ComprendreDéfinition et fondement légal
La clause d'attribution intégrale (code civil, art. 1524 et 1526) est l'avantage matrimonial par lequel les époux mariés en communauté conviennent que la totalité de la communauté reviendra au survivant, sans liquidation de succession sur ces biens au premier décès.
VérifierLes 5 conditions de validité (cumulatives)
- 1Une stipulation pour le seul cas de survie, chez le notaireL'attribution de la communauté entière ne peut être convenue que pour le cas de survie, au profit d'un époux désigné ou du survivant quel qu'il soit, dans un contrat de mariage initial ou modifié par acte notarié (art. 1397).Art. 1524 et 1397 C. civ. — vérifié 06/07/2026
- 2La charge intégrale des dettes communesL'époux qui retient la totalité de la communauté est obligé d'en acquitter toutes les dettes : l'avantage patrimonial a pour exact contrepoids le passif commun tout entier.Art. 1524, al. 1, C. civ. — vérifié 06/07/2026
- 3Un avantage matrimonial, pas une donationL'attribution intégrale est un avantage matrimonial : elle échappe au rapport et à la réduction à l'égard des enfants communs, dont les droits sont reportés au second décès : mais elle demeure réductible face aux enfants non communs.Art. 1527 C. civ. · Cass. 1re civ., 27 mars 2007 — vérifié 06/07/2026
- 4L'action en retranchement des enfants d'une autre unionLes enfants qui ne sont pas issus des deux époux peuvent faire réduire l'avantage à la quotité disponible spéciale entre époux (art. 1094-1) ; ils obtiennent une créance d'indemnité contre le survivant, sans indivision sur les biens.Art. 1527, al. 2, C. civ. · Cass. 1re civ., 7 décembre 2016 — vérifié 06/07/2026
- 5La reprise des apports, sauf clause contraireSauf stipulation contraire, les héritiers du prémourant peuvent reprendre les biens tombés en communauté du chef de leur auteur : exclure ou maintenir cette reprise est un choix à trancher expressément dans le contrat.Art. 1525, al. 2, C. civ. — vérifié 06/07/2026
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Questions fréquentesClause d'attribution intégrale : vos questions
Oui pour le conjoint : les biens communs lui sont attribués par l'effet du contrat de mariage, hors succession, et le conjoint survivant est en tout état de cause exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007. Le coût se reporte sur les enfants au second décès, avec un seul abattement au lieu de deux.
Le préciput permet au survivant de prélever certains biens désignés (souvent le logement) avant tout partage ; l'attribution intégrale lui donne la totalité de la communauté. Le préciput est un prélèvement ciblé, l'attribution intégrale une transmission globale.
Les enfants communs, non : leurs droits sont simplement reportés au décès du second parent. Les enfants d'une autre union, oui : l'action en retranchement (art. 1527, al. 2) réduit l'avantage à la quotité disponible spéciale et leur donne une créance d'indemnité contre le conjoint survivant.
Elle est révoquée de plein droit : l'attribution intégrale est un avantage matrimonial qui ne prend effet qu'à la dissolution du régime, et l'article 265 du Code civil prévoit sa révocation par le divorce, sauf volonté contraire de l'époux qui l'a consentie, constatée par le juge.
Oui, obligatoirement : la clause figure dans un contrat de mariage, établi avant le mariage ou adopté par changement de régime matrimonial (art. 1397 C. civ.), tous deux notariés. Les enfants majeurs sont informés du changement et peuvent s'y opposer, ce qui déclenche l'homologation judiciaire.
La stipulation, insérée dans le contrat de mariage devant notaire, attribue la pleine propriété de la communauté à l'époux survivant (art. 1524 du code civil). Combinée à une communauté universelle (art. 1526), elle couvre l'ensemble du patrimoine du couple. Les conditions exactes et les limites en présence d'enfants d'une première union sont détaillées dans les sections ci-dessus.
La clause s'insère dans un contrat de mariage ou dans un changement de régime matrimonial, deux actes notariés. Le coût se compose des émoluments réglementés du notaire, des frais de publicité et, selon le patrimoine, d'éventuels droits ; il varie donc selon la situation. Le notaire chiffre l'opération avant de s'engager.
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