ComprendreDéfinition et fondement légal
La clause de préemption oblige l'associé qui veut céder ses titres à les proposer d'abord aux bénéficiaires désignés (associés, catégorie d'associés, société). Le code civil l'appréhende comme un pacte de préférence (art. 1123) ; en société, elle vit dans les statuts ou dans un pacte (code de commerce, art. L227-15 en SAS, L223-14 en SARL).
VérifierLes 5 conditions de validité (cumulatives)
- 1Un périmètre d'opérations expressément énuméréLa clause de préemption est d'interprétation stricte : apports, donations, échanges, fusions ou transferts indirects n'y sont soumis que s'ils sont expressément visés.Jurisprudence constante — vérifié 06/07/2026
- 2Une procédure complète : notification, délai, réalisationLa clause doit organiser la notification du projet (prix, conditions, cessionnaire), un délai d'exercice à l'expiration duquel le silence vaut renonciation, et le sort des titres non préemptés.Art. 1123 C. civ. · pratique contractuelle — vérifié 06/07/2026
- 3Un prix déterminé ou déterminableLa préemption s'exerce aux prix et conditions notifiés ; en cas de risque de prix dissuasif, le recours au dire d'expert de l'article 1843-4 du Code civil sécurise la valorisation.Art. 1591 et 1843-4 C. civ. — vérifié 06/07/2026
- 4Dans les statuts de SAS : la nullité comme sanctionLa cession d'actions réalisée en violation d'une clause statutaire de SAS est nulle : c'est la protection la plus énergique, propre au support statutaire.Art. L227-15 C. com. — vérifié 06/07/2026
- 5Dans un pacte : la double preuve pour la nullité ou la substitutionLe bénéficiaire d'un pacte violé peut obtenir dommages et intérêts, et la nullité de la cession ou sa substitution au tiers s'il prouve que celui-ci connaissait le pacte et son intention de s'en prévaloir.Ch. mixte, 26 mai 2006, n° 03-19.376 · art. 1123 C. civ. — vérifié 06/07/2026
RédigerExemple de rédaction, commenté ligne à ligne
Reprenons le modèle proposé en haut de page et regardons pourquoi chaque membre de phrase est là :
ÉviterPièges et erreurs fréquentes
SuivreCe que disent les juges
Le bénéficiaire d'un pacte de préférence est en droit d'exiger l'annulation du contrat passé avec un tiers en méconnaissance de ses droits et d'obtenir sa substitution à l'acquéreur, à condition que ce tiers ait eu connaissance, lorsqu'il a contracté, de l'existence du pacte et de l'intention du bénéficiaire de s'en prévaloir.
En clair : Si l'acheteur savait qu'une priorité existait et que son bénéficiaire voulait s'en servir, la vente peut être annulée : et le bénéficiaire peut même prendre la place de l'acheteur.
Avant le revirement de 2006, le bénéficiaire d'un pacte de préférence pouvait déjà obtenir l'annulation du contrat conclu avec un tiers en violation du pacte, à charge pour lui de prouver la mauvaise foi du tiers acquéreur.
En clair : La règle du jeu était déjà la même sur l'annulation : tout repose sur ce que l'acheteur savait : la substitution, elle, n'a été admise qu'en 2006.
Soyez prévenu si cette clause évolue. Nouvel arrêt publié, article de loi modifié : vous recevez l'alerte en clair.
Questions fréquentesClause de préemption : vos questions
L'agrément subordonne l'entrée d'un nouvel associé à une autorisation (avec, en cas de refus, une obligation de rachat organisée par la loi) ; la préemption donne aux bénéficiaires une priorité pour acheter les titres mis en vente. Beaucoup de statuts et de pactes combinent les deux.
Si la clause figure dans les statuts d'une SAS, la cession est nulle (art. L227-15 C. com.). Si elle figure dans un pacte, le bénéficiaire obtient des dommages et intérêts, et peut demander la nullité de la vente ou sa substitution à l'acquéreur s'il prouve que celui-ci connaissait le pacte et son intention de s'en prévaloir.
Seulement si le texte le prévoit expressément : la clause est d'interprétation stricte. Une clause visant « les cessions » ne couvre ni les donations, ni les apports en société, ni les transmissions par fusion.
En principe aux prix et conditions notifiés par le cédant, qui reflètent l'offre du tiers. Pour éviter une notification à prix dissuasif, la clause peut renvoyer, en cas de désaccord, au dire d'expert de l'article 1843-4 du Code civil, qui s'impose alors aux parties.
Oui : depuis la réforme de 2016, l'article 1123 du Code civil organise une action interrogatoire : le tiers peut demander par écrit au bénéficiaire de confirmer, dans un délai raisonnable, l'existence du pacte et son intention de s'en prévaloir ; à défaut de réponse, le bénéficiaire perd nullité et substitution.
Les deux sont possibles et n'ont pas la même force. Dans les statuts d'une SAS, la clause s'impose à tous et la cession qui la viole peut être annulée (code de commerce, art. L227-15) ; dans un pacte, elle n'engage que les signataires et se résout plus souvent en dommages-intérêts, sauf les recours de l'art. 1123 du code civil (nullité ou substitution si le tiers connaissait le pacte).
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