Prescription & forclusion · Vérifié par avocat

Délai de prescription : le tableau par matière, combien de temps ?

Le délai de prescription varie du tout au tout selon la matière : civile, pénale, dette, salaire — retrouvez chacun dans le tableau ci-dessous.

En bref : En droit civil, le délai de prescription de droit commun est de 5 ans (art. 2224 C. civ.). Il tombe à 2 ans face à un consommateur, 6 ans pour un délit pénal (art. 8 CPP), 20 ans pour un crime. Chaque matière a son délai : consultez le tableau.
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Le tableau des délais de prescription, par matièreFiltre par matière
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Matière / situationDélaiPoint de départDécompteFondement
Action personnelle ou mobilière (droit commun civil)5 ansJour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faitsde date à date2224 C. civ.
Reconnaissance de dette / prêt entre particuliers5 ansDate d'exigibilité de la dettede date à date2224 C. civ.
Action née d'un dommage corporel10 ansDate de consolidation du dommage initial ou aggravéde date à date2226 C. civ.
Actions réelles immobilières30 ansJour de connaissance des faits permettant d'agirde date à date2227 C. civ.
Droit de propriétéImprescriptiblesans terme (art. 2227 C. civ.)2227 C. civ.
Action en garantie des vices cachés (bien vendu)2 ansDécouverte du vice par l'acquéreurde date à date1648 C. civ.
Garantie décennale (dommages de construction)10 ansRéception des travauxde date à date1792-4-1 C. civ.
Délai butoir (plafond du report, de la suspension et de l'interruption)20 ansJour de la naissance du droitde date à date2232 C. civ.
Créance entre professionnels (facture B2B)5 ansExigibilité de la facture (connaissance des faits)de date à dateL.110-4 C. com.
Bien ou service fourni à un consommateur (facture B2C)2 ansExigibilité de la somme duede date à dateL.218-2 C. conso
Crédit à la consommation : action en paiement du prêteur2 ansÉvénement (défaillance de l'emprunteur)forclusion (délai préfix)R.312-35 C. conso
Contravention (action publique)1 anJour où l'infraction a été commiseannées révoluesart. 9 CPP
Délit (action publique)6 ansJour de l'infraction (report au jour de la découverte si occulte)années révoluesart. 8 CPP
Crime (action publique, régime de droit commun)20 ansJour où l'infraction a été commiseannées révoluesart. 7 CPP
Crime contre l'humanité (action publique et peines)Imprescriptiblesans terme (art. 7 CPP · 133-2 C. pén.)art. 7 CPP
Action portant sur l'exécution du contrat de travail2 ansJour de connaissance des faits permettant d'agirde date à dateL.1471-1 C. trav.
Action portant sur la rupture du contrat de travail12 moisNotification de la rupturede date à dateL.1471-1 C. trav.
Action en paiement ou en répétition du salaire3 ansJour de connaissance des faits permettant d'agirde date à dateL.3245-1 C. trav.
Actions dérivant d'un bail (loyers, charges, dépôt de garantie)3 ansJour de connaissance des faits permettant d'agirde date à dateart. 7-1 loi 1989
Révision du loyer par le bailleur1 anDate de révision convenue au bailde date à dateart. 7-1 loi 1989
Impôt sur le revenu / IS : droit de reprise de l'administrationFin de la 3e année suivanteAnnée au titre de laquelle l'imposition est duepar année civileart. L169 LPF
Activité occulte / obligations déclaratives non respectées : repriseFin de la 10e année suivanteAnnée au titre de laquelle l'imposition est duepar année civileart. L169 LPF
Chaque durée du tableau a été relue sur Légifrance dans sa version en vigueur au 14 juillet 2026.Les lignes marquées d'un lien renvoient à la page dédiée qui calcule votre date exacte.Consultation libre, sans inscription : le tableau des prescriptions se télécharge aussi en PDF.
Sommaire — Sous la direction de Me Manel Sghari, avocat au Barreau de Paris · Dernière vérification juridique : 14/07/2026
  1. 5 ans : le droit commun civil
  2. Pénal : contravention, délit, crime
  3. Dette : 2 ou 5 ans
  4. Forclusion ≠ prescription
  5. Départ et interruption
  6. Délai dépassé : vos recours
  7. FAQ
Récapitulatif

Tous les délais de prescription en un tableau

Un an pour une contravention, deux ans face à un consommateur, cinq ans en droit commun, dix ans pour un dommage corporel, vingt ans pour un crime, trente ans pour l'immobilier : le délai de prescription change radicalement selon la matière. Ce tableau croise chaque situation avec sa durée, son point de départ et son fondement légal, chaque article ayant été relu sur Légifrance le 14/07/2026. Les cinq lignes ci-dessous reprennent les recherches les plus fréquentes ; le grand tableau filtrable les détaille par matière.

Tous les délais de prescription en un tableau
Votre situationLe délaiPoint de départDécompteFondement
Délai de prescription pénale (action publique, selon l'infraction)1, 6 ou 20 ansJour où l'infraction a été commiseannées révolues (art. 7 à 9 CPP)art. 7 CPP
Délai de prescription d'un délit (vol, escroquerie, violences…)6 ansJour où l'infraction a été commise (report possible si occulte)années révoluesart. 8 CPP
Délai de prescription d'une dette envers un consommateur (B2C)2 ansExigibilité de la somme (achèvement de la prestation au plus tôt)de date à dateL.218-2 C. conso
Délai de prescription d'une dette civile (prêt, reconnaissance de dette)5 ansJour où le créancier a connu les faits lui permettant d'agirde date à date2224 C. civ.
Délai de forclusion (crédit conso, recours enfermés dans un délai préfix)souvent 2 ansÉvénement qui donne naissance à l'action (ex. défaillance)délai préfix (art. 2220 C. civ.)R.312-35 C. conso
DROIT COMMUN

Délai de prescription de droit commun : 5 ans en matière civile

Cinq ans : c'est le délai de prescription de droit commun en matière civile. Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer (art. 2224 du code civil). Ce délai s'applique par défaut, chaque fois qu'aucun texte spécial ne prévoit une durée propre : reconnaissance de dette, prêt entre particuliers, responsabilité contractuelle courante.

Deux durées plus longues cohabitent avec ce droit commun. L'action née d'un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage (art. 2226) ; les actions réelles immobilières, par trente ans, le droit de propriété restant lui imprescriptible (art. 2227). Au-dessus de tout, un plafond : le report du point de départ, la suspension ou l'interruption ne peuvent porter la prescription au-delà de vingt ans à compter de la naissance du droit (art. 2232, le « délai butoir »).

En pratique, la difficulté n'est presque jamais la durée elle-même, mais son point de départ, souvent flottant. Repérez d'abord votre matière dans le tableau : civil, dette, travail, pénal, immobilier ou fiscal n'obéissent pas à la même règle.

MATIÈRE PÉNALE

Délai de prescription pénale : 1 an, 6 ans ou 20 ans selon l'infraction

En matière pénale, le délai de prescription de l'action publique dépend de la gravité de l'infraction, sur trois étages. L'action publique des contraventions se prescrit par une année révolue à compter du jour où l'infraction a été commise (art. 9 du code de procédure pénale). Le délai de prescription d'un délit est de six années révolues (art. 8 CPP) : vol, escroquerie, abus de confiance, violences. Celui d'un crime est de vingt années révolues (art. 7 CPP).

Ces durées connaissent des aménagements importants. Certains crimes (terrorisme, trafic de stupéfiants) se prescrivent par trente ans ; pour les crimes sexuels commis sur un mineur, le délai de trente ans court à compter de sa majorité. Surtout, les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles (art. 7 CPP), tout comme les peines prononcées à ce titre (art. 133-2 du code pénal). À l'inverse d'une prescription civile, le décompte pénal se fait en années révolues à partir du jour de l'infraction.

Vous hésitez à porter plainte pour des faits déjà anciens ? Le point de départ peut être reporté au jour de la découverte pour une infraction occulte ou dissimulée. Notre page quel délai pour porter plainte détaille chaque infraction ; la ligne « Pénal » du tableau vous donne le repère immédiat.

DETTES

Délai de prescription d'une dette : 2 ans, 5 ans, selon le créancier

Le délai de prescription d'une dette n'est pas unique : il dépend de la qualité des parties. Entre professionnels, les obligations nées à l'occasion de leur commerce se prescrivent par cinq ans (art. L.110-4 du code de commerce). Face à un particulier, l'action du professionnel pour les biens ou services qu'il fournit au consommateur se prescrit par deux ans seulement (art. L.218-2 du code de la consommation). Une dette purement civile entre particuliers — un prêt, une reconnaissance de dette — relève, elle, du droit commun : cinq ans (art. 2224 du code civil).

Attention au crédit : l'action en paiement du prêteur, en cas de défaillance de l'emprunteur d'un crédit à la consommation, doit être formée dans les deux ans de l'événement qui lui a donné naissance, à peine de forclusion (art. R.312-35 du code de la consommation). Ce n'est pas une prescription mais un délai de forclusion, plus rigide — voir la section suivante.

En pratique, la question qui change tout est : « qui réclame à qui ? ». Un artisan qui facture un particulier a deux ans ; le même artisan face à une entreprise en a cinq. Notre page prescription d'une facture impayée calcule votre date exacte selon le type de client.

FORCLUSION

Délai de forclusion : en quoi il diffère du délai de prescription

Un délai de forclusion n'est pas un délai de prescription, et la confusion coûte cher. La forclusion est un délai préfix : passé le terme, le droit d'agir est éteint, sans qu'on puisse en principe le prolonger. Les délais de forclusion ne sont pas, sauf disposition contraire prévue par la loi, régis par les règles de la prescription (art. 2220 du code civil). Concrètement, un délai de forclusion se suspend et s'interrompt beaucoup plus difficilement qu'une prescription — reconnaissance du débiteur et négociations amiables n'ont, le plus souvent, aucun effet sur lui.

L'exemple le plus fréquent est le crédit à la consommation : l'action du prêteur est forclose au bout de deux ans à compter de la défaillance (art. R.312-35 C. conso). On retrouve la même mécanique pour d'autres recours enfermés dans un délai « à peine de forclusion ». Il existe toutefois un pont : la demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion (art. 2241 du code civil).

La règle à retenir : devant un délai de forclusion, on ne mise pas sur une relance amiable pour gagner du temps — on saisit le juge avant l'échéance. En cas de doute sur la nature du délai qui vous concerne, vérifiez la mention du texte applicable dans le tableau : « forclusion » y est signalée dans la colonne « Décompte ».

MÉCANIQUE

Point de départ et interruption : quand le compteur démarre et repart

Deux réglages commandent tout délai de prescription : quand il démarre, et ce qui le fait repartir. En droit civil, le point de départ est glissant : le délai court du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (art. 2224 du code civil). Ce n'est donc pas toujours la date de l'acte, mais parfois celle, plus tardive, où le créancier pouvait raisonnablement découvrir le dommage — d'où le garde-fou du délai butoir de vingt ans (art. 2232).

Une fois lancé, le compteur peut être remis à zéro. La demande en justice, même en référé, interrompt la prescription (art. 2241) ; l'interruption efface le délai acquis et en fait courir un nouveau, de même durée. La différence majeure avec le pénal : là, le décompte se fait en années révolues à partir de la commission de l'infraction, avec des règles d'interruption propres aux actes d'enquête et de poursuite.

En pratique, la faute la plus commune est de croire qu'une lettre recommandée « stoppe le délai ». En matière civile comme en recouvrement, seuls des actes précis y parviennent. Renseignez votre situation ligne par ligne dans le tableau, puis ouvrez la page dédiée : elle calcule la date exacte et trace le report éventuel.

Délai dépassé ?

Délai non respecté : ce que vous pouvez (encore) faire

Le délai approche, ou semble déjà écoulé ? Rien n'est mécanique : tant qu'il court, un acte bien choisi peut le faire repartir ; une fois expiré, il reste souvent une marge. Voici, matière par matière, ce qu'il faut faire — et ce qu'il ne faut plus tenter.

Votre situationLa règleVotre action
Une échéance civile (dette, facture) tombe dans quelques semainesUne relance, même en recommandé, n'interrompt pas la prescription : seule la demande en justice, même en référé, l'interrompt — ainsi que le délai de forclusion (art. 2241 C. civ.). Une requête en injonction de payer déposée avant l'échéance suffit à arrêter le compteur.Préparer une injonction de payer (pack recouvrement)
Vous voulez porter plainte au pénal pour des faits anciens1 an pour une contravention, 6 ans pour un délit, 20 ans pour un crime (art. 7 à 9 CPP). Pour une infraction occulte ou dissimulée, le point de départ est reporté au jour de la découverte, dans une limite maximale ; pour une infraction sexuelle sur mineur, le délai court à sa majorité.Vérifier le délai selon l'infraction
La prescription civile semble déjà acquiseHors droit de la consommation, le juge ne relève pas d'office la prescription : c'est au débiteur de l'invoquer (art. 2247 C. civ.). Et la dette n'est pas effacée — un paiement volontaire reste acquis (art. 2249). Une relance amiable, sans menace de poursuites, reste possible.Calculer la prescription d'une facture
Vous détenez déjà un jugement ou une injonction de payer exécutoireVotre position change de nature : un titre exécutoire peut être mis à exécution pendant dix ans (saisies), et chaque acte d'exécution forcée interrompt à son tour ce délai (art. 2244 C. civ.). Ne laissez pas dormir un titre obtenu.Mettre le titre à exécution (pack recouvrement)

Avant toute décision, repérez votre matière dans le tableau puis ouvrez la page dédiée : elle calcule votre date exacte et affiche le report éventuel, jour férié compris.

FAQ

Délai de prescription : vos questions fréquentes

Quelle est la différence entre un délai de prescription et un délai de forclusion ?

La prescription éteint l'action après un délai qui peut être suspendu ou interrompu. La forclusion est un délai préfix, plus rigide : sauf disposition contraire de la loi, elle échappe aux règles de la prescription (art. 2220 C. civ.). Reconnaissance de dette et négociations n'ont, le plus souvent, aucun effet sur un délai de forclusion : seule une action en justice l'interrompt.

Quel est le délai de prescription de droit commun en France ?

Cinq ans. Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer (art. 2224 du code civil). Ce délai s'applique par défaut, sauf texte spécial prévoyant une durée différente, plus courte ou plus longue selon la matière.

Au bout de combien de temps une dette est-elle prescrite ?

Deux ans si elle est due par un consommateur à un professionnel (art. L.218-2 C. conso), cinq ans entre professionnels (art. L.110-4 C. com.) ou pour une dette civile de droit commun (art. 2224 C. civ.). La prescription éteint l'action en justice, mais pas la dette : un paiement volontaire reste acquis (art. 2249 C. civ.).

Quel est le délai pour porter plainte au pénal ?

Il dépend de la gravité : un an pour une contravention (art. 9 CPP), six ans pour un délit (art. 8 CPP), vingt ans pour un crime (art. 7 CPP). Des régimes spéciaux existent : report du point de départ pour les infractions occultes, décompte à la majorité pour les infractions sexuelles sur mineur.

Existe-t-il un délai maximum au-delà duquel on ne peut plus agir ?

Oui, en matière civile : c'est le délai butoir. Le report du point de départ, la suspension ou l'interruption ne peuvent porter la prescription au-delà de vingt ans à compter de la naissance du droit (art. 2232 du code civil). Quelques exceptions écartent ce plafond, notamment le dommage corporel et les actions réelles immobilières.

Quel est le délai de prescription des salaires impayés ?

Trois ans. L'action en paiement ou en répétition du salaire se prescrit par trois ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (art. L.3245-1 du code du travail). La demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois dernières années, ou des trois ans précédant la rupture du contrat.

Tous les crimes sont-ils prescriptibles ?

Non. Le régime de droit commun est de vingt ans pour un crime (art. 7 CPP), porté à trente ans pour certaines infractions. Mais les crimes contre l'humanité — génocide notamment — sont imprescriptibles : l'action publique comme les peines prononcées échappent à tout délai (art. 7 CPP et art. 133-2 du code pénal).

Quel délai de prescription pour agir contre un ancien employeur après une rupture ?

Douze mois pour tout ce qui porte sur la rupture du contrat, à compter de sa notification (art. L.1471-1 du code du travail). Les actions sur l'exécution du contrat se prescrivent par deux ans, les salaires par trois ans ; le délai de douze mois ne s'applique pas au harcèlement ni à la discrimination, soumis à des règles propres.

Avertissement : ce guide et le calculateur sont fournis à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Les dates calculées reposent sur les textes en vigueur à la date de vérification indiquée en haut de page (sources : Légifrance, service-public.fr ; calendrier officiel des jours fériés data.gouv.fr). Pour un accompagnement sur la création ou la cession d'entreprise, Actav Suite vous met en relation avec un avocat.
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Le bon délai de prescription, matière par matière

Filtrez le tableau par matière ou tapez votre situation : chaque ligne affiche la durée, son point de départ et le texte applicable, puis renvoie à la page qui calcule votre date exacte, jour férié compris.

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