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Guide · Actav · Succession · 2026

Contrat de capitalisation succession : le guide complet 2026, par avocat

Contrat de capitalisation succession : le contrat n'est pas dénoué au décès, il entre dans l'actif successoral et garde son antériorité fiscale.

Mis à jour août 2026 Sources officielles citées Lecture 15 min
contrat de capitalisation succession : le contrat n'est pas dénoué au décès et se transmet aux héritiers — Actav

Contrat de capitalisation succession : au décès du souscripteur, le contrat n'est pas dénoué. Il entre dans la succession comme n'importe quel autre bien du défunt et se transmet aux héritiers avec sa date de souscription d'origine. Il est déclaré à l'actif successoral pour sa valeur au jour du décès, puis taxé aux droits de succession de droit commun, après l'abattement lié au lien de parenté (100 000 € par enfant, article 779 du Code général des impôts) et selon le barème de l'article 777. Aucun des deux régimes de faveur de l'assurance-vie ne s'y applique : ni l'abattement de 152 500 € de l'article 990 I, ni celui de 30 500 € de l'article 757 B, car ces deux textes ne visent que les sommes dues « à raison du décès de l'assuré ». En contrepartie, l'héritier garde l'antériorité fiscale du contrat et repart d'un prix d'acquisition égal à la valeur retenue pour les droits de succession.

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L'ESSENTIEL

Le contrat de capitalisation est le produit d'épargne que beaucoup de familles découvrent au pire moment : à l'ouverture d'une succession, quand l'assureur explique que non, ce contrat ne verse rien à un bénéficiaire désigné, et que oui, il faut le porter sur la déclaration de succession avec le reste du patrimoine. La confusion avec l'assurance-vie est constante, parce que les deux enveloppes se ressemblent beaucoup du vivant du souscripteur : même assureur, mêmes supports, mêmes rachats. Le jour du décès, elles n'ont presque plus rien en commun.

Contrat de capitalisation succession : ce guide répond dans l'ordre aux questions qui se posent réellement : ce qu'est un contrat de capitalisation, ce qu'il devient au décès du souscripteur, les droits de succession dus et sur quelle valeur, la comparaison poste par poste avec l'assurance-vie, l'antériorité fiscale que l'héritier conserve, la fiscalité d'un rachat après la succession, le cas du conjoint usufruitier, la donation du contrat du vivant du souscripteur, puis les démarches et les délais. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance, à la doctrine fiscale publiée au Bulletin officiel des finances publiques ou à une fiche officielle de l'administration, consultés au moment de la rédaction.

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QU'EST-CE QU'UN CONTRAT DE

Contrat de capitalisation : de quoi s'agit-il exactement ?

La définition officielle ne se trouve ni dans le Code civil ni dans le Code général des impôts, mais dans le Code des assurances, à l'article R. 321-1, qui classe les activités des assureurs par branches. La branche 24, intitulée « Capitalisation », vise « toute opération d'appel à l'épargne en vue de la capitalisation et comportant, en échange de versements uniques ou périodiques, directs ou indirects, des engagements déterminés quant à leur durée et à leur montant ».

Tout est dans cette phrase. Le contrat de capitalisation est une opération d'épargne, souscrite auprès d'une entreprise d'assurance, avec des engagements déterminés quant à leur durée et à leur montant. Le texte ne parle ni de tête assurée, ni de bénéficiaire, ni d'aléa lié à la durée de la vie humaine. Il n'y a donc pas d'assuré dans un contrat de capitalisation, et il n'y a pas de clause bénéficiaire.

Concrètement, l'épargnant verse une ou plusieurs primes, l'assureur les fait fructifier sur un fonds en euros, sur des unités de compte ou sur les deux, et le contrat se dénoue à son terme ou lors d'un rachat décidé par le titulaire. C'est cette absence de tête assurée qui commande tout le régime successoral décrit dans la suite de ce guide : aucun capital ne devient exigible « à raison du décès de l'assuré », pour reprendre les mots employés par les articles 757 B et 990 I du Code général des impôts, qui organisent la fiscalité de l'assurance-vie.

Un contrat, pas une personne. L'assurance-vie repose sur la tête d'un assuré et se dénoue à son décès. Le contrat de capitalisation, lui, a une durée qui lui est propre, fixée au jour de la souscription : le décès de son titulaire ne l'interrompt pas. Cette différence de nature explique à elle seule presque tout ce qui suit.

LE CONTRAT AU DÉCÈS DU

Contrat de capitalisation succession : que devient le contrat au décès du souscripteur ?

Au décès, rien ne se dénoue et personne n'est payé. Le contrat est une créance d'épargne contre l'assureur, et cette créance figure dans le patrimoine du défunt au jour de son décès. Elle tombe donc dans la succession, exactement comme un compte-titres, un livret ou un bien immobilier.

La règle fiscale générale est énoncée sans détour par la doctrine administrative : « Le droit de mutation par décès atteint tous les biens qui faisaient partie du patrimoine du défunt au jour de son décès » (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-10, § 1, version en vigueur du 11 juillet 2014). Pour échapper à cette règle, il faut un texte d'exception. L'assurance-vie en a un, le contrat de capitalisation n'en a pas.

Pourquoi l'exception de l'assurance-vie ne joue pas

L'exception tient à l'article L. 132-12 du Code des assurances, dont voici le texte intégral : « Le capital ou la rente stipulés payables lors du décès de l'assuré à un bénéficiaire déterminé ou à ses héritiers ne font pas partie de la succession de l'assuré. Le bénéficiaire, quelles que soient la forme et la date de sa désignation, est réputé y avoir eu seul droit à partir du jour du contrat, même si son acceptation est postérieure à la mort de l'assuré. »

Lisez la première phrase mot à mot. Elle écarte de la succession un capital « stipulé payable lors du décès de l'assuré » et « à un bénéficiaire déterminé ». Un contrat de capitalisation ne remplit aucune de ces deux conditions : il n'a pas d'assuré, et rien n'y est stipulé payable au décès de qui que ce soit. L'article L. 132-12 ne le concerne donc pas, et la règle générale reprend la main. La doctrine administrative dit d'ailleurs la même chose en creux à propos des contrats d'assurance : « En l'absence de désignation d'un bénéficiaire au contrat, l'indemnité stipulée au contrat fait partie de la succession du défunt et elle est soumise aux droits de mutation à titre gratuit dans les conditions de droit commun » (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 30, version en vigueur du 30 mars 2023).

Contrat de capitalisation succession : à qui revient le contrat ?

Aux héritiers désignés par le Code civil, en l'absence de testament. L'article 757 du Code civil donne au conjoint survivant, lorsque tous les enfants sont issus des deux époux, le choix entre « l'usufruit de la totalité des biens existants ou la propriété du quart des biens » ; les enfants recueillent le reste. En l'absence de conjoint successible, l'article 734 du Code civil appelle à succéder, dans l'ordre, « 1° Les enfants et leurs descendants ; 2° Les père et mère ; les frères et soeurs et les descendants de ces derniers », puis les autres ascendants et les autres collatéraux, chaque catégorie excluant les suivantes.

Le contrat de capitalisation suit cette dévolution comme n'importe quel autre bien. Il peut donc se retrouver en indivision entre plusieurs héritiers, ou démembré entre un conjoint usufruitier et des enfants nus-propriétaires. Trois issues sont alors possibles.

  • Le conserver. Les héritiers deviennent titulaires du contrat et le laissent courir, avec sa date de souscription d'origine et les avantages fiscaux qui s'y attachent.
  • Le racheter. Rachat partiel ou total auprès de l'assureur, avec la fiscalité détaillée plus bas. Le rachat total met fin au contrat et à son antériorité.
  • L'attribuer lors du partage. Le contrat est attribué à un héritier, moyennant une soulte s'il y a lieu. Tant que le partage n'est pas intervenu, l'article 815 du Code civil rappelle que « nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention ».
LES DROITS DE SUCCESSION

Quels droits de succession sur un contrat de capitalisation ?

Contrat de capitalisation succession : sur quelle valeur les droits sont-ils calculés ?

Pas de régime de faveur : le contrat est déclaré à l'actif de la succession pour sa valeur au jour du décès, et la part nette revenant à chaque héritier supporte les droits de succession de droit commun. En pratique, la première démarche consiste à demander à l'assureur une attestation de la valeur atteinte par le contrat à la date du décès. C'est cette valeur qui entre dans la déclaration de succession, et c'est elle qui servira plus tard de prix d'acquisition fiscal à l'héritier.

Le calcul suit ensuite deux étapes classiques : un abattement selon le lien de parenté, puis un barème progressif. Les abattements figurent à l'article 779 du Code général des impôts et sont repris à l'identique par la fiche « Comment dois-je calculer les droits de succession ? » d'impots.gouv.fr.

HéritierAbattement sur sa partTexte
Enfant, père ou mère100 000 €Art. 779, I CGI
Frère ou soeur15 932 €Art. 779, IV CGI
Neveu ou nièce7 967 €Art. 779, V CGI
Autre héritier1 594 €Fiche impots.gouv.fr, autres cas
Héritier handicapé remplissant les conditions159 325 €, cumulables avec l'abattement de parentéArt. 779, II CGI
Conjoint survivant ou partenaire de PACSExonération totale de droits de mutation par décèsArt. 796-0 bis CGI

Au-delà de l'abattement, la part nette taxable passe au barème de l'article 777 du Code général des impôts. Voici le tableau I, applicable en ligne directe.

Part nette taxable, après abattementTaux en ligne directe
N'excédant pas 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Hors ligne directe, c'est le tableau III du même article qui s'applique : 35 % entre frères et soeurs vivants ou représentés jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà ; 55 % entre parents jusqu'au quatrième degré inclusivement ; 60 % entre parents au-delà du quatrième degré et entre personnes non parentes. Le degré de parenté commande donc le taux : un cousin germain est un parent au quatrième degré, il supporte 55 % ; un cousin issu de germain, parent au sixième degré, et un ami, qui n'est pas parent, supportent 60 %. Dans tous ces cas, les droits se calculent sur la part qui dépasse l'abattement de 1 594 €.

L'abattement ne s'applique pas au contrat, il s'applique à l'héritier. Le contrat de capitalisation ne se calcule jamais isolément : il s'ajoute à la maison, aux comptes bancaires et au reste de l'actif pour former la part nette de chaque héritier, sur laquelle l'abattement puis le barème sont appliqués une seule fois. Raisonner contrat par contrat conduit systématiquement à sous-estimer les droits.

Contrat de capitalisation succession : un exemple chiffré

Un enfant unique hérite d'un contrat de capitalisation valorisé 180 000 € au jour du décès, et il n'y a aucun autre bien dans la succession. Sa part nette est de 180 000 €. L'abattement de 100 000 € la ramène à 80 000 € taxables, auxquels s'applique le tableau I de l'article 777.

  • 5 % sur la fraction n'excédant pas 8 072 €, soit 403,60 € ;
  • 10 % sur la fraction de 8 072 € à 12 109 €, soit 403,70 € ;
  • 15 % sur la fraction de 12 109 € à 15 932 €, soit 573,45 € ;
  • 20 % sur la fraction de 15 932 € à 80 000 €, soit 12 813,60 €.

Total : 14 194,35 € de droits de succession. Ce chiffre est une application directe des articles 777 et 779 du Code général des impôts, donnée à titre d'illustration. Il change dès que la succession comprend d'autres biens, d'autres héritiers, un passif déductible ou des donations antérieures à rappeler.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS, eux, ne paient rien. L'article 796-0 bis du Code général des impôts tient en une phrase : « Sont exonérés de droits de mutation par décès le conjoint survivant et le partenaire lié au défunt par un pacte civil de solidarité. » S'ils recueillent le contrat de capitalisation, aucun droit de succession n'est dû sur celui-ci. Une précision utile pour le partenaire de PACS : cette exonération suppose qu'il hérite, ce qui exige un testament, car le partenaire de PACS n'est pas héritier légal.

CAPITALISATION OU

Contrat de capitalisation ou assurance-vie : quelle différence au décès ?

L'assurance-vie obéit à deux régimes dérogatoires que tout le monde connaît de loin et que peu de gens lisent de près. Pour les primes versées avant 70 ans, l'article 990 I du Code général des impôts soumet à un prélèvement les sommes « dues directement ou indirectement par un ou plusieurs organismes d'assurance et assimilés, à raison du décès de l'assuré », après « un abattement fixe de 152 500 € », le prélèvement s'élevant « à 20 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire inférieure ou égale à 700 000 €, et à 31,25 % pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant cette limite ». Ces phrases sont des extraits du premier alinéa du I, qui est beaucoup plus long.

Pour la fraction des primes versées après 70 ans, l'article 757 B du même code prend le relais : « Les sommes, rentes ou valeurs quelconques dues directement ou indirectement par un assureur, à raison du décès de l'assuré, donnent ouverture aux droits de mutation par décès suivant le degré de parenté existant entre le bénéficiaire à titre gratuit et l'assuré à concurrence de la fraction des primes versées après l'âge de soixante-dix ans. » Son II ajoute « un abattement global de 30 500 € », tous contrats et tous bénéficiaires confondus.

Les deux textes reposent sur la même condition, écrite noir sur blanc : des sommes dues « à raison du décès de l'assuré ». Un contrat de capitalisation n'a pas d'assuré et ne doit rien à raison d'un décès. Il reste donc entièrement en dehors de ces deux articles, et il faut le comprendre dans les deux sens : pas d'abattement de 152 500 €, mais pas non plus de prélèvement de 20 % ou de 31,25 %. Uniquement les abattements de parenté et le barème examinés plus haut.

Au décès du souscripteurAssurance-vieContrat de capitalisation
Sort du contratDénoué : le capital est versé aux bénéficiaires désignésNon dénoué : le contrat continue et se transmet aux héritiers
Entrée dans la successionNon pour le capital payable à un bénéficiaire déterminé (art. L. 132-12 C. assur.)Oui, comme tout bien du patrimoine du défunt
Fiscalité de la transmissionArt. 990 I (primes avant 70 ans) ou art. 757 B (primes après 70 ans)Droits de succession de droit commun (art. 777 et 779 CGI)
Abattement applicable152 500 € par bénéficiaire, ou 30 500 € global après 70 ansAbattement de parenté : 100 000 € par enfant, 15 932 € par frère ou soeur, 7 967 € par neveu
Conjoint ou partenaire de PACSExonéré (art. 796-0 bis CGI)Exonéré (art. 796-0 bis CGI)
Antériorité fiscaleLe contrat prend fin avec le décèsConservée : l'héritier reprend le contrat et sa date de souscription
Transmission possible par donation du vivantNon : seul le rachat permet de sortir les fondsOui : le contrat lui-même peut être donné

La comparaison n'a donc pas de vainqueur unique. Pour transmettre un capital à une personne précise, avec un abattement dédié et hors des règles de la dévolution, l'assurance-vie garde un avantage net. Pour loger une épargne longue qui survivra au décès, se donnera de son vivant et conservera son régime fiscal entre les mains des héritiers, le contrat de capitalisation joue un rôle que l'assurance-vie ne peut pas tenir. Dans la plupart des patrimoines organisés, les deux enveloppes coexistent.

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L'ANTÉRIORITÉ FISCALE

L'héritier conserve-t-il l'antériorité fiscale du contrat ?

Oui, et c'est la contrepartie qui fait tout l'intérêt du contrat de capitalisation dans une succession : l'héritier reprend le contrat là où le défunt l'a laissé. Deux mécanismes distincts jouent en sa faveur, et il faut les séparer pour bien les comprendre.

Premier mécanisme : la durée court depuis la souscription d'origine

La fiscalité des rachats se règle sur la durée du contrat, pas sur la durée de détention par celui qui rachète. L'article 125-0 A du Code général des impôts raisonne ainsi d'un bout à l'autre. Son I réserve l'abattement annuel aux contrats qui ont atteint une certaine ancienneté, « lorsque la durée du bon ou du contrat est égale ou supérieure à six ans pour les bons ou contrats souscrits entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 1989 et à huit ans pour les bons ou contrats souscrits à compter du 1er janvier 1990 ». C'est bien la durée du contrat qui est mesurée, jamais celle de sa détention par le titulaire du moment. La fiche officielle d'impots.gouv.fr emploie la même unité de mesure lorsqu'elle fixe le taux applicable : « 7,5 % si la durée du contrat est supérieure ou égale à 8 ans ».

Comme le contrat n'est pas dénoué par le décès et qu'il se transmet en l'état, sa durée continue de courir depuis sa souscription. Un contrat ouvert en 2016 par le défunt est donc, entre les mains de l'héritier en 2026, un contrat de plus de huit ans.

Second mécanisme : le prix d'acquisition repart de la valeur déclarée

La doctrine fiscale l'énonce en une phrase, dans la remarque qui suit le paragraphe 225 du BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, publié le 30 juin 2022 : « En cas d'acquisition à titre gratuit du bon ou contrat, le prix d'acquisition s'entend de la valeur vénale retenue pour le calcul des droits de mutation à titre gratuit. »

La conséquence est considérable. Les gains accumulés du vivant du défunt sont déjà compris dans la valeur soumise aux droits de succession : ils ne sont pas imposés une seconde fois à l'impôt sur le revenu lors d'un rachat ultérieur. Pour l'héritier, le compteur des gains imposables repart de la valeur déclarée à la succession. Cette phrase est aussi la raison pour laquelle il faut obtenir de l'assureur une attestation de valeur au jour du décès et la conserver : elle fixe à la fois l'assiette des droits de succession et le futur prix d'acquisition fiscal.

Contrat de capitalisation succession : un exemple d'antériorité conservée

Un contrat souscrit en 2016 par le défunt vaut 150 000 € au jour du décès, en 2026. Cette valeur est déclarée à la succession et taxée comme indiqué plus haut. L'héritier, célibataire, conserve le contrat puis le rachète en totalité en 2027, pour 156 000 €. Son gain imposable à l'impôt sur le revenu est de 6 000 €, et non de la totalité des plus-values accumulées depuis 2016. Le contrat ayant plus de huit ans, l'abattement annuel de 4 600 € ramène la base à 1 400 €, imposés à 7,5 %, soit 105 € d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 % s'ajoutent selon leurs propres règles d'assiette, dont l'assureur établit le décompte.

LA FISCALITÉ D'UN RACHAT

Contrat de capitalisation succession : quelle fiscalité si l'héritier rachète ?

Le rachat d'un contrat de capitalisation obéit au même régime que celui d'une assurance-vie, et pour cause : c'est le même article qui les gouverne. Le I de l'article 125-0 A pose le principe : « Les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation ainsi qu'aux placements de même nature souscrits auprès d'entreprises d'assurance établies en France sont, lors du dénouement ou d'un rachat du bon, contrat ou placement et quelle que soit sa date de souscription, soumis à l'impôt sur le revenu. » Seul le gain est imposé, jamais le capital retiré.

Pour les produits attachés aux primes versées depuis le 27 septembre 2017, l'imposition se fait au taux forfaitaire de l'article 200 A du Code général des impôts : le B de son 1 fixe ce taux forfaitaire à 12,8 % en son 1°. Le 2° du même B renvoie ensuite au taux réduit de l'article 125-0 A pour les contrats qui ont atteint l'ancienneté requise, et il le limite à la fraction des produits correspondant à 150 000 € de primes versées depuis le 27 septembre 2017 : au-delà, la fraction des produits qui n'est pas éligible au taux réduit « est imposable au taux mentionné au 1° du présent B ». La fiche « Comment sont imposés les produits des contrats d'assurance-vie depuis le 1er janvier 2018 ? » d'impots.gouv.fr, mise à jour le 20 mars 2026, traduit la règle en deux taux : « 12,8 % si la durée du contrat est inférieure à 8 ans » et « 7,5 % si la durée du contrat est supérieure ou égale à 8 ans ».

Durée du contrat au jour du rachatImpôt sur le revenu sur le gainPrélèvements sociaux
Moins de 8 ans12,8 %17,2 %
8 ans et plus, primes depuis le 27/09/2017 n'excédant pas 150 000 €Abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 %17,2 %
8 ans et plus, part des primes excédant 150 000 €Abattement annuel, puis 12,8 % sur la fraction non éligible au taux réduit17,2 %
Option globale pour le barème progressifBarème de l'impôt sur le revenu, case 2OP, choix irrévocable et global17,2 %

L'abattement annuel est celui de l'article 125-0 A : « il est opéré, pour l'ensemble des bons ou contrats détenus par un même contribuable, un abattement annuel de 4 600 € pour les contribuables célibataires, veufs ou divorcés et de 9 200 € pour les contribuables mariés soumis à imposition commune ». Deux précisions comptent. Il est annuel et global : il vaut pour l'ensemble des contrats du contribuable, pas par contrat. Et il ne joue que pour l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité des gains, au taux global de 17,2 % rappelé par la même fiche officielle. Ce taux mérite une précision de millésime. Depuis 2026, le taux de droit commun des revenus de placement est passé à 18,6 %, mais les produits des bons ou contrats de capitalisation conservent une contribution sociale généralisée de 9,2 %, donc un total de 17,2 % : c'est ce que prévoit le IV de l'article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, qui vise les produits du 3° du II de l'article L. 136-7 du même code, c'est-à-dire ceux des bons ou contrats de capitalisation et placements de même nature de l'article 125-0 A du Code général des impôts. La fiche « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et les revenus de placement » de service-public.gouv.fr, mise à jour le 30 juin 2026, publie les deux taux côte à côte.

Pour la fraction des primes versées avant le 27 septembre 2017, des taux historiques différents subsistent selon la date des versements et l'âge du contrat. Avant tout rachat important, demandez à l'assureur le détail des produits par compartiment : c'est lui qui tient ce décompte, et un rachat décidé sans l'avoir lu peut coûter plusieurs milliers d'euros d'impôt évitables.

LE CONJOINT USUFRUITIER

Conjoint usufruitier : que devient un contrat de capitalisation démembré ?

Lorsque le conjoint survivant opte, en application de l'article 757 du Code civil, pour l'usufruit de la totalité des biens existants, le contrat de capitalisation se retrouve démembré : le conjoint en a l'usufruit, les enfants la nue-propriété. Pour le calcul des droits de succession dus par les nus-propriétaires, la valeur du contrat se répartit selon le barème de l'article 669 du Code général des impôts, qui dépend uniquement de l'âge de l'usufruitier.

Contrat de capitalisation succession : le barème de l'usufruit et de la nue-propriété

Âge de l'usufruitierValeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété
Moins de 21 ans révolus90 %10 %
Moins de 31 ans révolus80 %20 %
Moins de 41 ans révolus70 %30 %
Moins de 51 ans révolus60 %40 %
Moins de 61 ans révolus50 %50 %
Moins de 71 ans révolus40 %60 %
Moins de 81 ans révolus30 %70 %
Moins de 91 ans révolus20 %80 %
Plus de 91 ans révolus10 %90 %

Un exemple : un conjoint survivant de 75 ans opte pour l'usufruit d'un contrat valorisé 200 000 €. Il a moins de 81 ans révolus, donc l'usufruit vaut 30 % et la nue-propriété 70 %. Les enfants nus-propriétaires déclarent 140 000 € au titre de ce contrat, et le conjoint est de toute façon exonéré de droits par l'article 796-0 bis.

Au décès du conjoint usufruitier, l'usufruit s'éteint « par la mort de l'usufruitier », selon l'article 617 du Code civil. Et l'article 1133 du Code général des impôts ajoute, sous réserve des dispositions de l'article 1020, que « la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe lorsque cette réunion a lieu par l'expiration du temps fixé pour l'usufruit ou par le décès de l'usufruitier ». Les enfants récupèrent alors la pleine propriété du contrat sans nouveaux droits de succession sur celui-ci.

Un contrat démembré se gère à plusieurs. Rachats, arbitrages et changements de support engagent à la fois l'usufruitier et les nus-propriétaires. Leurs droits respectifs et les conditions dans lesquelles un rachat est possible gagnent à être organisés par écrit dès le règlement de la succession, pour éviter un blocage plus tard. C'est l'un des rares points sur lesquels un contrat de capitalisation hérité demande une vraie décision juridique.

LA DONATION DU VIVANT

Peut-on transmettre un contrat de capitalisation de son vivant ?

Oui, et c'est une différence de fond avec l'assurance-vie. Une assurance-vie ne se donne pas : le souscripteur peut désigner ou changer le bénéficiaire, il ne peut pas transmettre le contrat lui-même. Un contrat de capitalisation, lui, est un bien ordinaire du patrimoine : il peut faire l'objet d'une donation, en pleine propriété ou en nue-propriété seulement, avec réserve d'usufruit au profit du donateur.

La donation suit alors le régime des droits de mutation à titre gratuit. L'abattement de 100 000 € de l'article 779 vaut pour les donations comme pour les successions, puisque le texte vise « la perception des droits de mutation à titre gratuit » sans distinguer. En revanche, plusieurs abattements sont propres aux donations et n'existent pas en succession : selon la fiche « Calcul et paiement des droits » d'impots.gouv.fr, modifiée le 28 novembre 2025, une donation bénéficie d'un abattement de 80 724 € entre époux ou partenaires de PACS, de 31 865 € pour un petit-enfant et de 5 310 € pour un arrière-petit-enfant. Ces montants ne sont pas des abattements de succession, et les confondre est l'erreur la plus répandue sur le sujet.

Deux points de vigilance encadrent l'opération. Le premier est le rappel fiscal de quinze ans : l'article 784 du Code général des impôts impose d'ajouter « à la valeur des biens compris dans la donation ou la déclaration de succession celle des biens qui ont fait l'objet de donations antérieures, à l'exception de celles passées depuis plus de quinze ans ». Une donation de contrat consentie il y a douze ans se rappelle donc dans la succession. Le second est la donation en nue-propriété : la valeur taxable se détermine avec le barème de l'article 669 reproduit plus haut, ce qui réduit d'autant l'assiette des droits, l'usufruit rejoignant la nue-propriété en franchise d'impôt au décès du donateur.

DÉMARCHES ET DÉLAIS

Contrat de capitalisation succession : les démarches et les délais

Le règlement suit cinq étapes, chacune avec son texte et son délai. Aucune n'est propre au contrat de capitalisation, à l'exception de la troisième, qui est la seule que les héritiers oublient régulièrement.

  1. Obtenir l'acte de décès et informer l'assureur. Le contrat n'est pas dénoué et continue de courir pendant le règlement de la succession, mais l'assureur doit être averti pour suspendre les opérations le temps d'identifier les titulaires.
  2. Faire établir l'acte de notoriété par un notaire. Selon l'article 730-1 du Code civil, « la preuve de la qualité d'héritier peut résulter d'un acte de notoriété dressé par un notaire, à la demande d'un ou plusieurs ayants droit ». C'est la pièce que l'assureur réclamera avant de mettre le contrat au nom des héritiers.
  3. Demander l'attestation de valeur au jour du décès. C'est cette valeur qui entre dans l'actif successoral, et c'est elle qui servira de prix d'acquisition fiscal à l'héritier en cas de rachat ultérieur, en application de la remarque du paragraphe 225 du BOFiP citée plus haut. Conservez ce document sans limite de durée.
  4. Déposer la déclaration de succession dans les six mois. L'article 641 du Code général des impôts fixe les délais « de six mois, à compter du jour du décès, lorsque celui dont on recueille la succession est décédé en France métropolitaine » et « d'une année, dans tous les autres cas ». L'article 800 du même code dispense de déclaration les ayants cause en ligne directe, le conjoint survivant et le partenaire de PACS lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 €, à la condition supplémentaire qu'ils n'aient pas reçu antérieurement du défunt une donation ou un don manuel non enregistré ou non déclaré ; les autres personnes sont dispensées lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 3 000 €.
  5. Décider du sort du contrat. Conservation, rachat ou attribution lors du partage, une fois l'option successorale exercée. L'article 771 du Code civil garantit à l'héritier un temps de réflexion : « L'héritier ne peut être contraint à opter avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de l'ouverture de la succession. »
ÉtapeDélaiTexte
Réflexion de l'héritier avant toute contrainte d'opter4 mois à compter de l'ouverture de la successionArt. 771 C. civ.
Déclaration de succession6 mois si décès en France métropolitaine, 1 an dans les autres casArt. 641 CGI
Dispense de déclarationActif brut inférieur à 50 000 € en ligne directe et pour le conjoint, et à condition qu'aucune donation ou don manuel antérieur n'ait été laissé non enregistré ou non déclaré ; actif brut inférieur à 3 000 € pour les autresArt. 800 CGI
Prescription de la faculté d'option10 ans à compter de l'ouverture de la successionArt. 780 C. civ.
Rappel fiscal des donations antérieuresDonations de moins de 15 ans réintégrées dans le calculArt. 784 CGI
Sortie de l'indivisionAucun délai : le partage peut toujours être provoquéArt. 815 C. civ.

Le retard coûte 0,20 % par mois. En cas de dépôt tardif de la déclaration de succession, l'article 1727 du Code général des impôts applique un intérêt de retard : « Le taux de l'intérêt de retard est de 0,20 % par mois », soit 2,4 % par an. S'y ajoutent, selon l'article 1728, une majoration de « 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure » et de « 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure ». La majoration de 80 % que l'on lit parfois vise la découverte d'une activité occulte, pas un simple retard.

LE RÔLE DE L'AVOCAT

Quand faut-il se faire accompagner par un avocat ?

Un contrat de capitalisation reçu en héritage se règle sans difficulté particulière lorsqu'il y a un héritier unique et une valeur incontestée : l'attestation de l'assureur, la déclaration de succession, et le dossier est clos. Le besoin d'accompagnement apparaît dès que la situation se complique.

  • Une indivision qui se divise sur la conservation ou le rachat du contrat, chaque héritier ayant un horizon fiscal différent.
  • Un démembrement entre conjoint usufruitier et enfants nus-propriétaires, qui appelle une convention écrite sur les rachats et les arbitrages.
  • Une valeur discutée avec l'assureur ou avec l'administration, notamment sur des unités de compte peu liquides.
  • Des donations antérieures à rappeler dans le calcul des droits, avec le délai de quinze ans de l'article 784.
  • Une succession qui mêle le contrat à des parts de société civile, cas très fréquent lorsque le défunt détenait à la fois une épargne financière et une SCI familiale.

Ce dernier cas mérite un mot. Les héritiers qui veulent sortir d'une SCI familiale doivent céder leurs parts par un acte en bonne et due forme, avec l'agrément des associés et l'enregistrement de la cession. C'est un acte à part entière, distinct du règlement de la succession, et c'est là qu'une cession de parts de SCI par acte d'avocat trouve son utilité.

Sur Actav (actav.fr), la cession de parts de SCI se fait avec un avocat inscrit au Barreau : l'acte de cession est rédigé et contresigné par l'avocat, l'agrément des associés et l'enregistrement sont suivis en ligne. Les frais de plateforme sont de 99 €, fixes quel que soit le prix de cession, les honoraires d'avocat sont libres et démarrent à 350 € HT selon le dossier. Les frais officiels sont facturés à part, dont 6,05 € HT par dépôt d'actes et 28,17 € HT pour la déclaration des bénéficiaires effectifs lorsque l'actionnariat change de titulaire.

FAQ

FAQ : vos questions sur le contrat de capitalisation en succession

Contrat de capitalisation succession : quels sont les délais à connaître ?

Quatre délais encadrent le règlement, et aucun n'est propre au contrat lui-même. L'option successorale d'abord : nul ne peut contraindre un héritier à opter avant quatre mois à compter de l'ouverture de la succession (article 771 du Code civil), et la faculté d'option se prescrit par dix ans (article 780). La déclaration de succession ensuite : six mois à compter du décès lorsque le défunt est décédé en France métropolitaine, un an dans tous les autres cas (article 641 du Code général des impôts), avec un intérêt de retard de 0,20 % par mois au-delà (article 1727) et des majorations de 10 % ou 40 % selon qu'une mise en demeure a été reçue (article 1728). Le rappel fiscal enfin : les donations de moins de quinze ans sont réintégrées dans le calcul des droits (article 784). Le contrat de capitalisation, lui, n'impose aucun délai propre : les héritiers peuvent le conserver jusqu'à son terme.

Contrat de capitalisation succession : quelles démarches faut-il accomplir ?

Cinq étapes, dans cet ordre. Obtenir l'acte de décès et informer l'assureur, qui suspendra les opérations le temps d'identifier les héritiers. Faire établir l'acte de notoriété par un notaire, puisque la preuve de la qualité d'héritier peut résulter d'un tel acte selon l'article 730-1 du Code civil. Demander à l'assureur l'attestation de valeur du contrat au jour du décès : c'est elle qui figure dans la déclaration de succession et qui fixera le prix d'acquisition fiscal de l'héritier. Déposer la déclaration de succession dans les six mois (article 641 du Code général des impôts), sauf dispense lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 € en ligne directe et pour le conjoint, à condition qu'aucune donation ni aucun don manuel antérieur du défunt n'ait été laissé non enregistré ou non déclaré, ou lorsqu'il est inférieur à 3 000 € pour les autres héritiers (article 800). Décider enfin du sort du contrat : conservation, rachat total ou partiel, ou attribution lors du partage.

Quels documents faut-il préparer ?

Six pièces reviennent dans tous les dossiers. L'acte de décès et le livret de famille, pour établir la dévolution. L'acte de notoriété dressé par le notaire, qui prouve la qualité d'héritier auprès de l'assureur. Les conditions générales du contrat de capitalisation et son dernier relevé de situation, qui indiquent la date de souscription et les supports. L'attestation de valeur au jour du décès délivrée par l'assureur, pièce maîtresse puisqu'elle fixe à la fois l'assiette des droits de succession et le futur prix d'acquisition fiscal de l'héritier. Le détail des primes versées par compartiment, utile avant tout rachat, les taux différant selon que les primes ont été versées avant ou depuis le 27 septembre 2017. Enfin, la liste des donations consenties depuis moins de quinze ans, réintégrées par l'article 784 du Code général des impôts.

Quelles erreurs faut-il éviter ?

Quatre erreurs reviennent sans cesse. La première est de plaquer la fiscalité de l'assurance-vie : ni l'abattement de 152 500 € de l'article 990 I du Code général des impôts, ni celui de 30 500 € de l'article 757 B ne s'appliquent à un contrat de capitalisation, faute d'assuré et de sommes dues à raison d'un décès. La deuxième est de racheter le contrat par réflexe, alors que le rachat total met fin à une enveloppe qui conservait sa date de souscription, donc son taux réduit après huit ans. La troisième est d'oublier les donations de moins de quinze ans dans la déclaration de succession (article 784). La quatrième est de confondre les abattements de donation et ceux de succession : l'abattement de 80 724 € entre époux ou partenaires de PACS est un abattement de donation, alors qu'en succession le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits (article 796-0 bis).

Que dit la loi en 2026 sur le contrat de capitalisation en cas de succession ?

Aucune loi spécifique : un régime construit sur des textes généraux, inchangés en 2026. L'article R. 321-1 du Code des assurances définit l'opération de capitalisation au titre de la branche 24. L'article L. 132-12 du même code réserve la sortie de la succession au capital payable au décès de l'assuré à un bénéficiaire déterminé, ce qui ne vise pas le contrat de capitalisation. Le Code civil organise la dévolution (articles 734 et 757), l'option de l'héritier (articles 771 et 780) et l'indivision (article 815). Le Code général des impôts soumet la transmission aux droits de succession de droit commun (articles 777 et 779), exonère le conjoint et le partenaire de PACS (article 796-0 bis), fixe la fiscalité des rachats (articles 125-0 A et 200 A) et le barème de l'usufruit (article 669). La doctrine fiscale, au BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 publié le 30 juin 2022, précise le prix d'acquisition après une transmission à titre gratuit.

Quand faut-il se faire accompagner par un avocat ?

Dès que la succession dépasse le cas simple de l'héritier unique et de la valeur incontestée. Une indivision qui se bloque sur la conservation ou le rachat du contrat, un démembrement entre conjoint usufruitier et enfants nus-propriétaires qui appelle une convention écrite, une valeur discutée avec l'assureur ou avec l'administration, des donations antérieures à rappeler, ou une succession comprenant une société civile : chacun de ces cas justifie un accompagnement, d'autant plus efficace qu'il intervient avant le dépôt de la déclaration de succession. L'avocat sécurise aussi les actes qui accompagnent le règlement. Sur Actav, la cession de parts de SCI héritées se fait par acte contresigné par un avocat inscrit au Barreau, avec 99 € de frais de plateforme et des honoraires d'avocat à partir de 350 € HT.

Le contrat de capitalisation bénéficie-t-il de l'abattement de 152 500 € ?

Non. L'article 990 I du Code général des impôts réserve l'abattement fixe de 152 500 € aux sommes, rentes ou valeurs dues par un organisme d'assurance « à raison du décès de l'assuré ». Un contrat de capitalisation ne repose sur aucune tête assurée : aucun capital n'y est dû à raison d'un décès, et l'article ne s'applique donc pas. Le même raisonnement écarte l'abattement global de 30 500 € de l'article 757 B, qui vise les primes versées après soixante-dix ans sur un contrat d'assurance. Le contrat de capitalisation relève des droits de succession de droit commun, avec les abattements liés au lien de parenté, dont 100 000 € par enfant (article 779), puis le barème de l'article 777. La contrepartie de cette absence de régime de faveur est l'antériorité fiscale, que l'héritier conserve.

Le conjoint survivant paie-t-il des droits sur le contrat de capitalisation ?

Non. L'article 796-0 bis du Code général des impôts dispose que « sont exonérés de droits de mutation par décès le conjoint survivant et le partenaire lié au défunt par un pacte civil de solidarité ». Si le conjoint recueille le contrat de capitalisation, en pleine propriété ou en usufruit, il ne paie aucun droit de succession sur celui-ci. Deux précisions valent d'être connues. Pour le partenaire de PACS, l'exonération suppose qu'il hérite, ce qui exige un testament, car le partenaire de PACS n'est pas héritier légal. Et lorsque le conjoint opte pour l'usufruit de la totalité en application de l'article 757 du Code civil, les enfants nus-propriétaires restent redevables des droits sur la valeur de la nue-propriété, déterminée par le barème de l'article 669 du Code général des impôts.

L'héritier peut-il conserver le contrat de capitalisation ?

Oui, et c'est souvent la meilleure option. Le contrat n'est pas dénoué par le décès : l'héritier en devient titulaire et le conserve avec sa date de souscription d'origine. Les textes fiscaux raisonnent en durée du contrat : l'article 125-0 A du Code général des impôts réserve l'abattement annuel aux bons ou contrats souscrits à compter du 1er janvier 1990 dont la durée est égale ou supérieure à huit ans. Un contrat de plus de huit ans ouvre droit, en cas de rachat, à l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, puis au taux de 7,5 %. Les gains antérieurs au décès ne sont pas réimposés à l'impôt sur le revenu : le gain d'un rachat futur se calcule à partir de la valeur retenue pour les droits de succession, selon la remarque du paragraphe 225 du BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50. À plusieurs héritiers, la conservation suppose de s'entendre sur la gestion de l'indivision ou d'attribuer le contrat lors du partage.

Faut-il déclarer un contrat de capitalisation dans la déclaration de succession ?

Oui, pour sa valeur au jour du décès. La règle générale est rappelée par la doctrine administrative : « Le droit de mutation par décès atteint tous les biens qui faisaient partie du patrimoine du défunt au jour de son décès » (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-10, § 1). Le contrat de capitalisation en fait partie, puisqu'aucun texte ne l'en écarte : l'article L. 132-12 du Code des assurances ne sort de la succession que le capital ou la rente stipulés payables au décès de l'assuré à un bénéficiaire déterminé, ce qui suppose une tête assurée et une clause bénéficiaire, deux éléments qu'un contrat de capitalisation ne comporte pas. En pratique, l'assureur délivre une attestation de la valeur atteinte à la date du décès, et c'est ce montant qui est porté sur la déclaration. La dispense de déclaration de l'article 800 du Code général des impôts reste applicable si l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 € en ligne directe, en l'absence de donation ou de don manuel antérieur non enregistré ou non déclaré, ou à 3 000 € pour les autres héritiers.

Avertissement : Le présent guide est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un avocat via Actav Suite. Contenu vérifié contre les sources officielles citées dans ce guide à la date de mise à jour indiquée en haut de page.
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