ComprendreDéfinition et fondement légal
La clause d'inaliénabilité (code civil, art. 900-1) interdit temporairement au bénéficiaire d'une donation, d'un legs ou à un associé de céder le bien ou les titres reçus. Elle n'est valable que si elle est limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime ; en SAS, les statuts peuvent l'imposer pour dix ans au plus (code de commerce, art. L227-13).
VérifierLes 5 conditions de validité (cumulatives)
- 1Une durée temporaire (libéralités)L'interdiction doit être limitée dans le temps : la jurisprudence admet une inaliénabilité pendant la vie du donateur, mais pas pendant toute la vie du donataire, qui doit pouvoir un jour disposer du bien.Art. 900-1, al. 1, C. civ. — vérifié 06/07/2026
- 2Un intérêt sérieux et légitime, apprécié au jour de l'acteGarantir une rente viagère due au donateur, protéger un donataire dépensier ou conserver un bien dans la famille sont des intérêts admis ; l'intérêt s'apprécie au moment de la stipulation.Cass. 1re civ., 20 juillet 1982, n° 81-13.192 · Cass. 1re civ., 20 novembre 1985 — vérifié 06/07/2026
- 3La levée judiciaire toujours possibleMême valable, la clause peut être neutralisée : le juge peut autoriser le bénéficiaire à disposer du bien si l'intérêt qui la justifiait a disparu ou si un intérêt plus important l'exige.Art. 900-1, al. 2, C. civ. — vérifié 06/07/2026
- 4L'extension aux actes à titre onéreuxUne clause d'inaliénabilité peut être stipulée dans un acte à titre onéreux (vente, pacte), aux mêmes conditions : limitation dans le temps et intérêt sérieux et légitime.Cass. 1re civ., 31 octobre 2007, n° 05-14.238 — vérifié 06/07/2026
- 5En SAS : dix ans maximum et nullité des cessions contrairesLes statuts d'une SAS peuvent rendre les actions inaliénables pour dix ans au plus ; toute cession violant la clause est nulle. L'adoption ou la modification de la clause exige l'unanimité des associés : la loi Soilihi du 19 juillet 2019 n'a écarté l'unanimité que pour l'agrément et l'exclusion (al. 2), l'inaliénabilité (L227-13) et le changement de contrôle (L227-17) restant à l'unanimité (al. 1).Art. L227-13, L227-15 et L227-19, al. 1, C. com. (texte en vigueur vérifié sur Légifrance le 06/07/2026)
RédigerExemple de rédaction, commenté ligne à ligne
Reprenons le modèle proposé en haut de page et regardons pourquoi chaque membre de phrase est là :
ÉviterPièges et erreurs fréquentes
SuivreCe que disent les juges
Est valable la clause d'inaliénabilité limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, tel que la garantie du paiement d'une rente viagère stipulée au profit des donateurs et du survivant d'eux.
En clair : Interdire la revente le temps que la rente due aux parents donateurs soit payée : motif valable, clause qui tient.
Dès lors qu'elle est limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, une clause d'inaliénabilité peut être stipulée dans un acte à titre onéreux.
En clair : L'inaliénabilité n'est pas réservée aux donations : une vente ou un pacte peuvent aussi en contenir une, aux mêmes conditions.
Soyez prévenu si cette clause évolue. Nouvel arrêt publié, article de loi modifié : vous recevez l'alerte en clair.
Questions fréquentesClause d'inaliénabilité : vos questions
Dans une donation ou un testament, deux conditions cumulatives : une durée limitée et un intérêt sérieux et légitime (art. 900-1 C. civ.). Dans les statuts d'une SAS, la durée est plafonnée à dix ans (art. L227-13 C. com.). Une clause perpétuelle est réputée non écrite.
Oui, par le juge : l'article 900-1, alinéa 2, permet d'autoriser le bénéficiaire à disposer du bien si l'intérêt qui justifiait la clause a disparu, ou si un intérêt plus important l'exige : par exemple une nécessité financière impérieuse ou un bien devenu impossible à entretenir.
Dans une libéralité, l'aliénation consentie en violation d'une clause valable peut être annulée à la demande du disposant ou de ses héritiers. Dans une SAS, la cession d'actions contraire à la clause statutaire est nulle (art. L227-15 C. com.).
Oui : la Cour de cassation admet la clause dans un acte à titre onéreux, aux mêmes conditions que dans une libéralité : limitation dans le temps et intérêt sérieux et légitime (Cass. 1re civ., 31 octobre 2007).
En principe non : l'inaliénabilité valable fait obstacle à la constitution de sûretés sur le bien et le met à l'abri des saisies pendant la durée de la clause. C'est l'un de ses effets les plus puissants : et l'une des raisons du contrôle strict de sa validité.
ContinuerClauses liées
La clause ne suffit pas ? Passez à l'étape suivante.
Un contrat entier rédigé par avocat, une société créée en ligne avec accompagnement : Actav couvre la suite, au-delà de la clause.
- Avocat dédié (Actav Suite)
- Analyse gratuite avec LancIA
- 100 % en ligne