Tarifs Activer ma vigilance
Guide vérifié · Source officielle BODACC

Redressement judiciaire : le guide complet 2026, par avocat

Le redressement judiciaire est une procédure collective ouverte par le tribunal lorsqu'une entreprise est en cessation des paiements. Redressement ou liquidation judiciaire ? Tout dépend des chances de sauver l'activité : la liquidation sanctionne un redressement manifestement impossible.

En bref : Le redressement judiciaire est une procédure collective ouverte par le tribunal lorsqu'une entreprise est en cessation des paiements. Son objectif légal : permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif. Après une période d'observation, la procédure débouche sur un plan de redressement, une cession de l'entreprise ou une liquidation judiciaire. Les créanciers doivent déclarer leurs créances au mandataire judiciaire. Redressement ou liquidation judiciaire : tout dépend de la possibilité, ou non, de redresser l'entreprise.

Redressement judiciaire : définition et conditions d'ouverture

Le redressement judiciaire est l'une des procédures collectives prévues par le livre VI du Code de commerce. Selon l'article L. 631-1, il est ouvert à tout débiteur qui, « dans l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en cessation des paiements ». Concrètement, l'entreprise ne peut plus régler ses dettes échues avec sa trésorerie et ses actifs immédiatement mobilisables. Le débiteur qui établit que les réserves de crédit ou les moratoires accordés par ses créanciers lui permettent de faire face à son passif exigible n'est pas en cessation des paiements.

La procédure est « destinée à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif » (article L. 631-1). Elle donne lieu à un plan arrêté par jugement à l'issue d'une période d'observation. Elle se distingue ainsi de la liquidation judiciaire, prononcée lorsque le redressement est manifestement impossible.

Redressement judiciaire c'est quoi, en une phrase ? Une procédure qui gèle les dettes antérieures pour donner à l'activité une chance de repartir. Que la recherche soit formulée « redressement judiciaire définition », « redressement judiciaire def », « qu'est ce qu'un redressement judiciaire », « que veut dire redressement judiciaire » ou simplement « entreprise redressement judiciaire », la réponse juridique reste celle de l'article L. 631-1 rappelée ci-dessus.

Qui peut demander l'ouverture de la procédure ?

Trois voies d'ouverture existent. D'abord, le débiteur lui-même : l'article L. 631-4 du Code de commerce lui impose de demander l'ouverture du redressement judiciaire « au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements », sauf s'il a sollicité dans ce délai l'ouverture d'une procédure de conciliation. C'est la démarche couramment appelée « dépôt de bilan ».

Ensuite, un créancier peut assigner son débiteur en redressement judiciaire, « quelle que soit la nature de sa créance » (article L. 631-5), à condition qu'aucune procédure de conciliation ne soit en cours ; lorsque le débiteur a cessé son activité professionnelle, cette assignation doit intervenir dans un délai d'un an. Enfin, le tribunal peut être saisi sur requête du ministère public. Dans tous les cas, le tribunal vérifie que les conditions d'ouverture, en particulier la cessation des paiements, sont réunies.

Période d'observation redressement judiciaire : le rôle de l'administrateur et du mandataire

Le jugement d'ouverture fait démarrer une période d'observation destinée à faire le point sur la situation de l'entreprise, dont l'activité se poursuit. D'après la fiche officielle Service-Public, elle dure six mois au maximum et peut être renouvelée une fois ; le ministère public peut demander un second renouvellement, soit jusqu'à dix-huit mois au total. Par ailleurs, au plus tard deux mois après le jugement d'ouverture, le tribunal n'ordonne la poursuite de la période d'observation que s'il apparaît que le débiteur dispose à cette fin de capacités de financement suffisantes (article L. 631-15, I).

Deux organes encadrent cette phase. L'administrateur judiciaire est chargé, selon la mission fixée par le tribunal, « d'assister le débiteur pour tous les actes relatifs à la gestion ou certains d'entre eux, ou d'assurer seuls, entièrement ou en partie, l'administration de l'entreprise » (article L. 631-12). Le mandataire judiciaire, lui, représente la collectivité des créanciers et reçoit leurs déclarations de créances.

Quelles sont les issues possibles du redressement judiciaire ?

Trois issues principales sont prévues :

  • Le plan de redressement : arrêté par le tribunal à l'issue de la période d'observation, il organise l'apurement du passif et la poursuite de l'activité, selon les règles du plan de sauvegarde rendues applicables par l'article L. 631-19 du Code de commerce. D'après Service-Public, sa durée est de dix ans au maximum et il peut prévoir la cession d'une ou de plusieurs activités.
  • La cession de l'entreprise : à la demande de l'administrateur, le tribunal peut ordonner la cession totale ou partielle de l'entreprise « si le ou les plans proposés apparaissent manifestement insusceptibles de permettre le redressement de l'entreprise ou en l'absence de tels plans » (article L. 631-22).
  • La conversion en liquidation judiciaire : à tout moment de la période d'observation, le tribunal peut la prononcer « si le redressement est manifestement impossible » (article L. 631-15, II).

Conséquence redressement judiciaire : quels effets pour l'entreprise et le dirigeant ?

L'ouverture d'un redressement judiciaire ne met pas fin à l'activité : sa poursuite est précisément l'un des objectifs de la procédure. En revanche, le jugement d'ouverture emporte « de plein droit, interdiction de payer toute créance née antérieurement au jugement d'ouverture » (article L. 622-7, rendu applicable à la procédure par l'article L. 631-14). Les dettes antérieures sont gelées et seront traitées dans le cadre de la procédure.

Le dirigeant d'une société en redressement judiciaire reste en principe à sa tête, mais il n'agit plus seul : selon la mission confiée à l'administrateur judiciaire par le tribunal, il est assisté pour tout ou partie des actes de gestion, ou l'administration de l'entreprise est assurée en tout ou partie par l'administrateur (article L. 631-12). Le jugement d'ouverture fait par ailleurs l'objet de mesures de publicité, notamment un avis au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) : la situation de l'entreprise devient publique.

Redressement judiciaire salarié : quel sort pour les contrats (CDI, CDD) ?

Le maintien de l'emploi figure parmi les objectifs assignés par la loi à la procédure (article L. 631-1 du Code de commerce). Pendant la période d'observation, les contrats de travail des salariés se poursuivent, comme le rappelle la fiche Service-Public consacrée au redressement judiciaire. Pour un salarié en CDI (la recherche « redressement judiciaire salarié cdi » est parmi les plus fréquentes), la règle est la même que pour les autres contrats : le contrat continue, et d'éventuels licenciements ne peuvent intervenir que dans le cadre strict décrit plus bas.

Si l'entreprise ne peut plus verser les salaires dus, un régime de garantie prend le relais : d'après Service-Public, « lorsque l'entreprise en redressement judiciaire ne peut plus effectuer le versement des salaires dus à ses salariés, celui-ci est effectué par l'assurance en garantie des salaires (AGS) ». Les salariés bénéficient en outre d'un traitement particulier pour leurs créances : l'article L. 622-24 du Code de commerce les exclut expressément de l'obligation de déclaration des créances qui pèse sur les autres créanciers.

Créanciers : les bons réflexes face au redressement judiciaire d'un débiteur

Le jugement d'ouverture est publié au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) : c'est souvent par cette publication qu'un créancier apprend la situation de son débiteur. Dès ce moment, deux règles s'imposent.

Suspension des poursuites individuelles. Le jugement d'ouverture « interrompt ou interdit toute action en justice » des créanciers antérieurs tendant à la condamnation du débiteur au paiement d'une somme d'argent, et arrête ou interdit les procédures d'exécution (article L. 622-21, applicable au redressement judiciaire par renvoi de l'article L. 631-14). Il n'est donc plus possible d'agir individuellement en recouvrement contre l'entreprise.

Nécessité de déclarer sa créance. Les créanciers dont la créance est née avant le jugement d'ouverture doivent adresser une déclaration de créance au mandataire judiciaire (article L. 622-24). En règle générale, ce délai est de deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC. La déclaration « peut être faite par le créancier ou par tout préposé ou mandataire de son choix » : l'avocat est une option, pas une obligation.

Rappel général : sauf situations particulières, les créanciers dont la créance est née avant le jugement d'ouverture disposent d'un délai de deux mois à compter de la publication de ce jugement au BODACC pour déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire (articles L. 622-24 et R. 622-24 du Code de commerce). Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers ne demeurant pas en France métropolitaine. Des règles différentes s'appliquent notamment aux créanciers titulaires d'une sûreté publiée ou d'un contrat publié, qui sont avertis personnellement. À défaut de déclaration dans les délais, la créance risque de ne plus pouvoir être admise dans la procédure. Cette information est générale et ne constitue pas un conseil juridique individualisé : pour votre situation, faites le point avec un avocat.

Pour être alerté à temps, Actav Vigilance permet de surveiller gratuitement ses débiteurs : vous recevez une alerte lorsqu'une procédure collective concernant l'un d'eux est publiée. L'inscription est gratuite.

Où trouver la liste des entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire 22 (Côtes-d'Armor) ?

Il n'existe pas de liste unique figée : les jugements sont publiés au fil de l'eau. Pour reconstituer la liste des entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire 22, la source de référence est le BODACC : chaque jugement d'ouverture y fait l'objet d'un avis, et ses données ouvertes permettent de filtrer les annonces par département. Vous pouvez aussi vous adresser au greffe du tribunal des activités économiques de Saint-Brieuc, seule juridiction de ce type recensée dans les Côtes-d'Armor par l'annuaire officiel de l'administration.

Surveiller ces publications une à une reste fastidieux. Actav Vigilance automatise cette veille : vous enregistrez les SIREN de vos clients costarmoricains et recevez gratuitement une alerte le jour où un jugement (redressement ou liquidation judiciaire) les concernant est publié.

Que se passe-t-il en cas de résolution du plan de redressement et liquidation judiciaire ?

Le plan arrêté par le tribunal n'est jamais définitivement acquis. L'article L. 626-27 du Code de commerce, rendu applicable au plan de redressement par l'article L. 631-19, permet au tribunal, après avis du ministère public, d'en décider la résolution « si le débiteur n'exécute pas ses engagements dans les délais fixés par le plan ». Lorsque la cessation des paiements est constatée au cours de l'exécution du plan, le tribunal prononce la résolution et « ouvre une procédure de redressement judiciaire ou, si le redressement est manifestement impossible, une procédure de liquidation judiciaire ».

Le jugement de résolution « fait recouvrer aux créanciers l'intégrité de leurs créances et sûretés, déduction faite des sommes perçues » et emporte déchéance de tout délai de paiement accordé. Dans la procédure ouverte à la suite de la résolution, les créanciers soumis au plan ou admis au passif de la première procédure sont dispensés de déclarer leurs créances et sûretés. La question redressement ou liquidation judiciaire peut donc se reposer plusieurs années après l'adoption du plan.

Licenciement économique redressement judiciaire : quelles règles pendant la période d'observation ?

Pendant la période d'observation, les contrats de travail se poursuivent, mais des suppressions de postes restent possibles dans un cadre strict. Selon l'article L. 631-17 du Code de commerce, « lorsque des licenciements pour motif économique présentent un caractère urgent, inévitable et indispensable pendant la période d'observation, l'administrateur peut être autorisé par le juge-commissaire à procéder à ces licenciements ».

Avant de saisir le juge-commissaire, l'administrateur met en œuvre le plan de licenciement dans les conditions prévues à l'article L. 1233-58 du Code du travail et justifie de ses diligences pour faciliter l'indemnisation et le reclassement des salariés. L'ordonnance rendue indique le nombre des salariés dont le licenciement est autorisé, ainsi que les activités et catégories professionnelles concernées (article R. 631-26).

Redressement ou liquidation judiciaire : comment le tribunal tranche-t-il ?

Le critère légal du choix redressement judiciaire ou liquidation judiciaire tient aux perspectives de l'entreprise. Si elle est en cessation des paiements mais que son redressement n'est pas manifestement impossible, le tribunal ouvre un redressement judiciaire (article L. 631-1 du Code de commerce). La liquidation judiciaire est réservée, selon l'article L. 640-1, au débiteur « en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible » ; elle est « destinée à mettre fin à l'activité de l'entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens ».

Pour un créancier, l'issue (redressement ou liquidation judiciaire) change tout : dans le premier cas, l'activité se poursuit et un plan peut échelonner le paiement des dettes ; dans le second, les actifs sont réalisés pour désintéresser les créanciers. Dans les deux hypothèses, déclarer sa créance dans les délais reste indispensable pour faire valoir vos droits.

FAQ

Vos questions fréquentes

Quelle est la différence entre redressement judiciaire et liquidation judiciaire ?

Le redressement judiciaire est destiné à permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif : l'entreprise continue de fonctionner pendant la période d'observation. La liquidation judiciaire intervient, elle, lorsque le redressement est manifestement impossible : le tribunal peut la prononcer à tout moment de la période d'observation (article L. 631-15 du Code de commerce).

Qu'est-ce que la cessation des paiements ?

C'est l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible (article L. 631-1 du Code de commerce) : l'entreprise ne peut plus payer ses dettes échues avec sa trésorerie et ses actifs immédiatement mobilisables. Le débiteur qui établit que des réserves de crédit ou des moratoires accordés par ses créanciers lui permettent de faire face à son passif exigible n'est pas en cessation des paiements.

Combien de temps dure un redressement judiciaire ?

Durée redressement judiciaire, en synthèse : d'après Service-Public, la période d'observation dure six mois au maximum et peut être renouvelée une fois ; le ministère public peut demander un second renouvellement, soit jusqu'à dix-huit mois au total. Si un plan de redressement est adopté, son exécution peut ensuite s'étaler sur dix ans au maximum. La durée réelle varie selon les dossiers et les décisions du tribunal : c'est ce que recouvre la recherche « redressement judiciaire durée ».

Une entreprise en redressement judiciaire peut-elle continuer son activité ?

Oui. La poursuite de l'activité est l'un des objectifs légaux de la procédure (article L. 631-1 du Code de commerce) et l'activité continue pendant la période d'observation. La gestion est toutefois encadrée : selon la mission fixée par le tribunal, l'administrateur judiciaire assiste le dirigeant pour tout ou partie des actes de gestion, ou assure lui-même tout ou partie de l'administration de l'entreprise.

Comment savoir si un débiteur est en redressement judiciaire ?

Le jugement d'ouverture fait l'objet d'un avis publié au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Cette publication fait courir le délai de déclaration des créances : mieux vaut donc en être informé rapidement. Un service de surveillance comme Actav Vigilance permet de recevoir gratuitement une alerte lorsqu'une procédure collective visant l'un de ses débiteurs est publiée.

Un créancier peut-il encore poursuivre une entreprise en redressement judiciaire ?

Non, pas individuellement. Le jugement d'ouverture interrompt ou interdit les actions en justice tendant à la condamnation du débiteur au paiement d'une somme d'argent et arrête les procédures d'exécution (article L. 622-21 du Code de commerce, rendu applicable à la procédure). Pour faire valoir ses droits, le créancier doit déclarer sa créance auprès du mandataire judiciaire, qui représente la collectivité des créanciers.

Faut-il un avocat pour déclarer sa créance ?

Non, ce n'est pas une obligation. L'article L. 622-24 du Code de commerce prévoit que la déclaration « peut être faite par le créancier ou par tout préposé ou mandataire de son choix ». Recourir à un avocat reste une option, qui peut être utile dans les dossiers complexes ou contestés, mais un créancier peut effectuer sa déclaration lui-même.

Avertissement : cette page présente des règles générales, vérifiées sur les textes officiels à la date de mise à jour ; elle ne constitue pas un conseil juridique individualisé et aucun délai propre à votre situation n'y est calculé. Pour votre cas précis, faites le point avec un avocat. La mise en relation se fait via Actav Suite.
ALERTE GRATUITE ET ILLIMITÉE

Surveillez vos débiteurs avant qu'il ne soit trop tard

Ajoutez vos SIREN en 2 minutes : alerte le jour de la publication officielle, historique complet, dossier de déclaration prêt si le pire arrive.

Le redressement judiciaire, c'est quoi ?

Le redressement judiciaire est la procédure collective ouverte quand une entreprise est en cessation des paiements mais que son redressement paraît possible (art. L631-1 du Code de commerce). Le tribunal ouvre une période d'observation (6 mois renouvelables, 18 mois maximum), gèle les poursuites des créanciers antérieurs, et un administrateur peut être désigné pour assister le dirigeant. Elle débouche sur un plan de redressement (étalement des dettes jusqu'à 10 ans), une cession de l'entreprise ou, si tout échoue, une liquidation judiciaire. Les créanciers doivent déclarer leurs créances dans les 2 mois de la publication au BODACC : c'est précisément l'alerte qu'Actav Vigilance vous envoie.

Que veut dire « redressement judiciaire » exactement ?

Se demander qu'est-ce qu'un redressement judiciaire revient à poser la question de la cessation des paiements. Le redressement judiciaire est la procédure collective que le tribunal ouvre lorsqu'une entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible, mais que son rétablissement n'est pas manifestement impossible (article L631-1 du Code de commerce).

La procédure poursuit trois objectifs : permettre la poursuite de l'activité, maintenir l'emploi et apurer le passif. Concrètement, le jugement d'ouverture gèle les dettes antérieures, interdit aux créanciers d'agir individuellement et place l'entreprise sous la surveillance d'organes désignés par le tribunal (administrateur judiciaire, mandataire judiciaire, juge-commissaire) pendant une période d'observation destinée à établir un diagnostic et, si possible, un plan de redressement.

Que devient une société en redressement judiciaire ?

Une société en redressement judiciaire continue de fonctionner : la procédure n'est pas une fermeture. Le dirigeant reste en place, assisté ou, plus rarement, remplacé par l'administrateur judiciaire selon la mission fixée par le tribunal. Les contrats en cours (bail, fournisseurs, marchés) se poursuivent, et les dettes nées avant le jugement sont gelées puis déclarées par les créanciers auprès du mandataire judiciaire.

Pour savoir si une entreprise en redressement judiciaire figure parmi vos clients ou fournisseurs, consultez les annonces publiées au Bodacc : chaque jugement d'ouverture y fait l'objet d'un avis. À l'issue de la période d'observation, trois issues sont possibles : un plan de redressement, une cession de l'entreprise ou, si la situation est irrémédiablement compromise, la conversion en liquidation judiciaire.

Redressement judiciaire : quelle durée faut-il prévoir ?

La durée du redressement judiciaire se décompose en deux temps. D'abord, la période d'observation : le tribunal la fixe dans le jugement d'ouverture et peut la renouveler, dans la limite d'un plafond prévu par le Code de commerce. Elle sert à dresser le bilan économique et social de l'entreprise et à vérifier sa capacité à dégager de la trésorerie.

Ensuite, si un plan de redressement est arrêté, son exécution s'étale sur plusieurs années, selon un calendrier de remboursement validé par le tribunal et plafonné par la loi. La durée réelle varie donc d'un dossier à l'autre : elle dépend de la taille de l'entreprise, de la complexité du passif et de la rapidité avec laquelle une solution sérieuse (plan ou cession) se dessine.

Redressement judiciaire : que devient un salarié en CDI ?

Pour un salarié en CDI, le jugement d'ouverture ne change rien au contrat : le redressement judiciaire n'entraîne ni rupture ni suspension automatique. Le contrat de travail se poursuit aux mêmes conditions et les salaires dus après le jugement doivent être payés à l'échéance normale.

Les salaires impayés antérieurs au jugement sont pris en charge par le régime AGS, qui couvre les créances salariales dans la limite de plafonds légaux. Pendant la période d'observation, des licenciements économiques restent possibles, mais uniquement s'ils présentent un caractère urgent, inévitable et indispensable, et après autorisation du juge-commissaire. En cas de cession de l'entreprise, les contrats de travail attachés à l'activité reprise sont transférés au repreneur.

Redressement judiciaire ou liquidation judiciaire : quelle différence ?

Le choix entre redressement judiciaire ou liquidation judiciaire repose sur la perspective de rétablissement. Les deux procédures supposent la cessation des paiements, mais leur finalité diffère :

  • le redressement judiciaire parie sur la survie : l'activité continue pendant la période d'observation et l'objectif est un plan de remboursement ou une cession ;
  • la liquidation judiciaire constate que le rétablissement est manifestement impossible : l'activité cesse, un liquidateur vend les actifs et répartit le produit entre les créanciers.

Le tribunal peut convertir un redressement en liquidation à tout moment si la situation se dégrade ; l'inverse n'existe pas. Cette conversion intervient aussi en cas de résolution du plan, comme le détaille la section dédiée de ce guide.

Qu'est-ce qu'un redressement judiciaire, concrètement ?

Le redressement judiciaire est une procédure collective, régie par les articles L631-1 et suivants du Code de commerce, ouverte à l'égard d'une entreprise en cessation des paiements, c'est-à-dire dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, lorsque son rétablissement paraît possible. Le tribunal ouvre alors une période d'observation : l'activité se poursuit, les poursuites individuelles des créanciers sont suspendues et les dettes antérieures sont gelées.

Un mandataire judiciaire représente les créanciers ; un administrateur peut assister le dirigeant, qui reste en principe en fonctions. À l'issue de la période d'observation, la procédure débouche sur un plan de redressement organisant l'apurement du passif, sur une cession de l'entreprise, ou sur une liquidation judiciaire si le redressement s'avère manifestement impossible.

Bibliothèque
ACTAV Suite
Assistant en ligne
Propulsé par ACTAV · support@actav.fr