Au moment de quitter la vie active, beaucoup de salariés ignorent qu'ils ont droit à une somme versée par leur employeur. Cette indemnité départ retraite récompense les années passées dans l'entreprise et peut représenter plusieurs mois de salaire. Son montant dépend de trois éléments : qui décide du départ, votre ancienneté et votre salaire de référence.
Cette page vous explique comment fonctionne cette indemnité en 2026, comment la calculer selon les barèmes officiels, et quelle fiscalité s'y applique. Le simulateur ci-dessus vous donne une estimation immédiate et gratuite.
Départ volontaire ou mise à la retraite : quelle indemnité ?
La première question à se poser est simple : qui décide du départ ? La réponse change tout, car les règles de calcul et la fiscalité ne sont pas les mêmes selon les deux situations prévues par le Code du travail.
Le départ volontaire à la retraite
Vous décidez vous-même de quitter l'entreprise pour faire valoir vos droits à la retraite. Dans ce cas, vous percevez une indemnité de départ à la retraite, couramment appelée prime de départ à la retraite, à condition de justifier d'au moins 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise (article L1237-9 du Code du travail, dont les conditions officielles sont détaillées sur service-public.fr). En dessous de ce seuil, aucune indemnité légale n'est due, sauf disposition plus favorable de votre convention collective.
La mise à la retraite par l'employeur
C'est votre employeur qui prend l'initiative de vous mettre à la retraite, ce qui n'est possible qu'à partir de 70 ans sans votre accord. L'indemnité de mise à la retraite est alors versée sans aucune condition d'ancienneté et son montant suit le barème, plus avantageux, de l'indemnité de licenciement. Sa fiscalité est également bien plus favorable.
Un préavis équivalent à celui du licenciement s'applique dans les deux cas. Votre ancienneté est figée à la date de fin de ce préavis, même si vous ne l'effectuez pas.
Comment calculer l'indemnité de départ retraite ?
Le calcul de l'indemnité de départ à la retraite repose sur deux barèmes distincts. Dans les deux cas, on multiplie un nombre de mois par votre salaire de référence.
Le salaire de référence
Vous retenez le montant le plus avantageux entre deux méthodes : soit 1/12 de votre rémunération brute des 12 derniers mois, soit 1/3 de vos 3 derniers mois. Avec la seconde méthode, toute prime annuelle ou exceptionnelle est recalculée au prorata sur 3 mois. Une prime annuelle de 1 200 € ne compte par exemple que pour 300 € (1 200 / 12 × 3).
Le barème du départ volontaire
Pour un départ à votre initiative, l'indemnité départ retraite progresse par paliers selon votre ancienneté :
| Ancienneté dans l'entreprise | Indemnité légale |
|---|---|
| De 10 à moins de 15 ans | ½ mois de salaire |
| De 15 à moins de 20 ans | 1 mois de salaire |
| De 20 à moins de 30 ans | 1 mois et demi de salaire |
| 30 ans et plus | 2 mois de salaire |
Le barème de la mise à la retraite
Quand l'employeur décide, le calcul reprend la formule de l'indemnité légale de licenciement, proportionnelle à chaque année : 1/4 de mois de salaire par an pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par an à partir de la onzième. Une année incomplète est comptée au prorata des mois. Pour 12 ans et 9 mois avec un salaire de 2 200 €, l'indemnité atteint ainsi 7 516,67 €.
Un doute sur votre salaire de référence ou votre ancienneté ? Sur Actav Connect, l'espace d'entraide juridique gratuit d'Actav, vous pouvez poser votre question et confronter votre situation avant d'officialiser votre départ à la retraite.
Le simulateur d'indemnité départ retraite — mode d'emploi
Le calcul manuel de cette indemnité reste source d'erreurs : c'est pourquoi notre simulateur l'automatise selon les barèmes 2026. Voici comment l'utiliser en moins d'une minute.
- Choisissez le type de départ : volontaire (à votre initiative) ou mise à la retraite (décidée par l'employeur). L'outil bascule automatiquement sur le bon barème.
- Saisissez votre ancienneté en années et en mois, calculée jusqu'à la fin du préavis.
- Indiquez votre salaire de référence mensuel brut, en retenant la méthode la plus favorable.
- Ajoutez, si vous la connaissez, l'indemnité prévue par votre convention collective : le simulateur retient automatiquement le montant le plus élevé.
Le résultat affiche le montant de votre indemnité, le barème appliqué et la fiscalité correspondante. Pour comparer avec d'autres situations de fin de contrat, testez aussi le simulateur de rupture conventionnelle.
Fiscalité de l'indemnité de départ retraite
La fiscalité est le point qui sépare le plus nettement les deux situations. Une même indemnité de départ à la retraite peut être entièrement imposée ou largement exonérée selon qui a décidé du départ.
En cas de départ volontaire
L'indemnité est imposable en totalité à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est aussi soumise aux cotisations de Sécurité sociale, à la CSG et à la CRDS. Seule exception : un départ dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi, qui ouvre droit à une exonération totale. Pour limiter la note, vous pouvez demander l'imposition selon le système du quotient.
En cas de mise à la retraite
L'indemnité est partiellement exonérée d'impôt. La fraction exonérée correspond au plus élevé des trois montants suivants : le montant légal ou conventionnel (sans plafond), 50 % de l'indemnité perçue, ou le double de votre rémunération brute de l'année précédente. Ces deux dernières options sont plafonnées à 240 300 € en 2026, soit cinq fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. La part exonérée d'impôt échappe également aux cotisations de Sécurité sociale dans la limite de 96 120 € (deux fois le PASS) ; la CSG et la CRDS, en revanche, restent dues sur la fraction qui dépasse le montant légal ou conventionnel. Si l'indemnité dépasse 480 600 € (dix fois le PASS), elle est soumise aux cotisations dès le premier euro.
Actav est une plateforme juridique animée par des avocats. Au-delà du calcul de votre indemnité, la Bibliothèque Actav réunit des modèles juridiques (statuts, contrats, baux, CGV) rédigés et validés par des avocats.
Convention collective et indemnité supra-légale
Les barèmes que nous venons de voir constituent un minimum légal. Votre convention collective, un accord d'entreprise ou votre contrat de travail peuvent prévoir une indemnité de départ à la retraite plus généreuse : c'est ce que l'on appelle une indemnité supra-légale ou conventionnelle.
De nombreuses branches (métallurgie, banque, Syntec, bâtiment…) accordent des montants nettement supérieurs, parfois plusieurs mois de salaire dès 15 ou 20 ans d'ancienneté. La règle est toujours la même : c'est le montant le plus favorable au salarié qui s'applique. Vérifiez donc systématiquement votre convention avant de valider votre calcul.
Pour vérifier votre salaire de référence net après prélèvements, vous pouvez aussi utiliser le calcul du salaire brut en net et anticiper l'imposition avec le simulateur d'impôt sur le revenu.
FAQ — L'indemnité de départ retraite
10 ans. Pour un départ volontaire, l'indemnité départ retraite légale est due dès 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise. En dessous, aucun montant légal n'est exigible, mais votre convention collective peut prévoir une indemnité dès la première année. En cas de mise à la retraite décidée par l'employeur, en revanche, aucune condition d'ancienneté n'est requise : l'indemnité est due quel que soit le nombre d'années passées dans l'entreprise.
Le calcul multiplie un nombre de mois par votre salaire de référence. Pour un départ volontaire, le barème va de ½ mois (10 à 15 ans) à 2 mois de salaire (30 ans et plus). Pour une mise à la retraite, on applique 1/4 de mois par an sur les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Le salaire de référence est le plus favorable entre 1/12 des 12 derniers mois et 1/3 des 3 derniers mois. Notre simulateur effectue ce calcul automatiquement.
Cela dépend. En cas de départ volontaire, l'indemnité est imposable en totalité sur le revenu et soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS. En cas de mise à la retraite par l'employeur, elle est partiellement exonérée : la fraction exonérée correspond au plus élevé du montant légal ou conventionnel, de 50 % de l'indemnité, ou du double de la rémunération annuelle précédente, ces deux derniers plafonds étant limités à 240 300 € en 2026.
L'initiative. Le départ volontaire est décidé par le salarié et exige 10 ans d'ancienneté ; l'indemnité suit un barème par paliers et reste imposable. La mise à la retraite est décidée par l'employeur, sans condition d'ancienneté ; l'indemnité reprend le barème de licenciement, plus élevé, et bénéficie d'une exonération fiscale partielle. À ancienneté et salaire égaux, l'indemnité de mise à la retraite est donc généralement plus avantageuse pour le salarié.
Le salaire de référence. Vous retenez le montant le plus avantageux entre 1/12 de votre rémunération brute des 12 derniers mois et 1/3 de vos 3 derniers mois. Avec la méthode des 3 mois, les primes annuelles ou exceptionnelles sont recalculées au prorata. Ce salaire inclut les éléments de rémunération habituels (salaire de base, primes, avantages), mais pas les remboursements de frais. L'employeur a l'obligation de choisir la méthode la plus favorable au salarié.
Oui. Une convention collective, un accord d'entreprise ou votre contrat peuvent prévoir une indemnité de départ à la retraite supérieure au minimum légal. Dans ce cas, c'est toujours le montant le plus favorable qui s'applique. Plusieurs branches accordent des indemnités nettement plus élevées dès 15 ou 20 ans d'ancienneté. Pensez donc à comparer le résultat du simulateur avec les dispositions de votre convention collective avant tout départ.
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