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Direction de la publication : Me Manel Sghari, Avocat au barreau de Paris — mis à jour le 18 septembre 2026
Une procuration bancaire est un mandat par lequel le titulaire d'un compte autorise une autre personne à le faire fonctionner à sa place.
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Le Code civil la définit à l'article 1984 : « le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom ».
En pratique, elle se met en place à la banque, pas chez le notaire : la fiche officielle « Comment faire une procuration bancaire ? » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 3 décembre 2025, indique qu'il faut contacter sa banque, puis s'y rendre « pour y remplir et signer un formulaire de demande de procuration bancaire », la banque pouvant réclamer un exemplaire de la signature du mandataire ainsi que ses justificatifs d'identité et de domicile. Le mandataire « peut retirer et déposer de l'argent sur le compte du mandant » mais « ne peut pas clôturer le compte du titulaire ».
Trois points décident de tout le reste. Le titulaire reste responsable des opérations faites par son mandataire. La procuration prend fin au décès du mandant comme du mandataire, et aussi à la date de placement sous tutelle de l'un des deux.
Enfin, elle ne fonctionne que si le titulaire est encore lucide au moment où il la signe : une procuration compte bancaire personne âgée signée trop tard, quand le discernement est déjà atteint, se conteste, et il faut alors basculer vers l'habilitation familiale ou la tutelle.
Sur Actav (actav.fr), retrouvez des modèles rédigés par avocat dans la bibliothèque de modèles.La procuration bancaire est l'un des rares actes juridiques que l'on signe au guichet, en dix minutes, sans mesurer ce qu'il engage. Le geste paraît anodin : un parent vieillissant demande à un enfant de « s'occuper des papiers », une hospitalisation approche, un déplacement long se profile.
Le document signé ce jour-là est pourtant un contrat de mandat, régi par les articles 1984 et suivants du Code civil, avec des obligations précises des deux côtés et des conséquences qui se règlent parfois des années plus tard, au moment de la succession.
Ce guide part des questions que les gens posent réellement à leur conseiller : à quoi sert ce document, comment l'obtenir, jusqu'où va le mandataire, que se passe-t-il quand la personne perd la tête, quand elle décède, quand un frère ou une sœur détient seul la procuration sur les comptes du parent.
Chaque réponse renvoie au texte applicable sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration, vérifiés à la date de mise à jour indiquée ci-dessus.
Le point de départ n'est pas dans le droit bancaire, il est dans le Code civil. L'article 1984 du Code civil pose que « le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom ». Le même article ajoute une phrase que l'on oublie souvent : « le contrat ne se forme que par l'acceptation du mandataire ». Personne ne devient mandataire malgré soi.
Deux mots structurent tout le reste. Le mandant est le titulaire du compte, celui qui donne le pouvoir. Le mandataire est celui qui reçoit ce pouvoir et agit au nom du premier. La conséquence est décisive et mal comprise : les opérations du mandataire sont juridiquement celles du mandant.
La fiche officielle « Comment faire une procuration bancaire ? » de service-public.gouv.fr le formule sans détour : « Vous restez responsable des opérations effectuées par votre mandataire sur votre compte bancaire. »
Ce qu'une procuration bancaire ne fait pas mérite d'être dit aussi clairement que ce qu'elle fait. Une procuration bancaire ne rend pas le mandataire cotitulaire du compte. Elle ne lui donne aucun droit sur l'argent qui s'y trouve. Elle ne lui attribue rien dans la succession du titulaire. Et elle ne l'autorise pas à fermer le compte : la même fiche précise que « le mandataire ne peut pas clôturer le compte du titulaire ».
| Ce que la procuration permet | Ce qu'elle ne permet pas | Texte ou source |
|---|---|---|
| Retirer et déposer de l'argent sur le compte du mandant | Clôturer le compte du titulaire | Fiche service-public.gouv.fr F1474 |
| Faire les actes d'administration courants du compte | Faire un acte de disposition sans pouvoir exprès | Art. 1988 C. civ. |
| Agir au nom et pour le compte du mandant | Devenir propriétaire des fonds ou cotitulaire | Art. 1984 C. civ. |
| Agir seul quand plusieurs mandataires sont désignés | Agir après le décès du mandant | Fiche F1474 ; art. 2003 C. civ. |
La ligne la plus importante de ce tableau est la deuxième. L'article 1988 du Code civil énonce que « le mandat conçu en termes généraux n'embrasse que les actes d'administration » et que « s'il s'agit d'aliéner ou hypothéquer, ou de quelque autre acte de propriété, le mandat doit être exprès ».
Autrement dit, une procuration rédigée en termes vagues autorise la gestion courante du compte, pas les décisions qui appauvrissent durablement le patrimoine du titulaire. Un mandataire qui vide un livret pour se faire un cadeau sort du mandat, même si la banque a laissé passer l'opération.
Une procuration n'est ni un héritage anticipé ni une donation. Les sommes retirées par le mandataire restent la propriété du mandant. Si elles ont été utilisées pour le mandataire lui-même, elles seront réclamées par les héritiers au moment de la succession, sur le fondement de l'obligation de rendre compte de l'article 1993 du Code civil.
Faire une procuration bancaire est une démarche courte, mais elle ne s'improvise pas par téléphone. La fiche officielle indique qu'il faut contacter sa banque, puis s'y rendre « pour y remplir et signer un formulaire de demande de procuration bancaire ».
La banque « peut également demander un exemplaire de la signature de votre mandataire et ses justificatifs d'identité et de domicile », ainsi que la nature des liens qui unissent les deux personnes.
Le formulaire employé est celui de la banque, et il diffère d'un établissement à l'autre. C'est une conséquence directe de l'article 1985 du Code civil, qui laisse une grande liberté de forme : « le mandat peut être donné par acte authentique ou par acte sous seing privé, même par lettre.
Il peut aussi être donné verbalement, mais la preuve testimoniale n'en est reçue que conformément au titre "Des contrats ou des obligations conventionnelles en général". » La loi n'impose donc aucun modèle unique. La banque, elle, impose le sien, parce qu'elle engage sa propre responsabilité en exécutant les ordres du mandataire.
Oui, et c'est une réalité que la fiche officielle laisse entrevoir en indiquant que l'établissement peut s'enquérir de la nature des liens entre les personnes. Un établissement peut refuser une personne fichée à la Banque de France, un mandataire dont l'identité ne peut être vérifiée, ou une situation qui l'expose au titre de ses obligations de vigilance. Ce refus n'a pas à être motivé de façon détaillée.
Dans ce cas, deux voies restent ouvertes : désigner un autre mandataire, ou engager une mesure de protection juridique si la situation le justifie.
Le formulaire bancaire propose presque toujours ce choix, et c'est le seul endroit où le titulaire garde vraiment la main. La fiche officielle décrit les deux options en une phrase : « La procuration est générale lorsqu'elle concerne toute opération pour une durée indéterminée. Elle est limitée lorsqu'elle concerne seulement certaines opérations, certains montants et une durée déterminée. »
| Critère | Procuration générale | Procuration limitée |
|---|---|---|
| Opérations couvertes | Toute opération sur le compte désigné | Seulement celles énumérées dans le formulaire |
| Durée | Indéterminée | Déterminée, avec une date de fin |
| Montants | Non plafonnés | Plafonnés par opération ou par mois |
| Usage typique | Aide durable à un parent dépendant | Hospitalisation, expatriation temporaire, projet ponctuel |
| Risque principal | Contrôle difficile a posteriori | Blocage si un besoin imprévu dépasse le plafond |
Cette distinction reprend celle de l'article 1987 du Code civil, selon lequel le mandat « est ou spécial et pour une affaire ou certaines affaires seulement, ou général et pour toutes les affaires du mandant ». Le conseil pratique tient en une phrase : plus la relation de confiance est solide, plus la tentation de tout ouvrir est forte, et plus il faut résister à cette tentation.
Une procuration limitée à 1 500 € de retraits mensuels et valable douze mois protège autant le titulaire que le mandataire, qui pourra prouver qu'il n'a jamais dépassé le cadre fixé.
Que le formulaire vienne de la banque ou d'un écrit préparé en amont, six mentions doivent y figurer pour qu'il soit exploitable sans discussion.
Voici ces mentions une fois remplies, sur un cas concret de procuration bancaire limitée. Madame Martin, née le 4 mars 1946 à Angers, titulaire du compte identifié par son IBAN ouvert à son seul nom, donne procuration à son fils Paul Martin, né le 12 septembre 1974 à Nantes, domicilié à Rennes.
Les pouvoirs sont limités aux retraits d'espèces et aux virements vers des créanciers identifiés, dans la limite de 1 500 € par mois, à l'exclusion de toute opération sur le compte-titres. La procuration est consentie pour douze mois à compter du 1er septembre 2026. Les deux signent, chacun sous son nom, avec la date et le lieu.
Un écrit préparé à la maison ne remplace pas le formulaire de la banque, qui reste indispensable pour que l'établissement exécute les ordres. Il a en revanche une utilité réelle : il oblige les deux personnes à s'accorder par écrit sur ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, avant de se présenter au guichet.
Plusieurs mandataires peuvent coexister sur un même compte. La fiche officielle précise que « vous pouvez donner une procuration sur un même compte à plusieurs mandataires » et que « ces personnes peuvent agir séparément, sans se consulter entre elles, sauf si la procuration précise le contraire ».
Dans une fratrie, cette clause de consultation mutuelle évite bien des conflits : elle doit être demandée expressément, elle n'est jamais automatique.
C'est le cas de figure le plus fréquent, et le plus exposé. Un parent perd en autonomie, un enfant prend le relais pour les prélèvements, les courses et la maison de retraite. Juridiquement, rien n'interdit cette procuration compte bancaire personne âgée : le grand âge n'est pas une incapacité, et une personne âgée lucide dispose de la pleine capacité juridique pour donner mandat.
La difficulté est ailleurs. Une procuration signée par une personne dont le discernement est déjà altéré est fragile, parce que le consentement fait défaut au moment de la signature. Les héritiers écartés peuvent la contester ensuite, et ils le font régulièrement. Trois précautions réduisent nettement ce risque.
Cette dernière précaution n'est pas un conseil de prudence, c'est une obligation légale. L'article 1993 du Code civil dispose que « tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion, et de faire raison au mandant de tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration, quand même ce qu'il aurait reçu n'eût point été dû au mandant ». Ce compte est dû au mandant de son vivant, et à ses héritiers après son décès.
Le mandataire qui n'a rien conservé se retrouve à devoir justifier des mouvements dont il ne se souvient plus.
À cela s'ajoute une responsabilité pour faute. L'article 1992 du Code civil énonce que « le mandataire répond non seulement du dol, mais encore des fautes qu'il commet dans sa gestion ». La malhonnêteté n'est donc pas la seule porte d'entrée : la négligence suffit.
Le même article apporte toutefois un tempérament qui compte pour un proche non rémunéré, puisqu'il ajoute que « la responsabilité relative aux fautes est appliquée moins rigoureusement à celui dont le mandat est gratuit qu'à celui qui reçoit un salaire ». Le juge est donc plus indulgent avec l'enfant qui gère bénévolement les comptes de son parent qu'avec un professionnel payé pour le faire, sans pour autant l'exonérer.
Il n'existe pas de modèle officiel unique de procuration bancaire, puisque l'article 1985 du Code civil laisse la forme libre et que chaque banque utilise son propre imprimé. Le document à utiliser est donc, dans tous les cas, celui que fournit l'établissement teneur du compte, à demander en agence ou dans l'espace client en ligne.
Un modèle générique trouvé sur internet ne sera pas accepté tel quel par la banque et n'a d'intérêt que comme brouillon de discussion familiale, à condition d'y faire figurer les six mentions listées plus haut.
Sur Actav (actav.fr), la bibliothèque de modèles réunit des documents Word rédigés et vérifiés par des avocats inscrits au Barreau, dont des conditions générales de vente, des documents de création d'entreprise et des baux commerciaux ou d'habitation. Elle ne comporte pas, à ce jour, de modèle de procuration bancaire : pour ce document précis, le formulaire de votre banque reste la référence.
La question revient avec une régularité qui en dit long sur la détresse des familles : peut-on faire signer une procuration à un proche atteint de la maladie d'Alzheimer ? Sous la formule entendue en agence, « procuration compte bancaire Alzheimer », se cachent en réalité deux situations opposées. La réponse tient à la date, pas à l'analyse.
Tant que la personne conserve son discernement, elle peut valablement donner procuration, y compris après une analyse posé, car la maladie évolue par étapes et n'abolit pas le jugement du jour au lendemain. Lorsque le discernement est atteint, la procuration n'est plus une voie possible : le consentement au mandat fait défaut, et un acte signé dans ces conditions est exposé à l'annulation.
Il faut alors changer d'outil et passer par une mesure de protection judiciaire.
| Situation du titulaire | Outil approprié | Qui décide | Source |
|---|---|---|---|
| Lucide, veut être aidé au quotidien | Procuration bancaire | Le titulaire seul, avec l'accord du mandataire | Art. 1984 C. civ. |
| Lucide, veut organiser à l'avance sa future dépendance | Mandat de protection future | Le titulaire, par écrit sous seing privé contresigné par avocat ou par acte notarié | Fiche service-public.gouv.fr F16670 |
| Discernement altéré, entourage familial proche disponible | Habilitation familiale | Le juge des tutelles, sur requête d'un proche | Fiche service-public.gouv.fr F33367 |
| Discernement altéré, pas de proche ou conflit familial | Curatelle ou tutelle | Le juge des tutelles | Art. 427 C. civ. pour la gestion des comptes |
Le mandat de protection future est l'outil le plus utile quand l'analyse vient de tomber et que la personne comprend encore ce qu'elle signe. La fiche officielle « Mandat de protection future » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 26 juin 2026, le définit comme « un contrat par lequel une personne, appelée mandant, organise à l'avance sa dépendance ».
Il ne prend effet que le jour où la perte de capacité est constatée : le mandataire doit alors obtenir un certificat médical circonstancié établi par un médecin inscrit sur la liste du procureur de la République, puis se présenter au greffe du tribunal avec le mandant, sauf si l'état de santé de celui-ci l'en empêche.
L'habilitation familiale prend le relais lorsqu'il est déjà trop tard pour signer quoi que ce soit. La fiche « Habilitation familiale » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 19 juin 2026, la réserve aux proches ayant des liens étroits et stables : parents, grands-parents, arrière-grands-parents, enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, frères et sœurs, époux, partenaire de pacs ou concubin.
Neveux, nièces, beaux-frères, belles-sœurs, gendres et belles-filles en sont expressément exclus. Le juge des tutelles la délivre sous forme générale, pour une durée maximale de dix ans renouvelable, ou sous forme spéciale limitée à certains actes.
Si une tutelle ou une curatelle est prononcée, la gestion des comptes obéit à l'article 427 du Code civil, en vigueur dans sa version du 1er janvier 2020.
Ce texte interdit à la personne chargée de la mesure de clôturer les comptes existants ou d'en ouvrir dans un autre établissement sans autorisation du juge ou du conseil de famille, et impose que toutes les opérations bancaires passent exclusivement par des comptes ouverts au nom de la personne protégée, dont elle conserve seule les intérêts, revenus et plus-values.
Le placement sous tutelle met fin à la procuration bancaire, automatiquement. La fiche service-public.gouv.fr range parmi les causes de fin « la date du placement sous tutelle du mandant ou du mandataire ». La même règle figure à l'article 2003 du Code civil, qui fait finir le mandat « par la mort, la tutelle des majeurs ou la déconfiture, soit du mandant, soit du mandataire ».
Mettre en place une procuration bancaire depuis une chambre d'hôpital pose un problème pratique plus que juridique : la personne est capable de consentir, mais elle ne peut pas se rendre en agence. Une procuration bancaire personne hospitalisée bute donc sur une question d'organisation, pas de capacité juridique. Trois voies existent, à choisir selon la durée prévisible et l'état du patient.
Un point de vigilance domine ces trois voies : plus l'état de santé est dégradé au moment de la signature, plus la procuration est fragile. Un patient sous sédation ou en soins intensifs ne peut pas consentir valablement. Dans ce cas, la seule voie propre est judiciaire, par une requête en habilitation familiale ou en tutelle déposée auprès du juge des tutelles du tribunal judiciaire du domicile de la personne à protéger.
Pour les urgences très courtes, une mesure intermédiaire existe : la sauvegarde de justice. La fiche « Sauvegarde de justice » de service-public.gouv.fr, vérifiée le 12 juin 2026, précise que la personne conserve le droit de gérer ses biens et que le mandataire spécial éventuellement désigné n'accomplit que les actes précisément fixés par le juge. Sa durée est d'un an, renouvelable une fois, soit deux ans au maximum.
Le point complet 2026, vérifié par avocat.
Non, sur le fond. La démarche est la même dans tous les établissements, parce qu'elle repose sur le même contrat de mandat du Code civil et sur la même fiche officielle : contacter sa banque, remettre un formulaire de demande signé, fournir le spécimen de signature du mandataire et ses justificatifs d'identité et de domicile.
Une procuration banque postale, une procuration au Crédit Agricole ou une procuration dans une banque en ligne obéissent à ce même schéma. Deux formulations reviennent d'ailleurs sans cesse dans les questions posées au guichet, « banque postale procuration » et « procuration compte bancaire la poste » : elles désignent une seule et même démarche, celle décrite plus haut, appliquée au réseau de La Banque Postale.
Ce qui varie d'un établissement à l'autre tient à la procédure interne, et ces différences comptent en pratique.
| Point qui varie | Ce qu'il faut vérifier auprès de son établissement |
|---|---|
| Le formulaire | Chaque banque a le sien : il se retire en agence ou se télécharge depuis l'espace client. Aucun modèle générique ne s'y substitue. |
| La présence du mandataire | Souvent exigée pour le dépôt de signature ; certaines banques acceptent une signature à distance. |
| Les comptes couverts | Compte courant, livret et compte-titres se traitent en général séparément. Le préciser explicitement. |
| Les moyens de paiement du mandataire | Chéquier ou carte au nom du mandataire : possible dans certains établissements, refusé dans d'autres. |
| Le délai de prise d'effet | De l'immédiat à plusieurs jours ouvrés selon les contrôles internes. |
| Les frais | La mise en place est le plus souvent sans frais, mais la brochure tarifaire de l'établissement fait foi. |
Le réflexe efficace est de partir de l'espace client, rubrique des documents ou de l'assistance, puis de rechercher le terme « procuration ». La plupart des grands réseaux, La Banque Postale comprise, y mettent à disposition un imprimé de procuration au format PDF à imprimer, compléter et signer, ou orientent vers une demande en agence.
Un document téléchargé sur un site tiers ne sera pas accepté : seul l'imprimé de l'établissement teneur du compte engage la banque. Si le PDF n'apparaît pas dans l'espace client, un appel au conseiller ou un passage en agence règle la question en quelques minutes.
Annuler une procuration bancaire est un droit du mandant, et ce droit est discrétionnaire. L'article 2003 du Code civil énumère les causes de fin du mandat : « le mandat finit : par la révocation du mandataire, par la renonciation de celui-ci au mandat, par la mort, la tutelle des majeurs ou la déconfiture, soit du mandant, soit du mandataire ».
L'article 2004 du Code civil ajoute que le mandant peut révoquer sa procuration quand bon lui semble. Aucun motif n'est à donner, aucun préavis n'est à respecter.
La fiche officielle décline ces causes pour le compte bancaire et donne la liste que les banques appliquent : « À tout moment, sur demande écrite du mandant ou du mandataire adressée à la banque. À la fin de la durée prévue, si la procuration a une durée déterminée et n'est pas renouvelée. À la date du placement sous tutelle du mandant ou du mandataire. À la date du décès du mandant ou du mandataire. »
| Cause de fin | Effet | Formalité à accomplir |
|---|---|---|
| Révocation par le mandant | Immédiat une fois la banque informée | Demande écrite adressée à la banque |
| Renonciation du mandataire | Immédiat une fois la banque informée | Demande écrite adressée à la banque |
| Terme prévu atteint | Automatique | Aucune, sauf renouvellement souhaité |
| Placement sous tutelle du mandant ou du mandataire | Automatique | Transmettre le jugement à la banque |
| Décès du mandant ou du mandataire | Automatique | Transmettre l'acte de décès à la banque |
Une précision juridique évite un piège classique. L'article 2005 du Code civil prévoit que « la révocation notifiée au seul mandataire ne peut être opposée aux tiers qui ont traité dans l'ignorance de cette révocation, sauf au mandant son recours contre le mandataire ».
Dire à son mandataire que la procuration est terminée ne suffit donc pas : c'est la banque qu'il faut informer, par écrit, faute de quoi les opérations passées entre-temps restent opposables au titulaire, qui devra ensuite se retourner contre son mandataire pour en obtenir le remboursement.
Une lettre recommandée avec avis de réception adressée à l'agence, doublée d'un message dans l'espace client, constitue la meilleure combinaison. Cinq éléments suffisent : l'identité du titulaire, le numéro complet du compte, l'identité du mandataire dont les pouvoirs sont retirés, la mention expresse de la révocation avec la date d'effet souhaitée, et la demande d'une confirmation écrite de la prise en compte.
Cette confirmation est la pièce à conserver : elle prouve la date à laquelle la banque a été informée.
Reste à récupérer les moyens de paiement remis au mandataire, carte ou chéquier, et à faire opposition s'ils ne sont pas restitués. La révocation retire le pouvoir, elle ne fait pas disparaître physiquement les instruments qui permettaient de l'exercer.
Le décès met fin à la procuration bancaire, sans exception et sans délai de grâce. Le mandataire qui continue à faire fonctionner le compte après le décès agit sans pouvoir, même s'il paie des factures parfaitement légitimes. Ce qui se passe ensuite dépend entièrement de la nature du compte, et la différence est considérable.
| Type de compte | Effet du décès d'un titulaire | Source officielle |
|---|---|---|
| Compte individuel | « La banque bloque le compte dès qu'elle en a pris connaissance. Elle n'y enregistre plus aucune opération de dépôt ou de retrait. » | Fiche service-public.gouv.fr F2413, vérifiée le 22 mai 2026 |
| Compte joint | « En cas de décès d'un cotitulaire, le compte joint n'est pas bloqué. Le cotitulaire peut encore faire fonctionner le compte. » | Fiche service-public.gouv.fr F10412, vérifiée le 24 juillet 2026 |
| Compte indivis | « En cas de décès d'un cotitulaire, la banque bloque le compte. » | Fiche service-public.gouv.fr F2812, vérifiée le 6 novembre 2025 |
Non, et c'est la ligne du tableau qui surprend le plus. Sur un compte joint, la fiche officielle vérifiée le 24 juillet 2026 est catégorique : « En cas de décès d'un cotitulaire, le compte joint n'est pas bloqué. Le cotitulaire peut encore faire fonctionner le compte. » Le survivant continue donc à payer les factures et à percevoir les revenus, parce qu'il agit comme cotitulaire et non comme mandataire.
Encore faut-il ne pas confondre les deux qualités, et c'est là que le raisonnement dérape le plus souvent. Une épouse cotitulaire du compte joint garde ses pouvoirs. Une épouse simplement mandataire sur le compte individuel de son mari les perd le jour du décès : la procuration bancaire tombe, le compte individuel est bloqué, et les prélèvements qui y étaient domiciliés vont rejeter.
Quand un couple ne détient que des comptes individuels croisés avec procurations réciproques, l'ouverture d'un compte joint pour les charges courantes évite ce blocage brutal. La convention de compte fixe ensuite les modalités de la succession, la répartition des fonds dépendant du régime matrimonial ou des liens entre cotitulaires, et les héritiers y sont associés.
Pour le compte individuel bloqué, la fiche officielle indique que « le compte pourra être débloqué pour le règlement de certaines dépenses intervenues après le décès ». L'article L. 312-1-4 du Code monétaire et financier organise ces déblocages.
La personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles peut obtenir, sur présentation de la facture, le prélèvement des frais funéraires sur les comptes de paiement du défunt, dans la limite du solde et d'un montant fixé par arrêté du ministre chargé de l'économie.
Le même article permet aux héritiers en ligne directe d'obtenir le règlement des actes conservatoires sur justificatifs, puis la clôture des comptes et le versement des sommes lorsque leur total est inférieur au seuil fixé par le même arrêté, sur remise d'un acte de notoriété ou d'une attestation signée de l'ensemble des héritiers.
Ces deux montants sont revalorisés périodiquement par arrêté : demandez à la banque ou au notaire le plafond en vigueur à la date du décès, car il change.
C'est la situation qui produit le plus de conflits familiaux, et elle appelle une réponse en trois temps.
La preuve joue ici un rôle décisif : le mandataire qui a conservé les factures et les justificatifs traverse cette étape sans dommage, celui qui n'a rien gardé se retrouve à devoir démontrer l'usage de sommes retirées parfois cinq ans plus tôt.
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Une procuration bancaire donne un pouvoir, elle ne donne aucun droit sur l'argent. Le mandataire qui utilise les fonds à son profit sort du mandat, et la sanction n'est plus seulement civile.
Sur le terrain civil, l'article 1993 du Code civil impose la restitution de tout ce qui a été reçu en vertu de la procuration, et l'article 1992 engage la responsabilité du mandataire pour ses fautes de gestion, dol ou simple négligence. Sur le terrain pénal, deux infractions sont couramment retenues.
| Infraction | Définition légale | Peines encourues | Texte |
|---|---|---|---|
| Abus de confiance | « Le fait par une personne de détourner, au préjudice d'autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu'elle a acceptés à charge de les rendre, de les représenter ou d'en faire un usage déterminé » | 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende | Art. 314-1 C. pén. |
| Abus de confiance aggravé | Notamment l'abus commis « au préjudice d'une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur » | 7 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende | Art. 314-2, 4°, C. pén. |
| Abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse | Abus de la vulnérabilité d'une personne pour la conduire à un acte gravement préjudiciable | 3 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende | Art. 223-15-2 C. pén. |
L'article 314-1 du Code pénal décrit exactement la situation du mandataire bancaire infidèle : des fonds lui ont été confiés à charge d'en faire un usage déterminé, et il les a détournés. La peine encourue est de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
L'article 223-15-2 du Code pénal, dans sa version en vigueur depuis le 12 mai 2024, punit de trois ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse : c'est le texte que les familles invoquent quand des retraits massifs interviennent sur les comptes d'un parent affaibli.
Une règle passe avant toutes les autres, et elle est très mal connue. L'article 314-4 du Code pénal énonce que « les dispositions de l'article 311-12 sont applicables au délit d'abus de confiance ».
Or l'article 311-12 du Code pénal, dans sa version en vigueur depuis le 1er août 2020, prévoit que l'infraction « ne peut donner lieu à des poursuites pénales » lorsqu'elle est commise « au préjudice de son ascendant ou de son descendant », ou au préjudice du conjoint hors séparation de corps.
Conséquence directe dans le cas le plus fréquent : l'enfant qui détient une procuration sur les comptes de son père ou de sa mère et qui détourne les fonds ne peut pas être poursuivi pour abus de confiance.
Deux exceptions rouvrent la porte du pénal, et elles comptent. La première vise les faits qui portent sur « des moyens de paiement » ou sur des documents indispensables à la vie quotidienne de la victime : garder la carte bancaire ou le chéquier du parent n'est pas couvert par l'immunité.
La seconde écarte l'immunité lorsque l'auteur est le tuteur, le curateur, le mandataire spécial d'une sauvegarde de justice, la personne habilitée dans le cadre d'une habilitation familiale ou le mandataire d'un mandat de protection future.
Le simple mandataire d'une procuration bancaire n'entre dans aucune de ces catégories, ce qui explique une bascule que les familles observent sans la comprendre : le jour où l'enfant passe de la procuration à l'habilitation familiale, il perd son immunité pénale.
Trois conséquences pratiques en découlent. L'abus de faiblesse de l'article 223-15-2 du Code pénal, lui, n'est pas visé par l'article 314-4 : l'immunité ne le couvre pas, et c'est la raison pour laquelle il est le fondement retenu en pratique contre un enfant mandataire.
Entre frère et sœur, aucune immunité n'existe, faute de lien d'ascendance ou de descendance ; mais dans le cas classique de la procuration sur les comptes du parent, la victime de l'abus de confiance est le parent et non la fratrie, si bien que c'est bien l'immunité du 1° qui s'applique.
Enfin, l'immunité est purement pénale : la restitution due au titre de l'article 1993 du Code civil reste exigible devant le juge civil, du vivant du mandant comme au moment du règlement de la succession.
Symétriquement, ces textes protègent le mandataire honnête. Un registre daté, les factures conservées, des virements identifiés par leur motif : ce dossier transforme une accusation en simple vérification comptable. C'est la raison pratique pour laquelle l'obligation de rendre compte doit être vue comme une protection du mandataire, et non comme une contrainte imposée par la loi.
Le mandataire n'est pas rémunéré, sauf accord contraire. La fiche officielle précise que « le mandataire n'est pas rémunéré pour sa prestation » et que « toutefois, une convention peut le prévoir ». Se servir sur le compte pour se dédommager du temps passé, sans convention écrite, est précisément le geste qui bascule dans le détournement.
C'est un contrat de mandat, avec la force obligatoire d'un contrat. L'article 1984 du Code civil définit le mandat ou procuration comme « un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom », et précise que « le contrat ne se forme que par l'acceptation du mandataire ». Les opérations du mandataire produisent donc leurs effets directement dans le patrimoine du mandant, qui « reste responsable des opérations effectuées par [son] mandataire » selon la fiche service-public.gouv.fr. Ce document ne transfère en revanche aucune propriété : il donne un pouvoir d'agir, jamais un droit sur les fonds. L'article 1988 du Code civil limite d'ailleurs le mandat général aux seuls actes d'administration, tout acte de disposition exigeant un pouvoir exprès.
Aucune mention n'est imposée par la loi, mais six sont indispensables en pratique. L'article 1985 du Code civil laisse la forme libre : le mandat « peut être donné par acte authentique ou par acte sous seing privé, même par lettre » et peut même être verbal. La banque impose en revanche son propre formulaire. Y figurent nécessairement l'identité complète du mandant, celle du mandataire, le ou les comptes visés avec leur numéro ou leur IBAN, l'étendue exacte des pouvoirs avec les plafonds éventuels, la durée, et la date accompagnée des deux signatures. L'acceptation du mandataire n'est pas une formalité décorative : elle conditionne la formation du contrat selon l'article 1984. La banque peut par ailleurs réclamer un exemplaire de la signature du mandataire et ses justificatifs d'identité et de domicile.
Le titulaire du compte, à condition d'être capable juridiquement et lucide au moment de la signature. Il n'a besoin d'aucun professionnel : le formulaire est fourni par la banque et se signe en agence. Le mandataire est libre, un proche le plus souvent, et la fiche officielle recommande simplement de choisir « une personne de confiance ». La banque peut demander la nature des liens entre les deux personnes et refuser un mandataire au titre de ses obligations de vigilance. Une personne placée sous tutelle ne peut plus donner de procuration bancaire, la mesure mettant fin aux procurations existantes selon l'article 2003 du Code civil. Un majeur sous curatelle ou dont le discernement est altéré doit passer par l'habilitation familiale, la curatelle ou le mandat de protection future selon sa situation.
Une restitution civile, et une sanction pénale si le détournement est caractérisé. Sur le plan civil, l'article 1993 du Code civil oblige tout mandataire à « rendre compte de sa gestion » et à « faire raison au mandant de tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration », tandis que l'article 1992 le rend responsable « non seulement du dol, mais encore des fautes qu'il commet dans sa gestion ». Sur le plan pénal, l'abus de confiance de l'article 314-1 du Code pénal est puni de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende, porté à sept ans et 750 000 € dans les cas aggravés de l'article 314-2. L'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse, prévu à l'article 223-15-2 du Code pénal dans sa version en vigueur depuis le 12 mai 2024, est puni de trois ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende. Une réserve de taille s'applique cependant entre proches : l'article 314-4 du Code pénal rend l'article 311-12 applicable à l'abus de confiance, de sorte que les faits commis au préjudice d'un ascendant ou d'un descendant « ne peuvent donner lieu à des poursuites pénales » de ce chef, sauf lorsqu'ils portent sur des moyens de paiement. L'abus de faiblesse, lui, n'est pas couvert par cette immunité familiale, et la restitution civile reste due dans tous les cas.
Indéfiniment si la procuration est générale, jusqu'au terme prévu si elle est limitée. La fiche service-public.gouv.fr indique que « la procuration est générale lorsqu'elle concerne toute opération pour une durée indéterminée » et qu'« elle est limitée lorsqu'elle concerne seulement certaines opérations, certains montants et une durée déterminée ». Quatre événements y mettent fin dans tous les cas : une demande écrite du mandant ou du mandataire adressée à la banque, l'arrivée du terme prévu sans renouvellement, le placement sous tutelle du mandant ou du mandataire, et le décès de l'un des deux. Ces causes recoupent celles de l'article 2003 du Code civil, qui fait finir le mandat par la révocation, la renonciation du mandataire, la mort, la tutelle des majeurs ou la déconfiture de l'une des deux parties.
Non pour une procuration bancaire ordinaire, oui dans trois situations précises. Le formulaire de la banque suffit dans le cas courant, puisque l'article 1985 du Code civil admet le mandat sous seing privé et même verbal. Le notaire devient utile quand la personne ne peut pas se déplacer et que le consentement risque d'être discuté plus tard, l'acte authentique sécurisant alors la preuve. Le mandat de protection future, lui, exige selon la fiche service-public.gouv.fr soit un acte notarié, soit un écrit sous seing privé contresigné par un avocat, et les deux formes n'ont pas les mêmes effets sur les pouvoirs de gestion du patrimoine. Enfin, en cas de conflit familial ou de discernement altéré, la voie n'est plus contractuelle mais judiciaire : la requête en habilitation familiale ou en tutelle se dépose auprès du juge des tutelles.
Auprès de votre banque, et nulle part ailleurs si vous voulez qu'il soit accepté. Il n'existe pas de modèle officiel unique, l'article 1985 du Code civil laissant la forme du mandat libre. Chaque établissement utilise donc son propre imprimé, disponible en agence ou dans l'espace client en ligne, y compris à La Banque Postale. Un modèle générique téléchargé sur un site tiers n'engage pas la banque et ne sera pas exécuté par elle : il ne sert que de brouillon pour se mettre d'accord en famille sur l'étendue des pouvoirs avant le rendez-vous. La bibliothèque de modèles d'Actav réunit des documents Word rédigés et vérifiés par des avocats inscrits au Barreau, principalement en droit des affaires et en droit immobilier ; elle ne propose pas de modèle de procuration bancaire à ce jour.
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