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Modifier les statuts d'une SAS : procédure et pièges

Mis à jour le 9 septembre 2026

Modification statuts SAS : la décision revient à l'organe que les statuts désignent, seules certaines matières (capital, fusion, scission, dissolution, transformation, commissaires aux comptes, comptes et bénéfices) restant obligatoirement collectives ; la société publie ensuite une annonce légale puis déclare le changement au guichet unique de l'INPI, chaque fois dans le mois de la décision. Côté budget 2026, l'annonce de modification est forfaitaire (109 à 199 € HT selon l'objet) et les frais de registres avoisinent 180 € TTC. Si un avocat rédige ou reprend vos statuts lors d'une création, ses honoraires sont libres et fixés d'un commun accord dans une convention écrite (art. 10, loi du 31 décembre 1971), avec une estimation gratuite en ligne. « Seul, sans actif à protéger et avec un apport simple en numéraire : une legaltech de création suffit. Dès qu’un des 3 A est présent — plusieurs Associés, un Actif (fonds de commerce, immobilier), des Apports complexes — les statuts deviennent un acte sur mesure : il faut un avocat, qui engage sa responsabilité professionnelle. »

modification statuts sas : procédure 2026 et pièges à éviter — Actav
Une clause bien rédigée à la création coûte toujours moins cher qu'une modification au greffe

Transférer le siège, changer de nom, élargir l'objet, faire entrer un investisseur : toute SAS finit par retoucher ses statuts. La procédure est balisée (décision, annonce légale, guichet unique), mais chaque étape a son délai, son coût 2026 et ses chausse-trappes, fiscales notamment.

Ce guide déroule la procédure vérifiée aux sources officielles et chiffre chaque poste. Il se lit aussi en amont : des clauses bien pensées au moment de créer une SAS évitent la plupart des modifications payantes ; notre page statuts de SAS détaille ces clauses une à une.

Modification statuts SAS : qui décide, et dans quelles formes ?

La SAS est la forme la plus souple du Code de commerce : « les statuts déterminent les décisions qui doivent être prises collectivement par les associés dans les formes et conditions qu'ils prévoient » (art. L. 227-9 du Code de commerce). Vos statuts peuvent donc réserver le transfert de siège au président seul, exiger une majorité des deux tiers pour la dénomination ou organiser une consultation écrite des associés : c'est la clause qui fait la loi.

La liberté a une limite : quelles que soient les clauses, restent obligatoirement collectives les décisions d'augmentation, d'amortissement ou de réduction de capital, de fusion, de scission, de dissolution, de transformation en une autre forme, de nomination des commissaires aux comptes, d'approbation des comptes annuels et d'affectation des bénéfices. Dans une SASU, l'associé unique prend ces décisions seul, par écrit (fiche « Modifier les statuts de la société », entreprendre.service-public.gouv.fr).

Premier réflexe : relire la clause avant de convoquer qui que ce soit. Organe compétent, majorité, forme de la décision (assemblée, acte unanime, visioconférence) : tout est fixé par vos propres statuts. Une décision prise par le mauvais organe ou à la mauvaise majorité est contestable et peut bloquer la formalité au greffe.

Statuts SAS : les clauses qui décident de tout Organe de décision, majorités, objet social : la page de référence détaille les clauses qu'un avocat calibre dès la rédaction d'origine.

La procédure en 4 étapes : décision, statuts, annonce, guichet unique

Quelle que soit la clause modifiée, le parcours officiel est le même (fiche officielle) :

  • 1. La décision. L'organe compétent adopte la modification ; un procès-verbal (ou la décision écrite de l'associé unique) la constate et date le point de départ des délais.
  • 2. La mise à jour des statuts. L'article concerné est réécrit dans une version complète des statuts, certifiée conforme par le représentant légal.
  • 3. L'annonce légale. À publier dans un support habilité du département du siège, dans le mois de la décision ; le support délivre une attestation de parution.
  • 4. Le guichet unique. La modification se déclare en ligne sur le guichet des formalités de l'INPI, dans le mois de la décision, avec PV, statuts à jour et attestation ; l'insertion au Bodacc rend le changement opposable aux tiers.

Le délai d'un mois est confirmé par l'INPI : les nouvelles informations « doivent être renseignées en ligne dans un délai d'un mois » (inpi.fr). Le guichet transmet ensuite au greffe, à l'Insee, à l'administration fiscale et à l'Urssaf : une seule déclaration, mais un dossier complet du premier coup, sous peine de rejet et d'allers-retours qui font manquer le délai.

Combien coûte une modification de statuts en 2026 ?

Contrairement à une idée répandue, l'annonce de modification n'est plus systématiquement facturée au caractère : les cas les plus courants relèvent d'un forfait national fixé par arrêté (tarifs 2026 des annonces légales, arrêté du 19 novembre 2025). Le tarif au caractère subsiste pour les annonces regroupant plusieurs modifications : en métropole, de 0,189 à 0,239 € HT le caractère selon le département.

Objet de l'annonce (2026, métropole)Forfait HT
Siège social, dirigeants, commissaire aux comptes, durée109 €
Objet social, capital136 €
Dénomination, transformation, mouvements d'associés199 €
Plusieurs modifications dans la même annonceAu caractère (0,189 à 0,239 € HT)

Au guichet unique s'ajoutent les frais de registres, aux tarifs en vigueur depuis le 1er mars 2026 (tableau officiel du guichet unique) : 42,26 € HT d'inscription modificative au RCS et 6,05 € HT de dépôt d'actes, plus 5,90 € pour le Registre national des entreprises et 116 € TTC d'insertion au Bodacc, soit de l'ordre de 180 € TTC tous registres confondus. Exemple daté (calcul TTC, septembre 2026) : un transfert de siège de SAS en métropole revient à environ 310 € TTC tout compris (annonce 130,80 €, greffe 57,97 €, Bodacc 116 €, RNE 5,90 €), hors honoraires éventuels. À La Réunion et à Mayotte, les forfaits d'annonce sont majorés (126, 158 et 229 € HT).

Exemple de modification de statuts : cinq cas concrets décryptés

Un exemple de modification de statuts vaut mieux qu'une théorie : voici les cinq cas qui remplissent les greffes, avec le forfait d'annonce 2026 et le point qui mérite votre attention avant le vote.

Cas concretAnnonce 2026Le point de vigilance
Transfert de siège social109 € HTVérifier si les statuts permettent à l'organe de direction de décider seul ; à défaut, décision selon les clauses
Changement de dénomination199 € HTContrôler la disponibilité du nom (registres, marques) avant de voter ; contrats, site et mentions légales à mettre à jour
Changement d'objet social136 € HTConséquences fiscales possibles : voir le zoom ci-dessous
Augmentation de capital136 € HTDécision obligatoirement collective (art. L. 227-9) ; libération des apports à documenter
Changement de président109 € HTStatuts à réécrire seulement si le nom du président y figure ; la déclaration au guichet unique reste due dans tous les cas

Dans les cinq cas, la mécanique des quatre étapes et le double délai d'un mois restent identiques ; seuls changent le forfait d'annonce et les pièces jointes au dossier.

Modification objet social SAS : le zoom avant de voter

La modification de l'objet social d'une SAS suit la procédure standard : décision de l'organe prévu par les statuts, annonce légale au forfait de 136 € HT, déclaration au guichet unique dans le mois. La difficulté n'est pas la formalité, c'est le calibrage de la clause. Trop étroit, l'objet impose une modification (et ses frais) à chaque activité nouvelle ; trop large ou fourre-tout, il gêne les partenaires : votre assureur de responsabilité civile professionnelle garantit les activités décrites, et un objet flou crée des zones grises de couverture. La bonne pratique : décrire le cœur d'activité réel, puis une ouverture raisonnable vers les opérations qui s'y rattachent directement ou indirectement.

Le vrai piège est fiscal : le changement de l'objet social ou de l'activité réelle d'une société « emporte cessation d'entreprise » (art. 221, 5 du CGI), avec imposition immédiate, sous les atténuations de l'article 221 bis, et perte des déficits en report. En pratique, l'administration s'attache au virage effectif d'activité, en retenant notamment l'ajout d'une activité qui augmente le chiffre d'affaires de plus de 50 % ; un toilettage de rédaction à activité constante n'expose pas aux mêmes risques. Tout élargissement qui prépare une vraie diversification se chiffre donc AVANT le vote, déficits reportables en tête.

Modification statuts SARL : quelles différences avec la SAS ?

En SARL, pas de liberté statutaire : la loi impose l'assemblée générale extraordinaire et fixe elle-même les majorités (art. L. 223-30 du Code de commerce). Pour les sociétés constituées depuis le 4 août 2005, l'AGE ne délibère valablement que si les associés présents ou représentés détiennent au moins le quart des parts sur première convocation (le cinquième sur seconde), et la modification se vote à la majorité des deux tiers des parts détenues par les associés présents ou représentés. Les SARL plus anciennes restent à la majorité des trois quarts des parts, sauf option pour le régime nouveau.

Point de procédureSASSARL
Organe compétentCelui que les statuts désignent (art. L. 227-9)Assemblée générale extraordinaire
MajoritéLibrement fixée par les statuts2/3 des parts présentes ou représentées (depuis le 4 août 2005), 3/4 avant
QuorumLibre1/4 des parts sur première convocation, puis 1/5
Transformation en SASSans objetUnanimité des associés (art. L. 227-3)
<p>Pour la procédure SARL complète (convocations, PV d'AGE, formalités), le guide dédié est sur <a href="https://www.actav.fr/articles/modifier-statuts-sarl/" class="internal-link">modifier les statuts d'une SARL</a>.</p>

Deux garde-fous s'ajoutent : le changement de nationalité exige l'unanimité, et aucune majorité ne peut contraindre un associé à augmenter ses engagements. Autre unanimité, souvent découverte trop tard : la transformation d'une SARL en SAS (art. L. 227-3), qu'un associé même très minoritaire peut bloquer ; les formalités sont détaillées dans notre guide transformation d'une SARL en SAS. Cette rigidité est d'ailleurs un critère de choix dès la création : notre comparatif SAS ou SARL pèse la souplesse contre le cadre légal.

Les pièges qui coûtent cher (et comment les neutraliser)

Quatre pièges reviennent dans les dossiers, et trois se neutralisent au moment de la rédaction d'origine :

  • La clause d'origine mal rédigée. Organe compétent non désigné, majorité impossible à réunir, silence sur la consultation écrite des associés ou la visioconférence : la modification se bloque avant même la formalité. Des statuts de SAS se rédigent en pensant à leurs révisions futures.
  • L'oubli des bénéficiaires effectifs. Si la modification change la répartition du capital ou du contrôle, la déclaration modificative se fait sous 30 jours au guichet unique ; depuis le 28 mai 2026, le représentant légal encourt jusqu'à 200 000 € d'amende et une interdiction de gérer, et le greffier peut enjoindre de régulariser puis faire radier la société (fiche bénéficiaires effectifs).
  • L'objet social mal calibré. Frais en cascade s'il est trop étroit, cessation fiscale possible si le changement traduit un virage d'activité réel : voir le zoom ci-dessus.
  • La transformation aux effets fiscaux sous-estimés. Changer de forme ne crée pas de personne morale nouvelle (art. L. 210-6), mais un changement de régime fiscal associé peut emporter les conséquences d'une cessation d'entreprise (art. 221 du CGI) : le bilan fiscal se fait avant le vote, pas après.

Le fil rouge est constant : des statuts bien rédigés dès l'origine évitent la plupart des modifications coûteuses. C'est le travail d'un avocat au moment de créer la société ; si vous lancez ou restructurez votre activité via une nouvelle structure, un avocat inscrit au barreau calibre l'organe de décision, les majorités et l'objet social pour que la vie sociale ne repasse pas par le greffe tous les six mois. Transparence : pour une modification isolée et sans enjeu, beaucoup de dirigeants déposent seuls leur dossier au guichet unique, et notre guide legaltech ou avocat dit sans détour quand un accompagnement se justifie.

Ce que sécurise l'avocat à la création Organe de décision, majorités, objet social : des clauses calibrées dès l'origine pour éviter les modifications à répétition. Estimation de budget gratuite, en 2 minutes.

Les points clés à retenir

Modifier les statuts d'une SAS : l'essentiel en six lignes.

  • En SAS, les statuts désignent librement l'organe qui décide ; capital, fusion, scission, dissolution, transformation, commissaires aux comptes, comptes et bénéfices restent des décisions collectives obligatoires.
  • Quatre étapes : décision constatée par PV, statuts mis à jour, annonce légale sous 1 mois, déclaration au guichet unique de l'INPI sous 1 mois (l'insertion au Bodacc rend la modification opposable aux tiers).
  • Coûts 2026 : annonce légale forfaitaire de 109 à 199 € HT selon l'objet (au caractère si plusieurs modifications), plus environ 180 € TTC de frais de registres.
  • En SARL, l'AGE décide aux majorités légales : deux tiers des parts (sociétés créées depuis le 4 août 2005, quorum du quart puis du cinquième), trois quarts avant ; transformation en SAS à l'unanimité.
  • Bénéficiaires effectifs modifiés : déclaration sous 30 jours ; depuis le 28 mai 2026, l'amende encourue par le représentant légal atteint 200 000 €.
  • Changement d'objet ou d'activité réelle : cessation d'entreprise possible au sens de l'article 221, 5 du CGI, avec perte des déficits reportables.

FAQ : vos questions fréquentes

L'organe que les statuts désignent : c'est la liberté statutaire de la SAS (art. L. 227-9 du Code de commerce). Certaines matières restent toutefois obligatoirement collectives : capital, fusion, scission, dissolution, transformation, nomination des commissaires aux comptes, comptes annuels et bénéfices. En SASU, l'associé unique décide seul, par écrit. Une décision prise par le mauvais organe ou à la mauvaise majorité est contestable.

Un mois à compter de la décision, pour l'annonce légale comme pour la déclaration au guichet unique de l'INPI. Le dossier comprend le procès-verbal, les statuts mis à jour certifiés conformes et l'attestation de parution de l'annonce. C'est l'insertion au Bodacc qui rend la modification opposable aux tiers.

Une annonce légale forfaitaire (109 € HT pour le siège ou les dirigeants, 136 € HT pour l'objet social ou le capital, 199 € HT pour la dénomination ou une transformation), plus environ 180 € TTC de frais de registres (greffe, Bodacc, RNE). Une annonce regroupant plusieurs modifications repasse au tarif au caractère, de 0,189 à 0,239 € HT en métropole. Exemple calculé en septembre 2026 : un transfert de siège revient à environ 310 € TTC tout compris, hors honoraires éventuels.

Oui : l'article L. 227-3 du Code de commerce impose l'unanimité des associés pour toute transformation en SAS. Un seul associé, même très minoritaire, peut donc bloquer l'opération. Les autres modifications de statuts de SARL se votent aux deux tiers des parts présentes ou représentées (sociétés constituées depuis le 4 août 2005) ou aux trois quarts des parts (avant cette date).

Oui, potentiellement lourdes : le changement de l'objet social ou de l'activité réelle emporte cessation d'entreprise au sens de l'article 221, 5 du CGI. Conséquences possibles : imposition immédiate, sous les atténuations de l'article 221 bis, et perte des déficits reportables ; l'administration retient notamment l'ajout d'une activité qui augmente le chiffre d'affaires de plus de 50 %. Un toilettage de rédaction à activité constante n'expose pas aux mêmes risques, mais tout vrai virage d'activité se chiffre avant le vote.

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