifiée le 17 février 2026, fixe le taux normal à 25 % et le taux réduit à 15 % sur les bénéfices jusqu'à 42 500 €, le solde restant taxé à 25 %. Deux conditions cumulatives ouvrent ce taux réduit : un chiffre d'affaires n'excédant pas 10 000 000 € et un capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Une EURL détenue par une personne physique et dont le capital est libéré remplit naturellement la seconde. Voir aussi l'imposition de la SARL.
| Bénéfice imposable de l'exercice | Taux applicable | Impôt sur les sociétés dû |
|---|---|---|
| 20 000 € | 15 % sur la totalité | 3 000 € |
| 42 500 € | 15 % sur la totalité | 6 375 € |
| 60 000 € | 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % | 6 375 € + 4 375 €, soit 10 750 € |
Ces trois lignes sont des applications directes des taux officiels, pour une société remplissant les conditions du taux réduit et un exercice de douze mois. Elles ne tiennent pas compte des crédits d'impôt ni des retraitements fiscaux propres à chaque dossier.
Le coût d'une transformation de SASU en EURL s'obtient en additionnant des frais officiels connus à l'avance et des frais variables. Bonne nouvelle sur le poste le plus lourd : la transformation d'une SASU en EURL ne déclenche pas la désignation d'un commissaire à la transformation. L'article L. 224-3 du code de commerce, dans sa version en vigueur depuis le 1er octobre 2025, ne vise que le mouvement inverse : il impose ces commissaires « lorsqu'une société de quelque forme que ce soit qui n'a pas de commissaire aux comptes se transforme en société par actions ». Une SASU qui devient EURL sort des sociétés par actions au lieu d'y entrer, l'obligation ne joue pas.
| Poste | Montant | Base | Source |
|---|---|---|---|
| Inscription modificative au registre du commerce et des sociétés | 42,26 € | Émolument HT | Art. A743-10 C. com., n° 44 |
| Dépôt des statuts modifiés | 6,05 € | Émolument HT | Art. A743-10 C. com., n° 52 |
| Annonce légale de transformation | 199,00 € | HT, forfait métropole | Arrêté du 19 novembre 2025 |
| Enregistrement de l'acte, s'il est présenté à la formalité | 125,00 € | Imposition fixe | Art. 680 CGI |
| Rédaction des statuts et de la décision par un professionnel | Variable | Honoraires libres | Convention d'honoraires |
Les deux premières lignes sont des émoluments hors taxes fixés par l'article A743-10 du code de commerce, dans sa version en vigueur depuis le 1er mars 2026. Ce ne sont pas les sommes finales portées sur la facture du greffe, qui ajoute la taxe sur la valeur ajoutée et, le cas échéant, d'autres redevances. La méthode honnête consiste à présenter chaque ligne avec sa base plutôt qu'un total unique qui mélangerait du HT et du TTC.
Le forfait de 199 € HT de l'annonce légale appelle la même réserve : il ne vaut que pour un avis qui porte sur la seule transformation. Dès que la même annonce publie plusieurs des modifications listées aux 7° à 10° de l'arrêté, par exemple la transformation et le changement de dirigeant qui l'accompagne presque toujours puisque le président devient gérant, la publication bascule à la tarification au caractère et son prix dépend alors de la longueur du texte et du département. À La Réunion et à Mayotte, le forfait de transformation est de 229 € HT.
Le coût direct n'est pas le sujet principal : le vrai enjeu est le basculement du régime social du dirigeant. Le président de SASU relève du régime général au titre de l'article L. 311-3, 23° du code de la sécurité sociale. Le gérant associé unique d'EURL est travailleur indépendant, puisqu'il détient tout le capital et échappe donc au 11° du même article. Les cotisations, les droits ouverts et le calendrier de paiement changent tous en même temps. La société conserve en revanche sa personnalité morale, son numéro SIREN et ses contrats : une transformation n'est pas une dissolution suivie d'une création.
Créer une EURL pour exercer une activité de voiture de transport avec chauffeur est courant, et la structure convient bien à un chauffeur qui exploite seul un ou deux véhicules. Mais la société ne suffit pas : l'activité est réglementée, et deux autorisations distinctes se superposent à l'immatriculation au registre du commerce.
C'est la condition la plus souvent découverte en cours de route. Le service officiel du registre indique qu'une garantie financière de 1 500 € par véhicule est exigée lorsque l'exploitant ne possède pas le véhicule et ne dispose pas d'un contrat de location de plus de six mois. Cette garantie est délivrée par un organisme financier agréé. Autrement dit, un chauffeur qui achète son véhicule ou le prend en location longue durée n'a pas de garantie à constituer ; celui qui utilise un véhicule sous un contrat plus court doit prévoir cette somme pour chaque voiture exploitée.
| Mode de détention du véhicule | Garantie financière à constituer |
|---|---|
| Véhicule acheté par la société | Aucune |
| Location ou crédit-bail de plus de six mois | Aucune |
| Location de six mois ou moins | 1 500 € par véhicule |
Une précision utile pour la suite : si l'associé unique décide un jour de vendre tout ou partie de ses parts, la société cesse d'être unipersonnelle dès qu'un second associé entre au capital. Elle redevient alors une SARL classique, avec la procédure d'agrément de l'article L. 223-14 du code de commerce pour les cessions ultérieures à des tiers.
Un dernier point de calendrier, qui décide de l'ordre des démarches : l'inscription au registre des exploitants suppose de justifier de l'existence de l'entreprise. L'immatriculation de l'EURL vient donc d'abord, l'inscription au registre VTC ensuite. Prévoir cette séquence évite de bloquer le démarrage de l'activité pendant plusieurs semaines.
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EURL veut dire « entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée », c'est-à-dire une SARL à associé unique. Les règles applicables sont celles de la SARL, aux articles L. 223-1 et suivants du code de commerce. L'associé « ne supporte les pertes qu'à concurrence de ses apports » et est dénommé « associé unique » (article L. 223-1). Le capital est fixé librement par les statuts et divisé en parts sociales égales, sans plancher légal (article L. 223-2). La gérance est confiée à une ou plusieurs personnes physiques, jamais à une société (article L. 223-18). Les décisions de l'associé unique sont répertoriées dans un registre et il ne peut pas déléguer ses pouvoirs (article L. 223-31). Sur le plan fiscal, l'associé unique personne physique relève de l'impôt sur le revenu par défaut (article 8, 4° du code général des impôts), avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés.
Six étapes, dans cet ordre. Rédiger les statuts, qui fixent la dénomination, l'objet, le siège, le capital et la gérance. Déposer les apports en numéraire sur un compte bloqué et récupérer l'attestation de dépôt des fonds. Faire évaluer les apports en nature s'il y en a, un commissaire aux apports étant requis sauf dispense au titre du troisième alinéa de l'article L. 223-9 du code de commerce. Publier l'annonce légale de constitution, au forfait de 124 € HT en métropole en 2026. Déposer le dossier complet sur le guichet unique électronique de l'INPI, seule voie possible depuis le 1er janvier 2023 en application de l'article L. 123-33 du code de commerce. Déclarer enfin les bénéficiaires effectifs, formalité obligatoire qui accompagne l'immatriculation.
Trois délais structurent la vie d'une EURL. À la création, le dossier déposé sur le guichet unique de l'INPI est instruit puis transmis au greffe ; la durée dépend de la complétude du dossier, un dossier incomplet étant la première cause de retard. Sur le plan fiscal, l'option pour l'impôt sur les sociétés doit être notifiée avant la fin du troisième mois de l'exercice concerné, soit le 31 mars pour un exercice ouvert le 1er janvier (article 239 du code général des impôts). Chaque année, l'associé unique approuve les comptes dans les six mois de la clôture de l'exercice, soit le 30 juin pour une clôture au 31 décembre (article L. 223-31 du code de commerce). Pour une activité de VTC, l'inscription au registre des exploitants est valable cinq ans et se renouvelle à ce rythme.
Le dossier d'immatriculation se compose de pièces sur la société et de pièces sur le gérant. Côté société : les statuts signés et datés, l'attestation de dépôt des fonds délivrée par la banque, un justificatif de jouissance du siège social, l'attestation de parution de l'annonce légale, et le rapport du commissaire aux apports lorsqu'un apport en nature l'exige au titre de l'article L. 223-9 du code de commerce. Côté gérant, qui doit être une personne physique selon l'article L. 223-18 : une pièce d'identité en cours de validité et une déclaration de non-condamnation avec attestation de filiation. S'y ajoute la déclaration relative aux bénéficiaires effectifs, facturée 19,33 € TTC et obligatoire à l'immatriculation. Le tout est déposé par voie électronique sur le guichet unique de l'INPI.
Cinq erreurs reviennent constamment. Écrire « EURL » comme mention légale sur les factures, alors que l'article L. 223-1 du code de commerce impose « société à responsabilité limitée » ou « SARL » suivi du capital. Croire qu'un apport en nature inférieur au seuil réglementaire dispense à lui seul de commissaire aux apports, alors que les deux conditions de l'article L. 223-9 sont cumulatives et que la responsabilité solidaire sur la valeur retenue dure cinq ans. Ne pas tenir le registre des décisions de l'associé unique, pourtant exigé par l'article L. 223-31. Laisser passer le 31 mars pour l'option à l'impôt sur les sociétés, qui ne rattrape pas l'exercice en cours. Enfin, additionner des montants hors taxes et toutes taxes comprises pour annoncer un budget de création, ce qui donne systématiquement un total faux.
Deux situations bien distinctes. En cas de refus ou de demande de régularisation du dossier d'immatriculation, la voie normale est de corriger les pièces signalées et de redéposer sur le guichet unique de l'INPI, seul canal prévu par l'article L. 123-33 du code de commerce. Les motifs les plus fréquents sont un objet social incompatible avec une activité réglementée, un justificatif de siège insuffisant ou une annonce légale non conforme. En cas de litige interne, la question ne se pose presque jamais entre associés puisqu'il n'y en a qu'un, mais elle peut naître entre l'associé unique et un gérant tiers, ou avec un créancier qui invoque une faute de gestion. L'article L. 223-31 prévoit par ailleurs que les décisions prises en violation de ses règles « peuvent être annulées à la demande de tout intéressé ».
Aucun texte n'impose l'intervention d'un avocat pour immatriculer une EURL. Le dépôt du dossier sur le guichet unique de l'INPI peut être effectué par l'associé unique lui-même. L'utilité d'un professionnel se situe ailleurs, sur les points qui coûtent cher quand ils sont mal traités : la rédaction de l'objet social lorsque l'activité est réglementée ou susceptible d'évoluer, le traitement des apports en nature au regard de l'article L. 223-9 et de la responsabilité solidaire de cinq ans qu'il attache à la valeur retenue, et l'arbitrage entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés, dont la fenêtre de renonciation se referme au cinquième exercice sans retour possible ensuite. Sur ces trois sujets, une erreur de rédaction se paie longtemps après la création.
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