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Guide · Actav · Micro-entreprise · 2026

Numéro de tva auto entrepreneur : le guide complet 2026, par avocat

Numéro de tva auto entrepreneur : format, cas où il est obligatoire, demande en ligne gratuite, mentions de facture et seuils 2026, par avocat.

Mis à jour août 2026 Sources officielles citées Lecture 13 min
numéro de tva auto entrepreneur : format FR, clé et SIREN, demande au service des impôts des entreprises — Actav

Le numéro de tva auto entrepreneur, plus exactement le numéro de TVA intracommunautaire, est un identifiant fiscal composé du code FR, d'une clé à deux chiffres et des neuf chiffres du SIREN. Un micro-entrepreneur redevable de la TVA le reçoit automatiquement. Celui qui reste en franchise en base ne l'obtient pas d'office : il doit le demander, et il y est obligé dans trois cas identifiés par l'administration fiscale, à savoir des achats de marchandises dans l'Union européenne dépassant 10 000 € par an, des prestations de services vendues ou achetées auprès d'un professionnel d'un autre État membre quel qu'en soit le montant, et des ventes à distance à des particuliers de l'Union au-delà de 10 000 € par an. La demande se fait en ligne depuis la messagerie de l'espace professionnel sur impots.gouv.fr, auprès du service des impôts des entreprises, et l'administration précise qu'elle est « entièrement gratuite ». Détenir ce numéro ne fait pas sortir de la franchise en base, mais le communiquer lors d'une acquisition intracommunautaire de biens, oui.

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L'ESSENTIEL

Il existe une confusion tenace, et elle coûte du temps à beaucoup de micro-entrepreneurs. Le numéro SIRET identifie l'entreprise auprès de l'Insee. Le numéro de TVA intracommunautaire, lui, identifie l'entreprise auprès des administrations fiscales européennes. Les deux se ressemblent puisqu'ils partagent les neuf chiffres du SIREN, mais ils ne servent pas à la même chose et ne s'obtiennent pas de la même façon. Un auto-entrepreneur en franchise en base peut avoir un SIRET depuis trois ans et aucun numéro de TVA.

Ce guide répond dans l'ordre aux questions concrètes : à quoi sert ce numéro, qui doit en avoir un, comment le demander en ligne, où le retrouver une fois attribué, quelles conséquences il emporte sur les factures et sur les déclarations, et ce qui change au 1er septembre 2026 avec le déplacement des règles de TVA vers un nouveau code. Chaque chiffre et chaque règle citée renvoie au texte officiel consulté, sur Légifrance, sur impots.gouv.fr, sur entreprendre.service-public.gouv.fr ou sur le portail des douanes.

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DE QUOI PARLE-T-ON EXACTEMENT

Numéro de tva auto entrepreneur : de quoi parle-t-on exactement ?

Le nom complet est numéro de TVA intracommunautaire. La fiche officielle « Numéro de TVA intracommunautaire » d'entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifiée le 3 mars 2025, en donne la composition sans ambiguïté : « En France, le numéro est constitué du code FR, d'une clé informatique (2 chiffres) et du numéro Siren de l'entreprise (9 chiffres). » Il compte donc treize caractères, dont neuf que le micro-entrepreneur connaît déjà.

La conséquence pratique mérite d'être posée tout de suite : ce numéro ne se calcule pas soi-même. La clé à deux chiffres est attribuée par l'administration. Les générateurs en ligne qui prétendent la déduire du SIREN produisent une chaîne qui ressemble à un numéro sans en être un tant que le service des impôts des entreprises ne l'a pas attribué et enregistré dans la base européenne.

IdentifiantCompositionÀ quoi il sertAttribué par
SIREN9 chiffresIdentifier l'entrepriseInsee, lors de l'immatriculation
SIRETSIREN + 5 chiffres (NIC)Identifier chaque établissementInsee
Numéro de TVA intracommunautaireFR + clé à 2 chiffres + SIRENIdentifier l'entreprise pour les opérations soumises à la TVA dans l'Union européenneService des impôts des entreprises (SIE)

Pourquoi beaucoup d'auto-entrepreneurs n'en ont pas

Parce que la majorité relève de la franchise en base de TVA. Ce régime, prévu par l'article 293 B du code général des impôts, dispense du paiement de la taxe. Le texte le formule ainsi : « Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée » lorsque le chiffre d'affaires ne dépasse pas les plafonds qu'il fixe. Un entrepreneur qui ne paie pas la TVA n'a, en principe, aucune raison d'être identifié pour elle. C'est exactement ce que dit la fiche officielle : les entreprises soumises à la TVA reçoivent un numéro automatiquement, les autres doivent le demander lorsqu'elles réalisent certaines opérations européennes.

Ne pas confondre « avoir un numéro » et « être redevable de la TVA ». Ce sont deux choses distinctes. Un micro-entrepreneur en franchise peut détenir un numéro de TVA intracommunautaire tout en continuant à facturer sans TVA en France. La fiche officielle pose toutefois une limite précise : la franchise est perdue s'il communique ce numéro à son fournisseur lors d'une acquisition intracommunautaire de biens.

QUI DOIT EN DEMANDER UN

Numero tva pour auto entrepreneur : qui doit en demander un et dans quels cas ?

La question du numero tva pour auto entrepreneur se règle en deux temps : selon que l'on est déjà redevable de la TVA, ou que l'on est encore en franchise en base.

Premier cas, le micro-entrepreneur est redevable de la TVA, parce qu'il a dépassé les seuils ou parce qu'il a renoncé à la franchise. Il est alors identifié d'office et reçoit son numéro sans démarche.

Second cas, il est en franchise en base. La réponse officielle d'impots.gouv.fr à la question « Je suis micro-entrepreneur ou à la tête d'une micro-entreprise. Ai-je des obligations déclaratives en matière de TVA ? » énumère trois situations dans lesquelles il doit demander un numéro. Les voici, avec leur seuil.

Opération réaliséeSeuil déclenchantNuméro obligatoire ?Ce qui en découle
Achats de marchandises auprès de professionnels d'un autre État de l'Union européennePlus de 10 000 € par anOuiAutoliquidation, déclaration et paiement de la TVA en France
Prestations de services vendues à un professionnel d'un autre État membre, ou achetées auprès de luiAucun seuil, dès le premier euroOuiFacture sans TVA avec la mention « Autoliquidation » ; DES pour les ventes
Ventes à distance de biens à des particuliers d'un autre État membrePlus de 10 000 € par anOuiTVA due dans l'État de destination
Activité exclusivement française, en franchise en baseSans objetNonFacturation sans TVA, aucune déclaration de TVA

Le point le plus souvent manqué est celui de la deuxième ligne. Pour les prestations de services entre professionnels de l'Union européenne, il n'existe aucun seuil : la réponse officielle vise ces opérations « quel qu'en soit le montant ». Un développeur en franchise qui facture 150 € à une société belge est concerné, tout comme un graphiste qui souscrit un abonnement logiciel de 12 € par mois auprès d'un prestataire irlandais. La même réponse précise ce qui suit l'obtention du numéro : le micro-entrepreneur doit « auto-liquider, déclarer et verser en France la TVA » relative à ses achats intracommunautaires.

Un abonnement logiciel européen suffit à déclencher l'obligation. Les outils de facturation, d'hébergement ou de visioconférence facturés depuis l'Irlande, le Luxembourg ou les Pays-Bas sont des prestations de services intracommunautaires. Le fournisseur demande le numéro de TVA précisément pour ne pas facturer sa propre TVA et laisser le preneur autoliquider.

LA DEMANDE EN LIGNE, ÉTAPE

Demande numéro tva intracommunautaire auto-entrepreneur en ligne : comment ça marche ?

La demande se fait entièrement en ligne, et elle ne coûte rien. Sur ce dernier point, l'administration est explicite. La réponse officielle « L'attribution d'un numéro de TVA intracommunautaire est-elle payante ? » indique que « l'attribution d'un numéro de TVA intracommunautaire (TVAI) relève de la compétence de votre service des impôts des entreprises (SIE) et qu'elle est entièrement gratuite ». Les sites qui proposent d'obtenir ce numéro contre paiement facturent une démarche que l'administration effectue sans frais.

La fiche officielle d'entreprendre.service-public.gouv.fr décrit le canal : la demande s'effectue « en ligne via la messagerie de son compte professionnel sur le site impots.gouv.fr », en sélectionnant la rubrique TVA puis « Je demande un numéro de TVA intracommunautaire ». Voici le déroulé complet.

  1. Disposer d'un SIRET. L'entreprise doit être immatriculée. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique électronique de l'INPI, comme le rappelle l'INPI, en application de l'article L. 123-33 du code de commerce.
  2. Créer son espace professionnel sur impots.gouv.fr. C'est le préalable technique : sans espace professionnel activé, la messagerie sécurisée n'est pas accessible.
  3. Ouvrir la messagerie sécurisée de l'espace professionnel et choisir la rubrique relative à la TVA.
  4. Sélectionner la demande de numéro de TVA intracommunautaire et indiquer le motif réel : achats de biens au-delà de 10 000 €, prestations de services intracommunautaires, ou ventes à distance.
  5. Attendre la réponse du service des impôts des entreprises, qui notifie le numéro attribué par la messagerie de l'espace professionnel.

Sur le délai, une précision de méthode s'impose : ni la fiche service-public ni les réponses d'impots.gouv.fr consultées ne fixent de délai réglementaire de traitement. Les durées de quelques jours ouvrés que l'on lit fréquemment sont des observations de terrain, pas une norme opposable. La bonne pratique consiste donc à formuler la demande avant la première opération européenne, et non le jour où le client étranger réclame le numéro.

Faut-il indiquer un motif, et lequel ?

Oui, et il vaut mieux qu'il soit exact. Le motif détermine le traitement, et il conditionne les obligations qui suivront : une demande motivée par des prestations de services vendues dans l'Union entraîne le dépôt d'une déclaration européenne de services, tandis qu'une demande motivée par des achats de biens supérieurs à 10 000 € entraîne l'autoliquidation de la TVA sur ces achats. Décrire une opération pour une autre revient à s'exposer à une obligation déclarative que l'on n'aura pas anticipée.

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OÙ LE TROUVER ET LE VÉRIFIER

Auto entrepreneur numero tva : où le trouver et comment le vérifier ?

Une fois attribué, le numéro se retrouve à quatre endroits, et il s'en déduit une méthode simple : commencer par l'espace professionnel, puis vérifier dans la base européenne.

  • Dans la messagerie de l'espace professionnel impots.gouv.fr, dans la réponse du service des impôts des entreprises qui l'a notifié. C'est la source première.
  • Sur les documents fiscaux professionnels déjà émis par l'administration lorsque l'entreprise est redevable de la TVA.
  • Sur ses propres factures antérieures, s'il y a déjà été porté.
  • Dans la base VIES de la Commission européenne, qui confirme la validité d'un numéro. La fiche officielle recommande d'ailleurs cette vérification pour les numéros reçus des partenaires : « Il est recommandé de vérifier le numéro de TVA intracommunautaire qui figure obligatoirement sur les factures avant chaque transaction. »

Cette dernière recommandation vise autant le numéro du client que le sien. Vendre une prestation à un professionnel européen sans TVA suppose que le preneur soit bien un assujetti identifié. Si son numéro ne ressort pas valide dans VIES, la qualité d'assujetti n'est pas établie, et la facturation sans TVA repose alors sur une base fragile.

Le numéro ne figure pas sur l'avis de situation SIRENE

C'est une erreur fréquente : l'avis de situation au répertoire SIRENE délivre le SIREN, le SIRET, le code APE et l'adresse, mais pas le numéro de TVA intracommunautaire, qui relève de l'administration fiscale et non de l'Insee. Chercher le numéro dans ce document est une impasse.

LES OBLIGATIONS QUI EN

Numéro de tva intracommunautaire auto entrepreneur : quelles obligations en découlent ?

Obtenir le numéro n'est pas une fin : c'est l'entrée dans un jeu d'obligations déclaratives que la franchise en base ne couvre pas. Trois d'entre elles reviennent constamment.

1. Facturer sans TVA avec la mention « Autoliquidation »

Pour une prestation de services vendue à un professionnel d'un autre État membre, la TVA est due par le preneur dans son pays. La facture française est donc établie sans TVA et porte une mention imposée. L'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2025, exige au titre des mentions obligatoires « les numéros d'identification à la taxe sur la valeur ajoutée du prestataire ainsi que celui fourni par le preneur pour les prestations pour lesquelles le preneur est redevable de la taxe », et impose, « lorsque l'acquéreur ou le preneur est redevable de la taxe, la mention : “Autoliquidation” ». Les deux numéros doivent donc figurer sur la facture, celui du prestataire et celui du client.

2. Déposer une déclaration européenne de services

La déclaration européenne de services, la DES, accompagne les prestations vendues à un assujetti d'un autre État membre. Le portail de la direction générale des douanes et droits indirects la réserve aux prestations donnant lieu à « autoliquidation de la TVA par le preneur identifié dans l'autre État membre » et fixe l'échéance : le dépôt intervient « au plus tard le dixième jour ouvrable du mois qui suit », par le service en ligne de la DES. Aucun seuil n'est prévu. Certaines prestations en sont exclues, notamment les services se rattachant à un immeuble, le transport de passagers, l'accès aux manifestations culturelles ou sportives, les ventes à consommer sur place, les locations de courte durée de moyens de transport, les services des agences de voyage et les services exonérés.

3. Autoliquider la TVA sur ses achats européens

C'est la contrepartie la moins agréable, et elle surprend les micro-entrepreneurs en franchise. Selon la réponse officielle d'impots.gouv.fr déjà citée, le micro-entrepreneur concerné doit « auto-liquider, déclarer et verser en France la TVA » relative à ses achats intracommunautaires. Concrètement, il calcule la TVA française sur le montant hors taxe de l'achat et la verse au Trésor. Et comme il est en franchise, il ne peut pas la déduire : la TVA autoliquidée est un coût net.

OpérationQui paie la TVAMention sur la facture émiseDéclaration liée
Prestation vendue à un professionnel de l'UELe client, dans son paysLes deux numéros de TVA et la mention « Autoliquidation »DES, avant le 10e jour ouvrable du mois suivant
Prestation achetée à un professionnel de l'UELe micro-entrepreneur, en FranceSans objet, c'est une facture reçueAutoliquidation, déclaration et versement en France
Achat de marchandises dans l'UE de plus de 10 000 € par anLe micro-entrepreneur, en FranceSans objet, c'est une facture reçueAutoliquidation, déclaration et versement en France
Vente en France à un client français, en franchisePersonne, la franchise dispense du paiement« TVA non applicable » avec la référence légale en vigueurAucune déclaration de TVA

Le chiffre d'affaires facturé en autoliquidation reste du chiffre d'affaires. Il se déclare à l'Urssaf comme les autres recettes encaissées et compte dans les seuils. L'autoliquidation déplace le redevable de la TVA, elle ne retire rien de l'assiette des cotisations sociales du micro-entrepreneur.

LES SEUILS À SURVEILLER EN

Demander numero tva auto entrepreneur : quels seuils surveiller en 2026 ?

Deux séries de seuils cohabitent, et les mélanger conduit à des erreurs. La première série est celle de la franchise en base de TVA, qui décide si l'entreprise facture ou non la TVA. La seconde est celle des 10 000 € des opérations européennes, qui décide si le numéro de TVA intracommunautaire devient obligatoire.

Les seuils de la franchise sont fixés par l'article 293 B du code général des impôts. La fiche « Franchise en base de TVA », à jour au 1er janvier 2026, et la page « Les régimes d'imposition à la TVA » d'impots.gouv.fr, mise à jour le 21 mai 2026, donnent les mêmes montants.

ActivitéSeuil année civile précédenteSeuil majoré, année en cours
Ventes de marchandises et prestations d'hébergement85 000 €93 500 €
Prestations de services37 500 €41 250 €
Avocats, auteurs et artistes-interprètes, pour leur activité réglementée50 000 €55 000 €
Avocats, auteurs et artistes-interprètes, pour leurs autres activités35 000 €38 500 €

Le franchissement du seuil majoré ne se règle pas au 1er janvier suivant. Le II de l'article 293 B est net : « Lorsque l'un des plafonds de chiffre d'affaires prévus aux I ou I bis du présent article pour les opérations de l'année en cours est dépassé, la franchise cesse de s'appliquer pour les opérations intervenant à compter de la date du dépassement. » L'entreprise devient donc redevable de la TVA le jour même, et pour les opérations réalisées à compter de ce jour. Elle est alors identifiée pour la TVA sans avoir à le demander.

Un exemple chiffré pour fixer les idées

Prenons une consultante en communication, en franchise, dont le chiffre d'affaires de l'année précédente s'élevait à 34 000 €, donc sous le seuil de 37 500 € des prestations de services. En cours d'année, son chiffre d'affaires dépasse 41 250 € le 12 octobre, puis elle facture une mission de 3 000 € le 20 octobre. Cette mission du 20 octobre est postérieure au dépassement du seuil majoré : elle est soumise à la TVA. Les factures antérieures au dépassement, elles, restent en franchise. Le rappel classique tient au fait d'avoir facturé sans TVA après la bascule, une correction qui se répercute ensuite sur les clients.

Ne pas confondre ces seuils avec ceux du régime micro-fiscal. Le régime micro, lui, se perd à d'autres montants : selon la fiche officielle « Régime fiscal de la micro-entreprise », le chiffre d'affaires hors taxes ne doit pas dépasser 203 100 € pour le commerce et l'hébergement, 83 600 € pour les prestations de services relevant des BIC et pour les activités libérales relevant des BNC, et 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés. Un micro-entrepreneur peut donc devenir redevable de la TVA tout en restant au régime micro.

LES MENTIONS À PORTER SUR SES

Quelles mentions porter sur ses factures selon sa situation ?

La facturation est le point où le numéro de TVA devient visible, et où les erreurs se voient. Rappelons d'abord le principe posé par l'article L. 441-9 du code de commerce : « Tout achat de produits ou toute prestation de service pour une activité professionnelle fait l'objet d'une facturation. » Le contenu de la facture est ensuite précisé par l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts, qui impose notamment « le nom complet, le numéro d'identification mentionné au premier alinéa de l'article R. 123-221 du code de commerce et l'adresse de l'assujetti et de son client », autrement dit le SIREN de l'entreprise en plus de son identité.

Un changement de référence légale intervient au 1er septembre 2026, et il concerne toutes les factures de micro-entrepreneurs en franchise. Il mérite un paragraphe à lui seul.

La mention de franchise change de code au 1er septembre 2026

Les règles de TVA quittent le code général des impôts pour le code des impositions sur les biens et services. Le rescrit officiel BOI-RES-TVA-000253, publié le 18 février 2026, l'annonce : « À compter du 1er septembre 2026, le code des impositions sur les biens et services comprendra également les dispositions législatives relatives à la TVA. » Ce transfert résulte de l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 portant recodification de la taxe sur la valeur ajoutée. La substance des règles ne change pas, seule la référence citée change.

La page officielle des régimes d'imposition à la TVA d'impots.gouv.fr, mise à jour le 21 mai 2026, accepte désormais deux formulations pour la mention de franchise : « TVA non applicable, article 293 B du Code Général des Impôts (CGI) » ou « TVA non applicable, article L. 223-3 du Code des impositions sur les biens et services (CIBS) ». Le rescrit précité ajoute que les actes citant l'ancienne codification, factures comprises, « restent valables y compris lorsqu'ils interviennent après le 1er septembre 2026 dès lors qu'ils produisent des effets jusqu'au 31 décembre 2027 ». Il n'y a donc pas d'urgence à refaire ses modèles, mais il y a intérêt à basculer sur la nouvelle référence à la prochaine mise à jour.

Situation du micro-entrepreneurTVA sur la factureMention à porterNuméro de TVA à indiquer
Franchise en base, client françaisAucune« TVA non applicable, article 293 B du CGI » ou « TVA non applicable, article L. 223-3 du CIBS »Non requis
Franchise en base, prestation vendue à un professionnel de l'UEAucune« Autoliquidation »Celui du prestataire et celui du preneur
Redevable de la TVA, client françaisAu taux applicableTaux et montant de la taxeCelui de l'entreprise
LES ERREURS LES PLUS COÛTEUSES

Les erreurs les plus coûteuses autour du numéro de TVA

Ces cinq erreurs reviennent le plus souvent, et elles se corrigent toutes en amont.

  • Payer pour obtenir son numéro. L'administration le dit sans détour, l'attribution « est entièrement gratuite » et relève du service des impôts des entreprises.
  • Fabriquer son numéro avec un générateur en ligne. La clé à deux chiffres est attribuée par l'administration. Un numéro non enregistré ressortira invalide dans VIES, et le client européen refusera la facture.
  • Communiquer son numéro à un fournisseur européen de biens sans mesurer l'effet. La fiche officielle prévient que la franchise est perdue si le micro-entrepreneur communique ce numéro lors d'acquisitions intracommunautaires.
  • Oublier la DES. Elle ne connaît pas de seuil et se dépose au plus tard le dixième jour ouvrable du mois suivant, pour les prestations vendues à un assujetti d'un autre État membre.
  • Croire que l'autoliquidation est neutre. En franchise en base, la TVA autoliquidée sur un achat européen n'est pas déductible : elle reste à la charge de l'entreprise.

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FAQ

FAQ : vos questions sur le numéro de TVA auto entrepreneur

Ou trouver numero tva auto entrepreneur ?

Dans la messagerie de votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, en priorité. C'est par ce canal que le service des impôts des entreprises notifie le numéro attribué. Il figure ensuite sur vos documents fiscaux professionnels et sur les factures où vous l'avez déjà porté. Sa composition permet un contrôle immédiat : selon la fiche officielle d'entreprendre.service-public.gouv.fr, « en France, le numéro est constitué du code FR, d'une clé informatique (2 chiffres) et du numéro Siren de l'entreprise (9 chiffres) ». Les neuf derniers chiffres doivent donc être exactement votre SIREN. Pour confirmer qu'un numéro est actif, utilisez le service VIES de la Commission européenne : la même fiche recommande de « vérifier le numéro de TVA intracommunautaire qui figure obligatoirement sur les factures avant chaque transaction ». Attention, ce numéro n'apparaît pas sur l'avis de situation au répertoire SIRENE, qui relève de l'Insee et non de l'administration fiscale. Si vous êtes en franchise en base et n'avez jamais fait la demande, vous n'en avez tout simplement pas.

Numéro de tva auto entrepreneur : quels sont les délais à connaître ?

Aucun délai réglementaire n'est fixé pour l'attribution, mais plusieurs échéances encadrent son usage. Ni la fiche officielle d'entreprendre.service-public.gouv.fr ni les réponses d'impots.gouv.fr consultées n'indiquent de délai de traitement de la demande : les durées annoncées ailleurs sont des observations, pas une norme opposable. Il est donc prudent de demander le numéro avant la première opération européenne. En revanche, deux échéances sont fermes une fois le numéro obtenu. La déclaration européenne de services se dépose « au plus tard le dixième jour ouvrable du mois qui suit », selon le portail des douanes, sans seuil de déclenchement. Et le franchissement du seuil majoré de la franchise en base produit un effet immédiat : le II de l'article 293 B du code général des impôts prévoit que « la franchise cesse de s'appliquer pour les opérations intervenant à compter de la date du dépassement ». Il n'y a donc pas de report au 1er janvier suivant.

Numéro de tva auto entrepreneur : quelles démarches faut-il accomplir ?

Une demande en ligne, puis des obligations déclaratives. La demande se fait, selon la fiche officielle, « en ligne via la messagerie de son compte professionnel sur le site impots.gouv.fr », en sélectionnant la rubrique TVA puis « Je demande un numéro de TVA intracommunautaire ». Elle suppose un SIRET et un espace professionnel activé, et elle est gratuite : impots.gouv.fr précise que l'attribution « relève de la compétence de votre service des impôts des entreprises (SIE) et qu'elle est entièrement gratuite ». Une fois le numéro obtenu, trois démarches suivent selon les opérations réalisées : porter sur les factures européennes les numéros de TVA du prestataire et du preneur avec la mention « Autoliquidation », exigée par l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts ; déposer la déclaration européenne de services pour les prestations vendues à un assujetti d'un autre État membre ; autoliquider, déclarer et verser en France la TVA sur les achats intracommunautaires.

Quels documents faut-il préparer ?

Peu de pièces, mais elles doivent être exactes. Pour la demande elle-même : le SIRET de l'entreprise, les identifiants de l'espace professionnel impots.gouv.fr, l'activité exercée et la nature précise des opérations européennes envisagées, avec le montant annuel estimé pour les achats de biens et les ventes à distance, puisque le seuil de 10 000 € par an commande l'obligation dans ces deux cas. Pour la suite : le contrat ou le devis de la prestation intracommunautaire, le numéro de TVA du client européen à contrôler dans la base VIES avant facturation, et les factures reçues des fournisseurs de l'Union, qui servent de base au calcul de la TVA autoliquidée. Conservez enfin les accusés de dépôt des déclarations européennes de services : ils justifient le respect de l'échéance du dixième jour ouvrable du mois suivant.

Quelles erreurs faut-il éviter ?

Cinq erreurs concentrent l'essentiel des difficultés. Payer un intermédiaire pour un numéro que le service des impôts des entreprises attribue gratuitement. Fabriquer le numéro avec un générateur au lieu de le demander, ce qui produit une chaîne invalide dans VIES et fait rejeter la facture par le client européen. Communiquer son numéro à un fournisseur européen de biens sans mesurer l'effet, alors que la fiche officielle prévient que la franchise en base est perdue en cas de communication du numéro lors d'acquisitions intracommunautaires. Oublier la déclaration européenne de services, qui ne connaît aucun seuil et se dépose avant le dixième jour ouvrable du mois suivant. Enfin, croire que l'autoliquidation est neutre : en franchise en base, la TVA autoliquidée sur un achat européen n'est pas déductible et constitue un coût définitif.

Que dit la loi en 2026 sur ce sujet ?

2026 est une année de transition de codification, pas de changement de fond. La franchise en base reste régie par l'article 293 B du code général des impôts, dont le I dispense du paiement de la TVA sous les plafonds de 85 000 € et 93 500 € pour les ventes et de 37 500 € et 41 250 € pour les services. Mais le rescrit BOI-RES-TVA-000253, publié le 18 février 2026, annonce qu'« à compter du 1er septembre 2026, le code des impositions sur les biens et services comprendra également les dispositions législatives relatives à la TVA », en application de l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. La page officielle des régimes d'imposition à la TVA accepte en conséquence deux mentions de facture : « TVA non applicable, article 293 B du Code Général des Impôts (CGI) » ou « TVA non applicable, article L. 223-3 du Code des impositions sur les biens et services (CIBS) ». Le rescrit précise que les documents citant l'ancienne codification restent valables lorsqu'ils produisent des effets jusqu'au 31 décembre 2027.

Un auto-entrepreneur en franchise perd-il la franchise en demandant un numéro de TVA ?

Non, la demande en elle-même ne fait pas perdre la franchise. La fiche officielle d'entreprendre.service-public.gouv.fr indique qu'une entreprise en franchise en base peut demander un numéro sans perdre les avantages de son régime. Elle pose toutefois une réserve précise, et c'est là que se joue la difficulté : la franchise est perdue si l'entreprise communique ce numéro à son fournisseur lors d'acquisitions intracommunautaires de biens. Autrement dit, détenir le numéro est neutre, l'utiliser pour acheter des biens dans l'Union ne l'est pas. Le micro-entrepreneur qui obtient un numéro pour ses seules prestations de services intracommunautaires conserve donc sa franchise et continue de facturer ses clients français sans TVA. Il reste par ailleurs soumis aux seuils de l'article 293 B du code général des impôts, dont le dépassement en cours d'année produit ses effets à compter de la date du dépassement.

Le numéro de TVA est-il obligatoire pour vendre à un client hors Union européenne ?

Les trois cas d'obligation identifiés par l'administration visent des opérations réalisées avec un autre État membre. La réponse officielle d'impots.gouv.fr énumère les achats de marchandises intracommunautaires de plus de 10 000 € par an, les prestations de services intracommunautaires quel qu'en soit le montant, et les ventes à distance de biens à des non-assujettis établis dans l'Union de plus de 10 000 € par an. Un client établi hors de l'Union européenne ne relève d'aucune de ces trois hypothèses. La déclaration européenne de services suit la même logique : le portail des douanes la réserve aux prestations donnant lieu à « autoliquidation de la TVA par le preneur identifié dans l'autre État membre ». Les opérations avec un pays tiers obéissent à des règles distinctes, notamment en matière d'exportation et d'importation, qu'il convient de vérifier au cas par cas auprès du service des impôts des entreprises.

Quelle différence entre le numéro de TVA et le SIRET d'un auto-entrepreneur ?

Ils n'ont ni la même origine, ni la même fonction, même s'ils partagent neuf chiffres. Le SIREN, neuf chiffres, et le SIRET, qui y ajoute cinq chiffres identifiant l'établissement, sont attribués par l'Insee lors de l'immatriculation, réalisée depuis le 1er janvier 2023 sur le guichet unique électronique des formalités d'entreprises de l'INPI. Ils servent à identifier l'entreprise et ses établissements. Le numéro de TVA intracommunautaire est attribué par le service des impôts des entreprises et sert à identifier l'entreprise pour les opérations soumises à la TVA dans l'Union européenne. Sa composition reprend le SIREN : « le code FR, une clé informatique (2 chiffres) et le numéro Siren de l'entreprise (9 chiffres) », selon la fiche officielle. Un micro-entrepreneur en franchise en base a donc toujours un SIRET, mais pas nécessairement un numéro de TVA.

Faut-il facturer la TVA à un client professionnel européen une fois le numéro obtenu ?

Non, pour une prestation de services vendue à un assujetti d'un autre État membre : la taxe est due par le client dans son pays. La facture est donc établie sans TVA française, mais elle doit porter des mentions précises. L'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts, dans sa version en vigueur au 1er janvier 2025, impose de faire figurer les numéros d'identification à la TVA du prestataire ainsi que celui fourni par le preneur pour les prestations pour lesquelles le preneur est redevable de la taxe, et exige, « lorsque l'acquéreur ou le preneur est redevable de la taxe, la mention : “Autoliquidation” ». Le numéro du client doit donc être obtenu avant facturation et sa validité contrôlée dans la base VIES. Ces prestations donnent en outre lieu au dépôt d'une déclaration européenne de services, au plus tard le dixième jour ouvrable du mois suivant, selon le portail des douanes.

Avertissement : Le présent guide est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un avocat via Actav Suite. Contenu vérifié contre les sources officielles citées dans ce guide à la date de mise à jour indiquée en haut de page.
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