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Guide · Actav · Immobilier · 2026

Frais de notaire achat terrain agricole : le guide complet 2026, par avocat

Frais de notaire achat terrain agricole : barème 2026, droits de mutation et taux réduit de 0,70 %. Calcul détaillé et exemples chiffrés.

Mis à jour août 2026 Sources officielles citées Lecture 13 min
frais de notaire achat terrain agricole : barème des émoluments et droits de mutation — Actav

Les frais de notaire achat terrain agricole se situent entre 6 % et 9 % du prix au taux ordinaire, et tombent entre 3 % et 4,5 % quand le taux réduit s'applique. Deux blocs composent la note. Les émoluments du notaire suivent le barème par tranches de l'article A444-91 du Code de commerce, reconduit jusqu'au 29 février 2028, majoré de 20 % de TVA. Les droits de mutation représentent la part la plus lourde : 3,80 % au profit du département selon l'article 1594 D du Code général des impôts, taux que les conseils départementaux peuvent porter jusqu'à 4,50 %, et même jusqu'à 5 % pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028 en application de l'article 116 de la loi de finances pour 2025, plus 1,20 % pour la commune. Les frais de notaire terre agricole basculent à un taux départemental de 0,70 % dans deux situations prévues par l'article 1594 F quinquies du même code : un bien exploité depuis au moins deux ans en vertu d'un bail consenti à l'acheteur lui-même, à son conjoint ou à leurs ascendants, que l'acheteur s'engage à mettre personnellement en valeur pendant cinq ans, ou une acquisition par un jeune agriculteur aidé en zone France ruralités revitalisation, dans la limite de 99 000 €. Sur 100 000 €, les frais de notaire pour un terrain agricole s'établissent autour de 6 626 € au taux départemental de 3,80 % et de 7 854 € au taux relevé de 5 %, contre environ 3 450 € au taux réduit.

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L'ESSENTIEL

Les frais de notaire achat terrain agricole obéissent à des règles fiscales qui n'ont rien à voir avec celles d'un appartement, et c'est ce qui surprend le plus les acheteurs. Le mot « frais de notaire » désigne d'ailleurs mal la réalité : l'essentiel de la somme ne va pas à l'étude, mais au département et à la commune. Sur une parcelle agricole, la question décisive est donc de savoir quel taux de droits de mutation s'applique. Entre le taux ordinaire et le taux réduit réservé aux terres louées à l'acheteur, l'écart dépasse 3 000 € sur un dossier à 100 000 €, et atteint 4 400 € dans les départements qui appliquent le taux relevé de 5 %.

Ce guide déroule les questions dans l'ordre où elles se posent : ce que recouvre exactement la somme versée à l'étude, le barème des émoluments tranche par tranche, le calcul des droits de mutation, les deux régimes de faveur de l'article 1594 F quinquies et leurs conditions, trois simulations chiffrées, le rôle de la SAFER qui peut faire échouer la vente, et les étapes de l'acte. Chaque taux cité renvoie au texte en vigueur sur Légifrance, vérifié à la date de publication.

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CE QUE L'ON PAIE EXACTEMENT

Frais de notaire achat terrain agricole : que paie-t-on exactement ?

Première chose à comprendre : la somme versée à l'étude n'est pas la rémunération du notaire. Elle se partage entre quatre postes, et le plus lourd revient aux collectivités. C'est vrai pour tout achat immobilier, et particulièrement visible sur une terre agricole, où les émoluments pèsent peu par rapport aux droits.

PosteÀ qui il revientComment il se calculeTexte applicable
Émoluments du notaireL'office notarialBarème proportionnel dégressif par tranches, majoré de 20 % de TVAArt. A444-91 C. com.
Droits de mutation, part départementaleLe département3,80 % du prix, modulable entre 1,20 % et 4,50 %, porté jusqu'à 5 % jusqu'au 31 mars 2028, ou 0,70 % en régime de faveurArt. 1594 D et 1594 F quinquies CGI, art. 116 de la loi de finances pour 2025
Taxe additionnelle communaleLa commune ou un fonds départemental1,20 % du prixArt. 1584 et 1595 bis CGI
Frais d'assiette et de recouvrementL'État2,37 % du montant de la part départementale, ramenés à 2,14 % au taux de 0,70 %Art. 1647, V CGI
Contribution de sécurité immobilièreL'État0,10 % de la valeur déclaréeArt. 881 K CGI
DéboursTiers avancés par le notaireSommes réellement dépensées pour constituer le dossierFrais réels justifiés

Un point mérite d'être souligné, parce qu'il fait perdre du temps à beaucoup d'acheteurs : les émoluments sont réglementés, et le barème est le même dans toutes les études de France métropolitaine. La seule marge de négociation tient à la remise facultative que le tarif autorise sur les émoluments proportionnels des assiettes les plus élevées, l'article A444-53 du Code de commerce renvoyant pour cela à une sous-section dédiée. Sur une petite parcelle, mettre deux notaires en concurrence ne change donc rien. Ce qui change d'un dossier à l'autre, ce n'est pas l'étude choisie, c'est le taux de droits de mutation applicable au bien.

La taxe communale de 1,20 % est due dans tous les cas, mais pas toujours au même bénéficiaire. Dans les communes de plus de 5 000 habitants et les stations de tourisme, elle revient à la commune (article 1584 du CGI). Ailleurs, c'est-à-dire dans la plupart des communes rurales où se trouvent les terres agricoles, elle alimente un fonds de péréquation départemental au même taux de 1,20 % (article 1595 bis du CGI). Pour l'acheteur, le montant est identique.

LE BARÈME DES ÉMOLUMENTS

Frais de notaire terre agricole : quels montants en 2026 ?

Les émoluments du notaire se calculent par tranches successives, chacune taxée à son propre taux. Le barème figure à l'article A444-91 du Code de commerce, pour la prestation « vente ou cession de gré à gré ». Sa version en vigueur est celle du 1er mars 2020, et l'article A444-53 du même code précise que « les émoluments applicables jusqu'au 29 février 2028 sont ceux qui sont prévus par la présente section ». Les taux ci-dessous valent donc pour toute l'année 2026.

Tranche d'assiette (prix de vente)Taux applicable à la trancheÉmolument produit par la tranche complète (HT)
De 0 à 6 500 €3,870 %251,55 €
De 6 500 € à 17 000 €1,596 %167,58 €
De 17 000 € à 60 000 €1,064 %457,52 €
Plus de 60 000 €0,799 %Sans plafond

À ces montants s'ajoute la TVA au taux de 20 % en métropole. Le barème étant dégressif, la part des émoluments diminue à mesure que le prix monte : sur une parcelle à 30 000 €, ils représentent 668,94 € TTC, soit 2,2 % du prix ; sur 200 000 €, ils atteignent 2 394,30 € TTC, soit 1,2 % seulement.

Cette dégressivité explique une chose que l'on constate sur tous les dossiers de terre agricole. Ce ne sont jamais les émoluments qui font gonfler la note, mais les droits de mutation. Sur une parcelle à 100 000 € taxée au taux départemental de 3,80 %, l'étude facture 1 435,50 € TTC, TVA comprise, quand le département, la commune et l'État se partagent 5 090,06 €.

Pour situer un ordre de grandeur avant même d'appeler une étude, le simulateur de frais de notaire d'Actav est gratuit et ne demande aucune création de compte. Il est calibré sur l'immobilier d'habitation, pas sur les terres agricoles : il donne le poids des émoluments et de la contribution de sécurité immobilière, mais il ne connaît pas le taux réduit de 0,70 % détaillé plus bas.

Attention à une confusion fréquente : la valeur des récoltes sur pied, du cheptel ou du matériel agricole cédé avec la terre ne suit pas le même régime que l'immeuble. Ces éléments mobiliers doivent être ventilés et chiffrés séparément dans l'acte, sur justificatifs. À défaut de ventilation, l'ensemble du prix risque d'être taxé comme immeuble.

CALCULER LES DROITS DE

Frais de notaire pour un terrain agricole : comment calculer le montant ?

Le calcul repose sur trois taux qui s'appliquent au même prix de vente. L'article 1594 D du Code général des impôts pose la règle de base : « Sauf dispositions particulières, le taux de la taxe de publicité foncière ou du droit d'enregistrement prévu à l'article 683 est fixé à 3,80 %. Il peut être modifié par les conseils départementaux sans que ces modifications puissent avoir pour effet de le réduire à moins de 1,20 % ou de le relever au-delà de 4,50 %. »

Ce plafond de 4,50 % n'est toutefois plus le dernier mot. L'article 116 de la loi de finances pour 2025 autorise, par dérogation à l'article 1594 D, les conseils départementaux à relever le taux « au-delà de 4,50 %, sans que ce taux excède 5 % », pour les actes passés et les conventions conclues entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. Cette dérogation ne figure pas dans le code : lire l'article 1594 D seul conduit donc à sous-estimer la note. L'exonération réservée par ce même article aux primo-accédants d'une résidence principale ne concerne pas les terres agricoles.

Trois précisions comptent avant de sortir la calculatrice. D'abord, le taux départemental n'est pas le même partout : la majorité des départements applique aujourd'hui le taux relevé de 5 %, d'autres sont restés à 4,50 % ou en dessous, et il faut demander au notaire le taux voté là où se trouve la parcelle. Ensuite, la taxe communale de 1,20 % s'ajoute au taux départemental, quel que soit ce dernier. Enfin, l'État prélève des frais d'assiette et de recouvrement calculés sur la seule part départementale : l'article 1647, V du Code général des impôts fixe ce prélèvement à « 2,37 % en sus du montant de la taxe de publicité foncière ou des droits d'enregistrement perçus au profit des départements », et le ramène à « 2,14 % » lorsque la part départementale est perçue au taux de 0,70 %.

La méthode en quatre étapes

  • Calculer les émoluments par tranches selon le barème A444-91, puis ajouter 20 % de TVA.
  • Appliquer au prix le taux départemental voté, ou 0,70 % si un régime de faveur s'applique.
  • Ajouter 1,20 % du prix au titre de la taxe communale, puis les frais d'assiette sur la part départementale.
  • Ajouter la contribution de sécurité immobilière, « liquidée au taux unique de 0,10 % » selon l'article 881 K du Code général des impôts, puis les débours justifiés par l'étude.

Sur une parcelle achetée 50 000 € dans un département au taux ordinaire de 3,80 %, cela donne 924,30 € d'émoluments TTC, 1 900 € pour le département, 600 € pour la commune, 45,03 € de frais d'assiette et 50 € de contribution de sécurité immobilière. Le total approche 3 519 €, soit 7,0 % du prix, hors débours.

LE TAUX RÉDUIT DE 0,70 %

Frais de notaire pour terrain agricole : quelles sommes en jeu en 2026 ?

C'est ici que se joue l'essentiel de l'économie possible. L'article 1594 F quinquies du Code général des impôts soumet certaines mutations « à la taxe de publicité foncière ou au droit d'enregistrement au taux de 0,70 % ». Deux de ses points visent directement les terres agricoles. Le texte applicable est celui issu de la réforme du 1er juillet 2024, qui a remplacé la référence aux zones de revitalisation rurale par celle aux zones France ruralités revitalisation.

Le point D : le fermier en place qui achète la terre qu'il exploite

Le point D est beaucoup plus étroit que ce que l'on lit souvent. Il ne suffit pas que la parcelle soit louée à quelqu'un depuis deux ans : le bail doit avoir été consenti à l'acheteur lui-même. Le texte exige qu'« au jour de l'acquisition les immeubles soient exploités depuis au moins deux ans », « soit en vertu d'un bail consenti à l'acquéreur personne physique, à son conjoint, à ses ascendants ou aux ascendants de son conjoint ou à la personne morale acquéreur », « soit en vertu d'une mise à disposition par le preneur au profit de la personne morale acquéreur ». Autrement dit, le régime vise l'achat par le fermier en place, sa famille proche ou la société qu'il exploite, et non l'investisseur qui rachète une terre louée à un tiers.

Seconde condition, cumulative : l'acquéreur doit s'engager, pour lui et ses ayants cause à titre gratuit, à « mettre personnellement en valeur lesdits biens pendant un délai minimal de cinq ans » à compter du transfert de propriété.

L'engagement se prend dans l'acte, et il se paie s'il n'est pas tenu. Le bénéfice du taux réduit est perdu de plein droit, avec rappel des droits, à défaut d'exécution de l'engagement ou si les biens sont vendus à titre onéreux pendant les cinq ans, sous réserve du cas de force majeure. Le texte ménage une exception utile, souvent mal citée : c'est la vente à un descendant ou au conjoint de ce descendant, et non au conjoint de l'acheteur, qui n'entraîne pas la déchéance, à condition que le sous-acquéreur s'engage à poursuivre personnellement l'exploitation jusqu'à l'expiration du délai de cinq ans. Le même point D prévoit aussi le cas de l'acquisition faite en vue de l'installation d'un descendant majeur, dans les mêmes conditions.

Le point E : le jeune agriculteur aidé en zone France ruralités revitalisation

Le second régime vise les acquisitions réalisées, en zone France ruralités revitalisation, par un jeune agriculteur bénéficiaire des aides à l'installation. Le taux de 0,70 % joue « pour la fraction du prix ou de la valeur n'excédant pas 99 000 €, quel que soit le nombre des acquisitions », et l'acquisition doit intervenir dans les quatre années suivant l'octroi des aides. Le plafond de 99 000 € est global : au-delà, la fraction du prix qui excède ce montant est taxée au taux ordinaire du département. Un second cas figure au même point E, celui de l'acquisition faite sous l'engagement de donner le bien à bail à long terme à un jeune agriculteur dans l'année, avec le même plafond de 99 000 €.

RégimeTaux départementalCondition principalePlafond
Droit commun3,80 %, jusqu'à 4,50 % sur décision du département, et jusqu'à 5 % jusqu'au 31 mars 2028AucuneAucun
Immeuble rural loué à l'acquéreur et exploité depuis 2 ans (point D)0,70 %Bail consenti à l'acquéreur, à son conjoint ou à leurs ascendants, puis mise en valeur personnelle pendant 5 ans minimumAucun
Jeune agriculteur aidé en zone FRR (point E)0,70 %Acquisition dans les 4 ans suivant l'octroi des aides99 000 €

Sur une parcelle à 100 000 €, le passage de 3,80 % à 0,70 % fait tomber les droits départementaux de 3 800 € à 700 €. Frais d'assiette compris, l'économie dépasse 3 100 €, et elle approche 4 400 € dans un département au taux relevé de 5 %. C'est la raison pour laquelle la qualification du bien et la rédaction des engagements dans l'acte méritent une vraie attention, bien avant la signature.

TROIS SIMULATIONS CHIFFRÉES

Trois simulations chiffrées selon le prix de la parcelle

Les tableaux ci-dessous appliquent les taux vérifiés plus haut. Ils retiennent le taux départemental ordinaire de 3,80 %, le taux relevé de 5,00 % que pratique aujourd'hui la majorité des départements, et le taux réduit de 0,70 %. Les débours ne sont pas inclus : le notaire en remet le détail sur justificatifs.

Terrain agricole à 30 000 €

PosteTaux départemental 3,80 %Taux départemental 5,00 %Taux réduit 0,70 %
Émoluments du notaire TTC668,94 €668,94 €668,94 €
Droits de mutation, taxe communale et frais d'assiette1 527,02 €1 895,55 €574,49 €
Contribution de sécurité immobilière30,00 €30,00 €30,00 €
Total hors débours2 226 €, soit 7,4 %2 594 €, soit 8,6 %1 273 €, soit 4,2 %

Terrain agricole à 100 000 €

PosteTaux départemental 3,80 %Taux départemental 5,00 %Taux réduit 0,70 %
Émoluments du notaire TTC1 435,50 €1 435,50 €1 435,50 €
Droits de mutation, taxe communale et frais d'assiette5 090,06 €6 318,50 €1 914,98 €
Contribution de sécurité immobilière100,00 €100,00 €100,00 €
Total hors débours6 626 €, soit 6,6 %7 854 €, soit 7,9 %3 450 €, soit 3,5 %

Terrain agricole à 200 000 €

PosteTaux départemental 3,80 %Taux départemental 5,00 %Taux réduit 0,70 %
Émoluments du notaire TTC2 394,30 €2 394,30 €2 394,30 €
Droits de mutation, taxe communale et frais d'assiette10 180,12 €12 637,00 €3 829,96 €
Contribution de sécurité immobilière200,00 €200,00 €200,00 €
Total hors débours12 774 €, soit 6,4 %15 231 €, soit 7,6 %6 424 €, soit 3,2 %

Une lecture s'impose. Le pourcentage global baisse quand le prix monte, parce que les émoluments sont dégressifs alors que les droits restent proportionnels. Et l'écart entre taux ordinaire et taux réduit grandit en valeur absolue : par rapport au taux de 3,80 %, l'économie est de 953 € sur 30 000 €, 3 175 € sur 100 000 € et 6 350 € sur 200 000 € ; par rapport au taux relevé de 5,00 %, elle monte à 1 321 €, 4 404 € et 8 807 €. Sur la simulation à 200 000 €, le plafond de 99 000 € du point E limiterait toutefois le taux réduit à cette fraction du prix : le régime du point D, qui ne connaît pas de plafond, est le seul à produire le total affiché.

LE DROIT DE PRÉEMPTION

La SAFER peut-elle empêcher l'achat du terrain agricole ?

Oui, et c'est le risque le plus sous-estimé par les acheteurs. L'article L143-1 du Code rural et de la pêche maritime institue « au profit des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural un droit de préemption en cas d'aliénation à titre onéreux de biens immobiliers à usage agricole ». Il vise aussi les terrains nus à vocation agricole, mais seulement lorsqu'ils se situent en zone agricole protégée, dans un périmètre délimité au titre de l'article L113-16 du Code de l'urbanisme, ou en zone agricole ou naturelle et forestière d'un document d'urbanisme, les bois et forêts étant exclus.

Concrètement, le notaire notifie le projet de vente au titulaire du droit de préemption. Cette notification, prévue à l'article L412-8 du Code rural et de la pêche maritime auquel renvoie l'article L143-8, se fait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par acte d'huissier, et doit indiquer « le prix, les charges, les conditions et les modalités de la vente projetée ». Le bénéficiaire dispose alors d'un délai de deux mois à compter de la réception pour faire connaître sa réponse.

Deux conséquences pratiques. La première est un allongement du calendrier : entre le compromis et l'acte définitif, ce délai s'ajoute aux autres. La seconde est un aléa réel sur l'opération. Si la SAFER préempte, l'acheteur évincé perd la vente, et l'article R143-6 du même code prévoit que la décision lui est notifiée par lettre recommandée dans les quinze jours suivant la notification faite au notaire. Il est donc prudent de prévoir dans le compromis une condition suspensive de non-préemption, et de n'engager aucun frais irrécupérable avant l'expiration du délai.

Un ordre de priorité existe par ailleurs. Le preneur en place bénéficie lui aussi d'un droit de préemption s'il a « exercé, au moins pendant trois ans, la profession agricole » et s'il exploite le fonds mis en vente par lui-même ou par sa famille (article L412-5 du Code rural et de la pêche maritime). Et l'article L143-6 du même code interdit à la SAFER d'exercer son droit contre le preneur en place, sauf si celui-ci exploite le bien depuis moins de trois ans. Avant de faire une offre sur une terre louée, il faut donc savoir qui l'exploite et depuis quand : c'est la même information qui conditionne, on l'a vu, le bénéfice du taux réduit de 0,70 %, réservé à l'acheteur qui est déjà titulaire du bail.

ÉTAPES ET DÉLAIS

Frais de notaire achat terrain agricole : quelles étapes et quels délais ?

L'achat d'une parcelle agricole suit la trame classique d'une vente immobilière, avec deux étapes propres au monde rural qui allongent le calendrier.

ÉtapeCe qui se passeDélai indicatif
Offre et compromisAccord sur le prix, signature du compromis avec conditions suspensivesQuelques jours à quelques semaines
Notification au titulaire du droit de préemptionLe notaire notifie le projet de vente et attend la réponseDeux mois à compter de la réception (art. L412-8 C. rural)
Contrôle des structuresAutorisation d'exploiter si l'opération relève du régime d'autorisationVariable selon le département
Constitution du dossier par l'étudeTitre de propriété, urbanisme, servitudes, état des baux en coursPlusieurs semaines
Acte authentiqueSignature, paiement du prix et des frais, publication au service de la publicité foncièreLe jour de la signature

Comptez, sur un dossier ordinaire, entre trois et cinq mois entre le compromis et l'acte définitif. Les frais sont versés à l'étude au moment de la signature, sous forme de provision, puis régularisés une fois les droits liquidés et les débours arrêtés. Si la provision excède les frais réellement dus, l'étude restitue le trop-perçu.

Avant de signer, faites relire les engagements fiscaux de l'acte. L'engagement de mise en valeur pendant cinq ans du point D et la ventilation du mobilier sont deux clauses qui se rédigent au moment de l'acte et se paient longtemps après si elles sont mal calibrées. Les modèles juridiques rédigés par avocat de la bibliothèque Actav sont vérifiés par des avocats inscrits au Barreau.

RÉDUIRE LA NOTE

Peut-on réduire les frais de notaire sur un terrain agricole ?

Trois leviers existent réellement, et deux fausses bonnes idées circulent.

Ce qui fonctionne

  • Vérifier l'éligibilité au taux de 0,70 %. C'est de très loin le levier le plus puissant. Il suppose que le bien soit exploité depuis au moins deux ans en vertu d'un bail consenti à l'acquéreur, à son conjoint ou à leurs ascendants, ou d'une mise à disposition au profit de la société acquéreuse, et que l'acte contienne l'engagement de mise en valeur personnelle pendant cinq ans (article 1594 F quinquies, D du CGI).
  • Ventiler le mobilier et le matériel. Cheptel, récoltes sur pied, matériel : ces éléments ne sont pas des immeubles et n'ont pas à supporter les droits de mutation immobiliers, à condition d'être détaillés et justifiés dans l'acte.
  • Vérifier le taux voté dans le département. Tous ne sont pas passés au taux relevé. Sur 100 000 €, l'écart entre 3,80 % et 5,00 % représente 1 228 € frais d'assiette compris. Le simulateur gratuit de frais de notaire permet de mesurer ce que pèse le taux départemental sur un prix donné.

Ce qui ne fonctionne pas

Changer d'étude pour payer moins cher ne sert quasiment à rien : les émoluments suivent un barème réglementé, et la seule marge est une remise facultative que le tarif réserve aux tranches d'assiette les plus élevées, sans effet sur une petite parcelle. Quant à minorer le prix déclaré dans l'acte pour réduire l'assiette des droits, c'est une dissimulation de prix, sanctionnée fiscalement et pénalement, et elle expose de surcroît l'acheteur à un redressement fondé sur la valeur vénale réelle du bien. Aucun professionnel sérieux n'y prêtera la main.

FAQ

FAQ : vos questions sur les frais de notaire achat terrain agricole

Frais de notaire achat terrain agricole : quelles sont les règles à respecter en 2026 ?

Trois textes commandent le calcul. Les émoluments du notaire suivent le barème par tranches de l'article A444-91 du Code de commerce (3,870 % jusqu'à 6 500 €, 1,596 % de 6 500 à 17 000 €, 1,064 % de 17 000 à 60 000 €, 0,799 % au-delà), majorés de 20 % de TVA, et l'article A444-53 précise que ce tarif s'applique jusqu'au 29 février 2028. Les droits de mutation relèvent de l'article 1594 D du Code général des impôts : 3,80 % au profit du département, modulable entre 1,20 % et 4,50 %, plafond que l'article 116 de la loi de finances pour 2025 porte à 5 % pour les actes passés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028, auxquels s'ajoutent 1,20 % pour la commune. Enfin, l'article 1594 F quinquies ramène la part départementale à 0,70 % pour les immeubles ruraux exploités depuis au moins deux ans en vertu d'un bail consenti à l'acquéreur, à son conjoint ou à leurs ascendants, dont l'acquéreur s'engage à assurer la mise en valeur personnelle pendant cinq ans, et pour les jeunes agriculteurs aidés en zone France ruralités revitalisation dans la limite de 99 000 €.

Frais de notaire achat terrain agricole : quels délais faut-il anticiper ?

Le délai structurant est celui de la préemption. Après notification du projet de vente par le notaire, le titulaire du droit de préemption dispose de deux mois à compter de la réception de la lettre recommandée pour faire connaître sa réponse, en application de l'article L412-8 du Code rural et de la pêche maritime auquel renvoie l'article L143-8. Si la SAFER préempte, sa décision est notifiée à l'acquéreur évincé dans les quinze jours suivant la notification faite au notaire (article R143-6). S'y ajoutent, selon les cas, le temps du contrôle des structures et celui de la constitution du dossier par l'étude. Sur un dossier ordinaire, comptez trois à cinq mois entre le compromis et l'acte authentique. L'engagement fiscal de mise en valeur, lui, court sur cinq ans après la signature.

Frais de notaire achat terrain agricole : quels documents faut-il préparer ?

Deux séries de pièces, celles du bien et celles du régime fiscal. Côté bien : le titre de propriété du vendeur, l'extrait cadastral et le plan des parcelles, le certificat d'urbanisme, l'état des servitudes et des risques, et surtout l'état des baux ruraux en cours avec l'identité de l'exploitant et la date d'entrée en jouissance. Côté fiscalité : le bail consenti à l'acquéreur, à son conjoint ou à leurs ascendants et les justificatifs de l'exploitation du bien depuis au moins deux ans si le taux de 0,70 % du point D est visé, ou la décision d'octroi des aides à l'installation et le justificatif de classement en zone France ruralités revitalisation pour le point E. Ajoutez l'inventaire chiffré du mobilier, du cheptel et du matériel cédés, qui doit être ventilé dans l'acte pour ne pas être taxé comme un immeuble.

Frais de notaire achat terrain agricole : quelles erreurs faut-il éviter ?

Les plus coûteuses portent sur le taux réduit et sur la préemption. Croire que le taux de 0,70 % du point D s'applique à toute terre louée depuis deux ans : le bail doit avoir été consenti à l'acquéreur lui-même, à son conjoint ou à leurs ascendants, ce qui exclut l'investisseur qui rachète une parcelle louée à un tiers, et l'acte doit contenir l'engagement de mise en valeur personnelle pendant cinq ans. Revendre ou cesser d'exploiter avant la fin des cinq ans, ce qui entraîne la déchéance du régime de faveur et le rappel des droits, sous réserve de la force majeure et de la vente à un descendant ou au conjoint de ce descendant qui s'engage à poursuivre l'exploitation. Oublier le plafond de 99 000 € du régime jeune agriculteur, qui laisse le surplus taxé au taux ordinaire. Signer un compromis sans condition suspensive de non-préemption. Enfin, omettre de ventiler le mobilier et le matériel, qui se retrouvent alors taxés au taux des immeubles.

Frais de notaire achat terrain agricole : que faire en cas de litige ou de refus ?

La réponse dépend de la nature du refus. Si la SAFER préempte, la décision doit être motivée et notifiée à l'acquéreur évincé par lettre recommandée dans les quinze jours de la notification faite au notaire (article R143-6 du Code rural et de la pêche maritime) ; elle peut être contestée devant le tribunal judiciaire, notamment lorsque la motivation ne correspond à aucun des objectifs légaux assignés à la préemption. Si l'administration fiscale remet en cause le taux de 0,70 % et notifie une proposition de rectification, la voie normale est la réponse écrite dans le délai indiqué, puis la réclamation contentieuse. Si le litige porte sur le montant réclamé par l'étude, demandez le compte détaillé distinguant émoluments, droits et débours : les émoluments étant tarifés, un écart se vérifie ligne à ligne contre le barème A444-91.

Frais de notaire achat terrain agricole : faut-il passer par un avocat ?

Le notaire est obligatoire, l'avocat ne l'est pas, mais il est utile sur certains dossiers. La vente d'un immeuble ne peut être publiée au service de la publicité foncière que par acte authentique : le passage devant notaire est donc incontournable, et c'est lui qui liquide les droits. L'avocat intervient en amont ou en parallèle, sur trois terrains où les sommes en jeu le justifient : la sécurisation des engagements fiscaux de l'acte, en particulier l'engagement de mise en valeur de cinq ans ; la contestation d'une préemption ou d'un refus d'autorisation d'exploiter ; et le contentieux fiscal si le taux réduit est remis en cause. Sur un achat simple, sans bail en cours et sans régime de faveur, l'intervention du seul notaire suffit généralement.

Frais de notaire achat terrain agricole : quelles sont les étapes à suivre ?

Cinq étapes, dans cet ordre. Identifier le bien et son statut : qui l'exploite, depuis quand, sous quel bail, car cette information conditionne à la fois le droit de préemption du fermier et l'éligibilité au taux de 0,70 %. Signer le compromis en y insérant une condition suspensive de non-préemption. Laisser le notaire notifier le projet de vente, puis attendre le délai de deux mois de l'article L412-8 du Code rural et de la pêche maritime. Obtenir, si l'opération y est soumise, l'autorisation d'exploiter au titre du contrôle des structures. Signer enfin l'acte authentique, en vérifiant la ventilation du mobilier et la rédaction des engagements fiscaux, et verser la provision sur frais, régularisée ensuite au vu du décompte définitif.

Quel est le pourcentage des frais de notaire sur une terre agricole ?

Entre 6 % et 9 % au taux ordinaire, entre 3 % et 4,5 % au taux réduit. Le pourcentage n'est pas fixe : il baisse quand le prix monte, parce que le barème des émoluments est dégressif alors que les droits restent proportionnels. Sur une parcelle à 30 000 €, le total hors débours ressort à environ 2 226 € au taux départemental de 3,80 %, soit 7,4 % du prix, et à 2 594 € au taux relevé de 5,00 %, soit 8,6 %. Sur 100 000 €, il descend à 6 626 € au taux de 3,80 %, soit 6,6 %, et 7 854 € au taux de 5,00 %, soit 7,9 %. Sur 200 000 €, il atteint 12 774 €, soit 6,4 %, et 15 231 € au taux de 5,00 %, soit 7,6 %. Au taux réduit de 0,70 %, les mêmes parcelles reviennent à 1 273 €, 3 450 € et 6 424 €, soit 4,2 %, 3,5 % et 3,2 % du prix. Ces montants n'incluent pas les débours, que l'étude justifie séparément.

Avertissement : Le présent guide est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, consultez un avocat via Actav Suite. Contenu vérifié contre les sources officielles citées dans ce guide à la date de mise à jour indiquée en haut de page.
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