Tarifs Activer ma vigilance

Actav · Droit du travail

Calcul préavis démission : ce qu'il faut savoir en 2026

Mis à jour le 10 août 2026

Réponse rapide

Calcul préavis démission : deux données suffisent, la durée applicable et la date à laquelle le préavis démarre. Le Code du travail ne fixe aucune durée générale : l'article L. 1237-1 renvoie à la loi, à la convention ou à l'accord collectif, puis aux usages de la profession. Le point de départ, lui, obéit à une règle unique : c'est la date à laquelle l'employeur apprend la démission, soit la première présentation de la lettre recommandée, soit le jour de la remise en main propre ; il est seulement reporté à la fin des congés lorsque la démission est notifiée pendant une période de congés payés. Un préavis exprimé en mois court ensuite de date à date, week-ends et jours fériés compris. Une démission notifiée le 3 septembre 2026 avec un préavis d'un mois s'achève donc le 2 octobre 2026, et le 2 décembre 2026 si le préavis est de trois mois. Le ministère du Travail met à disposition un simulateur gratuit qui donne la durée applicable à partir de la convention collective.

calcul préavis démission : durée, date de début et date de fin — Actav
Calcul préavis démission : deux données commandent tout, la durée fixée par la convention collective et la date de notification à l'employeur.

La question revient toujours dans le même ordre. Combien de temps dure mon préavis, et quel jour se termine-t-il ? Le calcul préavis démission paraît simple, mais il bute sur un piège : beaucoup de salariés cherchent une durée dans le Code du travail, et il n'y en a pas. La loi organise le préavis de démission sans en fixer de durée générale : hors deux professions qu'elle chiffre elle-même, elle laisse cette durée à la convention collective, au contrat de travail ou aux usages de la localité et de la profession.

Ce guide prend les questions dans l'ordre réel : où trouver la durée applicable, à quelle date le préavis commence à courir, comment se décompte un préavis exprimé en mois, d'où viennent les durées d'un, deux ou trois mois, quel simulateur utiliser, comment obtenir une dispense, ce que l'on risque à partir plus tôt, et ce qui se passe le dernier jour. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance ou à la fiche officielle de l'administration.

Employeur ? Créez votre société avec un avocat Diagnostic LancIA gratuit pour choisir la forme juridique, puis un avocat inscrit au Barreau qui rédige et dépose votre dossier.

Calcul préavis démission : quelle durée s'applique à votre contrat ?

Commençons par le point qui surprend le plus. Il n'existe aucune durée légale générale de préavis de démission. L'article L. 1237-1 du Code du travail se contente de désigner les sources : « En cas de démission, l'existence et la durée du préavis sont fixées par la loi, ou par convention ou accord collectif de travail. En l'absence de dispositions légales, de convention ou accord collectif de travail relatifs au préavis, son existence et sa durée résultent des usages pratiqués dans la localité et dans la profession. »

La fiche officielle « Démission d'un salarié » le dit dans les mêmes termes : « La loi ne fixe pas la durée du préavis de démission. Le plus souvent, la durée du préavis est fixée par la convention ou l'accord collectif de travail applicable dans l'entreprise. » Elle ajoute que « le contrat de travail peut fixer la durée du préavis de démission » et qu'à défaut de convention, d'accord collectif ou de précision dans le contrat, « ce sont les usages pratiqués dans la localité ou la profession qui s'appliquent ».

Une conséquence est rarement écrite noir sur blanc, et pourtant elle est officielle. Le Code du travail numérique, édité par le ministère du Travail, va au bout du raisonnement : « Si rien n'est prévu à ce sujet, cela signifie que vous n'avez aucun préavis de démission à respecter. » Le cas est rare, car la plupart des branches ont une convention collective étendue, mais il existe.

Source de la duréeCe qu'elle prévoitOù la chercher
La loi, pour certaines professionsUne durée chiffrée directement dans le Code du travail : représentants de commerce, journalistes professionnelsCode du travail, septième partie
La convention ou l'accord collectif de brancheLe cas le plus fréquent : une durée par catégorie d'emploi et par tranche d'anciennetéNom de la convention et numéro IDCC, sur le bulletin de paie
L'accord d'entreprisePeut traiter le même sujet et s'appliquer à la place de la brancheIntranet, affichage obligatoire, représentants du personnel
Le contrat de travailPeut fixer une durée, retenue si elle est plus favorable au salariéClause « préavis » ou « rupture » du contrat signé
Les usages de la localité et de la professionS'appliquent seulement à défaut de tout le resteInspection du travail, organisation professionnelle

Calculer son préavis de démission : la méthode en quatre étapes

La méthode est toujours la même, et elle se déroule dans cet ordre, du texte le plus précis au plus général.

  1. Relever la convention collective sur le bulletin de paie. Son intitulé et son numéro IDCC y figurent. C'est la porte d'entrée de tout le reste.
  2. Vérifier s'il existe un accord d'entreprise. Lorsqu'il traite du préavis, il s'applique à la place de la convention de branche sur ce point.
  3. Relire la clause de préavis du contrat de travail. Une clause qui prévoit une durée plus courte que la convention profite au salarié et s'applique.
  4. À défaut de tout texte, chercher l'usage de la profession. Et s'il n'y en a aucun, aucun préavis n'est dû.

Une précision géographique s'ajoute pour trois départements. Le Code du travail numérique cite, parmi les sources possibles, « le droit local (en Alsace-Moselle) » : le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle conservent des règles propres, qu'il faut vérifier avant de retenir une durée.

Calcul préavis démission : tout part du bulletin de paie. C'est le seul document qui porte à la fois l'intitulé de la convention collective, son numéro IDCC et l'ancienneté. Sans ces trois informations, aucune durée ne peut être établie, et aucun simulateur ne peut répondre.

Quand commence le préavis de démission ?

C'est la question qui décide de la date de fin, et sa réponse est unique quelle que soit la convention collective. La fiche officielle est formelle : « Le point de départ du préavis est la date de notification à l'employeur de la démission, c'est-à-dire le moment où il en a connaissance. »

Autrement dit, ce n'est ni la date que vous écrivez en haut de votre lettre, ni le jour où vous la postez, ni celui où l'employeur vous répond. C'est le moment où l'information lui parvient. Trois situations se présentent en pratique.

Mode de notificationDate de départ du préavisPreuve à conserver
Lettre recommandée avec avis de réceptionLa date de première présentation de la lettre par les services de La PosteAvis de dépôt et suivi postal
Remise en main propre contre déchargeLe jour de la remise en main propreExemplaire daté et signé par l'employeur
Annonce oraleLe jour où le salarié annonce sa démission à l'employeurAucune preuve écrite : mode à éviter

La fiche officielle détaille les deux premiers cas mot pour mot. « Si elle est notifiée par lettre RAR, le préavis commence à courir à la date de 1re présentation de la lettre par les services de la Poste. » Et « lorsque la démission s'effectue par une remise en mains propres contre décharge, c'est le jour de la remise en mains propres qui fixe le point de départ du préavis ». La première présentation est le passage du facteur, pas le retrait au bureau de poste : un employeur qui laisse dormir l'avis ne repousse donc pas votre départ.

Rien n'oblige d'ailleurs à écrire. La même fiche rappelle qu'« il n'y a pas de procédure légale imposée pour notifier une démission » et que le salarié « peut informer son employeur ou supérieur hiérarchique oralement ou par écrit ». L'écrit ne sert pas à valider la démission, il sert à en dater le point de départ, ce qui est exactement le sujet de cette page.

Calcul préavis démission : la date écrite sur la lettre ne compte pas. Une lettre datée du 1er septembre, postée le 2 et présentée le 3 fait courir le préavis à partir du 3 septembre. Trois jours d'écart suffisent à décaler la fin du contrat, donc la date à laquelle vous pouvez commencer ailleurs.

Quand démarre le préavis de démission si vous êtes en congés payés ?

Il ne démarre pas tout de suite. La fiche officielle tranche : « Lorsque la démission est notifiée à l'employeur durant une période de congés payés, le préavis est reporté et débute à la fin des congés payés. » Une démission notifiée le 10 août alors que vous êtes en congés jusqu'au 24 août fait donc partir le préavis le 25 août, et pas le 10.

L'inverse est verrouillé aussi. Toujours selon la même fiche, « une fois la démission notifiée à l'employeur, celui-ci ne peut pas imposer au salarié démissionnaire de prendre ses congés payés durant son préavis ». Un employeur ne peut donc pas vider le préavis de sa substance en y logeant les congés restants. Si les deux parties sont d'accord, en revanche, rien ne l'interdit.

Date de départ du préavis en cas d'arrêt de travail

La démission reste possible pendant un arrêt, et le préavis court quand même. La fiche « Un salarié peut-il démissionner pendant un arrêt de travail ? » répond « oui, un salarié peut démissionner pendant un arrêt de travail prescrit pour la maladie, la maladie professionnelle ou un accident de travail », puis règle la question du décompte : « Si l'arrêt de travail prend fin après la durée du préavis, le préavis n'est pas prolongé et se termine à la date initialement prévue. » Si l'arrêt s'achève avant, le salarié doit « effectuer la durée restante de son préavis dans l'entreprise ».

La différence avec les congés payés est nette et vaut la peine d'être retenue : les congés payés reportent le départ du préavis, l'arrêt de travail ne le reporte pas et ne le prolonge pas.

Préavis d'un mois, de deux mois ou de trois mois : d'où viennent ces durées ?

Ces trois durées reviennent partout, au point d'être prises pour la loi. Elles viennent en réalité des conventions collectives, qui échelonnent presque toujours le préavis selon la catégorie d'emploi et l'ancienneté. Voici trois grilles relevées sur le Code du travail numérique, le service officiel du ministère du Travail : celles des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile, de la métallurgie et des bureaux d'études techniques.

DuréeConvention collectiveQui est concerné
1 semaineParticuliers employeurs et emploi à domicile (IDCC 3239)Ancienneté inférieure à 6 mois
2 semainesParticuliers employeurs et emploi à domicile (IDCC 3239)Ancienneté de 6 mois à moins de 2 ans
2 semaines calendairesMétallurgie (IDCC 3248)Groupes d'emplois A et B, non-cadres
1 moisParticuliers employeurs (IDCC 3239) et Syntec, bureaux d'études (IDCC 1486)Ancienneté d'au moins 2 ans, et ETAM de moins de 2 ans d'ancienneté
1 mois calendaireMétallurgie (IDCC 3248)Groupe d'emplois C, non-cadres
2 moisSyntec, bureaux d'études (IDCC 1486)ETAM de plus de 2 ans d'ancienneté, et coefficients 400, 450 et 500 quelle que soit l'ancienneté
2 mois calendairesMétallurgie (IDCC 3248)Groupes d'emplois D et E, non-cadres
3 moisSyntec, bureaux d'études (IDCC 1486)Ingénieurs et cadres
3 mois calendairesMétallurgie (IDCC 3248)Groupes d'emplois F, G, H et I, cadres

Deux enseignements se dégagent de ce tableau. D'abord, un préavis d'un mois correspond en général à un salarié non-cadre disposant déjà d'un peu d'ancienneté, et un préavis de trois mois au statut cadre. Ensuite, la fiche officielle consacrée à la convention Syntec précise que « l'employeur et le salarié peuvent décider par accord d'une durée de préavis supérieure ou inférieure » : la durée conventionnelle est un point de départ de négociation, pas un mur.

Les préavis fixés directement par la loi

Deux professions échappent au renvoi à la convention collective, parce que le Code du travail chiffre lui-même leur préavis. Ce sont les seuls cas où une durée d'un, deux ou trois mois se lit dans la loi.

  • Les représentants de commerce. L'article L. 7313-9 du Code du travail dispose qu'« en cas de rupture du contrat de travail, la durée du préavis ne peut être inférieure à : 1° Un mois durant la première année de présence dans l'entreprise ; 2° Deux mois durant la deuxième année ; 3° Trois mois au-delà. » Le texte vise la rupture sans distinguer selon son auteur : il joue donc aussi pour la démission.
  • Les journalistes professionnels. L'article L. 7112-2 du Code du travail fixe la durée à « 1° Un mois pour une ancienneté inférieure ou égale à trois ans ; 2° Deux mois pour une ancienneté supérieure à trois ans », dans les entreprises de journaux et périodiques, « en cas de rupture par l'une ou l'autre des parties du contrat de travail à durée indéterminée ».

Le préavis de licenciement n'est pas le préavis de démission. Les durées d'un mois et de deux mois de l'article L. 1234-1 du Code du travail, très souvent citées, ne concernent que le licenciement : le texte s'ouvre sur « Lorsque le licenciement n'est pas motivé par une faute grave, le salarié a droit ». Les transposer à une démission est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet.

Calcul préavis démission : jours calendaires ou jours ouvrés ?

Un préavis exprimé en mois ou en semaines se décompte en jours calendaires. Samedis, dimanches, jours fériés et ponts sont dans le compte, exactement comme les jours travaillés. La convention de la métallurgie l'écrit d'ailleurs dans ses propres termes, en parlant de « 1 mois calendaire », de « 2 mois calendaires » et de « 3 mois calendaires ».

La mécanique est celle d'un délai qui court de date à date. La fiche officielle consacrée au préavis de licenciement la formule ainsi : « le préavis de licenciement est un délai préfix, c'est-à-dire qu'il court de date à date, sans interruption ni suspension ». Le raisonnement est le même côté démission, à ceci près que le compte démarre à la notification faite par le salarié.

Concrètement, un préavis d'un mois qui démarre le 3 septembre s'achève le 2 octobre : le dernier jour du contrat est la veille du même quantième, le mois suivant. Voici la même démission traitée avec les durées les plus courantes.

Date de notificationDurée du préavisDernier jour du contratJours calendaires écoulés
Jeudi 3 septembre 20261 moisVendredi 2 octobre 202630 jours
Jeudi 3 septembre 20262 moisLundi 2 novembre 202661 jours
Jeudi 3 septembre 20263 moisMercredi 2 décembre 202691 jours
Lundi 14 septembre 20262 semainesDimanche 27 septembre 202614 jours

Deux points de vigilance méritent d'être notés avant de s'engager ailleurs. Le dernier jour du contrat peut tomber un dimanche ou un jour férié : cela ne le décale pas, le contrat prend fin ce jour-là. Et lorsque la notification tombe un 29, un 30 ou un 31 et que le mois d'arrivée est plus court, faites confirmer la date de fin par écrit avec l'employeur : c'est le cas où les deux calendriers divergent le plus souvent.

Le préavis n'est pas suspendu par un jour de repos. Un salarié à temps partiel qui ne travaille que trois jours par semaine effectue le même préavis calendaire qu'un salarié à temps plein. La durée se compte en mois de calendrier, pas en jours de présence dans l'entreprise.

Modèles rédigés par avocat (bibliothèque) Modèles Word vérifiés par des avocats inscrits au Barreau : conditions générales de vente, création d'entreprise, baux.

Existe-t-il un simulateur de préavis de démission fiable ?

Oui, et il est officiel. Le ministère du Travail publie sur le Code du travail numérique un simulateur de calcul du préavis de démission dont la présentation tient en une phrase : « Ce simulateur permet de calculer la durée du préavis que le salarié doit respecter en cas de démission. » Son usage est gratuit et ne demande aucune inscription.

Il fonctionne par étapes, et la première est l'identification de la convention collective, ce qui confirme le raisonnement de la section précédente : la durée vient de la branche, pas du Code du travail. La page invite d'ailleurs à préparer son bulletin de paie, en indiquant que « des informations disponibles sur le bulletin de salaire pourraient être utiles ». Le ministère publie aussi un simulateur distinct pour le préavis de licenciement : les deux ne sont pas interchangeables.

Du simulateur à la date de fin de contrat : trois informations à réunir

Un point mérite d'être clair, car il explique la déception de beaucoup d'utilisateurs. Le simulateur officiel restitue une durée, pas une date. Pour obtenir le jour exact où votre contrat s'arrête, il faut ensuite reporter cette durée sur la date de notification. Trois informations suffisent.

  1. La convention collective et son numéro IDCC, relevés sur le bulletin de paie. C'est l'entrée du simulateur.
  2. Votre statut et votre ancienneté à la date de la démission : la plupart des grilles conventionnelles combinent les deux critères.
  3. La date de notification, c'est-à-dire la première présentation de la lettre recommandée ou le jour de la remise en main propre. C'est elle qui sert de point d'appui au calcul de la date de fin.

Deux limites, enfin, valent pour tous les simulateurs, y compris officiels. Ils raisonnent sur la convention de branche et ne connaissent ni l'accord d'entreprise applicable dans votre société, ni la clause de préavis de votre contrat de travail, ni l'usage local. Le résultat obtenu est donc une base à confronter à vos propres documents avant de poser une date de départ.

Calcul préavis démission : un simulateur donne une durée, jamais une date. La date de fin de contrat dépend d'un élément qu'aucun outil ne connaît, la date exacte à laquelle votre employeur a eu connaissance de la démission. C'est vous qui l'apportez, avis de dépôt postal ou décharge signée à l'appui.

Peut-on raccourcir ou supprimer son préavis de démission ?

Le principe est que le préavis s'exécute en entier. Le Code du travail numérique l'énonce ainsi : « En principe, le préavis de démission doit être exécuté en totalité par l'employeur et le salarié », y compris lorsque le salarié a déjà retrouvé un emploi. Avoir signé ailleurs n'est pas, en soi, un motif de dispense.

Trois voies existent malgré tout, et elles n'ont pas du tout les mêmes conséquences financières.

SituationEffet sur le préavisIndemnité compensatrice de préavis
Le salarié demande la dispense, l'employeur accepteLe contrat prend fin par anticipationNon due
L'employeur dispense le salarié de sa propre initiativeLe salarié quitte l'entreprise, la date de fin reste celle du préavisDue par l'employeur
Cas prévus par la loi ou la convention collectiveAucun préavis, ou un délai spécifique très courtSans objet

La fiche officielle décrit les deux premiers cas de façon symétrique. Le salarié peut être dispensé « à sa demande et après acceptation de l'employeur », et dans ce cas l'indemnité compensatrice de préavis « n'est pas due ». Il peut aussi l'être « à la seule initiative de l'employeur », lequel « doit néanmoins verser l'indemnité compensatrice de préavis ». La fiche consacrée à cette indemnité en donne le montant : il « est égal au salaire brut que le salarié aurait perçu s'il avait continué à travailler jusqu'à la fin du préavis, indemnité de congé payés comprise ».

Les dispenses prévues par la loi

Deux cas de dispense figurent directement dans le Code du travail, et ils concernent la parentalité.

  • La grossesse médicalement constatée. L'article L. 1225-34 du Code du travail tient en une phrase : « La salariée en état de grossesse médicalement constaté peut rompre son contrat de travail sans préavis et sans devoir d'indemnité de rupture. »
  • La démission pour élever son enfant. L'article L. 1225-66 du Code du travail permet au salarié, « sous réserve d'en informer son employeur au moins quinze jours à l'avance », de rompre son contrat « à l'issue du congé de maternité ou d'adoption ou, le cas échéant, deux mois après la naissance ou l'arrivée au foyer de l'enfant, sans être tenu de respecter le délai de préavis, ni de devoir de ce fait d'indemnité de rupture ».

Le Code du travail numérique range trois autres situations parmi les exceptions à l'exécution complète du préavis, et elles viennent du Code du travail, pas de la convention collective : la prise de congés payés pendant le préavis avec l'accord de l'employeur, la fermeture de l'entreprise pour congés annuels, cas dans lequel « le préavis est entièrement payé et il termine à sa date de fin normale », et la rupture du contrat à l'issue d'un congé pour création d'entreprise, la seule des trois où le salarié « n'a pas de préavis à accomplir ».

Que risque-t-on si le préavis de démission n'est pas exécuté ?

Partir avant la fin sans dispense écrite n'est pas une simple maladresse. Le Code du travail numérique décrit la sanction civile : « si l'un d'eux ne respecte pas le préavis, le second peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir le paiement d'une indemnité égale au salaire qui aurait été versé pendant la durée du préavis non exécuté ». La règle joue dans les deux sens, mais après une démission, c'est l'employeur qui peut réclamer, et le montant correspond au salaire de la période non travaillée.

Trois précautions évitent l'essentiel du risque.

  • Faire écrire la dispense. Un accord oral pour partir plus tôt ne se prouve pas. Un courriel de l'employeur confirmant la date de sortie suffit.
  • Ne pas confondre dispense et absence. Cesser de venir avant la fin du préavis reste une inexécution, même si un nouvel employeur presse.
  • Vérifier la date de fin avant de signer ailleurs. Un chevauchement de quelques jours entre deux contrats est la cause la plus banale de litige sur ce sujet.

Un dernier point est souvent découvert trop tard. La démission ne se reprend pas. La fiche officielle l'énonce ainsi : « Lorsque la démission est claire et non équivoque, elle devient définitive. Le salarié démissionnaire ne peut pas se rétracter. Il peut se rétracter uniquement si l'employeur accepte cette rétractation. » Le calcul du préavis intervient donc après une décision qui, elle, est déjà irréversible.

Calcul préavis démission : la date de fin engage aussi votre futur employeur. Annoncer une date d'arrivée avant d'avoir vérifié la date de sortie expose à devoir choisir entre deux contrats qui se chevauchent. Communiquez la date de fin une fois la notification faite, et pas avant.

Calcul du préavis en CDD, en contrat de mission et pendant la période d'essai

Les règles précédentes visent le contrat à durée indéterminée. Quatre cas obéissent à des règles de délai entièrement différentes, beaucoup plus courtes, et fixées cette fois par la loi elle-même.

SituationDélai à respecterTexte applicable
Rupture de la période d'essai par le salarié48 heures, ramenées à 24 heures si la présence dans l'entreprise est inférieure à 8 joursArt. L. 1221-26 C. trav.
CDD rompu par le salarié pour une embauche en CDI1 jour par semaine, calculé sur la durée totale du contrat s'il comporte un terme précis et sur la durée effectuée à défaut, sans excéder 2 semainesArt. L. 1243-2 C. trav.
Contrat de mission (intérim) rompu par le salarié pour une embauche en CDI1 jour par semaine, calculé de la même façon, mais jamais moins de 1 jour ni plus de 2 semainesArt. L. 1251-28 C. trav.
Durée maximale de la période d'essai en CDD1 jour par semaine, plafonné à 2 semaines si le contrat est d'au plus 6 mois et à 1 mois au-delàArt. L. 1242-10 C. trav.

Le cas du contrat à durée déterminée mérite une phrase d'explication, car le mot démission y est impropre. Un salarié en CDD ne démissionne pas : il ne peut rompre son contrat par anticipation que dans les cas limitativement prévus, dont la justification d'une embauche en contrat à durée indéterminée. C'est dans cette hypothèse que l'article L. 1243-2 du Code du travail impose un préavis « à raison d'un jour par semaine », qui « ne peut excéder deux semaines ». Un CDD de six mois à terme précis, soit environ 26 semaines, donnerait 26 jours : le plafond le ramène à deux semaines. Un CDD de deux mois, soit environ 9 semaines, donne un préavis de 9 jours. Le contrat de mission d'un intérimaire suit la même arithmétique, mais dans un autre texte : l'article L. 1251-28 du Code du travail ajoute un plancher que le CDD ne connaît pas, puisqu'il précise que « la durée totale du préavis ne peut être inférieure à un jour ni supérieure à deux semaines ». La même logique de proportionnalité gouverne la période d'essai du CDD, que l'article L. 1242-10 du Code du travail fixe à « un jour par semaine, dans la limite de deux semaines lorsque la durée initialement prévue au contrat est au plus égale à six mois et d'un mois dans les autres cas ».

Pendant la période d'essai d'un contrat à durée indéterminée, ce n'est pas non plus un préavis mais un délai de prévenance. L'article L. 1221-26 du Code du travail le fixe très court : « Lorsqu'il est mis fin à la période d'essai par le salarié, celui-ci respecte un délai de prévenance de quarante-huit heures. Ce délai est ramené à vingt-quatre heures si la durée de présence du salarié dans l'entreprise est inférieure à huit jours. »

Que se passe-t-il au dernier jour du préavis ?

Le contrat prend fin, et trois documents doivent être remis. La fiche officielle est précise sur le moment : « Au terme du préavis de démission, l'employeur doit obligatoirement remettre au salarié les documents suivants : certificat de travail, reçu pour solde de tout compte, attestation destinée à France Travail. »

  • Le certificat de travail. L'article L. 1234-19 du Code du travail impose sa délivrance « à l'expiration du contrat de travail », quel que soit le mode de rupture, démission comprise.
  • Le reçu pour solde de tout compte. L'article L. 1234-20 du Code du travail prévoit qu'il « peut être dénoncé dans les six mois qui suivent sa signature, délai au-delà duquel il devient libératoire pour l'employeur pour les sommes qui y sont mentionnées ». L'effet ne joue que pour les sommes effectivement inscrites sur le reçu.
  • L'attestation destinée à France Travail. Elle sert à faire valoir des droits éventuels, y compris après une démission reconnue légitime.

Les congés payés non pris sont réglés dans ce solde. L'article L. 3141-28 du Code du travail énonce que le salarié « reçoit, pour la fraction de congé dont il n'a pas bénéficié, une indemnité compensatrice de congé », et ajoute que « l'indemnité est due que cette rupture résulte du fait du salarié ou du fait de l'employeur ». Une démission n'y change donc rien.

Reste la question du chômage, qui commande souvent le calendrier. La fiche officielle est claire : « La démission ne donne pas droit à une indemnisation au titre de l'assurance chômage. Cependant, dans certains cas, la démission peut être considérée comme légitime par France Travail. » France Travail rappelle de son côté que « certaines démissions, justifiées par des impératifs professionnels ou familiaux, peuvent être considérées comme légitimes », et demande de s'inscrire « dans un délai de 12 mois maximum suivant la fin de votre contrat de travail ». Ce délai de douze mois court à partir du dernier jour du préavis, pas du jour de la démission : une raison de plus de fixer cette date avec précision.

A

Sur Actav (actav.fr), les employeurs qui créent leur structure passent par un parcours en deux temps. Le diagnostic LancIA est gratuit : il recommande la forme juridique, calcule le coût réel et prépare le kit de documents. Vient ensuite la voie avec avocat : la publication du dossier au réseau ne demande aucun paiement, le déblocage du dossier coûte 99 € HT et les honoraires de l'avocat, libres, démarrent à 89 € HT selon la forme et la complexité. Une option sans avocat existe, le kit de documents à 59 € HT. Les frais officiels sont facturés à part, dont 33,83 € TTC pour l'INPI et 19,33 € TTC pour le registre des bénéficiaires effectifs.

FAQ : vos questions sur le calcul du préavis de démission

Le jour où l'employeur apprend la démission. La fiche officielle service-public.gouv.fr l'écrit ainsi : « Le point de départ du préavis est la date de notification à l'employeur de la démission, c'est-à-dire le moment où il en a connaissance. » En lettre recommandée, « le préavis commence à courir à la date de 1re présentation de la lettre par les services de la Poste ». En remise en main propre contre décharge, « c'est le jour de la remise en mains propres qui fixe le point de départ du préavis ». La date inscrite en haut de la lettre et la date d'envoi sont sans effet. Une exception existe : si la démission est notifiée pendant des congés payés, le préavis est reporté et débute à la fin des congés.

À la notification, et sans délai de réflexion. Aucun délai de carence ne s'intercale entre l'annonce et le début du préavis : le compte à rebours démarre le jour même où l'employeur en a connaissance. Trois cas se distinguent. Lettre recommandée : première présentation par La Poste. Remise en main propre contre décharge : jour de la remise. Annonce orale, admise puisque « il n'y a pas de procédure légale imposée pour notifier une démission » : jour de l'annonce, mais sans preuve. Deux événements déplacent ce départ : des congés payés en cours, qui reportent le préavis à leur terme, et une dispense accordée par l'employeur, qui met fin au contrat par anticipation.

Un seul délai est vraiment à chercher, les autres sont fixés par la loi. La durée du préavis de démission vient de la convention collective, du contrat ou des usages, l'article L. 1237-1 du Code du travail ne la chiffrant pas. Les durées conventionnelles les plus répandues sont 1 mois, 2 mois et 3 mois selon la catégorie d'emploi et l'ancienneté. Les délais fixés par la loi sont d'une autre nature : 48 heures de prévenance pendant la période d'essai, ramenées à 24 heures avant 8 jours de présence (art. L. 1221-26) ; 1 jour par semaine plafonné à 2 semaines pour un CDD rompu pour une embauche en CDI (art. L. 1243-2) ; 15 jours d'information préalable pour une démission destinée à élever son enfant (art. L. 1225-66) ; 6 mois pour dénoncer le reçu pour solde de tout compte (art. L. 1234-20) ; 12 mois après la fin du contrat pour s'inscrire à France Travail.

Cinq démarches, dans cet ordre. Relever la convention collective et son numéro IDCC sur le bulletin de paie, puis vérifier l'accord d'entreprise et la clause de préavis du contrat de travail. Déterminer la durée applicable, au besoin avec le simulateur du ministère du Travail. Notifier la démission par lettre recommandée avec avis de réception ou par remise en main propre contre décharge, afin de dater le point de départ de façon incontestable. Reporter la durée sur cette date pour obtenir le dernier jour du contrat. Demander par écrit, si besoin, une dispense de préavis, en sachant qu'une dispense demandée par le salarié n'ouvre droit à aucune indemnité compensatrice.

Trois documents en entrée, trois documents en sortie. En entrée, réunissez le bulletin de paie le plus récent, qui porte la convention collective et l'ancienneté, le contrat de travail et ses avenants, qui peuvent contenir une clause de préavis, et la convention collective ou l'accord d'entreprise applicable. En sortie, l'employeur doit remettre au terme du préavis le certificat de travail (art. L. 1234-19 C. trav.), le reçu pour solde de tout compte (art. L. 1234-20 C. trav.) et l'attestation destinée à France Travail. Conservez aussi la preuve de la notification, avis de dépôt postal ou exemplaire de la lettre signé par l'employeur : c'est la pièce qui établit la date de début du préavis.

Quatre erreurs reviennent systématiquement. Appliquer à une démission les préavis d'un et deux mois de l'article L. 1234-1 du Code du travail, qui ne visent que le licenciement. Faire partir le préavis de la date écrite sur la lettre plutôt que de sa première présentation. Croire qu'un nouvel emploi dispense d'exécuter le préavis, alors que le service officiel du ministère du Travail écrit que « le préavis de démission doit être exécuté en totalité par l'employeur et le salarié ». Partir plus tôt sans dispense écrite : l'employeur peut alors saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir « une indemnité égale au salaire qui aurait été versé pendant la durée du préavis non exécuté ». À cela s'ajoute une méprise fréquente : la démission claire et non équivoque est définitive et ne se rétracte pas sans l'accord de l'employeur.

En jours calendaires. Un préavis exprimé en mois court de date à date, samedis, dimanches et jours fériés compris. La convention collective de la métallurgie emploie d'ailleurs les termes « 1 mois calendaire », « 2 mois calendaires » et « 3 mois calendaires ». La fiche officielle sur le préavis de licenciement décrit la même mécanique : « le préavis de licenciement est un délai préfix, c'est-à-dire qu'il court de date à date, sans interruption ni suspension ». Exemple : notifié le 3 septembre 2026, un préavis d'un mois s'achève le 2 octobre 2026, un préavis de trois mois le 2 décembre 2026. Un salarié à temps partiel effectue le même préavis calendaire qu'un salarié à temps plein.

Oui, celui du ministère du Travail, gratuit. Le Code du travail numérique publie un outil présenté ainsi : « Ce simulateur permet de calculer la durée du préavis que le salarié doit respecter en cas de démission. » Il démarre par l'identification de la convention collective et invite à préparer son bulletin de paie, « des informations disponibles sur le bulletin de salaire pourraient être utiles ». Deux limites à connaître : il restitue une durée et non une date de fin de contrat, qu'il faut calculer en reportant cette durée sur la date de notification ; et il raisonne sur la convention de branche, sans connaître l'accord d'entreprise, la clause de votre contrat ni l'usage local. Un simulateur distinct existe pour le préavis de licenciement : les deux ne se remplacent pas.

Oui, lorsqu'il est prévu par la convention collective ou le contrat. Trois mois est la durée courante pour les cadres : la convention Syntec des bureaux d'études techniques (IDCC 1486) la retient pour les ingénieurs et cadres, et la convention de la métallurgie (IDCC 3248) prévoit « 3 mois calendaires » pour les groupes d'emplois F, G, H et I. La loi ne fixe elle-même trois mois que dans un cas, celui des représentants de commerce au-delà de la deuxième année de présence (art. L. 7313-9 C. trav.). La fiche officielle de la convention Syntec précise par ailleurs que « l'employeur et le salarié peuvent décider par accord d'une durée de préavis supérieure ou inférieure » : trois mois se négocient.

Non. La fiche officielle service-public.gouv.fr l'écrit sans réserve : « Une fois la démission notifiée à l'employeur, celui-ci ne peut pas imposer au salarié démissionnaire de prendre ses congés payés durant son préavis. » Le cas inverse est également réglé : « Lorsque la démission est notifiée à l'employeur durant une période de congés payés, le préavis est reporté et débute à la fin des congés payés. » Les congés non pris à la fin du contrat sont indemnisés dans le solde de tout compte, l'article L. 3141-28 du Code du travail précisant que l'indemnité compensatrice « est due que cette rupture résulte du fait du salarié ou du fait de l'employeur ».

Il faut chercher un usage, et à défaut il n'y a pas de préavis. L'article L. 1237-1 du Code du travail prévoit qu'« en l'absence de dispositions légales, de convention ou accord collectif de travail relatifs au préavis, son existence et sa durée résultent des usages pratiqués dans la localité et dans la profession ». Le Code du travail numérique en tire la conclusion : « Si rien n'est prévu à ce sujet, cela signifie que vous n'avez aucun préavis de démission à respecter. » Deux réserves avant de conclure : le contrat de travail peut fixer lui-même une durée, et le droit local d'Alsace-Moselle peut s'appliquer dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. Faites confirmer par écrit l'absence de convention collective applicable avant de partir sans préavis.

Création d'entreprise

Employeur ? Créez votre société avec un avocat

Diagnostic LancIA gratuit pour choisir la forme juridique et calculer le coût réel, puis un avocat inscrit au Barreau qui rédige les statuts et dépose le dossier jusqu'au Kbis.

Diagnostic gratuit · Avocat inscrit au Barreau · Dossier déposé jusqu'au Kbis

Découvrir la création d'entreprise →
Bibliothèque
ACTAV Suite
Assistant en ligne
Propulsé par ACTAV · support@actav.fr