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Licenciement pour inaptitude chomage : allocations et mutuelle en 2026
Mis à jour le 14 août 2026
Réponse rapide
Licenciement pour inaptitude chomage : les allocations sont dues. Un licenciement pour inaptitude reste une perte involontaire d'emploi, donc il ouvre droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi si les conditions habituelles sont remplies : 130 jours ou 910 heures de travail sur les 24 derniers mois, 36 mois à partir de 55 ans, et une inscription à France Travail dans les 12 mois suivant la fin du contrat. La condition d'aptitude physique n'y fait pas obstacle : l'inaptitude est prononcée pour un poste, pas pour la vie professionnelle entière, et l'Unédic écrit que « toute personne inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi répond à cette condition ». La mutuelle après un licenciement pour inaptitude est maintenue à titre gratuit, pour une durée égale à celle de l'indemnisation chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat de travail et de douze mois. Le premier versement, lui, n'arrive pas tout de suite : il faut compter le différé congés payés, le différé spécifique et le délai d'attente de sept jours.
Deux peurs reviennent après un avis d'inaptitude. La première : « je suis déclaré inapte, France Travail va me refuser les allocations ». La seconde : « je perds mon emploi, donc je perds aussi la mutuelle ». Les deux sont infondées, et les textes le disent noir sur blanc. Le licenciement pour inaptitude est un licenciement comme un autre au regard de l'assurance chômage, et la couverture santé de l'entreprise se poursuit gratuitement pendant un an au maximum.
Ce guide répond dans l'ordre où les questions se posent : le principe du droit aux allocations, la fameuse condition d'aptitude, les conditions à remplir, la date du premier virement, les indemnités versées et leur effet sur ce calendrier, la mutuelle et sa portabilité, la procédure suivie par l'employeur, enfin les recours et leurs délais. Chaque règle citée renvoie au texte en vigueur sur Légifrance, à la fiche officielle de l'administration ou à la réglementation d'assurance chômage publiée par l'Unédic.
Licenciement pour inaptitude chomage : les allocations sont-elles dues ?
Oui, et c'est la réponse constante de l'administration. La fiche officielle « Le salarié perçoit-il des indemnités en cas de licenciement pour inaptitude physique ? », vérifiée le 11 août 2025, répète la même phrase pour chacune des quatre situations qu'elle examine : « Si le salarié remplit les conditions, il peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), mais il peut y avoir des différés d'indemnisation et un délai d'attente. » Ces quatre situations sont le CDI et le CDD, chacun en inaptitude d'origine professionnelle et non professionnelle.
Le raisonnement tient à l'origine de la rupture. L'article L. 5422-1 du Code du travail ouvre l'allocation d'assurance aux « travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure », dès lors notamment que « la privation d'emploi est involontaire ». Or l'employeur qui licencie un salarié inapte prend seul la décision de rompre : le salarié subit la rupture, il ne la provoque pas. La privation d'emploi est donc involontaire, comme après n'importe quel licenciement.
La démission est le contre-exemple utile. Le salarié qui quitte volontairement son poste n'ouvre pas de droit, sauf démission légitime ou projet de reconversion validé. Un salarié déclaré inapte qui préfère démissionner pour « aller plus vite » se prive donc d'une indemnisation qu'un licenciement lui aurait ouverte, et de l'indemnité de licenciement par la même occasion. C'est l'erreur la plus coûteuse du dossier.
| Situation | Qui décide de la rupture ? | Privation d'emploi involontaire ? | Droit à l'ARE |
|---|---|---|---|
| Licenciement pour inaptitude non professionnelle (CDI) | L'employeur | Oui | Oui, si les conditions sont remplies |
| Licenciement pour inaptitude professionnelle (CDI) | L'employeur | Oui | Oui, si les conditions sont remplies |
| Rupture anticipée d'un CDD pour inaptitude | L'employeur | Oui | Oui, si les conditions sont remplies |
| Démission du salarié déclaré inapte | Le salarié | Non, sauf démission légitime | Non, en principe |
Le cas du CDD mérite une précision, car il est souvent oublié, et deux textes distincts se partagent la matière selon l'origine de l'inaptitude. En inaptitude d'origine professionnelle, l'article L. 1226-20 du Code du travail autorise l'employeur à rompre le contrat lorsqu'il justifie de l'impossibilité de reclasser, du refus du poste proposé ou d'une mention expresse du médecin du travail, et la rupture ouvre droit « à une indemnité dont le montant ne peut être inférieur au double de celui de l'indemnité prévue à l'article L. 1234-9 ». En inaptitude non professionnelle, ce sont l'article L. 1226-4-2, qui étend au CDD l'obligation de reclassement, et l'article L. 1226-4-3 qui s'appliquent : l'indemnité de rupture ne peut alors être inférieure à l'indemnité simple de l'article L. 1234-9. Dans les deux cas, la fin du contrat est décidée par l'employeur, et l'assurance chômage suit.
Être déclaré inapte, est-ce être inapte au travail au sens du chômage ?
Non, et c'est le nœud du sujet. Deux notions portent le même mot et ne recouvrent pas la même chose. Le médecin du travail se prononce sur un poste ; l'assurance chômage regarde la capacité générale à occuper un emploi.
Le premier texte est l'article L. 4624-4 du Code du travail. Après une étude de poste et des échanges avec le salarié et l'employeur, le médecin du travail « qui constate qu'aucune mesure d'aménagement, d'adaptation ou de transformation du poste de travail occupé n'est possible et que l'état de santé du travailleur justifie un changement de poste déclare le travailleur inapte à son poste de travail ». Le mot « poste » y figure trois fois. Même l'hypothèse la plus large, celle de l'article L. 1226-4, vise « l'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise constatée par le médecin du travail » : le périmètre reste l'entreprise, pas le marché du travail.
Le second texte est la condition posée par l'article L. 5422-1, qui parle de « travailleurs aptes au travail ». La réglementation d'assurance chômage en donne une lecture très concrète. Dans sa fiche thématique consacrée à l'ARE, mise à jour le 30 avril 2026, l'Unédic énonce la cinquième des sept conditions ainsi : « Être physiquement apte à travailler. Toute personne inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi répond à cette condition. » France Travail formule la même exigence côté usager : « Vous êtes physiquement apte à l'exercice d'un emploi. Votre santé ou vos capacités physiques vous permettent de travailler. »
Autrement dit, l'avis d'inaptitude ne se transporte pas dans le dossier d'indemnisation. Il ferme un poste, il n'éteint pas une carrière. Un magasinier déclaré inapte au port de charges lourdes reste apte à un emploi sédentaire, et c'est cet emploi que le contrat d'engagement avec France Travail aura pour objet de rechercher.
Inaptitude et invalidité ne se confondent pas. L'inaptitude est prononcée par le médecin du travail au titre de la santé au travail. L'invalidité est reconnue par l'assurance maladie et donne lieu à une pension. Une personne peut être déclarée inapte à son poste sans être reconnue invalide, et l'inverse existe aussi. Signalez toujours votre situation médicale à votre conseiller France Travail : c'est elle qui détermine le type d'emploi recherché, pas l'ouverture du droit.
Chômage après un licenciement pour inaptitude : quelles conditions faut-il remplir ?
Les conditions sont celles de tout demandeur d'emploi. La page « Ai-je droit à l'allocation chômage ? » de France Travail les détaille une par une, et l'Unédic en compte sept. Aucune ne vise l'inaptitude.
| Condition | Ce qu'elle exige exactement | Point de vigilance après une inaptitude |
|---|---|---|
| Inscription comme demandeur d'emploi | « dans un délai de 12 mois maximum suivant la fin de votre contrat de travail, sauf cas d'allongement de ce délai » | Ne pas attendre l'issue d'une contestation pour s'inscrire |
| Durée d'affiliation | 130 jours ou 910 heures travaillés, soit environ 6 mois | Les périodes de suspension du contrat comptent en principe pour une journée d'affiliation par jour de suspension |
| Période de recherche de ces jours | 24 derniers mois avant 55 ans, 36 derniers mois à 55 ans et plus | Un arrêt maladie long peut repousser les périodes travaillées dans la fenêtre |
| Privation involontaire d'emploi | Licenciement, rupture conventionnelle, rupture d'un commun accord, démission légitime | Le licenciement pour inaptitude entre dans le premier cas |
| Aptitude physique à l'exercice d'un emploi | « Toute personne inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi répond à cette condition » | L'avis d'inaptitude vise le poste, pas l'aptitude générale |
| Recherche effective et permanente d'emploi | Contrat d'engagement, rendez-vous, actions convenues | Les restrictions médicales se déclarent au conseiller |
| Résidence et retraite | Résider sur le territoire national, ne pas pouvoir prétendre à une retraite à taux plein | Point sensible pour les inaptitudes prononcées en fin de carrière |
Combien de temps faut-il avoir travaillé en 2026 ?
La règle générale est de 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées, ce qui correspond environ à six mois, recherchés dans les 24 derniers mois si vous avez moins de 55 ans et dans les 36 derniers mois à partir de 55 ans. Ces jours n'ont pas besoin d'être continus et peuvent avoir été accomplis chez plusieurs employeurs.
Un abaissement existe depuis 2026 et il est souvent ignoré. France Travail l'écrit ainsi : « Si cette condition n'est pas remplie, la durée d'affiliation est abaissée à au moins 108 jours travaillés ou 758 heures travaillées (ce qui correspond environ à 5 mois) si : vous avez travaillé au titre d'un ou de plusieurs contrats saisonniers dans la même période ; ou vous n'avez pas eu de droit ouvert dans les 20 dernières années et que votre fin de contrat de travail a eu lieu à compter du 1er avril 2026. » Un salarié qui n'a jamais été indemnisé et dont le contrat prend fin après cette date peut donc ouvrir un droit avec cinq mois de travail.
Pendant combien de temps l'allocation est-elle versée ?
La durée d'indemnisation dépend de l'âge et du nombre de jours calendaires compris entre le premier jour du premier contrat et la fin du dernier contrat identifiés dans les 24 ou 36 mois de référence. Un coefficient de 0,75 s'applique depuis le 1er février 2023. Selon l'Unédic, cette durée « ne peut être inférieure à 6 mois, soit 182 jours calendaires » et, après application du coefficient, ne peut dépasser 548 jours pour les moins de 55 ans, 685 jours pour ceux qui ont 55 ou 56 ans et 822 jours à partir de 57 ans.
Ce plafond compte pour la mutuelle. La portabilité étant calée sur la période d'indemnisation, plus le droit est long, plus la couverture santé gratuite peut aller jusqu'à son plafond de douze mois.
Licenciement pour inaptitude chomage : quand le premier versement arrive-t-il ?
Jamais le lendemain de la fin du contrat. L'Unédic le formule sans détour : « L'indemnisation ne débute pas immédiatement, elle commence après certains différés ainsi qu'un délai d'attente. » Trois compteurs se suivent, dans cet ordre.
- Le différé spécifique. Il « tient compte de la part des indemnités de rupture du contrat de travail qui excède les montants minimum fixés par la loi ». Sa formule est publiée : « Différé spécifique = Indemnités supra légales liées à la rupture du contrat de travail ÷ 111,8 », le diviseur étant fixé à 111,8 pour 2026. Sa durée maximale est de 150 jours calendaires, ramenée à 75 jours calendaires en cas de rupture pour motif économique.
- Le différé congés payés. Il est calculé à partir de la somme des indemnités compensatrices de congés payés versées à l'occasion des fins de contrat situées dans les 182 derniers jours, divisée par le salaire journalier de référence. Il est « limité à 30 jours calendaires ».
- Le délai d'attente de sept jours. Il court à compter de la fin des différés, au plus tôt à la date d'inscription comme demandeur d'emploi : une inscription tardive le décale d'autant. L'Unédic précise qu'il s'agit d'« un délai d'attente de 7 jours, sauf s'il a déjà été appliqué dans les 12 derniers mois ».
Une bonne nouvelle chiffrée : le doublement de l'indemnité ne retarde rien
C'est le point le plus mal compris du dossier. En inaptitude d'origine professionnelle, l'indemnité de licenciement est doublée. Beaucoup en concluent que ce supplément constitue une somme « supra-légale » et allonge le différé spécifique. C'est faux, et l'Unédic le dit dans le tableau des indemnités les plus courantes de sa fiche sur le différé spécifique, mise à jour le 27 janvier 2026. En face de l'« Indemnité spéciale de licenciement (Art. L.1226-14 du CT) », décrite comme le « Double de l'indemnité légale de licenciement », la colonne « Prise en compte pour le calcul du différé » indique : « Non. Si correspond au minimum prévu par les textes. »
La logique est simple. Le différé ne frappe que ce qui dépasse le minimum légal. Or, en inaptitude professionnelle, le double est le minimum légal. La même fiche exclut par ailleurs l'indemnité légale de licenciement, l'indemnité de fin de CDD, l'indemnité de fin de mission d'intérim et les sommes allouées par un juge en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Deux exemples chiffrés, à titre d'illustration
Prenons un contrat qui se termine le 31 août 2026 : les différés partent du 1er septembre 2026. Le salaire journalier de référence est de 60 €, l'indemnité compensatrice de congés payés de 900 €.
| Étape du calcul | Cas A : aucune somme au-delà du minimum légal | Cas B : 2 236 € versés au-delà du minimum légal |
|---|---|---|
| Différé spécifique | 0 jour | 2 236 ÷ 111,8 = 20 jours |
| Différé congés payés | 900 ÷ 60 = 15 jours | 900 ÷ 60 = 15 jours |
| Délai d'attente | 7 jours | 7 jours |
| Total | 22 jours | 42 jours |
| Premier jour indemnisé | 23 septembre 2026 | 13 octobre 2026 |
Ces montants sont des illustrations : le salaire journalier de référence et l'indemnité de congés payés dépendent de chaque dossier. La méthode, elle, ne varie pas. Le même mécanisme est détaillé, pour un autre mode de rupture, dans notre article sur la carence après une rupture conventionnelle.
S'inscrire tôt fait gagner des jours. Les différés courent à compter de la fin du contrat, mais le délai d'attente de sept jours ne peut pas démarrer avant l'inscription comme demandeur d'emploi. Une inscription postérieure à la fin des différés repousse donc d'autant le premier versement. L'inscription reste possible dans les douze mois suivant la fin du contrat, mais rien n'oblige à attendre.
Quelles indemnités sont versées après un licenciement pour inaptitude ?
Tout dépend de l'origine de l'inaptitude. C'est la distinction la plus rentable du dossier, et la plus souvent ratée : entre une inaptitude d'origine non professionnelle et une inaptitude consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, les sommes vont du simple au double, préavis compris.
| Somme | Inaptitude non professionnelle | Inaptitude professionnelle | Texte applicable |
|---|---|---|---|
| Indemnité de licenciement | Indemnité légale, à partir de 8 mois d'ancienneté | Indemnité spéciale égale au double, sans condition d'ancienneté | Art. L. 1234-9 et L. 1226-14 C. trav. |
| Préavis exécuté | Non | Non | Art. L. 1226-4 (non prof.) et L. 1226-14 (prof.) C. trav. |
| Indemnité compensatrice de préavis | Non, sauf convention collective plus favorable | Oui, d'un montant égal à l'indemnité compensatrice de préavis | Art. L. 1226-4 et L. 1226-14 C. trav. |
| Durée du préavis ajoutée à l'ancienneté | Oui | Oui | Art. L. 1226-4 C. trav. ; fiche service-public F31225 pour l'inaptitude professionnelle |
| Indemnité compensatrice de congés payés | Oui | Oui | Art. L. 3141-28 C. trav. |
| Rupture anticipée d'un CDD | Indemnité au moins égale à l'indemnité légale, sans condition d'ancienneté, plus 10 % de précarité | Indemnité au moins égale au double de l'indemnité légale, plus 10 % de précarité | Art. L. 1226-4-3 (non prof.) et L. 1226-20 (prof.) C. trav. |
Pourquoi il n'y a pas de préavis, et pourquoi il compte quand même
L'article L. 1226-4 du Code du travail règle la question en trois phrases : « En cas de licenciement, le préavis n'est pas exécuté et le contrat de travail est rompu à la date de notification du licenciement. Le préavis est néanmoins pris en compte pour le calcul de l'indemnité mentionnée à l'article L. 1234-9. Par dérogation à l'article L. 1234-5, l'inexécution du préavis ne donne pas lieu au versement d'une indemnité compensatrice. » Le contrat s'arrête donc le jour de la notification, sans indemnité de préavis en inaptitude non professionnelle, mais la durée du préavis vient gonfler l'ancienneté retenue.
La fiche officielle en donne l'illustration : « Un salarié est licencié pour inaptitude à la suite d'une maladie. Le salarié a 8 ans et 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise au moment de la notification de son licenciement. La durée de son préavis est de 2 mois. L'ancienneté prise en compte pour calculer l'indemnité de licenciement sera de 8 ans et 5 mois. »
Un calcul complet, chiffré
Reprenons ce salarié avec un salaire de référence de 2 400 €. L'article R. 1234-2 du Code du travail fixe le plancher légal à « un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à dix ans » et « un tiers de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années à partir de dix ans ». L'article R. 1234-1 précise que l'indemnité tient « compte des mois de service accomplis au-delà des années pleines ». Le salaire de référence retenu est, selon l'article R. 1234-4, la formule la plus avantageuse entre la moyenne mensuelle des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois.
- Ancienneté retenue : 8 ans et 3 mois, plus 2 mois de préavis non exécuté, soit 8 ans et 5 mois.
- Années pleines : 8 × (2 400 ÷ 4) = 8 × 600 = 4 800 €.
- Mois au-delà : 5 ÷ 12 × 600 = 250 €.
- Inaptitude non professionnelle : 5 050 €, sans indemnité de préavis.
- Inaptitude professionnelle : 10 100 € au titre de l'indemnité spéciale, plus 4 800 € au titre de l'indemnité égale à l'indemnité compensatrice de préavis, soit 14 900 €.
Aucune de ces sommes ne crée de différé spécifique, puisqu'aucune ne dépasse le minimum prévu par les textes. Seule l'indemnité compensatrice de congés payés joue, par le différé congés payés. La méthode détaillée, avec les cas particuliers, figure dans notre guide comment calculer la prime de licenciement pour inaptitude.
Ces montants sont des planchers légaux, calculés à titre d'exemple. La convention collective, le contrat de travail ou un usage peuvent prévoir mieux, et certaines conventions rétablissent l'indemnité compensatrice de préavis en inaptitude non professionnelle. Vérifiez toujours la convention collective dont relève l'entreprise avant de retenir un chiffre.
Mutuelle après un licenciement pour inaptitude : la couverture santé continue-t-elle ?
Oui, gratuitement, et pendant douze mois au maximum. Le texte est l'article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale. Les salariés couverts collectivement contre le risque décès, les risques portant atteinte à l'intégrité physique, la maternité, l'incapacité de travail ou l'invalidité « bénéficient du maintien à titre gratuit de cette couverture en cas de cessation du contrat de travail, non consécutive à une faute lourde, ouvrant droit à prise en charge par le régime d'assurance chômage ».
Deux conditions se lisent dans cette seule phrase, et l'inaptitude les remplit toutes les deux. La rupture ne doit pas résulter d'une faute lourde : un licenciement pour inaptitude n'est pas disciplinaire, aucune faute n'est reprochée. Et elle doit ouvrir droit à l'assurance chômage : c'est précisément ce que la première partie de ce guide établit. Le dispositif s'appelle la portabilité.
Portabilité de la mutuelle après une inaptitude : quelle durée, à quel coût ?
La durée est calquée sur l'indemnisation chômage, avec deux plafonds. Le 1° de l'article L. 911-8 la définit ainsi : le maintien s'applique « à compter de la date de cessation du contrat de travail et pendant une durée égale à la période d'indemnisation du chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat de travail ou, le cas échéant, des derniers contrats de travail lorsqu'ils sont consécutifs chez le même employeur. Cette durée est appréciée en mois, le cas échéant arrondie au nombre supérieur, sans pouvoir excéder douze mois. » Le coût est nul : le texte dit « à titre gratuit ».
| Durée du dernier contrat | Durée d'indemnisation ouverte | Durée de la portabilité |
|---|---|---|
| 4 mois et 10 jours | 6 mois | 5 mois, la durée du contrat étant arrondie au mois supérieur |
| 10 mois | 8 mois | 8 mois, l'indemnisation étant plus courte que le contrat |
| 3 ans | 18 mois | 12 mois, plafond légal |
| 3 ans, reprise d'emploi au bout de 5 mois | Interrompue à la reprise | 5 mois, le maintien cessant avec l'indemnisation |
La fiche officielle « Un salarié peut-il garder la complémentaire santé (mutuelle) employeur à la fin de son contrat ? », vérifiée le 26 novembre 2025, confirme les deux causes de fin : « à l'expiration de la période de maintien des droits » et « en cas de reprise d'un nouvel emploi entrainant la fin de votre indemnisation au titre du chômage ». Elle rappelle aussi que la portabilité s'applique « dans les mêmes conditions à vos ayants droit qui bénéficient des garanties à la date de la cessation du contrat de travail », et qu'elle couvre aussi la prévoyance si l'entreprise en dispose.
Quelles démarches accomplir pour obtenir la portabilité après un licenciement pour inaptitude ?
Les obligations sont partagées entre l'employeur, l'ancien salarié et l'organisme assureur. L'article L. 911-8 les répartit en deux alinéas.
- L'ancien salarié justifie sa situation. Le 5° impose qu'il « justifie auprès de son organisme assureur, à l'ouverture et au cours de la période de maintien des garanties, des conditions prévues au présent article ». Concrètement, il transmet la preuve de sa prise en charge par l'assurance chômage. La fiche officielle indique où la trouver : « Vous trouverez l'attestation nécessaire pour bénéficier de la portabilité sur votre espace personnel France travail, en format dématérialisé. »
- L'employeur signale et informe. Le 6° prévoit qu'il « signale le maintien de ces garanties dans le certificat de travail et informe l'organisme assureur de la cessation du contrat de travail ». Le certificat de travail est donc à relire attentivement : une mention manquante se réclame.
- Les garanties sont celles de l'entreprise. Le 3° précise que « les garanties maintenues au bénéfice de l'ancien salarié sont celles en vigueur dans l'entreprise ». Une évolution du contrat collectif s'applique donc aussi à l'ancien salarié.
- Une limite existe pour la prévoyance. Le 4° pose que le maintien « ne peut conduire l'ancien salarié à percevoir des indemnités d'un montant supérieur à celui des allocations chômage qu'il aurait perçues au titre de la même période ».
- La fin des allocations se déclare. La fiche officielle est explicite : « Oui, vous devez informer l'organisme assureur de la cessation du versement des allocations d'assurance chômage. »
Que se passe-t-il quand la portabilité prend fin ?
Une porte de sortie payante existe, encadrée par la loi Évin. L'organisme assureur « vous adresse une proposition de maintien des garanties à titre individuel au plus tard 2 mois après la fin de la portabilité ». Ce nouveau contrat est payant, n'est pas limité dans le temps et ne concerne que les frais de santé, à l'exclusion de la prévoyance. Pour en bénéficier, il faut faire la demande « au plus tard 6 mois après la fin de la portabilité ».
Le tarif est plafonné et progressif : la première année, il est égal à celui des salariés actifs ; la deuxième année, il ne peut dépasser ce tarif de plus de 25 % ; la troisième année, de plus de 50 %. À partir de la quatrième année, « le montant de la cotisation est librement fixé ». Les tarifs de référence sont les tarifs globaux, parts patronale et salariale réunies.
Une variante concerne directement les inaptitudes issues d'une maladie longue. Le salarié dont le contrat prend fin alors qu'il perçoit une rente d'incapacité ou d'invalidité reçoit lui aussi une proposition de maintien à titre individuel « au plus tard 2 mois après la fin de votre contrat », et dispose de six mois pour la demander. Le détail des règles communes à toutes les ruptures figure dans notre article sur le licenciement et la mutuelle.
Pas d'allocation, pas de portabilité. Le maintien gratuit suppose une cessation de contrat « ouvrant droit à prise en charge par le régime d'assurance chômage ». Un salarié qui ne remplit pas la durée d'affiliation ne bénéficie donc pas de la portabilité, même après un licenciement pour inaptitude. Il lui reste la proposition de maintien à titre individuel prévue par la loi Évin, qui est payante.
Quelle procédure conduit du constat d'inaptitude au licenciement ?
L'inaptitude n'autorise jamais une rupture immédiate. Entre l'avis du médecin du travail et la lettre de licenciement, l'employeur doit franchir plusieurs étapes, et une horloge se déclenche.
- L'avis d'inaptitude. Le médecin du travail procède à une étude de poste, échange avec le salarié et l'employeur, puis déclare le travailleur inapte à son poste. L'avis « est éclairé par des conclusions écrites, assorties d'indications relatives au reclassement du travailleur » (article L. 4624-4).
- La recherche de reclassement. En inaptitude non professionnelle, l'article L. 1226-2 impose à l'employeur de proposer « un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national ». L'article L. 1226-10 pose la même obligation en inaptitude professionnelle, avec en plus l'avis du comité social et économique.
- La motivation écrite de l'impossibilité. L'article L. 1226-2-1 dispose que « lorsqu'il est impossible à l'employeur de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent à son reclassement ».
- La vérification d'un cas de rupture. Le même article n'autorise la rupture que dans trois hypothèses : l'impossibilité de proposer un emploi, le refus par le salarié de l'emploi proposé, ou « la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans un emploi ».
- La procédure de licenciement pour motif personnel. L'article L. 1226-2-1 le dit en une phrase : « S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III du présent livre. » Convocation, entretien préalable et notification par lettre recommandée s'appliquent donc intégralement.
- La remise des documents de fin de contrat. Certificat de travail portant la mention de la portabilité, reçu pour solde de tout compte et attestation destinée à France Travail.
Le délai d'un mois qui protège le salarié
Aucun texte ne fixe de délai maximum pour licencier après l'avis d'inaptitude. La sanction du retard prend une autre forme, financière et automatique. L'article L. 1226-4 énonce que « lorsque, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de l'examen médical de reprise du travail, le salarié déclaré inapte n'est pas reclassé dans l'entreprise ou s'il n'est pas licencié, l'employeur lui verse, dès l'expiration de ce délai, le salaire correspondant à l'emploi que celui-ci occupait avant la suspension de son contrat de travail ». L'article L. 1226-11 reprend la même règle pour l'inaptitude professionnelle.
Le point de départ est l'examen médical de reprise, pas l'entretien préalable. Un employeur qui laisse traîner la procédure paie donc le salaire d'un poste que le salarié n'occupe plus. Le déroulé complet de la procédure est détaillé dans notre guide sur le licenciement pour inaptitude.
| Événement | Délai applicable | Texte |
|---|---|---|
| Contestation de l'avis du médecin du travail | 15 jours à compter de la notification de l'avis | Art. R. 4624-45 C. trav. |
| Reprise du versement du salaire | 1 mois à compter de l'examen médical de reprise | Art. L. 1226-4 et L. 1226-11 C. trav. |
| Entre la convocation et l'entretien préalable | 5 jours ouvrables minimum | Art. L. 1232-2 C. trav. |
| Entre l'entretien et l'envoi de la lettre | 2 jours ouvrables minimum | Art. L. 1232-6 C. trav. |
| Inscription à France Travail | 12 mois maximum après la fin du contrat | Réglementation d'assurance chômage |
| Contestation du licenciement | 12 mois à compter de la notification de la rupture | Art. L. 1471-1 C. trav. |
Contester l'avis d'inaptitude ou le licenciement : quels délais, quels effets ?
Deux recours existent, ils n'ont ni le même objet ni le même calendrier, et le premier est terriblement court.
Contester l'avis du médecin du travail : quinze jours
L'article R. 4624-45 du Code du travail impose que « le conseil de prud'hommes statuant selon la procédure accélérée au fond est saisi dans un délai de quinze jours à compter de leur notification. Les modalités de recours ainsi que ce délai sont mentionnés sur les avis et mesures émis par le médecin du travail. » Le délai figure donc sur l'avis lui-même : c'est le premier document à relire.
L'article L. 4624-7 du Code du travail précise qui peut agir et avec quel effet : « Le salarié ou l'employeur peut saisir le conseil de prud'hommes selon la procédure accélérée au fond », le conseil « peut confier toute mesure d'instruction au médecin inspecteur du travail territorialement compétent », et surtout « la décision du conseil de prud'hommes se substitue aux avis, propositions, conclusions écrites ou indications contestés ». Le recours ne se fait donc ni devant l'inspection du travail ni devant le médecin inspecteur seul. Ce point est développé dans notre article sur le refus de l'inaptitude par le médecin du travail.
Contester le licenciement : douze mois
L'article L. 1471-1 du Code du travail pose que « toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par douze mois à compter de la notification de la rupture ». Le grief le plus fréquent est le manquement à l'obligation de reclassement, que l'employeur doit justifier par écrit.
Les conséquences sont lourdes pour l'employeur, mais elles ne sont pas les mêmes selon l'origine de l'inaptitude, et c'est une nuance que beaucoup de contenus effacent. L'article L. 1226-15 du Code du travail ne vise que les manquements aux articles L. 1226-8 et L. 1226-10 à L. 1226-12, c'est-à-dire à la réintégration et au reclassement du salarié dont l'inaptitude est d'origine professionnelle. Dans ce cas seulement, le juge peut proposer la réintégration et, en cas de refus de l'une des parties, octroie une indemnité « dont le montant est fixé conformément aux dispositions de l'article L. 1235-3-1 », c'est-à-dire au moins six mois de salaire. Cette indemnité « se cumule avec l'indemnité compensatrice et, le cas échéant, l'indemnité spéciale de licenciement, prévues à l'article L. 1226-14 ».
En inaptitude d'origine non professionnelle, ce plancher de six mois ne s'applique pas. Le manquement à l'obligation de reclassement prive le licenciement de cause réelle et sérieuse et la réparation relève du barème de l'article L. 1235-3, dont les montants varient selon l'ancienneté et l'effectif de l'entreprise. C'est alors seulement, le licenciement étant jugé sans cause réelle et sérieuse, que s'ajoute le remboursement par l'employeur aux organismes des allocations chômage versées au salarié : l'article L. 1235-4 vise l'article L. 1235-3, dans la limite de six mois d'indemnités, et non l'article L. 1226-15.
Un effet indirect intéresse le salarié en inaptitude non professionnelle. La fiche officielle le note : « Le salarié peut percevoir une indemnité compensatrice de préavis lorsque le licenciement est requalifié sans cause réelle et sérieuse par le conseil de prud'hommes en raison du manquement de l'employeur à ses obligations (par exemple, absence de recherche de reclassement). » Le préavis, perdu par principe, peut donc revenir par le contentieux.
Enfin, une précision utile côté chômage : les sommes allouées par le juge en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse ne sont pas prises en compte dans le calcul du différé spécifique. Gagner devant le conseil de prud'hommes ne retarde donc pas l'indemnisation.
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FAQ : vos questions sur le licenciement pour inaptitude et le chômage
Les règles de droit commun de l'assurance chômage, sans exception liée à l'inaptitude. L'article L. 5422-1 du Code du travail ouvre l'allocation d'assurance aux travailleurs « aptes au travail et recherchant un emploi » dont « la privation d'emploi est involontaire ». Un licenciement pour inaptitude est décidé par l'employeur : la privation d'emploi est donc involontaire. La fiche service-public.gouv.fr vérifiée le 11 août 2025 le confirme pour les quatre situations qu'elle examine, en CDI comme en CDD : « Si le salarié remplit les conditions, il peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), mais il peut y avoir des différés d'indemnisation et un délai d'attente. » Il faut donc justifier de 130 jours ou 910 heures de travail sur les 24 derniers mois, 36 mois à partir de 55 ans, et s'inscrire dans les 12 mois suivant la fin du contrat.
Trois compteurs avant le premier versement, et deux délais de recours. Côté indemnisation, le différé spécifique se calcule en divisant les indemnités supra-légales par 111,8 pour 2026, dans la limite de 150 jours calendaires, ramenés à 75 jours en cas de rupture pour motif économique. Vient ensuite le différé congés payés, égal aux indemnités compensatrices de congés payés divisées par le salaire journalier de référence, limité à 30 jours calendaires. Puis le délai d'attente de sept jours, qui ne s'applique pas s'il a déjà été appliqué dans les douze derniers mois. Côté recours, la contestation de l'avis du médecin du travail se fait dans les 15 jours de sa notification (article R. 4624-45) et celle du licenciement dans les 12 mois de la notification de la rupture (article L. 1471-1).
Les documents de fin de contrat, l'avis d'inaptitude et l'attestation de prise en charge. Réclamez le certificat de travail, qui doit signaler le maintien des garanties de mutuelle en application du 6° de l'article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation destinée à France Travail. Conservez l'avis d'inaptitude, qui porte les modalités et le délai de recours, ainsi que l'écrit par lequel l'employeur fait connaître « les motifs qui s'opposent à son reclassement » (article L. 1226-2-1). Pour la mutuelle, la fiche officielle indique où trouver le justificatif : « Vous trouverez l'attestation nécessaire pour bénéficier de la portabilité sur votre espace personnel France travail, en format dématérialisé. » Ajoutez les bulletins de paie des douze derniers mois, qui servent au calcul de l'indemnité et du salaire journalier de référence.
Quatre, et toutes coûtent de l'argent. Démissionner au lieu d'attendre le licenciement : le départ volontaire ferme en principe le droit à l'allocation et supprime l'indemnité de licenciement. Laisser passer les 15 jours de l'article R. 4624-45 quand l'avis paraît discutable, alors que la décision du conseil de prud'hommes « se substitue aux avis, propositions, conclusions écrites ou indications contestés ». Retarder l'inscription à France Travail : les différés courent dès la fin du contrat, mais le délai d'attente de sept jours ne peut pas démarrer avant l'inscription. Enfin, ne pas justifier de sa prise en charge auprès de l'organisme assureur, alors que le 5° de l'article L. 911-8 en fait une condition du maintien gratuit de la mutuelle.
Identifier ce qui est contesté, car le juge et le délai changent. Si le désaccord porte sur l'avis médical, le salarié ou l'employeur saisit le conseil de prud'hommes selon la procédure accélérée au fond dans les 15 jours de la notification, en application des articles L. 4624-7 et R. 4624-45. Si le désaccord porte sur le licenciement lui-même, notamment l'absence de recherche sérieuse de reclassement, l'action se prescrit par 12 mois à compter de la notification de la rupture (article L. 1471-1). La réparation dépend alors de l'origine de l'inaptitude : en inaptitude d'origine professionnelle, l'article L. 1226-15 renvoie à l'article L. 1235-3-1, dont l'indemnité « ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois » et se cumule avec l'indemnité compensatrice et l'indemnité spéciale de l'article L. 1226-14 ; en inaptitude non professionnelle, le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse et l'indemnisation relève du barème de l'article L. 1235-3. Si le refus vient de l'organisme assureur pour la mutuelle, vérifiez d'abord que le certificat de travail porte bien la mention du maintien des garanties.
Pas pour percevoir l'allocation, souvent pour contester. L'ouverture du droit à l'ARE est une démarche administrative auprès de France Travail : elle ne suppose aucune assistance. En revanche, la contestation devant le conseil de prud'hommes met en jeu des sommes importantes, en particulier lorsque l'origine professionnelle de l'inaptitude est discutée, puisque l'article L. 1226-14 double l'indemnité de licenciement et y ajoute une indemnité égale à l'indemnité compensatrice de préavis. La procédure accélérée au fond de l'article L. 4624-7 se joue en 15 jours, ce qui laisse peu de temps pour construire un dossier seul. La représentation par un avocat n'est pas obligatoire devant le conseil de prud'hommes, et l'aide juridictionnelle peut être demandée sous conditions de ressources.
Six étapes, dont une horloge d'un mois. Le médecin du travail déclare le salarié inapte à son poste après étude de poste et échanges (article L. 4624-4). L'employeur recherche un reclassement, au besoin dans le groupe (articles L. 1226-2 et L. 1226-10). S'il ne peut rien proposer, il « fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent à son reclassement » (article L. 1226-2-1). Il vérifie qu'il se trouve dans l'un des trois cas autorisant la rupture. Il suit alors la procédure de licenciement pour motif personnel : convocation, entretien préalable, notification. Il remet enfin les documents de fin de contrat. À défaut de reclassement ou de licenciement dans le mois qui suit l'examen de reprise, l'article L. 1226-4 impose la reprise du versement du salaire.
Oui, gratuitement, pendant douze mois au maximum. L'article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale prévoit « le maintien à titre gratuit de cette couverture en cas de cessation du contrat de travail, non consécutive à une faute lourde, ouvrant droit à prise en charge par le régime d'assurance chômage ». Un licenciement pour inaptitude n'est pas disciplinaire, donc la condition tenant à la faute lourde est remplie. La durée est « égale à la période d'indemnisation du chômage, dans la limite de la durée du dernier contrat de travail », appréciée en mois arrondis au supérieur, « sans pouvoir excéder douze mois ». Le maintien couvre les frais de santé et, si l'entreprise en dispose, la prévoyance, et il s'étend aux ayants droit couverts à la date de la rupture. Il cesse à la fin de l'indemnisation ou en cas de reprise d'emploi mettant fin à celle-ci.
Non, et c'est écrit dans la réglementation d'assurance chômage. Le différé spécifique ne tient compte que de « la part des indemnités de rupture du contrat de travail qui excède les montants minimum fixés par la loi ». Dans le tableau de la fiche Unédic mise à jour le 27 janvier 2026, l'« Indemnité spéciale de licenciement (Art. L.1226-14 du CT) », décrite comme le « Double de l'indemnité légale de licenciement », porte la mention « Non. Si correspond au minimum prévu par les textes » dans la colonne consacrée à la prise en compte pour le calcul du différé. Le doublement est le minimum légal en inaptitude professionnelle : il ne crée donc aucun report. Seules les sommes versées au-delà du minimum légal, par exemple dans le cadre d'une transaction, allongent le différé.
Oui, car le périmètre de l'avis reste l'entreprise. L'article L. 1226-4 du Code du travail vise expressément « l'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise constatée par le médecin du travail » : la formule ne dit rien de la capacité à occuper un emploi ailleurs. Du côté de l'assurance chômage, la condition d'aptitude est appréciée très simplement. L'Unédic écrit, à la cinquième de ses sept conditions : « Être physiquement apte à travailler. Toute personne inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi répond à cette condition. » France Travail formule la même exigence par « Vous êtes physiquement apte à l'exercice d'un emploi ». L'avis d'inaptitude ne fait donc pas obstacle à l'ouverture du droit. Les restrictions médicales sont à signaler au conseiller, car elles orientent le type d'emploi recherché.
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