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Le Clausier · Sources officielles

Commandement de payer visant la clause résolutoire : le mode d'emploi 2026

L'acte, ses mentions obligatoires, ses délais et les parades du locataire : avec une trame de préparation à transmettre au commissaire de justice, gratuite.

Me Manel Sghari, avocat au Barreau de Paris
Direction de la publication : Me Manel Sghari, avocat au Barreau de Paris
Sources officielles vérifiées : 6 juillet 2026 · Sources : L145-41 Code de commerce (réd. loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, art. 63) · art. 24 loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (réd. loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023) · 1343-5 Code civil · Cour de cassation

Cette page fournit une information juridique générale, établie à partir de sources officielles (Légifrance, Cour de cassation) vérifiées le 6 juillet 2026. Elle ne constitue pas une consultation juridique et ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel.

Définition

Le commandement de payer visant la clause résolutoire est l'acte de commissaire de justice qui somme le locataire de régler sa dette et fait courir le délai à l'expiration duquel le bail est résilié de plein droit : un mois en bail commercial, six semaines en bail d'habitation. Ses mentions sont exigées à peine de nullité.

À quoi elle sert

Déclencher officiellement le compte à rebours de la clause résolutoire : sans commandement régulier, pas de résiliation de plein droit, quelle que soit la dette.

Condition clé

L'acte doit viser la clause résolutoire, détailler la dette et mentionner le délai légal : en bail commercial, la mention du délai d'un mois est exigée à peine de nullité (L145-41).

Le risque

Un commandement irrégulier est nul et la procédure repart de zéro ; à l'inverse, depuis la loi du 26 mai 2026, le locataire qui n'a pas repris le paiement du loyer courant avant la première audience perd délais et suspension.

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01
Comprendre

Définition et fondement légal

Commandement de payer clause résolutoire : l'acte de commissaire de justice qui déclenche le compte à rebours. En bail commercial (code de commerce, art. L145-41), le commandement de payer (bail commercial oblige) doit viser expressément la clause résolutoire et reproduire le délai d'un mois laissé au locataire ; à défaut, il ne produit aucun effet résolutoire.

02
Vérifier

Les 5 conditions de validité (cumulatives)

  1. 1Un acte de commissaire de justice

    Le commandement est signifié par commissaire de justice : c'est cette signification qui date le point de départ du délai et confère à l'acte sa force : une lettre recommandée n'en tient pas lieu.

    L145-41 C. com. · art. 24 loi 89-462 — vérifié 06/07/2026
  2. 2Les mentions à peine de nullité

    Bail commercial : mention du délai d'un mois (L145-41). Bail d'habitation : mentions de l'article 24 (décompte, avertissements, FSL, délais de paiement) : l'omission d'une mention prescrite entache l'acte de nullité.

    L145-41 · art. 24 réd. loi 2023-668 — vérifié 06/07/2026
  3. 3Un décompte exact et ventilé

    Dette détaillée poste par poste et période par période, imputations justifiées : un décompte gonflé ou invérifiable fragilise l'acte et nourrit le grief de mauvaise foi.

    Jurisprudence constante — vérifié 06/07/2026
  4. 4Le visa exprès de la clause résolutoire

    Le commandement doit annoncer la sanction : viser la clause du bail (article, date) et avertir qu'à défaut de paiement dans le délai, la résiliation sera acquise de plein droit.

    L145-41 · jurisprudence constante — vérifié 06/07/2026
  5. 5L'information sur le régime des délais depuis 2026

    Pour les impayés de loyers (demandes depuis le 28/05/2026), délais de paiement et suspension de la clause supposent un locataire en capacité de régler sa dette et ayant repris le loyer courant avant la première audience : l'acte prudent en informe le locataire.

    Art. 63 loi n° 2026-403 du 26/05/2026 — vérifié 06/07/2026
03
Rédiger

Exemple de rédaction, commenté ligne à ligne

Extraits commentés : pourquoi chaque membre de phrase d'une clause bien rédigée est là :

« …de payer, dans le délai d'UN MOIS à compter de la signification du présent acte… »

La mention cardinale : sans elle, le commandement est nul (L145-41) et le compte à rebours n'a jamais commencé. La capitalisation typographique est une pratique de lisibilité, pas une exigence légale : mais elle coupe court à la discussion.

« Le présent commandement vise expressément la clause résolutoire stipulée à l'article [X] du bail du [date]… »

Le visa précis (article, date du bail) relie l'acte à la clause qu'il met en œuvre : le preneur sait ce qu'il encourt, et le juge constate une mise en demeure complète.

« …selon décompte détaillé annexé (périodes, échéances, imputations). »

Le décompte annexé est la meilleure défense du bailleur : il prouve la réalité de la dette, neutralise la contestation globale et écarte le soupçon de commandement « gonflé » délivré de mauvaise foi.

« Le preneur est informé que l'octroi de délais… est subordonné à la reprise du versement intégral du loyer courant avant la première audience. »

L'information issue de la loi du 26 mai 2026 : elle ne crée pas la règle, elle la porte à la connaissance du locataire au moment où il peut encore agir : et documente la loyauté du bailleur.

04
Éviter

Pièges et erreurs fréquentes

Envoyer une mise en demeure en croyant faire courir le délaiSeul l'acte signifié par commissaire de justice vaut commandement : la lettre recommandée, même comminatoire, ne déclenche pas la clause résolutoire : des mois peuvent se perdre sur cette confusion.
Omettre une mention obligatoireDélai d'un mois absent (commercial), mentions de l'article 24 incomplètes (habitation) : nullité de l'acte, procédure à recommencer, et dette qui continue de courir pendant ce temps.
Réclamer plus que le dûIntégrer des sommes contestables (travaux non refacturables, indemnités non exigibles) surexpose l'acte : le locataire conteste, le juge y voit un indice de mauvaise foi, et la résiliation « automatique » s'enlise.
Attendre l'audience sans stratégie côté locataireDepuis le 28 mai 2026, le locataire qui n'a pas repris le paiement du loyer courant avant la première audience perd l'accès aux délais et à la suspension de la clause : la parade se prépare dès la signification, pas à la barre.
05
Suivre

Ce que disent les juges

Derniers arrêts : commandement de payer visant la clause résolutoire Vérifié à la source
Cass. 3e civ., 6 novembre 2025, n° 23-21.334 et 23-21.454

Le délai du commandement ne peut être contractuellement réduit : la clause résolutoire stipulant un délai inférieur au délai légal d'un mois est réputée non écrite en son entier, y compris pour les baux en cours.

En clair : Impossible de raccourcir le délai du commandement par le bail : la clause qui l'a tenté disparaît complètement, même dans les contrats déjà signés.
Cass. 3e civ., 6 février 2025, n° 23-18.360 (Bull.)

La suspension des effets de la clause résolutoire n'est pas cantonnée aux impayés de loyers : elle peut être accordée quel que soit le manquement visé par le commandement.

En clair : Le juge peut geler la clause quel que soit le reproche fait au locataire : sous réserve, pour les loyers, des conditions ajoutées par la loi du 26 mai 2026.

Décisions vérifiées à la source ; références contrôlées sur Judilibre (open data de la Cour de cassation).

Soyez prévenu si cette clause évolue. Nouvel arrêt publié, article de loi modifié : vous recevez l'alerte en clair.

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06
Questions fréquentes

Commandement de payer visant la clause résolutoire : vos questions

Délai commandement de payer clause résolutoire : combien de temps pour régulariser ?

Un mois en bail commercial (L145-41), six semaines en bail d'habitation pour les impayés (article 24 de la loi de 1989, depuis la loi du 27 juillet 2023). Le délai court de la signification par le commissaire de justice. À son expiration, si la dette visée n'est pas intégralement réglée, la résiliation est acquise de plein droit.

Une lettre recommandée peut-elle remplacer le commandement ?

Non : le commandement est un acte de commissaire de justice. La lettre recommandée peut servir de relance amiable (et documenter la bonne foi du bailleur) mais elle ne fait pas courir le délai de la clause résolutoire.

Le locataire peut-il contester le commandement ?

Oui, sur plusieurs terrains : nullité pour mention manquante, décompte inexact ou dette non exigible, mauvaise foi du bailleur dans la mise en œuvre, ou demande de délais de paiement. Attention : pour les impayés de loyers, depuis le 28 mai 2026, délais et suspension supposent la reprise du paiement du loyer courant avant la première audience et la capacité de régler la dette.

Que se passe-t-il si le locataire paie une partie seulement ?

Le paiement partiel n'empêche pas la résiliation : la clause exige le règlement intégral des causes du commandement dans le délai. Le locataire qui ne peut pas tout payer doit saisir le juge de délais de paiement avant l'expiration : en remplissant désormais les conditions de la loi du 26 mai 2026 pour les dettes de loyers.

Le bailleur doit-il ensuite saisir le juge ?

En pratique, oui : la résiliation est acquise de plein droit, mais l'expulsion suppose un titre : le bailleur assigne (souvent en référé) pour faire constater la résiliation et ordonner l'expulsion. Le juge vérifie la régularité du commandement, l'expiration du délai et la bonne foi ; il ne peut plus suspendre la clause hors des conditions légales.

Commandement de payer visant la clause résolutoire bail commercial : que doit-il contenir ?

Trois éléments au minimum : le visa exprès de la clause résolutoire du bail, le détail des sommes réclamées et la reproduction du délai d'un mois de l'article L145-41 du code de commerce. Un commandement muet sur la clause ou sur le délai ne peut pas faire jouer la résiliation de plein droit ; il vaut au mieux mise en demeure.

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Sources juridiques : L145-41 Code de commerce (réd. loi n° 2026-403 du 26 mai 2026, art. 63) · art. 24 loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (réd. loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023) · 1343-5 Code civil ; jurisprudence de la Cour de cassation (décisions publiées, liens vers les textes officiels). Information générale à jour au 6 juillet 2026 ; ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

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