ComprendreDéfinition et fondement légal
VérifierLes 5 conditions de validité (cumulatives)
- 1Ce qu'est (vraiment) la clause MolièreLa clause Molière impose l'usage exclusif du français à tous les intervenants d'un chantier public : apparue en 2016-2017 dans plusieurs régions, elle est présentée comme un outil contre le travail détaché : c'est cet exclusivisme qui la condamne.Définition recoupée multi-sources (marche-public.fr, Dalloz, Banque des Territoires) — vérifié 20/07/2026
- 2L'illégalité de principeL'instruction interministérielle du 27 avril 2017 ordonne aux préfets de déférer les clauses imposant l'usage du français : discriminatoires et contraires à la libre circulation, elles sont étrangères à l'objet du marché.Instruction interministérielle du 27/04/2017 (recoupée multi-sources) — vérifié 20/07/2026
- 3La clause d'interprétariat, elle, est validéeLe Conseil d'État a jugé légale la clause imposant, aux frais du titulaire, un interprète qualifié pour que les travailleurs non francophones comprennent leurs droits sociaux et les consignes de sécurité : lien suffisant avec l'objet du marché, application indistincte, objectif d'intérêt général, proportionnalité.CE, 04/12/2017, n°413366, Min. Intérieur c/ Région Pays de la Loire [HORS JUDILIBRE — contrôle pipeline] — vérifié 20/07/2026
- 4L'analyse in concreto des clauses « langue française »Toute stipulation relative au français n'est pas une clause Molière : le Conseil d'État examine concrètement si la clause impose l'exclusivité ou poursuit, sans excès, un objectif légitime : censurant la cour qui avait condamné en bloc une clause d'exploitation.CE, 08/02/2019, n°420296, tables du Lebon [HORS JUDILIBRE — contrôle pipeline] — vérifié 20/07/2026
- 5Le fondement de l'intérêt général : la sécuritéLa validation repose notamment sur l'obligation du maître d'ouvrage de s'assurer que chaque travailleur exposé à des tâches risquées peut les réaliser dans des conditions de sécurité suffisantes : c'est la sécurité, pas la langue, qui justifie la clause.Art. L.4531-1 C. trav. (recoupé, cité par le Conseil d'État) — vérifié 20/07/2026
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Questions fréquentesClause Molière : vos questions
La stipulation d'un marché public imposant l'usage exclusif du français sur le chantier, apparue en 2016-2017 dans plusieurs collectivités comme outil contre le travail détaché. Elle est considérée comme illégale : discriminatoire, contraire à la libre circulation et étrangère à l'objet du marché.
Parce qu'elle impose une condition sans lien avec l'objet du marché et discrimine indirectement les entreprises employant des travailleurs non francophones. L'instruction interministérielle du 27 avril 2017 ordonne aux préfets de déférer ces clauses au juge administratif : et les juridictions ont suspendu des marchés qui les stipulaient.
La clause validée par le Conseil d'État (4 décembre 2017, n°413366) : le titulaire du marché doit, à ses frais, mettre à disposition un interprète qualifié pour que les travailleurs ne maîtrisant pas le français comprennent leurs droits sociaux et les consignes de sécurité : quelle que soit leur nationalité. Liée à l'objet du marché et proportionnée, elle est légale.
Non : le Conseil d'État juge in concreto (8 février 2019, n°420296). Une clause qui, sans imposer l'exclusivité du français, répond à un objectif légitime (sécurité, bonne exécution) peut être valable, surtout si le marché autorise par ailleurs sous-traitants et salariés étrangers.
Le référé précontractuel d'un candidat évincé, le déféré préfectoral, l'annulation de la procédure ou la suspension de l'exécution du marché : sans compter le contentieux indemnitaire. La voie sûre : construire la clause sur la sécurité (L.4531-1) et l'information des travailleurs, jamais sur la langue pour elle-même.
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