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Liquidation judiciaire : définition, procédure et liste officielle 2026

La liquidation judiciaire est la procédure collective ouverte à tout débiteur en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible (article L. 640-1 du Code de commerce). Définition, procédure, effets et liste officielle ci-dessous.

71 259jugements d'ouverture publiés
47 688liquidations judiciaires
22 012redressements judiciaires
1 559autres ouvertures, sauvegardes comprises
Les trois natures ci-dessus se répartissent la totalité des 71 259 ouvertures. France entière, publications du 1er juillet 2025 au 31 juillet 2026 · source BODACC (DILA, licence ouverte 2.0) · collecte du 6 août 2026
En bref : la liquidation judiciaire est la procédure collective ouverte à un débiteur en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible (article L. 640-1 du Code de commerce). Le jugement dessaisit le débiteur de l’administration de ses biens, un liquidateur vend les actifs et répartit le produit entre les créanciers, qui doivent lui déclarer leurs créances. Chaque jugement est publié au BODACC : 225 417 annonces de procédure collective, toutes natures confondues (ouvertures, conversions, plans et clôtures), y ont paru en France entre le 1er juillet 2025 et le 31 juillet 2026. Parmi elles, 71 259 sont des jugements d’ouverture, dont 47 688 ouvertures de liquidation judiciaire et 22 012 ouvertures de redressement judiciaire, le solde correspondant aux ouvertures des autres procédures collectives ; s’y ajoutent 15 474 jugements de conversion en liquidation judiciaire, rendus dans des procédures déjà ouvertes et jamais additionnés aux ouvertures.

Liquidation judiciaire : définition et conditions d’ouverture

La liquidation judiciaire est régie par les articles L. 640-1 et suivants du Code de commerce. Le texte l’institue comme une procédure « ouverte à tout débiteur mentionné à l’article L. 640-2 en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible ». Deux conditions doivent donc être réunies au moment où le tribunal statue : la cessation des paiements, et l’impossibilité manifeste d’un redressement. C’est ce second critère qui distingue la liquidation du redressement judiciaire.

La finalité est fixée par le même article : la procédure « est destinée à mettre fin à l’activité de l’entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens ». Autrement dit, les actifs sont vendus et le produit des ventes sert à régler les créanciers, dans la mesure du possible.

Qu’est-ce qu’une entreprise en liquidation judiciaire ?

Une entreprise en liquidation judiciaire est une entreprise dont le tribunal a constaté qu’elle ne pouvait plus payer ses dettes exigibles avec son actif disponible et qu’aucun redressement n’était envisageable. La forme juridique ne change rien au régime : société commerciale, société civile, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, association ou professionnel libéral relèvent du même livre VI du Code de commerce. Selon la fiche pratique de l’administration, le dirigeant doit demander l’ouverture de la procédure dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements, sauf demande de conciliation ; un créancier ou le ministère public peuvent également la demander.

L’ouverture ne se présume pas et ne se déduit d’aucun signal de marché : elle résulte d’un jugement, et ce jugement fait l’objet d’une publicité officielle détaillée plus bas.

Liquidation, redressement, sauvegarde : où se situe la procédure collective ?

Une procédure collective est une procédure judiciaire qui organise le traitement des difficultés d’une entreprise sous le contrôle du tribunal, en gelant les poursuites individuelles des créanciers pour les traiter ensemble. Le livre VI du Code de commerce en distingue trois, du plus préventif au plus radical.

  • La sauvegarde est ouverte, à la demande du débiteur, à celui qui n’est pas en cessation des paiements mais justifie de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter (article L. 620-1 du Code de commerce). Elle vise la réorganisation de l’entreprise et la poursuite de l’activité.
  • Le redressement judiciaire suppose la cessation des paiements, mais un rétablissement demeure envisageable : la procédure est « destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et débouche sur un plan arrêté après une période d’observation (article L. 631-1).
  • La liquidation judiciaire suppose la cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement (article L. 640-1). Elle organise l’arrêt de l’activité et la réalisation du patrimoine.

Les procédures amiables, mandat ad hoc et conciliation, sont confidentielles par nature : elles ne donnent lieu à aucune publication et n’apparaissent donc dans aucun décompte public. Le panorama complet des procédures et la manière de les suivre sont présentés sur Actav Vigilance, et le guide du redressement judiciaire traite la procédure jumelle.

Combien d’ouvertures de liquidation judiciaire sont publiées au BODACC ?

Chaque jugement d’ouverture donne lieu à une publicité officielle : un avis est adressé pour insertion au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, le greffier y procédant d’office dans les quinze jours de la date du jugement (article R. 621-8 du Code de commerce). Cette publication est ce qui rend la procédure opposable à tous, et c’est elle qui fait courir le délai de déclaration des créances. Le décompte ci-dessous distingue ce que chaque compteur mesure : les annonces publiées toutes natures confondues d’un côté, les seuls jugements d’ouverture de l’autre, avec le détail des liquidations, des redressements et des conversions.

Publications BODACC, France entière

Du 1er juillet 2025 au 31 juillet 2026
71 259jugements d’ouverture de procédure collective publiés+0,5 % vs treize mois précédents
47 688ouvertures de liquidation judiciaire66,9 % des ouvertures
22 012ouvertures de redressement judiciaire30,9 % des ouvertures
15 474conversions en liquidation judiciaireprocédures déjà ouvertes, comptées à part
Mesure publiée au BODACCFrance entière
Annonces de procédure collective, toutes natures (ouvertures, conversions, plans, clôtures)225 417
Jugements d’ouverture, toutes procédures confondues71 259
Ouvertures de liquidation judiciaire47 688
Ouvertures de redressement judiciaire22 012
Conversions en liquidation judiciaire (procédures déjà ouvertes)15 474

Lecture : chaque ligne dit exactement ce qu’elle mesure. La première compte toutes les annonces de procédure collective publiées, quelle que soit leur nature : jugements d’ouverture, conversions, plans et clôtures. La deuxième ne retient que les jugements d’ouverture ; les deux suivantes détaillent les ouvertures prononcées en liquidation judiciaire et en redressement judiciaire ; la dernière compte les jugements de conversion en liquidation judiciaire, rendus dans des procédures déjà ouvertes, qui ne s’additionnent donc jamais aux ouvertures. Les liquidations représentent 66,9 % des ouvertures et les redressements 30,9 % ; le solde correspond aux ouvertures des autres procédures collectives. Sur la période précédente, du 1er juin 2024 au 30 juin 2025, 70 912 jugements d’ouverture avaient été publiés : le volume d’ouvertures de la période récente est donc en hausse de 0,5 %.

Source : BODACC, Direction de l’information légale et administrative (DILA), jeu de données « annonces-commerciales » diffusé sur bodacc-datadila.opendatasoft.com sous licence ouverte 2.0. Périmètre : France entière, sans filtre géographique. Décompte des annonces publiées entre le 1er juillet 2025 et le 31 juillet 2026, soit treize mois, collecté le 6 août 2026. La période de comparaison, du 1er juin 2024 au 30 juin 2025, est de même durée et lui est contiguë : 70 912 jugements d’ouverture y avaient été publiés. Les chiffres ne sont pas révisés après collecte.

Deux précautions de lecture s’imposent. Ces nombres comptent des annonces publiées, pas des entreprises : une même procédure donne lieu à plusieurs annonces au fil de sa vie, du jugement d’ouverture à la clôture, en passant le cas échéant par une conversion, et seuls les jugements d’ouverture sont comptés comme des ouvertures. Et une variation d’un exercice sur l’autre traduit d’abord un rythme de publication, jamais un pronostic sur ce qui va suivre.

Les entreprises concernées ne sont pas listées ici et cette page n’en désigne aucune. La publication qui fait foi est l’annonce du BODACC elle-même, consultable gratuitement, annonce par annonce. Trois accès, tous ouverts et sans frais :

Une publication au BODACC constate une décision de justice à sa date. Cette page n’attribue aucun score de risque, ne produit aucune notation d’entreprise et ne pronostique rien. La surveillance des publications par Actav Vigilance est gratuite et illimitée ; le détail des formules figure sur la page des tarifs.

Comment se déroule la procédure, étape par étape ?

Le déroulement est fixé par le titre IV du livre VI du Code de commerce. Il ne varie pas selon la taille de l’entreprise, seuls les délais et l’intensité des formalités changent.

  1. Le jugement d’ouverture. Le tribunal désigne un juge-commissaire et, en qualité de liquidateur, un mandataire judiciaire (article L. 641-1). Un représentant des salariés est désigné.
  2. Le dessaisissement du débiteur. Le jugement « emporte de plein droit […] dessaisissement pour le débiteur de l’administration et de la disposition de ses biens » ; ses droits et actions sur ce patrimoine sont exercés par le liquidateur pendant toute la durée de la procédure (article L. 641-9).
  3. L’arrêt de l’activité, sauf exception. Le maintien de l’activité peut être autorisé par le tribunal « si la cession totale ou partielle de l’entreprise est envisageable ou si l’intérêt public ou celui des créanciers l’exige », pour une durée maximale fixée par décret (article L. 641-10). L’entreprise est alors administrée par le liquidateur.
  4. Le gel des poursuites. Le jugement produit les mêmes effets qu’en sauvegarde (article L. 641-3) : les actions en paiement sont interrompues ou interdites, et les procédures d’exécution sur les meubles comme sur les immeubles sont arrêtées (article L. 622-21).
  5. La déclaration et la vérification des créances. Les créanciers déclarent leurs créances au liquidateur (articles L. 641-3 et L. 622-24), qui procède aux opérations de liquidation en même temps qu’à la vérification des créances (article L. 641-4).
  6. La réalisation des actifs. Les biens sont vendus, aux enchères publiques ou de gré à gré selon la décision du juge-commissaire (article L. 642-19), et le produit est réparti entre les créanciers selon leur rang.
  7. La clôture. Le tribunal « fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée » dès le jugement d’ouverture (article L. 643-9), puis prononce la clôture pour extinction du passif ou pour insuffisance d’actif.

Chacune de ces décisions, ouverture, conversion, plan de cession, clôture, fait l’objet d’une publication au BODACC : c’est ce qui permet à un tiers de suivre une procédure sans dépendre d’une rumeur ou d’un article de presse.

Liquidation judiciaire simplifiée ou classique : quelles différences ?

La liquidation judiciaire simplifiée n’est pas une procédure distincte : c’est le même régime, allégé, prévu par les articles L. 641-2 et L. 644-1 à L. 644-6 du Code de commerce. Elle s’applique de plein droit lorsque les conditions sont réunies, le tribunal statuant sur ce point dans le jugement de liquidation judiciaire.

Point de comparaisonLiquidation judiciaire classiqueLiquidation judiciaire simplifiée
Textes applicablesArticles L. 640-1 et suivantsArticles L. 641-2 et L. 644-1 à L. 644-6
ConditionsAucune condition de tailleActif sans bien immobilier, 5 salariés au plus au cours des six mois précédant l’ouverture et 750 000 € de chiffre d’affaires hors taxes au plus (articles L. 641-2 et D. 641-10)
Vérification des créancesVérification des créances déclaréesLimitée aux créances susceptibles d’être payées et aux créances salariales (article L. 644-3)
Vente des biens mobiliersEnchères publiques ou vente de gré à gré, selon la décision du juge-commissaire (article L. 642-19)De gré à gré ou aux enchères publiques dans les quatre mois de la décision, puis obligatoirement aux enchères (article L. 644-2)
Délai de clôtureDélai fixé par le tribunal dans le jugement d’ouverture (article L. 643-9)Au plus tard six mois, un an au-delà des seuils fixés par décret, avec prorogation possible de trois mois par jugement spécialement motivé (articles L. 644-5 et D. 641-10)

Les seuils déclenchant l’allongement du délai de clôture à un an sont plus bas que ceux qui commandent la procédure simplifiée elle-même : un salarié et 300 000 € de chiffre d’affaires hors taxes (article D. 641-10). Concrètement, la très petite entreprise sans immobilier sort de la procédure en quelques mois, là où un dossier avec des actifs à réaliser peut durer plusieurs années.

Après une liquidation judiciaire, que se passe-t-il ?

La procédure s’achève par un jugement de clôture, publié lui aussi au BODACC. Deux issues sont prévues : la clôture pour extinction du passif, lorsqu’il n’existe plus de passif exigible ou que le liquidateur dispose des sommes nécessaires pour désintéresser les créanciers, et la clôture pour insuffisance d’actif, lorsque le produit des ventes ne suffit pas à les régler (article L. 643-9). Selon la fiche de l’administration, la clôture pour insuffisance d’actif entraîne la dissolution de la société, qui est ensuite radiée des registres.

Le sort des dettes impayées obéit à un principe simple, posé par l’article L. 643-11 du Code de commerce : le jugement de clôture pour insuffisance d’actif ne fait pas recouvrer aux créanciers l’exercice individuel de leurs actions contre le débiteur. Le même article énumère les exceptions, parmi lesquelles la fraude à l’égard d’un ou plusieurs créanciers, qui autorise le tribunal à rouvrir les poursuites individuelles.

Pour le dirigeant d’une société, la clôture n’emporte donc pas, en principe, report des dettes sociales sur son patrimoine. Deux réserves subsistent, développées dans la FAQ : les engagements personnels souscrits, comme un cautionnement, et l’action en responsabilité pour insuffisance d’actif de l’article L. 651-2, qui suppose une faute de gestion et écarte expressément la simple négligence.

Salarié en CDI d’une entreprise en liquidation : quels droits ?

L’ouverture d’une liquidation judiciaire met fin, sauf maintien temporaire de l’activité, aux contrats de travail. Le salarié en contrat à durée indéterminée est licencié pour motif économique par le liquidateur, et non par son employeur : selon la fiche de l’administration, la rupture intervient dans un délai de 15 jours suivant le jugement, porté à 21 jours lorsqu’un plan de sauvegarde de l’emploi est établi.

Les sommes impayées relèvent du régime de garantie des salaires (AGS), qui couvre les salaires, les indemnités de congés payés et les créances nées de la rupture du contrat lorsque l’employeur fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire. Le salarié ne saisit pas l’AGS lui-même : le mandataire ou le liquidateur établit un relevé des créances salariales et l’adresse à l’AGS, qui verse les sommes dans les cinq jours suivant la réception du relevé, dans la limite des plafonds fixés par la réglementation.

Deux protections méritent d’être connues. Les salariés sont dispensés de déclarer leurs créances : l’article L. 622-24 du Code de commerce vise « tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d’ouverture, à l’exception des salariés ». Et un représentant des salariés est désigné dès le jugement d’ouverture (article L. 641-1) pour les représenter dans la procédure.

Comment sont vendus les biens, et que valent les ventes aux enchères ?

La réalisation des actifs mobiliers relève du juge-commissaire, aux termes de l’article L. 642-19 du Code de commerce : il « soit ordonne la vente aux enchères publiques, soit autorise, aux prix et conditions qu’il détermine, la vente de gré à gré des autres biens du débiteur lorsqu’elle est de nature à garantir les intérêts de celui-ci ». Toute liquidation ne débouche donc pas sur des enchères : la voie retenue est celle qui protège le mieux les intérêts en présence.

En procédure simplifiée, le liquidateur vend les biens mobiliers de gré à gré ou aux enchères publiques dans les quatre mois de la décision ; passé ce délai, la vente aux enchères publiques s’impose (article L. 644-2). Lorsque des enchères sont ordonnées, elles sont publiques : toute personne intéressée peut y participer dans les conditions fixées par l’annonce de vente.

Une vente aux enchères après liquidation judiciaire ne se repère pas au hasard. La méthode fiable tient en deux temps : identifier le jugement au BODACC, qui indique la juridiction et le liquidateur désigné, puis suivre les publicités de vente des commissaires de justice chargés de la réalisation, seules à fixer une date, un lieu et des lots. Aucune date de vente ne doit être tenue pour acquise sans publicité officielle.

Créancier : comment déclarer sa créance au liquidateur ?

Dès le jugement d’ouverture, l’action individuelle n’est plus possible : le jugement interrompt ou interdit les actions en justice tendant à la condamnation du débiteur au paiement d’une somme d’argent ou à la résolution d’un contrat pour défaut de paiement, et il arrête ou interdit toute procédure d’exécution tant sur les meubles que sur les immeubles (article L. 622-21, applicable à la liquidation judiciaire par renvoi de l’article L. 641-3). La seule voie utile devient la déclaration de créance auprès du liquidateur.

La déclaration se fait selon les modalités des articles L. 622-24 et suivants du Code de commerce. Elle peut être effectuée par le créancier lui-même, par un préposé muni d’un pouvoir ou par un mandataire : l’avocat est une possibilité, pas une obligation. Les créances salariales et les créances alimentaires échappent à cette obligation de déclaration.

Rappel général : sauf situations particulières, les créanciers dont la créance est née avant le jugement d’ouverture disposent d’un délai de deux mois à compter de la publication de ce jugement au BODACC pour déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire (articles L. 622-24 et R. 622-24 du Code de commerce). Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers ne demeurant pas en France métropolitaine. Des règles différentes s’appliquent notamment aux créanciers titulaires d’une sûreté publiée ou d’un contrat publié, qui sont avertis personnellement. À défaut de déclaration dans les délais, la créance risque de ne plus pouvoir être admise dans la procédure. Cette information est générale et ne constitue pas un conseil juridique individualisé : pour votre situation, faites le point avec un avocat.

Le contenu de la déclaration, les pièces à joindre et les cas particuliers sont traités dans le guide dédié : la déclaration de créance.

Faut-il un avocat pour une liquidation judiciaire ?

La réponse dépend de la position occupée. Côté créancier, aucune obligation : la déclaration de créance peut être faite par le créancier lui-même, par un préposé muni d’un pouvoir ou par un mandataire (article L. 622-24). L’avocat devient utile lorsque la créance est contestée, lorsqu’une sûreté doit être invoquée, ou lorsqu’une décision du juge-commissaire doit être discutée.

Côté dirigeant, la déclaration de cessation des paiements et l’audience devant le tribunal ne supposent pas non plus la présence obligatoire d’un avocat, mais les enjeux personnels justifient souvent un accompagnement : cautionnement souscrit auprès d’une banque, action en responsabilité pour insuffisance d’actif (article L. 651-2), sanctions professionnelles éventuelles. Ces actions supposent une faute caractérisée et un débat contradictoire, jamais un effet automatique du jugement de liquidation.

Sur Actav, la veille des publications au BODACC et l’accompagnement juridique sont deux choses distinctes : la surveillance est un outil d’information, la mise en relation avec un avocat se fait via Actav Suite, en prestation séparée.

MÉTHODOLOGIE

D’où viennent ces chiffres ?

D’un décompte des annonces publiées au BODACC, sans échantillonnage, sans redressement statistique et sans modèle. Aucun filtre géographique n’a été appliqué : le périmètre est la France entière, sur les annonces publiées entre le 1er juillet 2025 et le 31 juillet 2026, soit treize mois. Les jugements d’ouverture sont comptés sur les données structurées du jugement publié, sa famille et sa nature, jamais par recherche de mots dans le texte de l’annonce. La collecte a été faite le 6 août 2026 via l’API publique du jeu de données « annonces-commerciales ». La période de comparaison, du 1er juin 2024 au 30 juin 2025, est de même durée et lui est contiguë.

Ce que ces chiffres ne disent pas

  • Ils portent sur des publications, non sur des jugements. Le greffier dispose de quinze jours pour publier (article R. 621-8 du Code de commerce) : un décompte d’annonces publiées ne se superpose donc jamais exactement à un décompte de jugements prononcés, ni à une série statistique construite sur la date du jugement.
  • Ils ne comptent pas des entreprises. Une même procédure produit plusieurs annonces au cours de sa vie : additionner des annonces ne donne jamais un nombre d’entreprises, et les conversions en liquidation judiciaire, rendues dans des procédures déjà ouvertes, ne s’ajoutent jamais aux ouvertures.
  • Ils ne mesurent aucun emploi. Le BODACC ne contient pas les effectifs salariés : tout chiffre d’emplois menacés serait une extrapolation, et nous n’en publions aucun.
  • Ils ignorent les procédures amiables. Mandat ad hoc et conciliation sont confidentiels par nature, donc absents de toute publication.
  • Le calendrier judiciaire pèse sur la série : vacations d’été, fêtes de fin d’année et jours fériés déplacent les parutions sans traduire de retournement économique.
  • Rien n’y est prédit. Ces compteurs constatent des publications officielles datées, sans produire de score de risque, de pronostic ni de notation d’entreprise.

Réutiliser ces chiffres

Les données sous-jacentes proviennent du BODACC, diffusé par la DILA sous licence ouverte 2.0. Notre décompte est mis à disposition sous la même licence : reprenez-le librement, y compris à titre commercial, en le citant.

Actav Vigilance, d’après le BODACC (DILA), France entière, annonces publiées du 1er juillet 2025 au 31 juillet 2026, collecte du 6 août 2026
FAQ

Vos questions fréquentes

Comment savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire ?

Par la publication officielle. Un avis du jugement est adressé pour insertion au BODACC, le greffier y procédant d’office dans les quinze jours de la date du jugement (article R. 621-8 du Code de commerce). La consultation est gratuite sur bodacc.fr, par dénomination, par ville ou par département, et la recherche par SIREN est expliquée pas à pas sur la page Actav Vigilance, qui permet aussi d’être alerté le jour d’une nouvelle publication. Attention au décalage : une entreprise dont le jugement vient d’être rendu n’apparaît généralement au BODACC que quelques jours plus tard.

La liquidation touche-t-elle le compte bancaire personnel du dirigeant ?

En principe, non. Lorsque l’entreprise est une société, la procédure porte sur le patrimoine de la société : les comptes bancaires personnels du dirigeant et ses biens propres n’entrent pas dans la liquidation. Depuis la loi du 14 février 2022, l’entrepreneur individuel bénéficie lui aussi d’une séparation de plein droit : il n’est tenu envers ses créanciers professionnels que sur son seul patrimoine professionnel, sauf sûreté conventionnelle ou renonciation (article L. 526-22 du Code de commerce). Deux situations exposent malgré tout le patrimoine personnel : le cautionnement consenti à une banque ou à un fournisseur, qui engage le signataire sur ses biens propres, et la condamnation personnelle en responsabilité pour insuffisance d’actif, qui suppose une faute de gestion et exclut expressément la simple négligence (article L. 651-2).

Qu’est-ce que le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ?

C’est une mesure du surendettement des particuliers, prévue par le Code de la consommation, et non une procédure du droit des entreprises. Lorsque la situation du débiteur est irrémédiablement compromise et qu’il ne possède que les biens limitativement énumérés par la loi, la commission de surendettement impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, qui emporte effacement des dettes arrêtées à la date de sa décision, à l’exception de celles que la loi exclut (article L. 741-1 du Code de la consommation). Lorsque le débiteur possède au contraire des biens susceptibles d’être vendus, c’est le rétablissement personnel avec liquidation judiciaire qui peut être prononcé par le juge. Ces procédures ne se confondent pas avec la liquidation judiciaire des entreprises décrite dans ce guide.

Quelle différence entre liquidation et redressement judiciaire ?

Les deux supposent la cessation des paiements, mais elles ne poursuivent pas le même but. Le redressement judiciaire est destiné à permettre la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif, et débouche sur un plan arrêté après une période d’observation (article L. 631-1 du Code de commerce). La liquidation judiciaire n’est ouverte qu’au débiteur dont le redressement est manifestement impossible : elle organise la fin de l’activité et la réalisation du patrimoine (article L. 640-1). Un redressement peut être converti en liquidation en cours de procédure, la conversion faisant elle aussi l’objet d’une publication au BODACC.

Combien de temps dure une liquidation judiciaire ?

Aucune durée uniforme n’est fixée par la loi. Dans le jugement d’ouverture, le tribunal fixe le délai au terme duquel la clôture de la procédure devra être examinée (article L. 643-9 du Code de commerce), et ce délai peut être prorogé tant que des actifs restent à réaliser ou qu’un contentieux est pendant. En procédure simplifiée, la clôture intervient au plus tard dans les six mois de la décision, délai porté à un an au-delà des seuils fixés par décret, avec une prorogation possible de trois mois par jugement spécialement motivé (article L. 644-5). Le même article L. 643-9 permet en outre à tout créancier de demander la clôture à l’expiration d’un délai de deux ans à compter du jugement de liquidation.

Que deviennent les dettes après la clôture ?

Le principe est posé par l’article L. 643-11 du Code de commerce : le jugement de clôture de liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif ne fait pas recouvrer aux créanciers l’exercice individuel de leurs actions contre le débiteur. Les dettes ne sont pas juridiquement effacées, mais les créanciers ne peuvent plus, en principe, en poursuivre le recouvrement. Le même article prévoit des exceptions limitativement énumérées, et permet notamment au tribunal d’autoriser la reprise des actions individuelles en cas de fraude à l’égard d’un ou de plusieurs créanciers.

Un salarié est-il payé pendant la liquidation (AGS) ?

Le régime de garantie des salaires (AGS) couvre les sommes dues aux salariés lorsque l’employeur fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire : salaires, indemnités de congés payés et créances nées de la rupture du contrat. Le salarié ne saisit pas l’AGS directement. Le mandataire ou le liquidateur établit un relevé des créances salariales et l’adresse à l’AGS, qui verse les sommes dans les cinq jours suivant la réception du relevé, dans la limite des plafonds fixés par la réglementation. Les salariés sont par ailleurs dispensés de déclarer leurs créances (article L. 622-24 du Code de commerce).

Comment déclarer sa créance et dans quel délai ?

La déclaration s’adresse au liquidateur désigné par le tribunal, dont le nom figure dans l’annonce du BODACC. Sauf situations particulières, les créanciers dont la créance est née avant le jugement d’ouverture disposent d’un délai de deux mois à compter de la publication de ce jugement au BODACC, délai augmenté de deux mois pour les créanciers ne demeurant pas en France métropolitaine (articles L. 622-24 et R. 622-24 du Code de commerce). La déclaration peut être faite par le créancier lui-même, par un préposé muni d’un pouvoir ou par un mandataire. À défaut de déclaration dans les délais, la créance risque de ne plus pouvoir être admise dans la procédure. Cette information est générale et ne constitue pas un conseil juridique individualisé.

Avertissement : cette page constate des publications officielles et présente des règles générales, vérifiées sur les textes officiels à la date de mise à jour ; elle ne constitue pas un conseil juridique individualisé et aucun délai propre à votre situation n’y est calculé. Pour votre cas précis, faites le point avec un avocat. La mise en relation se fait via Actav Suite.
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