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Acte de caution solidaire : le guide complet 2026, par avocat

Mis à jour le 8 août 2026

Réponse rapide

L'acte de caution solidaire est l'écrit par lequel une personne, le garant, s'engage à payer les dettes d'un locataire ou d'un emprunteur dès le premier impayé, sans que le créancier ait à poursuivre d'abord le débiteur. Choisir entre une caution simple ou solidaire n'est pas un détail de rédaction : la caution solidaire perd le bénéfice de discussion (article 2305 du Code civil) et, lorsque plusieurs garants se sont engagés solidairement entre eux, le bénéfice de division (article 2306). Pour une caution solidaire en location d'habitation, la loi du 6 juillet 1989 ajoute un formalisme prescrit à peine de nullité : le montant du loyer et ses conditions de révision doivent figurer dans l'acte, la caution appose elle-même la mention de l'article 2297 du Code civil, et le bailleur lui remet un exemplaire du bail.

acte de caution solidaire : mentions obligatoires et portée de l'engagement du garant
Trois éléments décident de la validité de l'acte : la mention apposée par la caution, le montant plafonné et la remise du bail.

Un acte de caution solidaire tient souvent en deux pages et engage parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros. C'est le document que signe un parent pour l'appartement de son enfant, un ami pour un studio, ou un dirigeant pour le prêt de sa société. Il se signe vite, il se lit rarement, et il produit des effets pendant des années.

Ce guide répond aux questions que se posent les deux camps : celui qui demande la garantie et celui qui la donne. Vous y trouverez la définition légale, la différence concrète entre caution simple et caution solidaire, les mentions obligatoires du document, la question de la durée, le cas de la colocation, celui du dirigeant, et les erreurs qui annulent l'engagement. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance ou à une fiche officielle de l'administration.

Acte de caution solidaire : que dit la loi et à quoi engage-t-il ?

Le point de départ est la définition du cautionnement. Selon l'article 2288 du Code civil, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2022, « le cautionnement est le contrat par lequel une caution s'oblige envers le créancier à payer la dette du débiteur en cas de défaillance de celui-ci ». Le même texte précise qu'il « peut être souscrit à la demande du débiteur principal ou sans demande de sa part et même à son insu ». La caution n'est donc pas un co-emprunteur ni un co-locataire : elle est un tiers qui promet de payer si l'autre ne paie pas.

Vient ensuite la variante. L'article 2290 du Code civil pose que « le cautionnement est simple ou solidaire », et que « la solidarité peut être stipulée entre la caution et le débiteur principal, entre les cautions, ou entre eux tous ». Un acte de caution solidaire est donc un cautionnement auquel les parties ont ajouté cette clause de solidarité. Sans clause, le cautionnement reste simple.

Cette solidarité n'est pas décorative : elle retire au garant sa principale protection. L'article 2305 du Code civil dispose que « le bénéfice de discussion permet à la caution d'obliger le créancier à poursuivre d'abord le débiteur principal », puis ajoute : « Ne peut se prévaloir de ce bénéfice ni la caution tenue solidairement avec le débiteur, ni celle qui a renoncé à ce bénéfice, non plus que la caution judiciaire. » Autrement dit, le créancier peut réclamer au garant la totalité de la somme sans avoir tenté quoi que ce soit contre le débiteur.

Un dernier principe encadre tout cela. L'article 2294 du Code civil exige que « le cautionnement doit être exprès » et qu'« il ne peut être étendu au-delà des limites dans lesquelles il a été contracté ». La conséquence pratique est double : rien ne se présume, et tout ce qui n'est pas écrit dans l'acte n'est pas garanti.

Le vocabulaire courant est trompeur. Dans la langue de tous les jours, « la caution » désigne souvent la somme versée au propriétaire à l'entrée dans les lieux. Juridiquement, cette somme est le dépôt de garantie, et la caution est une personne. Les deux ne se confondent pas, et la loi les traite séparément.

Acte de caution : à quoi sert exactement ce document ?

L'acte de caution est l'écrit qui donne existence et mesure à l'engagement. Il remplit trois fonctions que rien d'autre ne remplit à sa place.

  • Il identifie la dette garantie. Un cautionnement peut porter sur des loyers, sur un prêt, sur un découvert bancaire ou sur les engagements d'un contrat. L'acte dit lequel, et le principe de l'article 2294 interdit d'y ajouter ensuite ce qui n'y figurait pas.
  • Il plafonne l'engagement. L'article 2297 du Code civil impose à la caution personne physique d'apposer elle-même une mention par laquelle elle s'engage « dans la limite d'un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres ». Le même texte règle les désaccords de plume : « En cas de différence, le cautionnement vaut pour la somme écrite en toutes lettres. »
  • Il prouve le consentement. Sans mention apposée par la caution elle-même, l'engagement d'une personne physique est nul. La sanction est écrite en tête de l'article 2297 : « A peine de nullité de son engagement… ».

Acte de caution, acte de cautionnement, acte de caution solidaire : le même document ?

Oui, à une nuance près, et cette nuance est la clause de solidarité. « Acte de cautionnement » est le terme du Code civil et de la loi du 6 juillet 1989. « Acte de caution » est le raccourci le plus répandu. « Acte de caution solidaire » désigne le même document lorsqu'il contient la stipulation de solidarité de l'article 2290. Un formulaire intitulé « acte de caution » peut donc parfaitement contenir un engagement solidaire : c'est le contenu qui compte, pas le titre.

Caution ou dépôt de garantie : deux mécanismes distincts

Le premier alinéa de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que, lorsqu'un dépôt de garantie est prévu par le bail, « il ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal ». Pour une location meublée constituant la résidence principale du locataire, l'article 25-6 de la même loi porte ce plafond à « deux mois de loyer en principal ». Le dépôt de garantie est une somme, versée par le locataire lui-même. La caution est une personne, qui ne verse rien à la signature mais promet de payer plus tard.

CritèreDépôt de garantieActe de caution solidaire
NatureUne somme d'argentUn engagement écrit d'une personne
Qui l'apporteLe locataireUn tiers, le garant
QuandÀ la signature du bailAppelé seulement en cas d'impayé
Plafond légal1 mois de loyer en principal en location vide, 2 mois en meublé résidence principaleLe montant écrit dans l'acte, en toutes lettres et en chiffres
RestitutionOui, après état des lieux de sortieSans objet, aucune somme n'est immobilisée
Texte applicableArticles 22 et 25-6 de la loi de 1989Articles 2288 et suivants du Code civil, article 22-1 de la loi de 1989

Caution simple ou solidaire : lequel choisir ?

La différence se joue sur un seul point, mais il commande tout le reste : à qui le créancier peut-il s'adresser en premier ? La fiche officielle « Caution du locataire ou du colocataire dans un logement privé », vérifiée au 10 avril 2025, le formule sans détour. La caution simple « permet au propriétaire (ou à l'agence immobilière) de faire appel à la caution uniquement si le locataire n'est pas en mesure de payer ses dettes locatives ». La caution solidaire « permet au propriétaire (ou à l'agence immobilière) de faire appel directement à la caution dès le 1er impayé, sans même passer par le locataire ».

Derrière cette formule se trouvent deux mécanismes du Code civil. Le premier est le bénéfice de discussion de l'article 2305, dont la caution solidaire ne peut pas se prévaloir. Le second est le bénéfice de division de l'article 2306 : « Lorsque plusieurs personnes se sont portées cautions de la même dette, elles sont chacune tenues pour le tout. Néanmoins, celle qui est poursuivie peut opposer au créancier le bénéfice de division. Le créancier est alors tenu de diviser ses poursuites et ne peut lui réclamer que sa part de la dette. » Le même article ferme la porte aux garants solidaires : « Ne peuvent se prévaloir du bénéfice de division les cautions solidaires entre elles, ni les cautions qui ont renoncé à ce bénéfice. »

La loi impose que cette perte de protection soit dite dans le document. Le deuxième alinéa de l'article 2297 du Code civil prévoit que, si la caution est privée de ces bénéfices, « elle reconnaît dans cette mention ne pouvoir exiger du créancier qu'il poursuive d'abord le débiteur ou qu'il divise ses poursuites entre les cautions ». La sanction est précise et souvent ignorée : « A défaut, elle conserve le droit de se prévaloir de ces bénéfices. » Un acte présenté comme solidaire mais dont la mention ne dit rien de cette privation laisse donc au garant ses deux protections.

Point de comparaisonCaution simpleCaution solidaire
Qui le créancier poursuit en premierLe débiteur, puis la cautionLa caution directement, dès le premier impayé
Bénéfice de discussion (art. 2305 C. civ.)OuiNon
Bénéfice de division entre plusieurs garants (art. 2306 C. civ.)OuiNon si les cautions sont solidaires entre elles
Mention à apposer par la cautionMention de l'art. 2297, alinéa 1Mention de l'art. 2297 complétée de la reconnaissance de l'alinéa 2
Sanction d'une mention incomplèteNullité de l'engagement si la mention manqueNullité si la mention manque, et maintien des bénéfices si l'alinéa 2 manque
Intérêt pour le créancierRecouvrement plus lentRecouvrement immédiat auprès du garant
Risque pour le garantSecond rangPremier rang, pour la totalité de la dette

Caution solidaire ou simple : que retenir avant de signer

Pour le créancier, la réponse est simple : la solidarité lui évite d'avoir à établir l'insolvabilité du débiteur avant d'agir. C'est la raison pour laquelle la quasi-totalité des actes proposés en location et par les banques sont solidaires. Pour le garant, la lecture est inverse : signer un engagement solidaire, c'est accepter de se trouver en première ligne, pour la totalité, sans pouvoir renvoyer le créancier vers le débiteur ni vers les autres garants. Si vous êtes garant et que la solidarité vous inquiète, la seule négociation utile porte sur le montant plafond inscrit dans la mention et sur la durée, deux points développés plus bas.

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La caution solidaire en location : les règles propres au bail d'habitation

Quand la dette garantie est un loyer, le Code civil ne suffit plus. L'article 22-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2022, pose trois interdictions que les bailleurs oublient régulièrement. Deux autres articles de la même loi complètent le régime : l'article 24 sur l'avertissement du garant en cas d'impayé et l'article 8-1 sur la colocation. Reste enfin le cas du garant institutionnel, avec la garantie Visale d'Action Logement.

Un bailleur assuré ne peut pas demander en plus un garant

Le premier alinéa est catégorique : « Le cautionnement ne peut pas être demandé, à peine de nullité, par un bailleur qui a souscrit une assurance, ou toute autre forme de garantie, garantissant les obligations locatives du locataire, sauf en cas de logement loué à un étudiant ou un apprenti. » La fiche officielle du service public le traduit ainsi : « Le propriétaire qui a déjà une assurance privée contre les risques locatifs peut demander une caution seulement si son locataire est étudiant ou apprenti. » Le texte réserve expressément le sort du dépôt de garantie : « Cette disposition ne s'applique pas au dépôt de garantie mentionné à l'article 22. »

Un bailleur personne morale ne peut pas accepter n'importe quel garant

Le deuxième alinéa restreint le cautionnement lorsque le bailleur est une personne morale, sauf s'il s'agit d'une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus. Dans ce cas, le cautionnement ne peut être demandé que « s'il est apporté par un des organismes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat », ou « si le logement est loué à un étudiant ne bénéficiant pas d'une bourse de l'enseignement supérieur ». Hors le cas de l'étudiant non boursier, un bailleur institutionnel ne peut donc pas se contenter de la signature du père du locataire.

Le garant ne peut pas être écarté pour sa nationalité ou son lieu de résidence

Le troisième alinéa protège la caution elle-même : lorsqu'un cautionnement est exigé, le bailleur « ne peut refuser la caution présentée au motif qu'elle ne possède pas la nationalité française ou qu'elle ne réside pas sur le territoire métropolitain ». C'est une règle d'ordre public, souvent méconnue des agences.

Le garant doit être averti dans les quinze jours d'un impayé poursuivi

L'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version en vigueur depuis le 29 juillet 2023, prévoit que « lorsque les obligations résultant d'un contrat de location conclu en application du présent titre sont garanties par un cautionnement, le commandement de payer est signifié à la caution dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire ». Et il ajoute la sanction : « A défaut, la caution ne peut être tenue au paiement des pénalités ou des intérêts de retard. » Le garant reste tenu du principal, mais les frais accessoires tombent. Un garant poursuivi vérifiera aussi le temps écoulé : l'article 7-1 de la même loi dispose que « toutes actions dérivant d'un contrat de bail sont prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer ce droit ».

En colocation, la solidarité du garant s'éteint au plus tard six mois après le congé

L'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 impose d'abord une précision de rédaction : « L'acte de cautionnement des obligations d'un ou de plusieurs colocataires résultant de la conclusion d'un contrat de bail d'une colocation identifie nécessairement, sous peine de nullité, le colocataire pour lequel l'extinction de la solidarité met fin à l'engagement de la caution. » Il fixe ensuite un terme : « La solidarité d'un des colocataires et celle de la personne qui s'est portée caution pour lui prennent fin à la date d'effet du congé régulièrement délivré et lorsqu'un nouveau colocataire figure au bail. A défaut, elles s'éteignent au plus tard à l'expiration d'un délai de six mois après la date d'effet du congé. » Un garant de colocation qui n'est rattaché à aucun colocataire nommément désigné signe donc un acte nul.

La caution locative gratuite d'Action Logement

Le garant peut aussi être un organisme. La fiche officielle « Garantie Visale », vérifiée au 23 janvier 2026, la présente comme une « caution locative gratuite, qu'Action Logement accorde pour certains logements mis en location ». La couverture est chiffrée : au maximum 36 mois d'impayés de loyer et de charges durant les 3 premières années du bail dans le parc privé, au maximum 9 mois dans le parc social, et, dans le parc privé, au maximum 2 mois de loyer et charges pour les dégradations. La même fiche pose une limite de principe : « Le locataire et le bailleur ne doivent pas être membres de la même famille (grand-parent, parent, ou enfant). »

Acte de caution solidaire pour location de locaux d'habitation : quelles règles s'appliquent ?

Le formalisme renforcé décrit ci-dessus n'a pas vocation à s'appliquer partout. L'article 22-1 vise les cautionnements qui garantissent « un contrat de location conclu en application du présent titre », c'est-à-dire les locations de locaux d'habitation vides régies par la loi du 6 juillet 1989. Le meublé loué comme résidence principale suit le même régime : l'article 25-3 de la même loi, dans sa version en vigueur depuis le 24 août 2022, rend expressément applicables aux logements meublés les articles « 1er, 3, 3-2, 3-3, 4, à l'exception du l, 5, 6, 6-2, 7, 7-1, 8, 8-1, 17, 18, 20-1, 21, 22, 22-1, 22-2, 24 et 24-1 ». Hors de ce périmètre, le seul Code civil gouverne l'engagement.

La distinction change la liste des mentions à vérifier, mais elle ne fait pas disparaître la protection principale. La mention de l'article 2297 s'impose à toute caution personne physique, sans condition tenant à la qualité du créancier : elle vaut pour un bail commercial comme pour un prêt bancaire. Ce qui change, c'est l'ajout, en habitation, des exigences propres à l'article 22-1.

Contrat garantiTextes applicables au cautionnementFormalités supplémentaires
Bail d'habitation, résidence principale, vide ou meubléArticles 2288 et suivants du Code civil, article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989Loyer et conditions de révision dans l'acte, reproduction de l'avant-dernier alinéa de l'article 22-1, remise d'un exemplaire du bail à la caution
Colocation avec bail uniqueIdem, complétés de l'article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989Identification du colocataire garanti, à peine de nullité
Bail commercial ou bail professionnelArticles 2288 et suivants du Code civilMention de l'article 2297 apposée par la caution personne physique
Prêt bancaire, découvert, engagement d'entrepriseArticles 2288 et suivants du Code civilMention de l'article 2297, plus les obligations pesant sur le créancier professionnel (articles 2299, 2300 et 2302)

Une conséquence pratique en découle pour les bailleurs. Reprendre un modèle trouvé en ligne pour un local commercial et le réutiliser tel quel pour un appartement expose à la nullité, car les mentions propres à l'article 22-1 y manquent. L'inverse est moins dangereux mais reste maladroit : un acte truffé de références à la loi de 1989 pour garantir un prêt professionnel entretient la confusion sur l'étendue réelle de l'engagement.

Engagement de caution solidaire : jusqu'où va-t-il ?

Signer, c'est accepter un périmètre. Trois articles du Code civil en dessinent les bords, et trois autres font peser des obligations sur le créancier professionnel.

Ce que couvre l'engagement

L'article 2295 du Code civil prévoit que, « sauf clause contraire, le cautionnement s'étend aux intérêts et autres accessoires de l'obligation garantie, ainsi qu'aux frais de la première demande, et à tous ceux postérieurs à la dénonciation qui en est faite à la caution ». En location, cela signifie que le garant ne répond pas seulement des loyers nus : les charges et les intérêts de retard suivent, sauf rédaction contraire. L'article 2296 du Code civil pose la limite haute : le cautionnement « ne peut excéder ce qui est dû par le débiteur ni être contracté sous des conditions plus onéreuses, sous peine d'être réduit à la mesure de l'obligation garantie ». Un garant ne peut jamais devoir plus que le débiteur.

La véritable borne reste le montant écrit dans la mention. L'article 2297 impose que la caution s'engage « dans la limite d'un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres ». Ce chiffre est le seul plafond opposable : c'est lui qu'il faut négocier avant de signer, pas après.

Ce que le garant peut opposer à un créancier professionnel

Deux textes issus de la réforme du droit des sûretés protègent la caution personne physique face à une banque ou à un autre créancier professionnel. L'article 2299 du Code civil pose un devoir de mise en garde : « Le créancier professionnel est tenu de mettre en garde la caution personne physique lorsque l'engagement du débiteur principal est inadapté aux capacités financières de ce dernier. A défaut, le créancier est déchu de son droit contre la caution à hauteur du préjudice subi par celle-ci. »

L'article 2300 du Code civil sanctionne l'engagement démesuré : « Si le cautionnement souscrit par une personne physique envers un créancier professionnel était, lors de sa conclusion, manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution, il est réduit au montant à hauteur duquel elle pouvait s'engager à cette date. » La disproportion s'apprécie au jour de la signature, et la sanction est une réduction, non un effacement.

S'y ajoute une obligation d'information continue. L'article 2302 du Code civil oblige le créancier professionnel, « avant le 31 mars de chaque année et à ses frais », à faire connaître à toute caution personne physique le montant du principal, des intérêts et des accessoires restant dus au 31 décembre précédent, « sous peine de déchéance de la garantie des intérêts et pénalités échus depuis la date de la précédente information ». Le même article impose de rappeler « le terme de son engagement ou, si le cautionnement est à durée indéterminée, sa faculté de résiliation à tout moment et les conditions dans lesquelles celle-ci peut être exercée ».

Ces trois articles visent le « créancier professionnel ». C'est la qualité du créancier, et non le montant en jeu, qui déclenche le devoir de mise en garde, le contrôle de proportionnalité et l'information annuelle. La mention de l'article 2297, elle, s'impose dans tous les cas dès lors que la caution est une personne physique.

Caution solidaire à durée déterminée ou indéterminée : que choisir ?

C'est la clause la plus lourde de conséquences après le montant, et celle que les garants lisent le moins. Deux régimes coexistent, et ils n'offrent pas les mêmes portes de sortie.

En location d'habitation, l'avant-dernier alinéa de l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 est clair : « Lorsque le cautionnement d'obligations résultant d'un contrat de location conclu en application du présent titre ne comporte aucune indication de durée ou lorsque la durée du cautionnement est stipulée indéterminée, la caution peut le résilier unilatéralement. La résiliation prend effet au terme du contrat de location, qu'il s'agisse du contrat initial ou d'un contrat reconduit ou renouvelé, au cours duquel le bailleur reçoit notification de la résiliation. »

La fiche officielle du service public en tire les deux conséquences pratiques. Lorsqu'une durée est indiquée, « la caution ne peut pas résilier son engagement. Elle reste obligée de payer les dettes locatives faites jusqu'à la date initialement prévue ». Lorsqu'aucune durée n'est indiquée, la résiliation est possible, mais « cette résiliation ne prend effet qu'à l'expiration du bail ». Un garant qui envoie sa lettre en cours de bail reste donc tenu jusqu'à l'échéance en cours.

Hors location, le droit commun prend le relais. L'article 2315 du Code civil prévoit que, « lorsqu'un cautionnement de dettes futures est à durée indéterminée, la caution peut y mettre fin à tout moment, sous réserve de respecter le délai de préavis contractuellement prévu ou, à défaut, un délai raisonnable ». Attention au piège de la sortie : selon l'article 2316 du Code civil, « lorsqu'un cautionnement de dettes futures prend fin, la caution reste tenue des dettes nées antérieurement, sauf clause contraire ». Résilier arrête l'avenir, jamais le passé.

Le décès du garant obéit à la même logique. L'article 2317 du Code civil dispose que « les héritiers de la caution ne sont tenus que des dettes nées avant le décès » et que « toute clause contraire est réputée non écrite ». Les héritiers reprennent donc l'ardoise constituée du vivant du garant, mais pas les loyers impayés postérieurs.

SituationCautionnement à durée déterminéeCautionnement à durée indéterminée
Le garant peut-il sortir avant le terme ?Non, il reste tenu jusqu'à la date inscrite dans l'acteOui, par résiliation unilatérale
Effet de la résiliation en bail d'habitationSans objetAu terme du bail en cours lorsque le bailleur reçoit la notification (art. 22-1)
Effet de la résiliation hors locationSans objetÀ tout moment, sous réserve du préavis prévu ou d'un délai raisonnable (art. 2315 C. civ.)
Dettes déjà néesDues jusqu'au termeRestent dues malgré la résiliation (art. 2316 C. civ.)
Décès du garantLes héritiers ne répondent que des dettes nées avant le décès (art. 2317 C. civ.)Même règle, quelle que soit la durée stipulée
Intérêt pour le garantHorizon connu, mais aucune sortie anticipéeSortie possible, mais l'engagement dure tant qu'elle n'est pas notifiée

Le conseil de rédaction tient en une phrase : en location, une durée expressément stipulée et calée sur la durée initiale du bail protège mieux le garant qu'un engagement muet reconduit d'année en année sans qu'il y pense.

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Modèle d'acte de caution solidaire : que doit contenir le document ?

Pour une location d'habitation, la liste n'est pas une affaire de goût : le dernier alinéa de l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 énumère quatre formalités et précise qu'elles « sont prescrites à peine de nullité du cautionnement ». Le texte se lit ainsi : « La personne physique qui se porte caution signe l'acte de cautionnement faisant apparaître le montant du loyer et les conditions de sa révision tels qu'ils figurent au contrat de location, ainsi que la reproduction de l'avant-dernier alinéa du présent article. La caution doit apposer la mention prévue par l'article 2297 du code civil. Le bailleur remet à la caution un exemplaire du contrat de location. »

L'alinéa à reproduire est celui qui ouvre au garant la résiliation unilatérale d'un cautionnement sans durée. Le législateur veut que la caution lise sa porte de sortie dans le document même qu'elle signe. La date de signature, elle, n'est pas exigée par ce texte, mais elle reste indispensable en pratique : c'est à la date de conclusion que s'apprécie la disproportion de l'engagement au sens de l'article 2300 du Code civil.

Élément à faire figurerTexte qui l'imposeSanction en cas d'oubli
Identité complète du garant, du locataire et du bailleurArticle 2294 du Code civil, exigence d'un cautionnement exprèsEngagement incertain, risque de contestation
Montant du loyer et conditions de sa révision, tels qu'au bailArticle 22-1, dernier alinéa, loi du 6 juillet 1989Nullité du cautionnement
Reproduction de l'avant-dernier alinéa de l'article 22-1Article 22-1, dernier alinéa, loi du 6 juillet 1989Nullité du cautionnement
Mention apposée par la caution, avec montant en toutes lettres et en chiffresArticle 2297, alinéa 1, du Code civilNullité de l'engagement
Reconnaissance de la privation des bénéfices de discussion et de divisionArticle 2297, alinéa 2, du Code civilLe garant conserve ces deux bénéfices
Durée de l'engagement, déterminée ou indéterminéeArticle 22-1, avant-dernier alinéa, loi du 6 juillet 1989 : règle supplétive, aucune durée n'est imposéePas de nullité : le cautionnement suit le régime de la durée indéterminée et devient résiliable
Colocataire garanti, nommément désignéArticle 8-1 de la loi du 6 juillet 1989Nullité de l'acte de cautionnement
Remise d'un exemplaire du bail au garantArticle 22-1, dernier alinéa, loi du 6 juillet 1989Nullité du cautionnement
Signature de l'acte de cautionnement par le garantArticle 22-1, dernier alinéa, loi du 6 juillet 1989Nullité du cautionnement

Où trouver un acte de caution solidaire à imprimer ?

L'administration met en ligne un modèle officiel et gratuit. La Direction de l'information légale et administrative propose un modèle de lettre « Se porter caution solidaire (ou simple) d'un locataire » sous forme de formulaire interactif : vous complétez les champs, vous téléchargez le document au format PDF, puis vous l'imprimez et le signez. C'est le point de départ le plus sûr pour un acte de caution solidaire à imprimer. Vérifiez simplement, avant de signer, que le document généré comporte bien les quatre formalités de l'article 22-1 et la mention de l'article 2297.

Deux précautions restent à votre charge. D'abord, recopier fidèlement le loyer et les conditions de révision du bail réel, et non un montant approché. Ensuite, faire apposer la mention par le garant lui-même : c'est l'exigence littérale de l'article 2297, qui vise la caution qui « appose elle-même » la mention. Un acte pré-rempli par l'agence et simplement signé au bas de la page ne satisfait pas ce texte.

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Sur Actav (actav.fr), la bibliothèque réunit des modèles de documents juridiques vérifiés par avocat, au format Word éditable. L'acte de cautionnement ne figure pas parmi les modèles de la catégorie bail : pour lui, le modèle officiel gratuit de service-public.gouv.fr fait l'affaire. En revanche, le contrat que ce cautionnement vient garantir compte tout autant : le modèle de bail d'habitation d'Actav, à 49,00 €, couvre la location vide en résidence principale, avec les clauses de charges, la clause résolutoire, la solidarité des colocataires et les congés.

Attestation de caution solidaire : à quoi sert ce document ?

Le mot « attestation » circule beaucoup dans les dossiers de location, et il désigne rarement la même chose que l'acte lui-même. Il faut distinguer trois documents.

  • L'acte de cautionnement. C'est le seul document qui engage. Pour une personne physique, il n'existe valablement que si la caution y a apposé elle-même la mention de l'article 2297, avec un montant en toutes lettres et en chiffres.
  • L'attestation délivrée par un organisme garant. Elle émane d'un tiers qui accepte de se porter caution, par exemple dans le cadre de la garantie Visale, présentée par la fiche officielle comme une « caution locative gratuite, qu'Action Logement accorde pour certains logements mis en location ». C'est la preuve, pour le dossier de candidature, que le garant existe et qu'il couvre le logement visé. Ce circuit compte d'autant plus qu'un bailleur personne morale, autre qu'une société civile de famille, ne peut demander un cautionnement, sauf logement loué à un étudiant non boursier, que « s'il est apporté par un des organismes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat » (article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989).
  • Les attestations qui accompagnent le dossier du garant. Attestation d'employeur, attestation d'assurance logement, avis d'imposition : ce sont des justificatifs, pas des engagements. Ils servent au bailleur à apprécier la solvabilité du garant.

La confusion coûte cher dans un seul sens. Un bailleur qui range dans son dossier une attestation d'organisme ou un justificatif de revenus, mais pas un acte de cautionnement régulier, n'a aucune garantie exigible le jour de l'impayé. La réciproque est plus rassurante : un acte de caution solidaire complet reste valable même si les attestations annexes sont perdues.

Sur les pièces que le bailleur peut réclamer au garant, la liste est fermée. L'annexe II du décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 énumère les justificatifs exigibles de la caution : une pièce d'identité en cours de validité, un justificatif de domicile, un justificatif d'activité professionnelle et un ou plusieurs justificatifs de ressources, dont le dernier avis d'imposition ou de non-imposition et les trois derniers bulletins de salaire. Tout ce qui n'y figure pas ne peut pas être exigé.

Caution personnelle et solidaire : le cas du dirigeant qui garantit sa société

Hors du logement, l'acte de caution solidaire le plus fréquent est celui que signe un dirigeant au profit de sa banque, pour un prêt professionnel, un crédit-bail ou un découvert. Le mécanisme est identique, mais l'enjeu change de nature : c'est le patrimoine personnel du dirigeant qui vient répondre des dettes de la société, malgré la séparation des patrimoines qu'apporte normalement la personnalité morale.

Trois textes méritent une lecture attentive avant la signature.

  • Le plafond de la mention. L'article 2297 impose un montant en principal et accessoires, en toutes lettres et en chiffres. Un dirigeant qui laisse écrire un montant supérieur au prêt lui-même s'engage au-delà de ce qu'il croit, dans la limite posée par l'article 2296.
  • La proportionnalité. L'article 2300 réduit le cautionnement « manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution » au montant à hauteur duquel elle pouvait s'engager à la date de conclusion. C'est un moyen de défense réel, mais il conduit à une réduction et non à une décharge totale.
  • La mise en garde. L'article 2299 sanctionne le créancier professionnel qui n'a pas alerté la caution personne physique alors que l'engagement du débiteur principal était inadapté à ses capacités financières : il est déchu de son droit « à hauteur du préjudice subi par celle-ci ».

Deux réflexes complètent la panoplie. Le premier consiste à réclamer chaque année l'information de l'article 2302, qui doit parvenir avant le 31 mars et rappeler soit le terme de l'engagement, soit la faculté de résiliation. Le second consiste à vérifier la durée : si le cautionnement de dettes futures est à durée indéterminée, l'article 2315 permet d'y mettre fin à tout moment, sous réserve du préavis prévu ou d'un délai raisonnable, étant entendu que l'article 2316 laisse subsister les dettes déjà nées. Un dirigeant qui cède ses parts sans résilier son cautionnement continue de garantir la société qu'il a quittée.

Le point de vigilance en cas de cession. La vente des titres de la société n'emporte pas, à elle seule, la disparition des cautionnements personnels du cédant. La levée des garanties se négocie avec le créancier et se documente dans l'acte de cession. À défaut, l'engagement survit au départ.

FAQ : acte de caution solidaire

Cinq délais structurent la vie de l'engagement. Le bailleur doit signifier le commandement de payer à la caution « dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire », faute de quoi le garant échappe aux pénalités et intérêts de retard (article 24 de la loi du 6 juillet 1989). En colocation, la solidarité du garant s'éteint au plus tard six mois après la date d'effet du congé du colocataire garanti (article 8-1). Le créancier professionnel doit informer la caution personne physique avant le 31 mars de chaque année (article 2302 du Code civil). La résiliation d'un cautionnement locatif sans durée ne prend effet qu'au terme du bail en cours (article 22-1). Enfin, « toutes actions dérivant d'un contrat de bail sont prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer ce droit » (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Six étapes, dans cet ordre. Vérifier d'abord que le bailleur a le droit de demander une caution : c'est interdit à peine de nullité s'il a souscrit une assurance couvrant les obligations locatives, sauf logement loué à un étudiant ou un apprenti (article 22-1). Réunir ensuite les pièces du garant selon l'annexe II du décret du 5 novembre 2015. Rédiger l'acte en y faisant apparaître le montant du loyer et ses conditions de révision, tels qu'ils figurent au bail. Reproduire l'avant-dernier alinéa de l'article 22-1. Faire apposer par le garant lui-même la mention de l'article 2297, montant en toutes lettres et en chiffres, complétée de la reconnaissance de la privation des bénéfices de discussion et de division. Remettre enfin au garant un exemplaire du contrat de location, et lui laisser un exemplaire signé de l'acte.

Une liste fermée, fixée par décret. L'annexe II du décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 énumère ce qui peut être demandé à la caution : une pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité française ou étrangère, passeport, permis de conduire), un justificatif de domicile (dernière quittance de loyer, facture d'eau, de gaz ou d'électricité de moins de trois mois, attestation d'assurance logement de moins de trois mois, dernier avis de taxe foncière ou titre de propriété), un justificatif d'activité professionnelle et des justificatifs de ressources, dont le dernier avis d'imposition ou de non-imposition et les trois derniers bulletins de salaire. S'y ajoutent, côté bailleur, l'exemplaire du bail à remettre au garant et l'acte de cautionnement lui-même.

Cinq erreurs annulent ou vident l'engagement. Faire signer un acte pré-rempli sans mention apposée par la caution elle-même : l'article 2297 sanctionne l'oubli par la nullité de l'engagement. Omettre la reconnaissance de la privation des bénéfices de discussion et de division : le garant les conserve alors, ce qui prive la solidarité de son intérêt. Oublier le montant du loyer et ses conditions de révision, ou la reproduction de l'avant-dernier alinéa de l'article 22-1, ou la remise d'un exemplaire du bail : ces trois formalités sont prescrites à peine de nullité du cautionnement. Ne désigner aucun colocataire dans un acte de colocation : l'article 8-1 le sanctionne par la nullité. Enfin, demander un garant alors qu'une assurance loyers impayés a été souscrite, hors le cas de l'étudiant ou de l'apprenti.

Le cadre applicable en 2026 reste celui de la réforme du droit des sûretés. L'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021 a réécrit les articles 2288 et suivants du Code civil, et ces dispositions sont en vigueur depuis le 1er janvier 2022 : mention unique de l'article 2297 pour toute caution personne physique, réduction du cautionnement disproportionné au lieu de la décharge totale (article 2300), devoir de mise en garde du créancier professionnel (article 2299). L'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 est lui aussi en vigueur dans sa version du 1er janvier 2022, et l'article 24 dans sa version du 29 juillet 2023. Côté cautionnement gratuit, la fiche officielle sur la garantie Visale, vérifiée au 23 janvier 2026, retient une couverture de 36 mois d'impayés au maximum durant les 3 premières années du bail dans le parc privé.

Dès que le montant garanti dépasse ce que vous pourriez payer sans vendre un bien. Trois situations le justifient particulièrement. Un dirigeant appelé à se porter caution personnelle et solidaire d'un financement professionnel, notamment pour apprécier la proportionnalité de l'article 2300 et le devoir de mise en garde de l'article 2299. Un garant poursuivi en paiement, pour vérifier la validité de la mention, le respect du délai de quinze jours de l'article 24 et la prescription triennale de l'article 7-1. Une cession de parts sociales laissant subsister des cautionnements personnels, dont la levée se négocie avec le créancier et se documente dans l'acte. Un modèle bien rempli suffit pour une location classique ; il ne remplace pas un examen du dossier quand le litige est ouvert.

Location et bail d'habitation

Un acte de caution solidaire ne vaut que ce que vaut le bail qu'il garantit

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